Presse néerlandaise du mercredi 29 juin 2005

La deuxième fille du prince héritier Willem-Alexander et de la princesse Máxima, née dimanche, a été prénommée Alexia Juliana Marcela Laurentien, a annoncé son père en la déclarant à la mairie de La Haye hier matin, lors d’une cérémonie diffusée en direct par la télévision publique néerlandaise. "J’ai eu le grand honneur que Máxima veuille donner à notre fille un prénom qui s’inspire du mien", a déclaré le prince aux journalistes, en présence du premier ministre Balkenende et du vice-président du Conseil d’Etat Tjeenk Willink.

-NRC Handelsblad d’hier soir : "KPN reprend son concurrent Telfort pour 1 milliard", "’Un faux sentiment de sécurité’" (rapport annuel de la Banque des Paiements internationaux), "La Chambre veut un allégement des charges des citoyens"
-de Volkskrant : "Le CDA bloque un plan radical de Pechtold - Le ministre D66 fait des propositions poussées de rénovation du système constitutionnel", "Une partie de l’Europe frappée par la chaleur", "Le réacteur de fusion nucléaire sera construit en France"
-Trouw : "De Geus : Les minima ne régresseront pas - Le ministre reste stoïque face au rapport des églises sur la pauvreté", "KPN paie le prix fort pour Telfort"
-Algemeen Dagblad : "Deux fois plus de travail pour le fisc - Le contrôle de 472 000 signatures électroniques prend beaucoup de temps", "Le propriétaire de Telfort encaisse € 330 millions", "Elle s’appelle... Alexia Juliana Marcela Laurentien"
-De Telegraaf : "De fausses pièces de 2 euros - Une bande fournit des lots de pièces ’à moitié prix’", "Alexia Juliana Marcela Laurentien - Le prince déclare fièrement : Elle a un prénom qui s’inspire du mien", "L’Argentine et le Nigéria en finale" (football)

* * *

NOTRE DOSSIER :Rénovation administrative

"Le ministre de la Rénovation administrative, Pechtold (D66), veut réformer radicalement le système constitutionnel néerlandais", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une, "mais les ministres CDA du gouvernement rejettent la plupart de ses propositions." "C’est ainsi que le CDA bloque l’introduction d’un référendum consultatif. Selon des sources proches du gouvernement, Pechtold se heurte aussi à des résistances contre son projet de simplification des modifications de la Constitution."

"Le CDA et le VVD ne sont pas favorables au ’conseil de citoyens’ de 160 Néerlandais que propose Pechtold pour rédiger une nouvelle loi électorale. Il y aussi un désaccord sur une Table Ronde de parlementaires. Selon ’l’agenda de rénovation démocratique’ de Pechtold, dont le Volkskrant dispose, cette conférence devrait juger de questions importantes telles que le statut du premier ministre et l’avenir de la Première Chambre et du Conseil d’Etat. Le gouvernement est en revanche positif concernant l’idée de Pechtold de répartir les élections municipales sur plusieurs dates. Les considérations de politique nationale auraient ainsi moins d’influence sur le résultat."

"Le gouvernement appliquera aussi deux mesures déjà prévues dans l’Accord pascal : le règlement de l’élection des maires dans la Constitution et le renforcement des votes préférentiels. Grâce au dernier point les électeurs pourront mieux décider qui ira à la Deuxième Chambre. "

"Les propositions de Pechtold sont plus ambitieuses et plus larges que celles de son prédécesseur Thom de Graaf, qui a démissionné à cause de l’élection des maires. Le D66 est notamment resté dans le gouvernement parce que Pechtold a été chargé de procéder à une large étude de la rénovation administrative. Et il devait trouver du soutien au Parlement."

"Mais Pechtold a suscité de l’irritation parmi ses partenaires de coalition, qui lui ont renvoyé ses propositions à plusieurs reprises. Le CDA se plaint de ce que le ministre propose ’une liste de rénovations administratives’, alors que l’Accord pascal promettait une ’analyse sérieuse’. Il doit d’abord trouver du soutien parmi le CDA, estime le groupe parlementaire. Selon le CDA, sa proposition de référendum n’est pas suffisamment étayée. ’Après trois mois au ministère, on ne peut pas joyeusement essayer de faire passer le référendum juste avant les vacances d’été’, dit une source au sein du groupe CDA. ’Ce n’est pas d’un club de scoutisme qu’il s’agit, mais du système constitutionnel néerlandais’."

"Après le référendum du 1er juin, il est apparu que la population et la classe politique étaient très favorables à plus de référendums. Mais comme le CDA y reste opposé, le référendum n’est possible que si le VVD et le D66 se rallient à un projet de loi de l’opposition. Il reste à voir si le CDA jugera cela acceptable."

"Le gouvernement veut prendre une décision sur les propositions de Pechtold dès avant l’été. Le ministre est pressé parce qu’il veut annoncer les rénovations dans son budget de Prinsjesdag [jour de la présentation du budget, en septembre]."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Afghanistan

La Deuxième Chambre a approuvé deux nouvelles opérations en Afghanistan, ainsi que la prolongation d’une opération en cours, relève le Trouw (p.4). "Le ministre Kamp (Défense) a promis de fournir un hélicoptère d’ambulance supplémentaire. La Chambre tenait à ce que les 750 fusiliers marins qui seront stationnés à Mazar-I-Sharif, dans le Nord, puissent être soignés rapidement en cas de blessure. Ils y contribueront à partir du 26 juillet au bon déroulement des élections législatives."

"La Chambre a aussi approuvé l’envoi de trois bâtiments de la marine dans le Golfe persique. Ils y patrouilleront dans le cadre de la lutte internationale contre le terrorisme."
"La mission de 150 militaires qui aide les autorités de la province de Baglan à maintenir l’ordre sera prolongée d’une année."

Le PvdA et GroenLinks ont voté contre l’envoi de deux frégates et d’un sous-marin dans le Golfe, parce que le ministre ne peut pas donner de précisions sur le sort des suspects que la marine remet aux Américains. Le SP s’est prononcé contre toutes les missions.

Union européenne

1) Référendums français et néerlandais. "Presque un tiers de ceux qui ont voté non lors du référendum sur la Constitution européenne aux Pays-Bas l’ont fait parce qu’ils ne se sentaient pas suffisamment informés", note le Volkskrant (p.5). "D’après un sondage d’opinion de la Commission européenne, 67 pour cent des Néerlandais trouvent que le débat sur la Constitution a commencé trop tard. Au total, 32 pour cent des personnes interrogées ont indiqué le manque d’information comme principale raison de voter contre la Constitution. La crainte de perdre de la souveraineté figure en deuxième place (19 pour cent), suivie par le mécontentement vis-à-vis du gouvernement (14 pour cent). Pour 13 pour cent le principal motif était que l’Europe est ’trop chère’, tandis que 8 sont tout à fait opposés au projet européen."

"Il est remarquable que seuls 6 pour cent nomment l’élargissement comme raison de voter contre. En France aussi, 6 pour cent seulement de ceux qui ont voté non l’ont surtout fait à cause de l’élargissement et de la possible adhésion de la Turquie. Ces derniers temps, diverses personnalités politiques, dont le ministre de l’Intérieur Sarkozy, ont tiré prétexte du référendum pour ralentir l’élargissement." "A la différence des Néerlandais, les Français sont satisfaits de l’information et du débat sur la Constitution."
Politique agricole commune. "La Deuxième Chambre veut que le gouvernement prépare rapidement un projet de révision de la politique agricole de l’UE jusqu’en 2013", rapporte le Financieele Dagblad (p.5). "Une motion du parti gouvernemental D66 allant dans ce sens a été adoptée hier à la Deuxième Chambre, avec le soutien de l’opposition."

"La Chambre espère que les Pays-Bas se rallieront au projet britannique de révision de la politique agricole commune." "Le ministre de l’Agriculture Cees Veerman travaille à une note qui sera débattue en conseil des ministres vendredi. Il propose que les Pays-Bas ne touchent pas à la politique agricole. Selon lui, ils peuvent s’en tenir aux accords sur le budget agricole conclus en 2002, tout en améliorant leur position de contributeur net dans l’Union européenne."

"Une majorité parlementaire veut employer les dépenses agricoles comme monnaie d’échange pour abaisser la contribution néerlandaise à l’UE. La Chambre a également voté hier pour une motion PvdA-VVD disant que la réforme de la politique agricole commune doit viser à ’supprimer progressivement les subventions par produit et limiter les dépenses."

"Pour Veerman, les accords conclus ne sont pas à débattre. Il y a quelques semaines, il a lié son sort politique à la question et dit qu’il ne sera ’plus que ministre’ lorsqu’on touchera aux accords sur le budget agricole de 2007 à 2013."

"L’agriculture néerlandaise est la moins subventionnée de l’UE", souligne le journal d’affaires. "Les Pays-Bas touchent 2,6 % de la cagnotte agricole européenne. La France est un grand bénéficiaire : elle absorbe 23 pour cent du budget. Aux Pays-Bas ce sont surtout les agriculteurs et les éleveurs de bêtes laitières qui reçoivent des fonds de Bruxelles. L’élevage intensif et l’horticulture, qui représentent ensemble 55 pour cent de la production, ne reçoivent rien."

"Une majorité parlementaire écrasante formée par le CDA, le VVD, le D66, le PvdA et GroenLinks a mis le couteau sur la gorge du ministre Veerman (Agriculture)", écrit le Telegraaf (p.23) en rubrique financière. "Le porte-parole du ministre a fait savoir que le responsable CDA ne songe pas à démissionner. ’Le ministre discerne encore des possibilités d’améliorer la position de contributeur net des Pays-Bas sans abaisser les dépenses agricoles’, a déclaré le porte-parole."

ITER

L’ensemble de la presse annonce que le réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter sera construit en France.

"Les six partenaires du projet (l’UE, les Etats-Unis, la Russie, le Japon, la Chine et la Corée du Sud) se sont accordés hier sur les coûts et le site du réacteur Iter", annonce le Volkskrant à la une. "Le Japon a retiré sa candidature pour le site, en échange de compensations financières." "Le coût de la construction est estimé à presque cinq milliards d’euros, de même que l’exploitation du réacteur pendant vingt ans. L’UE paiera la moitié des coûts, les autres partenaires 10 pour cent chacun. Le gros des contributions des partenaires reviendra aux secteurs privés nationaux, qui construiront des éléments du réacteur. Les deux cents chercheurs seront aussi recrutés au prorata dans les pays participants."

"Seul le Japon aura plus. En tant que perdant des négociations sur le site, il obtiendra deux fois plus de commandes et de chercheurs que la part lui revenant conformément à sa contribution."
’Le réacteur d’essai, projeté près de Cadarache, en Provence, sera un soleil expérimental sur terre : à une température de cent millions de degrés se formera un plasma dans lequel des noyaux d’atomes fusionneront. Ce processus doit dégager plus d’énergie qu’il ne nécessite pour démarrer, comme c’est le cas dans les étoiles et les bombes à hydrogène" (également Het Financieele Dagblad p.5, Algemeen Dagblad p.7, Trouw p.9, De Telegraaf p.25).

ACTUALITE INTERIEURE

Radiotélédiffusion

"Quatre éminents membres du D66 appellent le groupe parlementaire d66 à s’opposer au projet de sa propre secrétaire d’Etat Van der Laan (Médias) concernant la radiotélédiffusion", relève le Volkskrant à la une. "Selon eux, il est ’tout à fait irresponsable’ de supprimer la NPS. Les signataires sont l’ancien leader du parti Hans van Mierlo, l’ancien secrétaire d’Etat aux Médias Aad Nuis, l’ancien président du conseil d’administration de la NOS Gerrit-Jan Wolffensperger et le patron de l’ING Alexander Rinnooy-Kan. Ce dernier a aussi présidé une commission qui a étudié le fonctionnement de la radiotélédiffusion publique."

"Les démocrates craignent que les programmes de la NPS, dont NOVA, Buitenhof et Andere Tijden ne disparaissent si la NPS est liquidée. Ils doutent que d’autres télévisions reprennent les programmes, comme l’affirme Van der Laan. Ils jugent cette thèse ’tellement réfutable qu’elle ne peut pas justifier la liquidation d’une organisation réussie’. Selon les auteurs de la lettre, les programmes de la NPS font partie du noyau de la radiotélédiffusion publique. C’est pourquoi ils craignent pour la survie d’une ’radiotélédiffusion publique forte, dynamique et claire’."

"Le président du groupe parlementaire D66, Dittrich, dit comprendre leurs craintes. Il appelle Van der Laan à étudier la possibilité de préserver les programmes de la NPS."

"Il ressort d’autre part d’un sondage d’opinion de Maurice de Hond que les deux tiers des Néerlandais sont contre la suppression de la NPS."

L’éditorialiste du même Volkskrant qualifie le projet de réforme de Medy van der Laan de "compromis incompréhensible entre le VVD et le D66, qui veulent aboutir à une radiotélédiffusion nationale, d’une part et le CDA, qui protège les associations de radiotélédiffusion, de l’autre. Il est inadmissible que ce soit justement la NPS qui devienne la victime de ce marchandage."

"Le gouvernement a produit un brouillamini de contrôle d’Etat, d’effet de marché et de restes du cloisonnement. L’action de Van der Laan a beau être plus ferme que celle de ses prédécesseurs, elle met beaucoup d’énergie à en faire une pagaille."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le NRC Handelsblad (p.13) s’intéresse en rubrique économique au dossier Rhodia, qui "peut entraîner la démission de Breton", le nouveau ministre des Finances. Le journal du soir fait référence aux commentaires du quotidien Libération et conclut que "le ministère des Finances semble contaminé par les affaires". "Breton est le neuvième ministre des Finances en dix ans."

Dernière modification : 29/06/2005

Haut de page