Presse néerlandaise du mercredi 26 septembre 2007

Hier après-midi la ministre Guusje ter Horst (Intérieur, PvdA) a fait parvenir à la Deuxième Chambre sa Nota Vernieuwing Rijksdienst (note sur la rénovation des services publics), dans laquelle elle annonce qu’il n’y aura probablement pas de licenciements forcés dans le cadre de la vaste opération de dégraissage de la fonction publique néerlandaise. Dans la perspective de l’accord de gouvernement de Balkenende IV, les hauts fonctionnaires des ministères avaient encore écrit que des licenciements seraient sans doute inévitables.
La note en question, rédigée par le secrétaire général Roel Bekker, est l’élaboration du projet d’économies structurelles de 750 millions d’euros sur la fonction publique annoncé dans l’accord de gouvernement.

LES GRANDS TITRES

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "L’Etat supprime 12 800 emplois, pas de licenciements", "Le nouvel examen pour le permis de conduire fera appel à d’autres compétences", "Jan Pronk a gagné, mais perdu"
de Volkskrant (centre gauche) : "La Birmanie va droit à la confrontation - La junte militaire interdit les rassemblements ; l’armée et la police apparaissent dans les rues de Rangoon", "’Je n’ai pas viré de 180 degrés’" (interview de Jacques Tichelaar)
Trouw (chrétien progressiste) : "Le climat est la première préoccupation des citoyens - Les consommateurs disent vivre plus ’durablement’, mais ont du mal à se passer de leur voiture", "’Les corporations locatives ne donnent qu’une aumône au gouvernement’" (financement de la rénovation urbaine)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Le goût de la dépense s’est évaporé en un mois - Les Néerlandais perdent confiance dans l’économie", "Le ’Governator’ Schwarzenegger bienvenu aux Pays-Bas" (en 2008)
De Telegraaf (populaire) : "’Taxe écologique sur le bifteck’ - Les organes consultatifs approuvent le projet",

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LE DOSSIER DU JOUR :PvdA

"Le PvdA s’est attiré les railleries de la gauche comme de la droite en faisant volte-face dans la question du référendum sur l’UE", écrit la rédaction parlementaire du Telegraaf (p.3). "Le groupe PvdA à la Deuxième Chambre a rejeté hier une proposition de consultation des électeurs."
"Cet été le leader du groupe, Jacques Tichelaar, estimait encore que la classe politique devait avoir le courage de soumettre le nouveau traité à la population. Maintenant, il claque la porte. Sans le soutien du PvdA, qui avait écrit dans son programme électoral qu’il était pour un référendum, les partisans ne peuvent plus compter sur une majorité."
"Le leader PVV Geert Wilders a comparé la colonne vertébrale du PvdA à celle d’une banane. Le député SP Harry van Bommel parle de ’politique de poltrons’ et la présidente de GroenLinks Femke Halsema qualifie la position du PvdA de ’mystification de l’électorat’. Le leader du groupe D66 Alexander Pechtold, déçu, dit que la décision est ’mauvaise pour la démocratie et mauvaise pour l’Europe’. Ce qui est remarquable, c’est que le VVD n’a pas encore pris position. Le député Han ten Broeke a déclaré qu’il voulait ’d’abord voir le texte définitif du traité’."
"Selon Tichelaar, une très grande majorité de son groupe était contre un nouveau référendum. ’Nous sommes élogieux sur la teneur de ce traité. Il est substantiellement et fondamentalement différent de la Constitution originelle’, selon le président du groupe PvdA, qui discerne au demeurant quelques éléments constitutionnels dans le nouveau traité. ’Mais’, a-t-il dit à l’issue de la réunion du groupe, ’c’est le cas de tous les traités’."
"En milieu PvdA on affirme qu’en échange du revirement dans cette question le groupe ne fera pas de concession concernant le brûlot du droit de licenciement, que le CDA veut assouplir."
"Les électeurs du PvdA ne sont pas contents de la décision du groupe, selon le sondeur d’opinion Maurice de Hond. Presque la moitié considère le revirement comme une mystification de l’électorat et six électeurs sur dix estiment que leur parti doit approuver un référendum."

A la une du Volkskrant, Jacques Tichelaar déclare que le PvdA ne tient pas à consulter les électeurs "parce que ce n’est pas nécessaire". "Ce traité est fondamentalement différent de la Constitution rejetée en 2005  ; il n’y aura pas de super-Etat fédéral européen, les parlements nationaux seront renforcés, nous resterons maîtres de notre enseignement et de notre sécurité sociale. Nous avons envoyé le gouvernement à Bruxelles avec une longue liste de desiderata et il en est revenu avec un beau résultat. Tous nos souhaits ont été exaucés, ceux de la population aussi."
"Je n’ai pas fait volte-face. Le programme électoral parle d’un référendum en cas de traité constitutionnel ; ce n’est pas le cas. L’accord de gouvernement annonçait une consultation du Conseil d’Etat. Celui-ci estime également qu’un référendum n’est pas nécessaire, tout comme le gouvernement. Cela crée une nouvelle situation."
A la question de savoir comment le président du groupe PvdA va expliquer ce que certains appellent un "suicide électoral", il répond : "J’ai des arguments solides concernant la disparition du super-Etat européen. Je rendrai des comptes la semaine prochaine à notre congrès et aux électeurs via notre site Internet."

"Cinq députés PvdA (Kalma, Samsom, Vos, Van Dam, Spekman) se sont montrés mardi partisans de l’initiative de l’opposition", précise le journal de centre gauche en page 3, "mais Kalma sera probablement le seul à l’approuver." "Ce n’est pas suffisant pour former une majorité avec l’opposition."

Dans le Trouw (p.3), le député Paul Kalma fait part de sa grande déception. "Tout le monde a pu dire ce qu’il pensait", dit-il à propos de la réunion du groupe, qui a duré plus de trois heures. "Je n’ai pas senti de pressions. Nous avons surtout parlé de la recommandation du Conseil d’Etat, de l’importance que nous devions lui accorder. En définitive, une grande majorité était d’accord avec cette recommandation."

Pour l’éditorialiste du Telegraaf, "le PvdA a bien fait de s’opposer à un référendum sur le nouveau traité de l’UE". "Manifestement, il a compris que le résultat d’un nouveau référendum était incertain et qu’un deuxième ’non’ allait poser de graves problèmes à notre pays." "Le vote négatif du PvdA débarrasse les Pays-Bas d’un référendum absurde et politiquement dangereux. Le SP et le parti de Wilders pousseront les hauts cris, mais eux n’aiment pas l’UE."

"Il est bon qu’il n’y ait pas de répétition de 2005", estime aussi le journal d’affaires Het Financieele Dagblad."

ACTUALITE INTERIEURE

Durabilité et consommation

"Les Néerlandais s’inquiètent davantage du climat que du terrorisme", relève le Trouw dans son grand article à la une. "L’intégration occupe une place encore plus basse sur ’l’échelle des préoccupations’. Le changement de climat inquiète vivement presque six Néerlandais sur dix. Un peu plus de la moitié de la population a déjà adapté son comportement en conséquence, en dépensant moins d’énergie ou en séparant les déchets. C’est ce qui ressort du Duurzaamheidsmonitor 2007, une enquête effectuée pour le compte de l’Etat. Une comparaison avec l’an dernier montre que la préoccupation qu’inspire le changement de climat a grandi rapidement. Beaucoup moins de gens s’inquiètent de l’économie et de l’emploi. L’enquête a été effectuée en avril et mai, donc avant que n’apparaisse l’incertitude concernant les marchés financiers et l’économie, le mois dernier."
"Les personnes interrogées ont été priées de désigner sur une liste de dix thèmes celui qui les préoccupait le plus. Le climat figure en tête (18 pour cent). La sécurité dans le monde (17 pour cent) et aux Pays-Bas (12 pour cent) suivent. L’intégration des immigrés ne préoccupe que peu de gens [6 pour cent]. Tout comme l’an dernier, ils jugent plus importante la qualité de la sécurité sociale et de l’enseignement, de même que la lutte contre la pauvreté [respectivement 16, 9 et 11 pour cent]."
"Cette enquête annuelle a surtout pour but de voir si les Néerlandais sont sensibles à la durabilité. Il s’avère que cette sensibilité s’est fortement accrue l’an dernier. Selon un porte-parole de SenterNovem, qui doit propager la durabilité au nom du ministère des Affaires économiques, c’est en partie grâce à Al Gore. L’ancien vice-président américain a beaucoup retenu l’attention aux Pays-Bas il y a un an, avec son livre et son film sur le changement de climat, An inconvenient truth. Mais selon SenterNovem, la plupart des gens sont préoccupés par les changements sensibles aux Pays-Bas mêmes : l’été record de l’an dernier, suivi par un hiver doux et un printemps chaud."
"Un peu plus de la moitié des Néerlandais dit vivre désormais de façon plus durable." "Mais la disposition à changer vraiment de comportement est encore assez faible. La nouvelle génération, par contre, manifeste cette disposition, ainsi qu’il ressort de l’enquête Jongeren 2007 présentée hier. 83 pour cent des jeunes de 12 à 29 ans estiment qu’il est temps de prendre des mesures contre le changement de climat."

La confiance des consommateurs dans l’économie néerlandaise a chuté en septembre, note par ailleurs l’ensemble de la presse. L’indice de confiance est passé de 15 points en août à - 1 en septembre. Selon le Centraal Bureau voor de Statistiek (CBS), la crise hypothécaire aux Etats-Unis, la nervosité des places boursières qui en découle et la baisse du pouvoir d’achat sont les principales causes de ce pessimisme (AD Haagsche Courant p.1, de Volkskrant pp.1 et 7, Trouw p.13).

"Le CBS mesure la confiance des consommateurs depuis 1986, mais il n’a encore jamais constaté une telle chute", précise le Financieele Dagblad à la une.

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le Trouw (p.8), Paul-Kleis Jager évoque les problèmes financiers de la France et rend compte d’une interview d’Alan Greenspan au quotidien Le Figaro, dans laquelle l’ex-président de la Banque centrale américaine parle des faiblesses de l’économie française.

Dernière modification : 20/10/2008

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