Presse néerlandaise du mercredi 3 septembre 2003

Une proposition de la ministre CDA de l’Education, Maria van der
Hoeven, concernant l’organisation de la semaine scolaire dans le cycle primaire, fait deux
manchettes ce matin. Les perspectives économiques et la visite de Balkenende et De Hoop
Scheffer aux Etats-Unis fournissent les autres grands titres.

NRC Handelsblad d’hier soir : "Les Antilles veulent davantage d’argent
des Pays-Bas" (correspondance de Willemstad), "’Davantage de moyens financiers
pour les études profitables’", "Le PKK met fin à la trêve avec la
Turquie"

Trouw  : "Balkenende espère toucher une corde sensible chez Bush",
"Le Congrès américain exprime sa préoccupation concernant la politique
irakienne"

de Volkskrant  : "Une semaine scolaire de quatre jours est possible - Van
der Hoeven laisse le choix aux écoles primaires", "L’Europe à la veille de la
chute financière", "Enjeu des Pays-Bas : une force de l’ONU sous commandement
américain en Irak"

Algemeen Dagblad  : "L’école déterminera la semaine de classe – Les
parents auront leur mot à dire sur la répartition des leçons", "Des milliers
de personnes échouées à cause d’une panne des chemins de fer"

De Telegraaf  : "L’économie reprendra en 2004 – Mais l’année
restera maigre pour les citoyens, selon le CPB
", "Un colossal
planétoïde fonce vers la Terre
"

* * * 

Le dossier du jour : Pays-Bas - Etats-Unis

La presse accorde encore une bonne couverture à
la visite aux Etats-Unis du premier ministre Balkenende et du ministre des Affaires
étrangères De Hoop Scheffer
, qui a commencé hier par un dépôt de gerbe au
cimetière national d’Arlington.

C’est aujourd’hui au tour du Trouw , proche du CDA du premier
ministre néerlandais, de traiter le thème avec une certaine ironie.

" Durant sa réception à la Maison Blanche, aujourd’hui, le
premier ministre Balkenende veut aussi parler d’autre chose que des relations
transatlantiques, de l’ordre mondial américain et de la mission néerlandaise en Irak
",
écrit le journal chrétien progressiste dans son grand article à la une. " Il
faudra aussi aborder les ’normes et valeurs’
. Le président Bush l’écoutera, pense le
premier ministre. Lui non plus ne pense pas seulement à l’économie, mais aussi aux
comportements sociaux
. Bush et moi sommes différents, mais nous avons les mêmes
intérêts’ , a-t-il déclaré hier, durant sa première journée à
Washington."

"Jan Peter Balkenende espère probablement qu’avec son riche
bagage de normes et valeurs il pourra toucher une corde sensible chez Bush, comme Wim Kok
a su le faire chez le président Clinton. Ces deux hommes a vaient en effet une passion
commune pour la ’troisième voie’, le nouveau genre de socialisme."

"Il ne sera pas facile pour Balkenende et De Hoop Scheffer
d’engager des conversations approfondies durant le court petit déjeuner de travail à la
Maison Blanche. Bush veut évidemment surtout savoir si les Pays-Bas resteront le petit
allié européen fidèle qu’ils ont été les derniers temps
. Manifestement, La Haye
mérite une tape amicale dans le dos de la part du président. C’est une visite de
remerciement, raille l’opposition
."

"Maintenant que les Américains, après la guerre en Irak, font
moins confiance aux grands alliés européens de l’OTAN, comme l’Allemagne et la France,
la relation avec les Pays-Bas se trouve automatiquement renforcée. Dans cette position, Balkenende
espère que Bush écoutera son plaidoyer en faveur d’un transfert de pouvoir américain
aux Nations Unies, en Irak
."

" Jaap de Hoop Scheffer peut profiter de la visite pour montrer
qu’il est compétent pour succéder au secrétaire général de l’OTAN, Robertson
. Le
Britannique quittera ses fonctions à la fin de l’année. La candidature de De Hoop
Scheffer n’est pas encore officielle, mais son nom revient constamment dans le processus
par élimination des alliés les plus fidèles. Les Britanniques viennent d’avoir leur
tour, les Espagnols, avec Solana comme représentant de l’UE à l’étranger, ont déjà
voix au chapitre, les Polonais sont encore trop nouveaux. Au bout de cette liste, il reste
le diplomatique ministre néerlandais, qui dort pour ainsi dire en pyjama ’bannière
étoilée’."

" Une nouvelle force de stabilité en Irak, sous le parapluie
des Nations Unies, mais sous commandement militaire américain, tel est l’enjeu avec
lequel le premier ministre Balkenende et le ministre des Affaires étrangères De Hoop
Scheffer se rendent au petit déjeuner avec le président Bush
et sa conseillère en
matière de sécurité, Rice", écrit le Volkskrant à la une

"Les Américains veulent garder le contrôle de l’occupation
militaire de l’Irak. Simultanément, ils applaudiraient à un élargissement de la
coalition. La France et, dans une moindre mesure, l’Allemagne ne semblent ’pas
disposées à bouger beaucoup’,
pour reprendre les termes du ministre De Hoop
Scheffer. Mais simultanément, ’il importe que l’Europe donne un signal’, selon De Hoop
Scheffer
."

" Nous avons gardé le contact, dans les deux sens. Il faut en
profiter’, a déclaré le premier ministre Balkenende
."

Le journal d’affaires Het Financieele Dagblad précise à la une
que " Balkenende, en passant, discute aussi avec un groupe choisi de présidents de
multinationales néerlandaises
". " Le Congrès mijote une législation
fiscale potentiellement discriminatoire
. Des clauses ’achetez américain’ dans le
budget de la Défense peuvent mettre en danger les commandes pour le JSF
."
"Le premier ministre n’a pas de propositions concrètes dans ses bagages pour
améliorer le processus de négociation, souvent laborieux, entre le méfiant Pentagone,
les fabricants d’armements américains et les fournisseurs néerlandais. Mais il ne
manquera pas de mettre le pied entre la porte au Pentagone pour ces entreprises,
assure-t-on dans l’entourage du premier ministre."

A noter que, selon un sondage d’opinion Intomart effectué pour
le programme télévisé Netwerk et signalé par l’ Algemeen Dagblad (p.5), trois
quarts des Néerlandais estiment que le gouvernement suit trop docilement les Etats-Unis
.

 

Actualité internationale

Union européenne

1) Pacte de stabilité . La plupart des quotidiens font mention en
page économique des critiques suédoises à l’encontre du dépassement, par la France et
l’Allemagne, des critères budgétaires du Pacte de stabilité de la zone euro. Le Volkskrant ,
dans une analyse à la une, estime que " le désaveu du Pacte par l’Allemagne et la
France est si manifeste que le système d’accords qui devait étayer l’euro est déjà
mort de facto, après la première – et relativement faible – récession
".
" Cela n’a pas que des conséquences économiques pour tous les pays de la zone
euro
. Il y a aussi un préjudice politique  : le fait que le plus grand projet
européen pour lequel les participants ont transféré bénévolement une partie de leur
souveraineté à une autorité communautaire risque d’échouer rend toute nouvelle
ambition politique de l’UE suspecte d’emblée."

La décision de la France et de l’Allemagne de lutter contre la
récession aux dépens de la discipline budgétaire "était à prévoir", selon
le journal de centre-gauche. " Préserver l’Etat-providence en période de
récession implique un choix
entre la solidarité au sein des
générations
(dois-je contribuer à payer l’indemnité de mon voisin, ce qui signifie
des dépenses supplémentaires ?) et la solidarité entre les générations
(dois-je rembourser la dette publique au profit de mes enfants, ce qui signifie des
économies ?). Les enfants n’ayant pas le droit de vote, on a tendance à choisir la
première solution."

" Un ajustement du Pacte, comme le prône la France, est une
option
. Le plafond de 3 % est arbitraire . Des études britanniques
concluent qu’en fonction de la dette publique, du capital des caisses de retraite et de la
démographie on peut calculer des déficits ’économiquement responsables’ pays par pays.
Certains pays pourraient avoir un déficit supérieur à 3 %. Mais d’autres, comme la
France, devraient avoir un déficit de moins de 3 %. Et ce n’est pas là l’ajustement
que Paris envisage."

Convention européenne . Le NRC Handelsblad (p.5)
d’hier soir publie une correspondance de Bruxelles intitulée "Les petits pays de
l’UE s’opposent à l’ébauche de Constitution". " Quinze Etats membres et
futurs Etats membres de l’Union européenne se sont réunis [lundi] à Prague pour
débattre de leurs objections communes contre le projet de traité constitutionnel de
l’Union
." "La réunion était organisée par la Tchéquie et l’Autriche. A
la concertation ont participé des représentants du Danemark, de l’Estonie, de la
Finlande, de la Grèce, de la Hongrie, de l’Irlande, de la Lettonie, de la Pologne, du
Portugal, de la Slovaquie, de la Slovénie et de la Suède. Les pays du Benelux
n’avaient pas accepté l’invitation de se rendre à Prague
. Ils veulent attendre
les propositions de la présidence italienne de l’UE pour les prochaines négociations,
avant de définir leurs positions
."

"Les quinze pays qui se sont concertés à Prague – tous des
petits pays, à l’exception de la Pologne – nourrissent tous des objections contre le
remplacement de l’actuelle présidence tournante semestrielle par un président permanent
de l’UE, et contre la limitation de la Commission européenne à quinze membres à part
entière." "Les Pays-Bas s’opposent toujours à la proposition visant à
supprimer le droit de veto sur les budgets pluriannuels de l’UE."

 

Actualité intérieure

Lutte contre le terrorisme

" Les Pays-Bas ne sont pas bien préparés pour un grand
attentat terroriste
", affirme une dépêche GPD reprise par le journal haguenois Haagsche
Courant
(p.A4) d’hier soir. " L’armée se concentre sur les actions à
l’étranger, de sorte que le territoire national est insuffisamment protégé
. En cas
de catastrophe, il ne sera pas possible de mobiliser suffisamment de troupes
supplémentaires. Telles sont les premières conclusions d’une étude sur la sécurité
nationale du Centre d’Etudes Stratégiques Clingendael (CCSS). C’est ce que le directeur
Rob de Wijk a fait lundi, lors de la présentation du centre, une nouvelle association de
l’Institut Clingendael pour les relations internationales et de l’instance de recherche
TNO."

" Nous avons examiné si les Pays-Bas peuvent réagir de façon
pratique à de grandes perturbations de l’ordre public
. Les premières conclusions
donnent à réfléchir
", a déclaré De Wijk, qui est aussi professeur d’études
stratégiques à l’Université de Leyde et conseiller du ministère de la Défense. De
Wijk se préoccupe notamment de la pénurie d’antidotes et de désinfectants, en cas
d’attaque biologique ou chimique. "Les quantités sont calculées en fonction des
unités mobilisables à l’étranger, pas en fonction de la possibilité d’un
attentat."

CDA

"Le ministre De Hoop Scheffer (Affaires étrangères) n’a pas
encore été nommé à la tête de l’OTAN, mais le CDA a déjà un successeur en vue : Ben
Bot, un ancien haut diplomate", annonce l’ Algemeen Dagblad à la une.
"Bernard Bot (65 ans) est considéré comme l’un des principaux diplomates de
l’histoire des Pays-Bas", poursuit le journal de Rotterdam en page 5. "Il a
été le représentant permanent des Pays-Bas auprès de l’Union européenne, à
Bruxelles, pendant dix ans, jusqu’à la fin de l’année dernière."

 

Economie, Finances

Energie

L’ensemble de la presse rapporte que, selon la Stichting Economisch
Onderzoek (fondation pour la recherche économique) de l’Université d’Amsterdam, il est
possible de limiter le préjudice économique des perturbations de la production
d’énergie, en privilégiant les grandes villes et les régions ayant un important secteur
de services dans la répartition de l’électricité. "Les effets des coupures de
courant variant fortement selon les régions, il importe de répartir efficacement
l’électricité disponible. Si l’on ne tient pas compte des effets économiques, le coût
risque d’être plus élevé que nécessaire."

Le coût pour la société civile d’une panne un jour ouvrable
s’élève à 72 millions d’euros par heure dans la Randstad ( de Volkskrant pp.1 et
15, Trouw p.5, Algemeen Dagblad p.12).

Le Trouw (p.5) et le Telegraaf (p.9) notent d’autre part
que le projet d’installation d’un parc d’éoliennes au large d’IJmuiden (Hollande du Nord)
sera réalisé, la Commission européenne ayant autorisé le secrétaire d’Etat Van Geel
(Logement, Aménagement du Territoire et Environnement) à apporter un soutien financier
au projet. Les soixante turbines que l’entreprise E-Connection construira à 24
kilomètres de la côte ne seront pas visibles de la plage.

Dans une interview au Financieele Dagblad (p.3), enfin, le
ministre des Affaires économiques, Brinkhorst (D66), confirme que le gouvernement, lors
de la présentation du budget, annoncera l’introduction d’une écotaxe sur l’énergie pour
les entreprises, le 1er janvier 2004. "Je ne peux plus expliquer aux consommateurs
qu’ils n’utilisent qu’une fraction de l’énergie et qu’ils doivent payer la taxe, alors
que les grands consommateurs en sont dispensés."

 

Affaires françaises

L’ Algemeen Dagblad (p.7) évoque le cas du
Français Pierre Robert, converti à l’islam et accusé d’être impliqué dans les
attentats de Casablanca.

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