Presse néerlandaise du mercredi 31 décembre 2008

Comme chaque année à la Saint Sylvestre, les journaux publient de longues rétrospectives des événements, des photos et des citations qui ont marqué les douze mois écoulés.
"L’année 2008 entrera dans l’histoire comme l’année de la crise du crédit", écrit l’éditorialiste du quotidien à grand tirage De Telegraaf. "Les problèmes ne se sont pas limités au secteur financier. On peut désormais parler d’une véritable récession, qui touche toutes sortes d’entreprises dans toutes sortes de secteurs."
"L’année à venir devra être pour le monde entier une année de rétablissement." "Sur le plan international, toute l’attention se portera sur l’Amérique, avec l’entrée en fonction du nouveau président Obama. La tâche qui l’attend, lui et son équipe, sera lourde. On attend d’eux une grande contribution tant au rétablissement économique qu’à l’apaisement des conflits internationaux."

NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Olmert : l’offensive de Gaza n’en est qu’à sa première phase", "’Nous ne sommes plus en sécurité nulle part’" (correspondances d’Israël), "Dormir avec des pétards sous son lit – La quantité d’articles pyrotechniques illégaux saisie a presque doublé cette année"
de Volkskrant (centre gauche) : "2008, une petite année dans un petit pays", "Le secteur privé s’intéresse aux hôpitaux", "Israël envisage un cessez-le-feu de 48 heures"
De Telegraaf (populaire) : "Nous ne savons plus patiner – Des centaines de blessés", "La Princesse Maxima cherche un nouveau défi"
Trouw (chrétien progressiste) : "Les médecins en ont assez des pétards – Les ophtalmologistes : Organisez partout un spectacle professionnel", "Israël envisage une trêve", "Rétrospective 2008"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "De jeunes lanceurs de pétards arrêtés – Forte hausse de l’usage illégal après le début de la vente", "La glace naturelle fait ses premières victimes"

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ACTUALITE INTERIEURE

Confiance
"La confiance mutuelle entre Néerlandais s’est accrue les dernières années", relève le Volkskrant (p.3). "Presque deux tiers (63 pour cent) de la population répondent franchement ’oui’ à la question de savoir si on peut faire confiance aux autres, en général. Il y a à peu près 25 ans, ce pourcentage n’était que de 44. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’Université de Tilburg dans le cadre de laquelle 1 500 Néerlandais ont été interrogés. Cette enquête fait partie de la European Values Study, une étude comparative des normes et valeurs des citoyens européens qui paraît tous les neuf ans. Le rapport principal sera publié fin 2009."
"Outre la confiance, la tolérance des Néerlandais vis-à-vis de choses comme l’homosexualité, le divorce et l’avortement a également augmenté fortement durant les 25 dernières années."
"La grande confiance mutuelle s’explique en partie par la prospérité relative et en partie par la liberté apportée par le système politique, qui laisse les Néerlandais faire des choix personnels, dit le professeur de sociologie Paul de Graaf. De Graaf dirige aussi bien l’étude néerlandaise que l’étude européenne sur la confiance et la tolérance. ’Les habitants de pays d’Europe de l’Est relativement pauvres font surtout confiance à leur famille. Le reste du village et du pays, y compris les politiques, vous embobinent à la moindre occasion, pensent ces gens-là, qui sont aussi plus habitués que nous à la corruption. Aux Pays-Bas, les choses vont relativement bien. Dans l’ensemble, nous ne pensons pas que les voisins et les politiques veulent nous jouer des tours’."
"Ces résultats sont remarquables car le gouvernement, au moment de son installation, s’inquiétait justement de la confiance mutuelle. ’Moi je me porte bien, mais la société moins’, aurait été l’idée générale. Cela se serait notamment traduit par le sentiment que ’mes enfants sont bien élevés, mais pas ceux des voisins’, explique De Graaf. Il fallait plutôt dire : ’Moi je me porte bien et les autres assez bien aussi’. Le ’durcissement de la société’, que beaucoup pensent pouvoir signaler depuis la montée de Pim Fortuyn, pourrait aussi être relatif. ’Il n’apparaît pas dans les chiffres’, selon De Graaf."
"Bien que l’enquête de Tilburg ait été effectuée juste avant le début de la crise du crédit, les résultats ne dévieraient pas beaucoup si elle était effectuée maintenant, pense le sociologue. ’Ce n’est que si la récession se poursuit et que des licenciements en masse ont lieu que la confiance mutuelle baissera’."
"’Les clameurs sur les sites Internet pourraient faire croire que la plupart des Néerlandais sont malheureux et insatisfaits’, dit De Graaf. Mais c’est également un malentendu. En 2008, 56 pour cent des Néerlandais se disent ’très heureux’. Il y a plus de 25 ans, ils étaient 34 pour cent. De Graaf : ’Je suis forcé de constater que la plupart des Néerlandais se sentent très bien dans leur peau’."

Violence
Rotterdam a été en 2008 la ville recensant le plus de morts par violence : des actes délictueux y ont coûté la vie à 21 personnes. L’an dernier, Rotterdam avait compté deux morts de plus, mais c’était Amsterdam qui était en tête avec 28 morts. En 2008, 19 personnes ont été tuées dans la capitale. La police a résolu 11 cas.
A Utrecht 10 personnes ont été tuées, le double de l’année précédente. Selon un porte-parole de la police d’Utrecht, les chiffres fluctuent fortement d’année en année dans cette ville. La police de La Haye parle cette année d’un "creux historique" : 8 morts par violence, contre 13 l’an dernier (de Volkskrant p.2, AD cahier haguenois p.5).

AFFAIRES FRANÇAISES

"L’image générale est positive", remarque l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir à propos de la présidence française de l’Union européenne. "Grâce aux chocs dans le Caucase et à Wall Street, et grâce au président Sarkozy, l’Europe a pu se présenter comme une puissance souveraine sur la scène mondiale : avec et à côté des Etats-Unis, et comme constructeur de passerelles entre l’Est et l’Ouest." "C’est salutaire", conclut le commentateur en faisant référence au "choc salutaire" promis à l’Europe par le Président de la République, au début de la présidence française.
"Le grand mérite de la présidence française a été de montrer ce qu’une Europe opérant avec énergie et une cohésion relative peut accomplir", écrit l’éditorialiste du Volkskrant ce matin. "Il y a de grandes chances qu’on y pense avec nostalgie lorsque la beaucoup plus petite République tchèque, qui n’a toujours pas ratifié le Traité de Lisbonne, où siège un gouvernement faible et où les sentiments eurosceptiques dominent, aura repris les rênes."
Le même Volkskrant évoque par ailleurs le dernier show de Dieudonné (p.5) et l’extension de la région de production de champagne (p.7).

Dernière modification : 15/01/2009

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