Presse néerlandaise du mercredi 4 janvier 2006

La presse continue d‘accorder une place importante à la question de l’approvisionnement énergétique de l’Europe après le conflit gazier qui a opposé l’Ukraine et la Russie. Sur le plan intérieur, le Volkskrant a commandé à un bureau spécialisé une étude sur l’évolution du pouvoir d’achat qui semble lui permettre d’affirmer qu’un salarié percevant le salaire minimum (1264 Euro brut) disposera chaque mois de 40 Euros supplémentaires en 2006, grâce à une augmentation du salaire minimum mensuel de 8 Euros. La réforme du système de santé, effective depuis le premier janvier, conduit en revanche à « une situation chaotique », à en croire l’AD, qui explique que « les ordinateurs des compagnies d’assurance rejettent les factures » et que donc les consultations des médecins généralistes ne leur sont souvent pas payées ; ceux-ci envisageraient d’adresser les factures directement à leurs patients.

- Trouw : L’Europe pense de nouveau au nucléaire
- Volkskrant : Augmentation de 4% du salaire brut ; L’OTAN prévoit une forte résistance des Talibans et d’Al Qaida (en Afghanistan) ; Spruyt rejoint Wilders
- Telegraaf : Le toit en terrasse a cédé sous le poids de la neige (Bad Reichenhall) ; Montagne de courrier pour Beatrix
- Algemeen Dagblad : Situation chaotique et colère des médecins (assurance maladie)

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Dossier du jour : gaz russe

Pour le NRC-Handelsblad, dans le conflit gazier qui a opposé la Russie et l’Ukraine, « Moscou a montré son pouvoir sur l’économie de demain ». « Le plus grand choc » provoqué par cette question a été « le fait que Moscou fasse de la livraison d’énergie un instrument de politique étrangère », estime Maarten Schinkel « Le choc est d’autant plus fort que le Président russe Poutine a rompu avec une tradition très longue : aussi grandes qu’aient été les oppositions avec l’Ouest, même dans les périodes les plus glaciales de la guerre froide, Moscou a toujours respecté ses engagements commerciaux. (...) Cette tradition a fait naître le sentiment en Europe que certes, la dépendance de l’énergie russe n’était pas souhaitable, mais qu’elle ne comportait pas trop de risque. (...) La Russie n’est pas seulement le plus grand producteur gazier, elle est également, derrière l’Arabie Saoudite, le plus grand état pétrolier, le plus grand exportateur de minerai de fer, de manganèse, de chrome (....) L’Europe est partie du principe que les fournisseurs russes respectaient leurs engagements. La Russie de Poutine vient de faire la preuve que dans le petit monde des fournisseurs d’énergie un accord n’est plus forcément respecté. »
Concernant plus particulièrement la situation des Pays-Bas, le NRC explique que ceux-ci « importent peu de gaz de Russie. L’an dernier, Gasunie a vendu 85 milliards de m3 de gaz, dont 10% ont été importés de Norvège et de Russie ; les 90% restant provenaient de l’important champ gazier de Slochteren et des plus petits sites de la Mer du Nord et du nord du pays. Sur les 85 millards de m3 en question, 40% environ étaient destinés au marché intérieur et le reste à l’exportation en Allemagne, en Belgique, en France et en Italie ».

Selon le Financieele Dagblad, ce « conflit met en évidence la naïveté de la politique de l’Europe de l’Ouest. » Interrogé par le journal financier, M. George Verberg, ancien directeur de Gasunie et actuellement Président d’International Gas Union, explique que cette affaire « montre à quel point énergie et géopolitique sont étroitement liées. On ne le comprend pas assez à La Haye et à Bruxelles. » « Verberg est opposé à la volonté de La Haye et de Bruxelles de miser sur la libéralisation du marché du gaz. ‘Pour pouvoir négocier avec Gazprom, il faut disposer de compagnies solides, il ne faut pas découper artificiellement les grands groupes. Des compagnies comme Eon en Allemagne et RWE et Gaz de France sont très importantes et cela leur donne un poids considérable sur le marché ; Gazprom prend Gasunie au sérieux du fait de ses 18% de part de marché en Europe. » Le Financieele Dagblad reprend en conclusion le commentaire du « ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste Blazy, qui a déclaré hier à Bruxelles que d’un point de vue géostratégique, il est urgent que l’UE ait une politique énergétique. »

Le Trouw note enfin à la une que « l’Europe recommence à penser au nucléaire ».
« En fermant le robinet du gaz, Vladimir Poutine a suscité une discussion en Europe sur l’approvisionnement énergétique ; les défenseurs du nucléaires ont le vent en poupe », estime Co Welgraven. « L’Europe est trop vulnérable, elle doit diversifier d’urgence son approvisionnement - voilà la formule magique. Plus d’énergie durable, et peut-être encore plus de nucléaire. Ce dernier point a même été évoqué par le ministre allemand de l’économie Glos, alors qu’il existe un consensus dans ce pays sur la fermeture des centrales nucléaires, annoncé par le gouvernement rouge-vert de l’ancien chancelier Schröder. Dans d’autres pays d’Europe, les responsables politiques commencent aussi à n’avoir plus que ce mot à la bouche (en Italie par exemple). Peut-être devrions-nous finir par accepter les risques du nucléaire, suggèrent-ils, car il pourrait être encore plus dangereux de dépendre des humeurs de Vladimir Poutine. »

AFFAIRES INTERNATIONALES

Afghanistan

Le Volkskrant publie à la une une correspondance de Londres selon laquelle « les militaires anglais craignent des pertes importantes lors des nouvelles opérations de l’OTAN dans le sud de l’Afghanistan, auxquelles les Pays-Bas devraient également prendre part. Selon les services de renseignement, les pertes pourraient être les plus lourdes depuis la guerres des Malouines au début des années 80. (...) La situation s’aggrave de jour en jour en Afghanistan. La production d’opium a retrouvé le niveau d’avant la guerre, les forces de polices sont impuissantes et les attentats sont de plus en plus sophistiqués ».

ACTUALITE INTERIEURE

PvdA

Les tentatives de mise au point de Wouter Bos concernant les affinités supposées de son parti avec le CDA n’ont pas été très favorablement perçues, en particulier par le Trouw et le Telegraaf.

Le premier regrette que le chef de file socialiste ne « maintienne pas ses positions et cherche à relativiser ses propos ». « Le leader du PvdA a promis au pays une direction ferme et décidée, et ses dernières déclarations le font apparaître crispé. (...) Il est logique qu’un grand parti de gauche comme le CDA tienne à se ménager une coopération au centre. Bos n’a pas besoin de se prononcer de façon explicite en faveur d’une coalition de gauche ou d’une grande coalition ; il est superflu de soudain se cacher derrière de déclarations hostiles au CDA. Quant au leader CDA, s’il s’est lui aussi beaucoup trop déclaré prononcé en faveur du VVD, c’est une autre affaire ».

Plus sévère, Le Telegraaf rappelle que « le week-end dernier, dans notre journal, Bos visait explicitement une coopération avec le CDA et se montrait beaucoup moins attiré par une aventure avec Groen Links ou le SP. (...) De façon surprenante, sous la pression de l’aile gauche de son parti, hier, il est revenu sur ses déclarations ; Bos ne voudrait pas s’associer au CDA actuel du Premier ministre Balkenende et ne jugerait plus insurmontables les différences avec les amis de gauche. Cela montre une fois de plus la poltronnerie de Wouter Bos. Ce n’est en effet pas la première fois que le leader PvdA recule devant des choix difficiles, sous l’inspiration de ses ambitions de premier ministrable. Mais personne n’éprouve le besoin d’avoir une girouette dans la Tourelle ».

AFFAIRES FRANCAISES

Sous le titre « La France lit et relit le sombre roman de Mitterrand », le Trouw fait état du sondage de Libération concernant la popularité des Présidents de la République. Ce quotidien note également les progrès enregistrés en France en matière de sécurité routière.

Dernière modification : 12/05/2006

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