Presse néerlandaise du mercredi 23 avril 2008

"Je suis ici en tant que père, mais aussi en tant que commandant des forces armées", a déclaré le général Peter van Uhm hier, lors d’une conférence de presse donnée au ministère de la Défense. Quatre jours après la mort de son fils Dennis (23 ans) en Uruzgan, il a assuré les journalistes que sa confiance dans la mission militaire néerlandaise restait entière et qu’il ne faisait aucun reproche au peuple afghan. "Mon fils était un militaire corps et âme. Il n’aurait pas voulu que je baisse les bras."
Le général Van Uhm a souligné qu’il n’y a "pas la moindre indication" que la bombe artisanale qui a tué son fils (et un autre soldat) lui était destinée. Selon lui, elle était probablement en place depuis des mois, car la terre était dure et les militaires n’ont pas trouvé de traces ou d’autres bombes.

LES GRANDS TITRES

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "L’AIVD met en garde dans son rapport annuel : La Russie et la Chine accroissent leurs activités d’espionnage", "Hamer dirigera le PvdA à la Chambre", "Critiques sur les biocarburants en Amérique du Sud"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le général Van Uhm reste partisan de la mission en Uruzgan – ’Pas la moindre indication que la bombe artisanale était destinée à mon fils’", "Les facteurs font grève aujourd’hui pour leur salaire"
de Volkskrant (centre gauche) : "L’Uruzgan et un ’petit bonhomme’ de huit ans – ’Sa plus grande crainte était de décevoir son peloton’", "Hamer l’emporte avec son ’robuste gauchisme’"
De Telegraaf (populaire) : "Van Uhm refuse d’abandonner – ’Quand Dennis était encore un enfant il n’avait déjà peur de rien’", "Soutien maternel" (inauguration par la Reine Beatrix d’un quartier d’Enschede rénové après la catastrophe pyrotechnique de mai 2000)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les économistes : L’augmentation de la TVA est une bonne proposition – Soutien au projet de Bos", "’Je reste, c’est ce que Dennis aurait voulu’"

* * *

LE DOSSIER DU JOUR : présidence du groupe PvdA

L’ensemble de la presse annonce que le groupe parlementaire PvdA à la Deuxième Chambre a élu hier la députée Mariëtte Hamer à sa présidence.

"Lors d’une réunion à huis clos, le groupe PvdA a préféré Hamer à Diederik Samsom, le seul autre candidat", écrit le NRC Handelsblad d’hier soir à la une. "Le résultat du vote des 33 membres du groupe n’a pas été publié. Hamer elle-même a déclaré à l’issue de la réunion qu’elle avait ’beaucoup de soutien’. Mais selon des sources à l’intérieur du groupe PvdA, elle a remporté les élections avec une petite majorité."
"Hamer a dit qu’elle voulait rendre au PvdA son ’visage social’. ’Je m’engage pour ce parti, toujours, partout et dans toutes les circonstances.’ Elle veut mener une campagne permanente pour le PvdA."
"Diederik Samsom avait fait connaître sa candidature dimanche, à la surprise d’une partie du groupe. Il a dit à l’issue de la réunion : ’Malgré toute ma déception je peux dire que c’est un bon choix’."
"La présidence du groupe est considérée comme une fonction importante. Le président doit donner un visage au PvdA, parce que le leader du parti, Wouter Bos, en tant que vice-premier ministre, doit en premier lieu défendre la politique gouvernementale. Bos a fait savoir qu’il était content de l’élection de Hamer."

"Hamer a gagné la sympathie de ses collègues avec un programme de gauche classique", souligne le Volkskrant à la une. "Ses ingrédients : retrouver le visage social du parti, défendre les symboles inaliénables du PvdA (comme la protection contre le licenciement) et ’ne pas penser en structures mais en personnes’. Le reste de son agenda a également plu : sous sa direction les députés PvdA auront toute latitude pour briller et travailler à leur profil."
"L’agenda de Samsom était tout aussi classique de gauche, avec, selon certains, une présentation ’à la Obama’. Mais selon des gens qui étaient de la partie, ses accents étaient différents : la mondialisation (face à la sécurité sociale) et la durabilité."
"Les leaders d’autres partis ont exprimé les politesses d’usage. Selon le leader D66 Pechtold, Hamer peut ’rendre au PvdA un visage ouvrier’."

Pour l’éditorialiste du Volkskrant, "les élus sociaux-démocrates ont joué la carte de la sécurité". "Hamer (49 ans), les derniers mois, a assuré avec succès le remplacement de Jacques Tichelaar, qui était malade et qui revient en tant que ’simple’ député. Hamer a suffisamment de talent d’organisation, une large expérience politique et une bonne présence de leader de gauche."

"Le groupe n’avait guère le choix", remarque le commentateur du Telegraaf. "Le deuxième candidat était Diederik Samsom, ancien militant vert et relativement peu expérimenté en tant que politique. Il aurait représenté un trop grand risque pour la coalition fragile et peu appréciée que le PvdA forme avec le CDA et la ChristenUnie."
"Mais la nomination de Hamer, qui sera la deuxième figure de proue, à côté du vice-premier ministre Wouter Bos, n’est pas sans danger non plus. Hamer, qui, jusqu’à une date récente, opérait dans l’ombre des vrais cracks politiques, s’est révélée dans son rôle de leader une mauvaise coucheuse obstinée et capable de dire des bêtises imprévisibles, comme celle sur le ministre Donner (Affaires sociales) à propos du droit de licenciement." "Le PvdA aurait mieux fait de faire revenir le secrétaire d’Etat Frans Timmermans (Affaires européennes)."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas – Tibet

"Si l’UE et le gouvernement néerlandais n’invitent pas le Dalaï Lama, c’est la Deuxième Chambre qui doit le faire", relève le Trouw (p.5). "C’est l’avis d’une majorité de la Chambre. GroenLinks veut inviter le leader spirituel des Tibétains dès avant l’été. Le VVD et le SP soutiennent cette demande. Le CDA ne s’y oppose pas, mais préfère que le gouvernement emploie son énergie pour tenter d’aboutir à une concertation entre la Chine et le Dalaï Lama. Le PvdA, la ChristenUnie et le D66 prônent une invitation de l’Union européenne. Si ce n’est pas possible, ils soutiendront la demande de GroenLinks."

ACTUALITE INTERIEURE

Concertation de printemps

"Après une année difficile, les syndicats, le patronat et le gouvernement vont de nouveau s’entretenir officiellement, aujourd’hui, de tout ce qui a trait au travail", écrit le Trouw (p.2). "Du moins, de tout sauf du droit de licenciement et du recul de l’âge de la retraite." "Le fait qu’ils soient réunis est le point le plus important de cette Concertation de printemps. Il ne faut pas en attendre de grands accords tant que les partenaires sociaux ne pourront pas parler de la flexibilisation du marché du travail et tant que le gouvernement ne promettra pas de reporter la hausse de la TVA de 19 à 20 pour cent. Mais avec les grèves des agents de police et des travailleurs du secteur métallurgique à l’esprit, la journée peut tout de même être fructueuse."
"Au début de l’année, il semblait encore qu’il n’y aurait pas de Concertation de printemps du tout. Alors que le ’polder’ était paralysé par une lutte de prestige sur le droit de licenciement, le ministre Bos peaufinait tranquillement son budget pour 2009. Pour avoir encore leur mot à dire à ce sujet et parce que du gros temps économique semblait s’annoncer – par suite de la crise du crédit et de l’affaiblissement de l’économie américaine – les partenaires sociaux ont tout de même jugé nécessaire de se rencontrer de nouveau."
"Il faudra tout d’abord rétablir la confiance. Le ministre des Affaires sociales Donner semble se résigner à ne plus employer l’expression ’droit de licenciement’ jusqu’à ce qu’une recommandation ad hoc ait été formulée. Le patronat, qui, dans un premier temps, voulait aussi attendre cette recommandation, s’y est également résigné et fait acte de présence aujourd’hui. Mais le fait que l’âge de la retraite soit également sensible n’est pas une raison pour Donner de se taire. Il continue de souligner que la limite de 65 ans n’est pas mise en cause, certes, mais qu’elle n’est plus sacro-sainte. Il a ainsi un thème explosif dans les mains, sur lequel il ne devra pas trop insister s’il veut poursuivre le dialogue avec le mouvement syndical."
"On craint par ailleurs une hausse des revendications salariales. Le gouvernement et le patronat craignent les salaires élevés, et les syndicats n’en sont pas partisans non plus : les salaires excessifs provoquent une hausse des prix, de sorte que le pouvoir d’achat, finalement, n’augmente guère. Mais essayez donc d’expliquer cela aux postiers, qui ont vu que les grèves dans le secteur métallurgique ont eu de l’effet, ou aux personnels sanitaires qui voient que les grèves des policiers et les actions des enseignants en ont aussi. En plus, ce sont des secteurs qui connaissent une grande pénurie de personnel."
"Selon les syndicats et le patronat, la modération salariale doit s’accompagner d’une amélioration du pouvoir d’achat. C’est possible en reportant d’un an la hausse de la TVA, prévue pour 2009." "Les négociateurs devront trouver quelque chose aujourd’hui, pour éviter qu’un secteur après l’autre ne soit paralysé par des grèves. Le moins que le gouvernement puisse faire, c’est promettre de reporter à l’été la décision sur la hausse de la TVA."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (p.5 du cahier de Verdieping) retrace la carrière d’Aimé Césaire

Dernière modification : 19/08/2008

Haut de page