Presse néerlandaise du mercredi 5 novembre 2003

Possibles conséquences d’un arrêt de la Cour européenne de Justice
sur le prix des voitures aux Pays-Bas, fortune de la Maison Royale, passage de l’école
maternelle au primaire et sécurité alimentaire dans l’Union européenne élargie : les
manchettes sont variées.

La presse à grand tirage suit d’autre part l’affaire Machiel Kuijt en
première page. Le marchand forain d’Amsterdam va se pourvoir en cassation auprès de la
Cour Suprême de Bangkok et la Reine Beatrix, selon certaines sources, menacerait de
renoncer à sa visite d’Etat en Thaïlande, en janvier, pour faire pression sur les
autorités.

Enfin, un incident qui a causé une certaine panique à La Haye hier
matin fait l’objet de développements dans les quotidiens d’hier soir et à la une du
populaire De Telegraaf ce matin.

  • NRC Handelsblad d’hier soir : "Les membres de la FNV votent pour l’Accord
    d’automne – Le gel des salaires est pratiquement certain", "Un homme place
    un explosif dans l’Ambassade de Turquie"

  • De Telegraaf  : "La forte taxe d’achat des autos est menacée – ’Un
    arrêt de la Cour de l’UE peut avoir de lourdes conséquences’
    ", "Un jeune
    commet un attentat dans l’ambassade de Turquie – Une querelle avec le personnel
    est à l’origine d’un acte de vengeance
    "


    Algemeen Dagblad  : "On surestime la richesse des Orange – Forte correction
    de la fortune de la famille royale sur la liste des riches", "Beatrix ne se
    rendra peut-être pas en Thaïlande"


    de Volkskrant  : "La Chambre dira ’non’ au test des petits – Le
    développement n’est pas mesurable à quatre ans", "Le Tiers Monde exige la
    liberté de religion" (menace de schisme dans l’Eglise anglicane)


    Trouw  : "On risque d’importer de la viande contaminée par l’ESB – Les
    futurs Etats membres de l’Union européenne ne contrôlent pas suffisamment les produits
    alimentaires", "Une homophobie peu africaine" (intronisation d’un évêque
    anglican homosexuel)

* * *

 

Le dossier du jour : Affaires européennes

1) Convention européenne . " L’Europe est trop lointaine
pour les parlementaires néerlandais
", relève le NRC Handelsblad
(p.3) d’hier soir. " Il aurait mieux valu que les Etats Généraux confient un
mandat à leurs délégués à la Convention européenne, au lieu de les laisser agir à
leur guise pour apporter une contribution au projet de Constitution européenne
. C’est
avec ces remarques de Jurgens (PvdA) que la Première Chambre [hier] matin a entamé un
débat sur le projet de Constitution européenne. Différents groupes sénatoriaux se sont
exprimés de façon critique sur certains éléments de la position de négociation des
Pays-Bas à la Conférence intergouvernementale (CIG), sans qu’une majorité se dessine,
au demeurant, qui puisse mettre en difficulté le premier ministre Balkenende. A
l’exception du SP, tous les groupes de la Première Chambre ont approuvé le point de vue
du gouvernement, selon lequel il faut changer le moins possible le projet de Constitution
rédigé par la Convention
."

" La Première Chambre est plus consciente de l’importance de
’Bruxelles’ que la Deuxième
", note le journal du soir dans un deuxième article.
" A la différence de la Deuxième Chambre, la Première Chambre dispose depuis
juin 2001 déjà de son propre centre d’expertise pour les affaires européennes
. Les
sénateurs ont compris plus vite que la plupart de leurs collègues de l’autre côté du
Binnenhof qu’ils devaient être bien au courant de ce qui se passe à Bruxelles, pour
pouvoir exercer à temps quelque influence."

 Pacte de stabilité . " Le premier ministre Balkenende a
sciemment évité d’intervenir dans la question du déficit budgétaire français et du
Pacte de stabilité, les dernières semaines
", notent les deux correspondants du Financieele
Dagblad
(p.1) à Bruxelles. "Le ministre des Finances Zalm aurait apprécié un
engagement du premier ministre, mais Balkenende ne voulait pas dépenser de monnaie
d’échange politique pour cette affaire. Le président français Jacques Chirac a de ce
fait attendu en vain un coup de fil de La Haye. C’est ce que confirment des sources
fiables à La Haye et Bruxelles."

" Balkenende craignait qu’en demandant à Chirac de maîtriser
le déficit français il ne dégrade la position néerlandaise dans les négociations sur
le nouveau traité européen
. Le gouvernement néerlandais ne pourrait pas lutter sur
tous les fronts à Bruxelles." "Les Pays-Bas veulent que le nouveau traité
européen assure notamment le maintien du droit de veto des Etats membres sur le budget
pluriannuel de l’Europe."

" Zalm, lundi et mardi, s’est rendu au conseil des ministres
européens avec une position de négociation extrêmement faible
. Seules la
Finlande et l’Autriche l’ont soutenu dans son interprétation stricte du Pacte de
stabilité
, selon laquelle la France, l’an prochain, devrait ramener son déficit
budgétaire sous 3 %."

"Chirac, à ce qu’on dit, aurait attendu un coup de fil de
Balkenende, les dernières semaines. Il l’aurait fait savoir à son collègue espagnol
José Maria Aznar. ’Tant que La Haye n’appellera pas, je ne bougerai pas’, aurait-il dit
selon des sources bruxelloises."

 Sondage d’opinion européen . Les Néerlandais discernent plus
de dangers pour la paix mondiale que d’autres pays
, selon le NRC Handelsblad
(p.5, "Un sondage d’opinion aux résultats inattendus"). " C’est ce qu’on
peut déduire d’un sondage d’opinion du bureau Eos Gallup Europe effectué pour le compte
de la Commission européenne
." "Il s’avère que les Néerlandais sont les
plus nombreux à considérer comme un danger non seulement Israël, mais aussi l’Iran, la
Corée du Nord, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Chine et l’Inde. Les Pays-Bas sont
d’autre part le seul pays à considérer en majorité la Syrie et la Libye comme une
menace pour la paix mondiale." "Il est frappant que les Néerlandais ne se
fassent guère de souci dans leur propre pays. Interrogés sur la menace de terrorisme sur
leur propre territoire, 7 % seulement des Néerlandais déclarent la juger ’très
forte’, les Pays-Bas se plaçant ainsi en huitième position parmi les quinze membres de
l’Union européenne" (également Trouw p.6).

 

Actualité internationale

Pays-Bas – Liberia

"Le navire de la Marine ’Hr. MS Rotterdam’ peut partir aujourd’hui
au Liberia, en tant que contribution néerlandaise à la mission de paix de l’ONU dans ce
pays africain", annonce le Volkskrant (p.3). " La Deuxième Chambre, à
l’exception du VVD, a approuvé hier soir l’envoi du Rotterdam
. Le navire
transportera des troupes et des marchandises et servira d’hôpital pour les soldats
onusiens blessés, durant trois mois
."

"Le parti gouvernemental VVD a voté contre parce qu’il estime que
la contribution néerlandaise ne vaut pas le risque couru. Le ministre de la Défense Kamp
a qualifié la décision de son propre parti de regrettable. Kamp a assuré la Chambre
que les militaires néerlandais ne participeront pas à d’éventuels combats au Liberia
même
. Le Rotterdam jettera l’ancre à quelques kilomètres au large de la capitale,
Monrovia. Même si une nouvelle explosion de violence se produit dans ce pays
ouest-africain, ’il est exclu que les Pays-Bas soient aspirés’, selon Kamp"
(également de Volkskrant p.3, De Telegraaf p.6).

 

Actualité intérieure

Le VVD et l’islam

Le groupe parlementaire VVD tout entier soutient le point de vue de la
députée Ayaan Hirsi Ali sur l’enseignement islamique
. Pour obtenir cet
alignement, Hirsi Ali a affaibli sa position
 : elle reste partisane d’une approche
dure à l’encontre des écoles islamiques qui pratiquent une rhétorique anti-occidentale,
mais retire son projet de limitation constitutionnelle de la liberté d’enseignement.

C’est ce que le VVD a fait savoir mardi, à l’issue d’une réunion du
groupe parlementaire. Le VVD se contente maintenant de prôner une surveillance plus
étroite des écoles islamiques existantes par l’inspection. "Nous ne commençons pas
de croisade contre la liberté d’enseignement", a déclaré le leader du groupe,
Jozias van Aartsen ( de Volkskrant p.3, Trouw p.4).

 Ambassade de Turquie

"Un attentat contre l’ambassade de Turquie à La Haye a fait cinq
blessés [légers], mardi", rapporte le Volkskrant (p.3). "L’un d’eux
était un jeune habitant de Haarlem âgé de 16 ans arrêté peu après l’attentat. Selon
la justice, il n’avait pas de motif politique. Sa nationalité n’a pas été
divulguée."

"L’attentat a provoqué une légère panique peu avant midi, dans
le centre de La Haye. La police et le service de déminage (EOD) ont immédiatement
verrouillé les environs de l’ambassade, dans la Jan van Evertstraat. Des habitants du
quartier ont été évacués."

"Le maire de La Haye, Deetman, et le procureur principal Moraal
ont souligné dans le courant de la journée que, pour autant qu’on sache, il n’y avait
pas de motifs politiques derrière l’attentat et qu’on ne pouvait pas le qualifier non
plus d’’acte de terrorisme’, bien qu’il faille encore interroger plus amplement le
suspect."

Selon le Trouw (p.3), une querelle entre l’adolescent et le
personnel de l’ambassade était à l’origine de cet acte de vengeance. "D’après des
passants, l’incendie était limité. ’Nous avons vu de la fumée, c’est tout. Et nous
n’avons pas entendu d’explosion’, dit une employée d’une entreprise proche."

 

Economie, Finances

Sécurité alimentaire

"Les consommateurs européens courent le risque de trouver de la
viande contaminée par l’ESB [maladie de la vache folle] dans leur assiette, par le biais
des nouveaux adhérents à l’UE", écrit le Trouw dans son grand article à la
une. "Il est permis de fermer la frontière à cette viande, mais Bruxelles
n’envisage pas cette option, pour ne pas se mettre ces pays à dos. On sacrifie
l’intérêt des consommateurs pour des raisons de stratégie politique, déclare Reinout
Wijbenga, responsable des affaires internationales de l’organisation agricole LTO
Nederland. ’Les consommateurs ont le droit de compter sur une viande sûre. Il ne faut pas
marchander sur la sécurité alimentaire uniquement pour ne pas vexer les nouveaux
adhérents, surtout la grande Pologne’."

"Dans son état des lieux concernant les dix futurs nouveaux
membres, la Commission européenne a fait savoir hier que cinq pays étaient encore loin
de satisfaire à un certain nombre d’exigences, notamment dans le domaine de la sécurité
alimentaire."

"Il n’y a pas de période transitoire pour l’ESB : la
Pologne, où quatre cas d’ESB ont été découverts cette année, a convenu de satisfaire
à toutes les exigences dans ce domaine à partir du 1er mai 2004 – la date
d’adhésion. Selon Wijbenga, qui est bien introduit à Bruxelles, les Polonais n’y
arriveront certainement pas."

 

Reconstruction de l’Irak

"La façon dont les Américains accordent des contrats aux
entreprises américaines qui doivent se charger de la reconstruction de l’Irak est aussi
confuse que le champ de bataille dans ce pays", remarque le Trouw (pp.1 et 7)
en se fondant sur une étude du CPI, "un institut privé fiable" qui a essayé
pendant six mois de tirer au clair les adjudications faites par les ministères
américains de la Défense, des Affaires étrangères et de la Coopération. "Cela
n’a pas été facile dans le cas de l’Afghanistan et de l’Irak, car les ministères et les
entreprises étudiés refusaient souvent de donner des informations. Il ressort du rapport
qu’il existe souvent des liens remarquablement étroits entre les autorités et les
entreprises actives en Afghanistan et en Irak avec l’argent des contribuables américains.
’Le processus d’attribution de contrats en Irak et en Afghanistan sent le népotisme et le
travail en réseau’, résume le directeur du CPI, Charles Lewis."

"La conclusion que la plupart des médias ont tirée du rapport
est que les entreprises qui ont remporté des contrats sont des bailleurs de fonds du
président George W. Bush. Ces entreprises ont aussi soutenu les campagnes d’autres
candidats, mais personne n’a obtenu autant que Bush : 500 000 dollars au total."

 

Productivité néerlandaise

Les Frisons sont moins productifs que le reste des Néerlandais, notent
l’ Algemeen Dagblad (p.1) et le Financieele Dagblad (p.3). Mais en dépit du
fait que leur productivité est inférieure de 12 % à la moyenne nationale, les Frisons
ne sont pas paresseux, souligne l’Université de Groningue. Les entreprises sont plus
petites en Frise, elles emploient moins de machines et le niveau de formation des
travailleurs est plus bas. Les entrepreneurs y sont moins innovateurs et les entreprises
moins informatisées qu’ailleurs. En outre, il y a un grand nombre d’emplois
subventionnés.

 

Affaires françaises

Le Financieele Dagblad (p.5) annonce que "l’Etat français
vend le reste de sa participation dans le groupe d’électronique Thomson, autrefois
nationalisé". "Les 52 millions de titres sont traités en bourse pour 950
millions d’euros." 

Dernière modification :

Haut de page