Presse néerlandaise du mercredi 26 mars 2003

NRC-Handelsblad  
 : La colonne américaine dépasse
Nassyria

Trouw  
 : 
 Les positions autour
de Bagdad sous le feu

 
 Le groupe PvdA
soutient la position de Bos sur l’Irak

Volkskrant  
 : 
 La guérilla urbaine
est un cauchemar pour les Etats-Unis

Algemeen
Dagblad
 : Révolte contre Saddam

Telegraaf  
 : Bain de
sang dans le désert

 

 

 

Affaires internationales

 

Irak


Les journaux spéculent
sur les difficultés que posera aux Américains la prise de Bagdad et font la
comparaison avec la bataille de Stalingrad : « Bagdadograd est la
meilleure option pour Saddam » (Trouw). Ils notent également les « difficultés
rencontrées par les Américains pour gagner la sympathie des populations ».

Deux interviews méritent
d’être relevées.

 

Max van der Stoel
a été interrogé par le NRC-Handelblad  :
« Le soutien politique est aussi important ».

« Ces dernières
semaines, il a écrit deux notes sur l’Irak pour Wouter 
Bos ». L’ancien ministre des affaires étrangères PvdA « déplore
l’absence de base juridique pour la guerre en Irak, mais étant donné les
circonstances, la juge moralement justifiée ». Interrogé sur la nouvelle
doctrine américaine de la guerre préventive, M. van der Stoel

se demande si « elle
est le précurseur d’une nouvelle politique américaine,…mais pour bien apprécier
ce risque, il faut regarder dans la pratique ce que pourrait donner cette
approche. Cela pose rapidement la question de la Corée du Nord ou de l’Iran.
Et je suis absolument convaincu que les Américains mèneront un autre type de
politique ». […]

Concernant l’UE,
« l’amertume est grande de part et d’autre, les relations personnelles
sont perturbées, mais j’espère que les Français, les Allemands et les
Britanniques réalisent qu’ils ne peuvent pas se permettre 
de laisser stagner la coopération européenne. Il est très important,
en dépit des réserves des Français, que l’élargissement de l’UE se
fasse. …Je ne crois pas qu’il sera possible, dans un avenir proche, de réaliser
une politique commune européenne sur des questions aussi vitales que la paix et
la sécurité. Je pense que les grands pays suivront chacun leur voie nationale.
Mais en cas de problème comme maintenant dans les Balkans, je crois qu’il est
possible d’arriver à une position commune, et cela est très important. Cela
vaut également pour une position européenne sur Israël et les Palestiniens et
la nécessité d’empêcher la Turquie d’intervenir au Kurdistan iraquien ». 
[…]

Le
Premier ministre britannique Blair « est quelqu’un qui a exactement
compris ce qui est nécessaire à la relation atlantique. Cela veut dire ne pas
rester en marge et prononcer de temps à autres quelques remarques incisives,
mais engager un dialogue intensif avec les Américains et essayer, lorsque l’Europe
juge qu’ils vont trop loin, de corriger. C’est Blair qui, l’été dernier,
avec Powell, a ramené les Américains sur la voie des Nations-Unies. C’est
encore Blair qui a constamment rappelé à Bush qu’il ne fallait pas oublier
le problème palestinien. Mais Blair à lui seul ne peut pas mettre suffisamment
de poids dans la balance, d’où l’importance d’une position européenne
commune ». […]

« Les
Pays-Bas n’ont naturellement qu’une voix modeste. Maintenant ils doivent
surtout s’efforcer de contribuer à restaurer les relations perturbées ». 
[…]

M.
van der Stoel « se réjouit qu’hier PvdA et CDA aient réussi à se
mettre d’accord sur la question de l’Irak. Il faut regarder vers l’avenir.
D’ici un mois, tout le monde s’interrogera sur la reconstruction de l’Irak,
et la question du soutien politique ne jouera plus de rôle ».

 

Bernard
Bot
,
jusqu’à l’an dernier représentant permanent des Pays-Bas à Bruxelles,
s’exprime dans le Volkskrant .

Il
juge l’attitude choisie par La Haye dans la question de l’Irak « tout
à fait cohérente. D’un côté, le lien transatlantique avec l’Amérique a
été préservé. D’un autre côté, nous réalisons qu’une politique européenne
de défense est nécessaire. Et ensuite, il faut naviguer entre les deux. L’Amérique
nous a protégés si longtemps, a assuré notre sécurité jusqu’au Kosovo et
en Bosnie. Nous vivons sous cette coupole de sécurité. La difficulté est de
ne pas lâcher les Etats-Unis tout en construisant une politique de sécurité
européenne. Si nous attachons du prix à la sécurité et que nous ne sommes
pas capables de produire ce qu’il faut, il ne reste pas tellement de choix. Il
n’y a qu’un pays qui puisse offrir cette garantie. Une fois au pied du mur,
je ne sais pas si les Français seront sur la brèche pour les Pays-Bas, les Américains
oui. Alors maintenant que les opérations
ont commencé, je trouve qu’il faut soutenir à 100% les Américains et les
Britanniques. Sinon, on joue le jeu de Saddam Hussein ». […]

Pour
l’ancien ambassadeur, les Pays-Bas font « typiquement partie du groupe
des pays du Nord, l’Allemagne, les Pays-Bas et 
la Scandinavie. Il faut voir Schröder indépendamment de l’Allemagne.
Il s’en est fallu d’un cheveu qu’il y ait un autre gouvernement, 
CDU, qui aurait mené une politique différente. Schröder n’est pas
forcément déterminant pour la pensée allemande ». […]

Le
projet belgo-franco-germanique de défense européenne lui paraît une « absurdité
totale. Les tanks allemands ont 25 ans et leurs conducteurs en ont plus de 50.
La défense belge est inexistante. Il ne reste donc que la défense française.
Est-ce que nous voulons tous dépendre de la défense française et de
l’industrie de défense française ? C’est un groupe de tête qui
manque de mordant. Les Anglais et les Français ensemble, c’est autre chose.
Ce sont deux puissances nucléaires, avec un siège au Conseil de Sécurité.
Mais je n’y crois pas ».

M.
Bot se déclare « pessimiste sur la PESD. C’est peut-être un pas de
trop pour des pays encore fortement orientés sur les aspects nationaux. Nous
avons mis 40 ans à construire le marché intérieur, il ne faut pas croire que
la politique de la défense pourra se faire en 4 ou 5 ans. Cela touche au problème
crucial de la souveraineté des Etats ».

 

 

Affaires néerlandaises

 

Le Trouw reprend les réflexions du Vice-Président du Conseil
d’Etat, M. Tjeenk Willink sur les récentes
crises gouvernementales qu’ont connu les Pays-Bas. Cet "influent conseiller
du gouvernement" écrit dans son rapport annuel que celles-ci étaient
"inutiles" et que les Pays-Bas risquent de devenir une « démocratie-spectacle ».

 

M. Tjeenk-Willink établit
un lien avec le "besoin que ressentent les politiques de modeler leur image en
fonction de l’opinion publique », qui provient de l’influence
disproportionnée qu’ont obtenu les média. 
Faute d’électorat stable, leur survie dépend beaucoup plus que dans
le passé du « spectacle » qu’ils offrent. Les politiques « deviennent des acteurs, la logique de
l’existant l’emporte sur la logique du progrès, ce qui va bien est occulté
au profit de ce qui ne va pas et le court terme l’emporte toujours sur le long
terme ». Les deux dernières
crises gouvernementales - la démission
du gouvernement Kok en liaison de l’affaire Srebrenica et la démission du
gouvernement Balkenende après la démission de deux ministres LPF – font
apparaître, à ses yeux, un manque de respect des règles constitutionnelles.
« Ce n’est pas le fait de démissionner qui prouve 
la responsabilité ministérielle, mais le fait de s’expliquer, de défendre
sa politique et de prendre les mesures indispensables pour prévenir de
nouvelles erreurs. La responsabilité ministérielle a été vidée de ce qui
constitue son sens profond : défendre sa politique devant les Etats-Généraux ». 

 

 

Affaires européennes

 

Le Financieele Dagblad annonce un « plan néerlando-français de
renforcement de la Commission ».

Le correspondant à
Bruxelles juge la « coopération franco-néerlandaise dans ce domaine
assez surprenante, étant donné que sur ce genre de question, généralement,
la France et les Pays-Bas ne sont pas tout à fait d’accord. La Haye ne veut pas encore donner beaucoup d’information
sur le contenu de cette proposition ».

 

Le quotidien financier
annonce à la une la présentation aujourd’hui à Bruxelles du rapport Kok sur
la circulation en Europe des travailleurs des pays candidats. « Une
ouverture réelle de l’Union est la condition du succès de l’intégration :
l ’ancien Premier ministre néerlandais estime donc que les pays membres
actuels doivent ouvrir aussi vite que possible leurs frontières aux
travailleurs des nouveaux pays. La levée de mesures limitatives ne produira
qu’un faible flux migratoire ». 

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