Presse néerlandaise du mercredi 4 juin 2008

La question de la sélection d’embryons humains pour éviter la transmission de gènes de cancers héréditaires fait toujours l’objet de longs développements dans les rubriques de politique intérieure et les tribunes en page d’opinion.
Les partis politiques et les dirigeants concernés vont se concerter les prochains jours pour tenter de sortir de l’impasse. Les spécialistes de l’Hôpital universitaire de Maastricht (AZM), quant à eux, ont décidé de reprendre le traitement de cinq couples de candidats parents qui attendaient le feu vert politique depuis des années et qui se sont de nouveau présentés à la section de génétique clinique la semaine dernière.

Les grands titres

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "A Peshawar il y a de nouveau des affiches sensuelles – Les habitants de la ville pakistanaise se sentent plus libres après le changement de régime", "Impasse dans la coalition à propos de la sélection d’embryons", "Les médecins vont plus loin que les politiques"
de Volkskrant (centre gauche) : "Cinq horribles mois de campagne – Le combat est fini, Obama l’emporte sur Clinton", "L’hôpital commence la sélection d’embryons"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les médecins en colère contre les politiques – ’La ChristenUnie ne doit pas se mêler de sélection d’embryons’", "Hillary veut bien devenir vice-présidente"
Trouw (chrétien progressiste) : "’Clinton s’avoue vaincue’ – Elle sera peut-être candidate à la vice-présidence", "La Chambre a ignoré la rénovation de l’enseignement professionnel secondaire"
De Telegraaf (populaire) : "Le commun des mortels blanchit aussi de l’argent", "Le onze orange est arrivé" (Euro 2008 en Suisse)

LE DOSSIER DU JOUR : Blanchiment de fonds

"Les blanchisseurs de fonds criminels peuvent pratiquement faire ce qu’ils veulent aux Pays-Bas", relève le Volkskrant (pp.1 et 3). "On estime à 18,5 milliards d’euros le montant blanchi chaque année. C’est ce que conclut la Cour des comptes dans un rapport paru mardi."
"Les ambitions et promesses des gouvernements successifs sont totalement disproportionnées à leurs performances, selon la Cour des comptes dans Bestrijding witwassen en terrorismefinanciering [Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme]. Il n’y a qu’en Groningue et en Twente que le risque d’être pris dépasse 20 pour cent. Dans tous les autres districts de police le risque est minime, voire nul (corps de la région haguenoise et du Sud de la Hollande du Sud)."
"Les institutions financières sont obligées de signaler les transactions inhabituelles, mais celles-ci ne sont guère contrôlées. Les banques sont placées sous la surveillance de la Banque des Pays-Bas (DNB), mais la probabilité que les notaires soient contrôlés par le Bureau de surveillance financière (BFT) n’est que de 1,7 pour cent. ’Pour les cabinets d’avocats et les bureaux d’experts-comptables et de consultants administratifs cette probabilité n’est même que de 0,6 pour cent en moyenne’, écrit la Cour des comptes. ’Ces institutions ne sont donc pas surveillées matériellement’."
"Ce n’est pas tellement étonnant, constate le rapport. ’Durant la période 2005-2006, par exemple, le BFT n’avait qu’un surveillant pour 2 481 bureaux.’ Le manque de capacité est donc le principal problème, selon le rapport, ainsi que le manque d’expertise financière. Par ailleurs les institutions concernées et les corps de police n’échangent pas assez d’informations et personne n’est vraiment chargé de la direction de cette branche de la lutte contre la criminalité."
"La lutte contre le financement du terrorisme n’est pas très efficace non plus. C’est probablement parce qu’il n’y a pas grand-chose à contrôler, suppose la Cour des comptes. Il n’y a pratiquement pas de notifications : 85 faits punissables durant la période 2002-2007. Et il s’agit toujours de montants relativement peu élevés, souvent tellement bas qu’ils n’apparaissent pas dans le système de la loi sur les transactions inhabituelles (MOT). Le Ministère public n’entre en action que dans 6 pour cent des cas effectivement signalés. La police judiciaire, durant l’année couverte par le rapport, n’a transmis que 767 transactions suspectes au Ministère public pour plus ample examen. Ce n’est pas beaucoup, sur un total de 34 500 transactions suspectes, estime la Cour des comptes" (également Het Financieele Dagblad p.3).

Le Telegraaf, dans son grand article à la une, met en garde contre une forme de blanchiment qui semble prendre un grand essor. "Les banques, la police et la justice sonnent l’alarme sur le nombre croissant de gens qui s’occupent – sciemment ou non – de blanchiment de fonds criminels. L’Association des banques néerlandaises (NVB) met en garde contre les risques, à partir d’aujourd’hui. Selon la NVB, les criminels envoient des courriels proposant aux gens de gagner facilement de l’argent en faisant verser de fortes sommes sur leur compte en banque, pour en transférer ensuite une grande partie sur un autre compte et garder la différence. ’De cette façon, de très fortes sommes peuvent être transférées’, dit le président de la NVB Boele Staal."
"Les banques néerlandaises ont noté l’an dernier plus de cent cas de transfert par le biais de ces money mules. Staal : ’Nous pensons que cette technique se répandra rapidement’. Staal rappelle que ces opérations sont punissables et que quand les criminels impliqués se font prendre, leurs mules en font les frais aussi."

Actualité internationale

Pays-Bas - Union européenne

"C’est bien affligeant", écrit le Volkskrant (p.2). "Le député SP Van Bommel est seul à prendre réception d’une pétition dans laquelle 42 000 Néerlandais réclament un référendum sur le nouveau Traité modificatif européen. Quelques mètres plus loin, des collègues se pressent autour d’un défenseur du bien-être des animaux qui est également venu pour présenter une requête. L’Europe est passée de mode, la mode est maintenant aux animaux, conclut Van Bommel mardi, dans le hall de la Deuxième Chambre."
"Il n’est pas au bout de ses peines. Deux heures plus tard, la Chambre rejette son projet de loi en vue d’un deuxième référendum sur ’l’Europe’. Et tard dans la soirée il voit une grande majorité parlementaire approuver le traité qui remplacera la Constitution européenne, que la population néerlandaise a rejetée il y a trois ans. A l’époque, Van Bommel a vécu son heure de gloire ; il s’était employé plus que personne au refus de cette Constitution qui, selon le SP, allait faire de l’Union européenne un ’super-Etat’."
"Selon le premier ministre Balkenende et une majorité parlementaire, le nouveau Traité de Lisbonne dissipe cette crainte." "Non, disent le SP et d’autres opposants durant le débat qui se prolonge dans la nuit de mardi : l’essentiel de la Constitution abhorrée est intact. Il y aura un président permanent du Conseil européen (la puissante compagnie des chefs d’Etat et de gouvernement), au lieu de la présidence ’de service’ semestrielle (un des 27 Etats membres), de même qu’une sorte de ministre européen des Affaires étrangères. De plus, les Etats membres perdent leur droit de veto dans un nombre croissant de domaines."
"Cette semaine, les Pays-Bas seront le seizième Etat membre à approuver le nouveau traité." "L’Irlande, le seul pays où la population sera consultée, peut encore tout gâcher : l’unanimité de l’UE est exigée pour faire entrer en vigueur le traité."

Actualité intérieure

Presse

"L’entrepreneur Roel Pieper met fin au financement de l’hebdomadaire d’opinion Opinio, dont il est aussi l’éditeur", annonce le NRC Handelsblad (pp.1 et 18) d’hier soir. "Sa porte-parole Perlita Fränkel le confirme. ’La direction et les actionnaires ne croient pas à l’avenir économique du périodique’, dit-elle. ’Ils ont décidé à l’unanimité d’arrêter.’ Le personnel de l’hebdomadaire fondé le 18 janvier 2007 a été informé lundi après-midi."
"Selon la porte-parole de Pieper, Opinio ne paraîtra plus cette semaine" (également Trouw p.7, Het Financieele Dagblad p. 14, Volkskrant p.18).

Affaires françaises

Le NRC Handelsblad (pp.1 et 5) d’hier soir et le Trouw (p.9) de ce matin rendent compte de l’émoi suscité par l’annulation d’un mariage pour non-virginité de la mariée.

Le Financieele Dagblad (p.2) et le Trouw (p.8) notent que l’actrice Brigitte Bardot a été condamnée à une amende de 15.000 euros pour incitation à la haine raciale, dans une lettre publique datant d’il y a un an et demi.

Dernière modification : 19/08/2008

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