Presse néerlandaise du mercredi 28 novembre 2007

LES GRANDS TITRES :

Trouw : Les porcs sous anesthésie pour la castration
Volkskrant : Olmert et Abbas vont de nouveau se parler
Telegraaf : Film provocateur de Wilders
Algemeen Dagblad : La qualité des nouvelles constructions est médiocre

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AFFAIRES INTERNATIONALES

Surinam

Le Telegraaf et le Volkskrant suivent plus particulièrement les préparatifs du procès de l’ancien leader militaire du Surinam Desi Bouterse. Celui-ci, explique le Telegraaf, « doit rendre des comptes sur son rôle dans les meurtres de décembre 1982. A la suite des menaces proférées par Bouterse à l’encontre du ministre de la justice Santokhi et du Président Ronald Venitiaan, d’importantes mesures de sécurité entourent ce procès ».

Pour l’éditorialiste du Volkskrant, « le procès du leader militaire Désiré Bouterse constitue pour plusieurs raisons un événement d’importance au Surinam. Le fait que le principal suspect doive comparaître devant la justice après 25 ans constitue en premier lieu une victoire pour les familles des victimes, dont les efforts ont empêché que cette affaire disparaisse dans le bourbier de la politique surinamienne. Deuxièmement, beaucoup de gens espèrent que le jugement de Bouterse et de ses complices libérera enfin le pays du traumatisme des événements dramatiques de décembre 1982. Et enfin, le déroulement de ce procès constituera un bon test pour l’état de droit encore chancelant de ce pays. (...) Bouterse sent qu’il pourrait bien perdre la main, comme le montrent les excuses qu’il a présentées en début d’année - en assumant la responsabilité politique des événements, mais en persistant à nier sa culpabilité dans les exécutions. Son plaidoyer en faveur d’une amnistie et de la mise en place d’une sorte de commission de la vérité a été à juste titre rejeté par les familles des victimes, qui l’ont considéré comme une tentative grossière d’échapper à une condamnation.
Même s’il est regrettable que ce jugement n’intervienne qu’un quart de siècle après les événements, c’est une bonne chose que la justice puisse finalement être rendue ».

ACTUALITE INTERIEURE

Geert Wilders

Le Telegraaf annonce à la une un « film provocateur de Wilders ».
« L’émotion est grande dans les milieux gouvernementaux », explique le journal populaire, « à l’annonce des projets de film de Geert Wilders. Le leader du PVV prépare dans la plus grande discrétion un téléfilm provocateur sur le Coran, qui doit paraître sur les écrans à la fin du mois de janvier. (...) Ce film est une mise en accusation du Coran. Des extrait du livre sacré des musulmans seront présentés devant la caméra dans un style comparable à celui de ’Submission’. Ce film de Théo Van Gogh avait provoqué une réaction de colère dans les milieux musulmans ; son réalisateur a été assassiné en 2004 par un musulman radical peu avant sa sortie. Wilders accepte de confirmer qu’il prépare un film dans lequel le Coran occupe une place centrale. ‘Dans mon film, cela conduit à quelque chose’, précise l’homme politique, qui refuse de révéler si par exemple il déchire un Coran : ‘Je ne veux rien dire, il faudra aller voir mon film’. Les projets cinématographiques de Wilders préoccupent vivement le gouvernement. En plus de problèmes de sécurité dans notre pays, celui-ci pourrait également déclencher des réactions néerlandophobes dans les pays musulmans. Les trois ministères concernés - affaires étrangères, justice et intérieur - en discutent avec Wilders. Le coordinateur national pour le terrorisme, Tjibbe Joustra, est impliqué dans les entretiens. Un porte-parole de la Justice fait savoir que ‘le gouvernement met tout en œuvre pour se préparer à une discussion subite et violente à l’intérieur comme à l’extérieur’. Wilders a déclaré dans le passé que les musulmans devraient déchirer la moitié du Coran s’ils voulaient rester aux pays-Bas ; il a également comparé le livre à ‘Mein Kampf’. Le leader du PVV est en discussion avec une chaîne de télévision pour diffuser son film ; il envisage également d’utiliser le temps d’émission réservé aux partis politiques pour le diffuser ».

Hommes politiques « investis d’une mission »

Le Trouw est d’avis que « les hommes politiques investis d’une mission ne durent jamais longtemps ».
« Un parti politique en bonne santé est composé de gens enthousiastes qui veulent imprimer leur marque à la société. A l’intérieur de chaque parti, il y a même une catégorie particulière, souvent modeste, de gens dont l’enthousiasme surpasse celui de leurs collègues - ce sont les politiciens investis d’une mission personnelle. Si tout se passe bien, ils représentent un plus pour leur parti .... mais parfois, ils dépassent les bornes, et ils laissent derrière eux un parti abasourdi ou dans certains cas soulagé. (...) Au PvdA, depuis la radiation d’Esfan Jami, le calme est revenu (...) Mais il resurgira quelque part, parce que les politiciens qui se sentent investis d’une mission ont tendance à changer de parti. Cela fut le cas d’Ayaan Hirsi Ali, qui après un bref passage au PvdA fut accueillie à bras ouverts par le VVD. A ses yeux, le VVD ne représentait qu’un podium, a-t-elle répété à plusieurs reprises, pour faire connaître ses idées et ses propositions sur l’Islam et l’injustice faite aux femmes.
Elle ne s’intéressait pas au message libéral en général. Hirsi Ali est devenue l’une des femmes les plus influentes du monde (selon Time Magazine), mais aux Pays-Bas, son rôle semble terminé. Le VVD bénéficie d’une solide expérience en terme de politiciens à forte personnalité. Dans deux cas, Geert Wilders et Rita Verdonk, la mission ne s’est révélée, comme pour Paul sur le chemin de Damas, que lorsqu’ils ont commencé à jouer un rôle politique actif. Wilders avait au VVD la réputation d’un ambitieux péroxydé avec des opinions tranchées sur la politique étrangère et la WAO (incapacité de travail). Son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE a provoqué son exclusion du parti. Ce n’est qu’après cela qu’il s’est senti porté par une mission contre l’Islam. Rita Verdonk n’a vu la lumière que lorsque dans ses fonctions de ministre, les sondages ont montré qu’elle jouissait d’une grande popularité et qu’elle a reçu d’énormes sacs de courrier. Verdonk a laissé derrière elle un parti déchiré, qui avait déjà été fortement secoué par le passage de Wilders et d’Hirsi Ali. Il est indéniable que Pim Fortuyn compte parmi les plus grands dans le domaine des personnes convaincues de détenir la clef en or qui permettra de résoudre les problèmes de la société. Fortuyn est allé frapper à la porte de la plupart des partis, mais tous l’ont refusé, et il a fini par créer son propre parti. Le CDA n’a pas non plus été épargné : on se rappelle encore le cas de Jacques de Milliano, le visage de Médecins sans Frontières dans les années quatre vingt dix. Son engagement au sein du CDA, parti conservateur, a été une source d’étonnement pour tout le monde, et l’on n’était pas encore revenu de sa stupéfaction qu’il avait déjà claqué la porte à cause d’une politique d’asile qu’il jugeait trop inhumaine. Il a annoncé par la suite qu’il comptait fonder son propre mouvement, mais il y a finalement renoncé ».

Défense

Selon le Volkskrant, « il ne faut pas surestimer l’apport de pays comme la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie ou la France en Uruzgan ».
« Le nombre de militaires néerlandais ne diminuera que très peu si le gouvernement décide de prolonger la mission. Une option antérieure, consistant à maintenir 1200 des 1700 militaires a déjà fait place à une variante prévoyant 1500 hommes. Tout au plus 200 à 300 militaires d’autres pays viendraient apporter leur assistance, pour monter la garde ou former des militaires afghans ».

AFFAIRES FRANCAISES

Les journaux continuent de publier des photos et des reportages d’ambiance depuis Villiers-le-Bel.

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A signaler : le directeur de l’AIVD (services de renseignement), M. Sybrand van Hulst, a accordé un interview au Volkskrant à la veille de quitter ses fonctions.

Dernière modification : 22/09/2008

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