Presse néerlandaise du mercredi 27 octobre 2010

« Il y a de grandes chances que l’assistant néerlandais enlevé en Afghanistan lundi soit aux mains de criminels et non de rebelles comme les talibans », selon le quotidien à grand tirage AD. « C’est ce qu’ont déclaré à notre journal divers spécialistes en matière de sécurité, en Afghanistan et aux Pays-Bas. La police locale a également exprimé cette hypothèse. »
« Le ministère des Affaires étrangères confirme que le Néerlandais travaille pour l’organisation d’aide Streams Afghanistan, qui accompagne les parents et les infirmiers d’enfants handicapés dans la province de Takhar. »

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- NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : « Le premier ministre : le gouvernement doit couper pour croître – Gouvernement Rutte : l’opposition condamne la ‘froideur’ et le ‘manque de vision’ ; pas de motion de censure du PVV ; Rutte veut coopérer », « En Afghanistan il n’y a pas deux enlèvements qui se ressemblent »
- de Volkskrant (centre gauche) : « Beaucoup moins d’espèces animales – Grâce à la protection de la nature la disparition d’autres espèces a été évitée », « Rutte démarre dans une atmosphère glaciale »
- Trouw (chrétien progressiste) : « Rutte se heurte à une opposition acharnée », « Le gouvernement ne regarde pas en arrière – Rutte ne donne pas d’explications sur la période de formation »
- De Telegraaf (populaire) : « Wilders ouvre l’offensive contre la Reine – Le PVV exige que Beatrix quitte le gouvernement », « Mise au courant à Bruxelles » (visite de la Reine Beatrix à la Commission européenne et au président Herman van Rompuy hier)
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : « Pauvreté dans les villes à cause des projets d’économies – Une lettre de protestation des maires des grandes villes au gouvernement », « ‘Ce sont des criminels qui ont kidnappé le Néerlandais’ »

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne – Serbie

Le commentateur éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir juge « bon » que l’UE ait « fait un choix fondamental en faveur d’une nouvelle relation avec la Serbie ». « Il est tout à fait compréhensible que les familles des victimes de Srebrenica craignent le pire, mais il reste à voir comment les choses vont se passer. Nous ne sommes pas sûrs de la réponse, pas plus que nous ne savions comment le rapprochement vis-à-vis du Portugal, de la Grèce, de l’Espagne et du Bloc de l’Est allait se passer après les dictatures. Ces expériences nous ont cependant appris que l’adhésion à l’UE, dans le passé, a stimulé la démocratisation, l’état de droit et l’ouverture historique. Il faut espérer que ce sera aussi le cas pour la Serbie. »

« Le pragmatisme politique l’a emporté sur une exigence (morale) ‘non négociable’ », conclut l’éditorialiste du Volkskrant ce matin. « C’est regrettable mais compréhensible, car les Pays-Bas, en adoptant une autre position, se seraient isolés et auraient fini par avoir les mains vides. Rosenthal dit que les Pays-Bas se sont battus comme un lion, mais alors c’était comme un lion sans dents. Le résultat est attristant. La Serbie, en effet, deviendra membre de l’UE et n’optimalisera certainement pas sa coopération avec le Tribunal pénal international, faute de pression extérieure. La pilule est amère. »

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ACTUALITE INTERIEURE

Débat sur la politique générale du gouvernement

« Le VVD et le PVV ont fait monter la tension à la Deuxième Chambre », note le Volkskrant à la une. « La déclaration gouvernementale du premier ministre Rutte a été accueillie par les partis d’opposition de gauche comme un exposé froid et inexpressif, avec lequel il recherche surtout la confrontation à leurs yeux. Le leader PVV Geert Wilders a mis du sel dans leurs plaies sur un ton triomphant. ‘L’élite gauchiste de la ceinture de canaux d’Amsterdam et la clique des régents de La Haye pleurnichent dans les couloirs (…) Ils peuvent se démener tant qu’ils veulent, notre adage reste : quand la gauche perd les Pays-Bas gagnent.’ Wilders a annoncé un projet de loi visant à exclure la reine du gouvernement. »
« Bien que Rutte ait dit à l’avance qu’il voulait tendre la main au pays tout entier, l’atmosphère est devenue de plus en plus glaciale au fil des heures. Le leader du groupe parlementaire VVD Stef Blok a également cherché la confrontation avec le PvdA et GroenLinks à plusieurs reprises. Des députés de ces deux partis se sont indignés dans les coulisses du ‘ton dur’ adopté par la coalition. »
« Ce débat a révélé un changement des rapports politiques. Le leader PvdA Cohen revit en tant que leader de l’opposition contre un bloc de droite. Le leader SP Roemer, en revanche, semble désorienté. Ses offensives contre le PvdA sont restées sans effet et le bloc de droite l’a totalement ignoré. »

« Le premier ministre Mark Rutte et le leader du groupe parlementaire VVD Stef Blok, le premier jour de débat, ont fait faire un faux départ au gouvernement minoritaire », estime le même Volkskrant en page 3. « A de nombreux égards il s’agissait d’un débat de débutants ; le PvdA, le CDA et le VVD ont un nouveau chef de groupe. Les yeux se portaient surtout sur le leader PvdA Job Cohen : allait-il pouvoir s’afficher en leader crédible de l’opposition après une série d’interventions hésitantes ? Et bien, il a lu son discours avec conviction et a su tenir la route durant quelques interruptions. Le fil directeur de son exposé était : ‘C’est la volonté de Wilders qui fait loi’. Le leader SP Emile Roemer, un rival important de Cohen, n’a pas été interrompu une seule fois durant son exposé qui a duré vingt minutes et a été dégradé au rang de rôle secondaire. Il n’arrivait pas à attaquer le PvdA, tandis que les partis de droite n’avaient rien à craindre de lui et l’ont ignoré. »

Pour l’éditorialiste du Trouw, « c’est à tort que Rutte ne parle pas du fondement idéologique de son gouvernement ». « Des choix politiques fondamentaux sont à la base de la coopération des trois partis de la coalition. Si ces choix avaient été explicités dans la déclaration gouvernementale, elle aurait peut-être eu plus de consistance et le débat aurait pu gagner en signification. En évitant de nommer les choses par leur nom, Rutte a pris un départ terne et dénié aux électeurs les réponses auxquelles ils ont droit. »

Le Telegraaf, de son côté, affirme que « Rutte a bien démarré hier ». « Le premier ministre libéral a paru sûr de lui durant la déclaration du gouvernement. » Le journal populaire reconnaît que « la déclaration gouvernementale n’était pas excitante ». « Le premier ministre Rutte s’est surtout montré sous un jour pratique ; il n’a pas diffusé de message visionnaire de l’avenir de notre pays. »

Abus sexuels dans l’Eglise catholique

L’ancien dirigeant de l’Eglise catholique romaine néerlandaise, le cardinal Simonis, devra témoigner sous serment dans le procès d’une victime d’abus sexuels. C’est ce que le tribunal de Middelburg (Zélande) a décidé à la demande de l’avocat de la victime. D’autres ecclésiastiques de haut rang seront également entendus, dont l’évêque Hans van den Hende, de Breda, et un de ses prédécesseurs, l’ancien évêque Huub Ernst (NRC Handelsblad d’hier soir pp.1 et 3, de Volkskrant p.6, dépêche Novum).

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Telegraaf (p.11) et l’AD (p.25) relèvent que les Français sont « fatigués » des grèves. Le second journal (p.14) évoque par ailleurs la situation dans les banlieues, cinq ans après les émeutes : « Toujours pas de travail ni de logements ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 11/11/2010

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