Presse néerlandaise du mercredi 8 février 2012

LES GRANDS TITRES

Trouw (chrétien progressiste) : La glace n’est pas encore assez épaisse pour LA course.
De Volkskrant (centre gauche) : l’Europe prépare les esprits à une sortie de la Grèce.
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Le week-end prochain ? [Course des Onze Villes]
De Telegraaf (populaire) : Course contre la montre.
Het Financieele Dagblad : Vestia a doublé le problème. [office de logements sociaux]
NRC-Handelsblad : Nouveau métier : médecin de fin de vie.

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Syrie

Les médias annoncent que les Pays-Bas ont rappelé leur ambassadeur à Damas. Une équipe réduite reste à l’ambassade. La communauté néerlandaise en Syrie compte environ 200 personnes.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Grèce

Tous les journaux reviennent sur l’interview de Mme Kroes publiée hier dans le Volkskrant (voir RdP du 07.02). Pour le correspondant à Bruxelles de ce journal, « L’Europe prépare les esprits à une sortie de l’euro de la Grèce ». Selon Marc Peeperkorn, depuis septembre 2011, cinq tabous sont tombés successivement (propos critiques sur les dirigeants grecs, sortie éventuelle de la zone euro, survie de l’euro, possibilité de faillite d’un pays de l’euro et, dans l’interview de Neelie Kroes, la zone euro ne s’effondrera pas si la Grèce en sort). « Sarkozy, Merkel, les diplomates européens font en sorte qu’il devienne possible d’évoquer la sortie de la Grèce. Depuis mardi, Rutte et le ministre des Finances de Jager reconnaissent que cela est possible. Cela ne sera certes pas pour cette semaine. (…) Mais dans trois mois, tout le monde sait que ceux qui prêtent de l’argent à la Grèce vont conclure que celle-ci n’a pas respecté ses engagements. Et à ce moment-là, chacun sera prêt. On ne pourra pas parler de surprise ». Le Telegraaf note à la une que « la déclaration de Kroes n’est pas restée sans effet. Hier soir, le Premier ministre Papadamos a convaincu les autres partis que maintenant, ils doivent choisir entre se serrer sérieusement la ceinture et la faillite, avec le chaos économique que cela entraînera ». Le Financieele Dagblad relève que « le Premier ministre Marc Rutte et le ministre des Finances, Jan Kees de Jager, ont apporté leur soutien à la Commissaire européenne ».

Le Premier ministre Mark Rutte a déclaré hier après-midi à la radio (Radio 1) que « Les Pays-Bas veulent tout faire pour garder la Grèce dans l’euro. Il faut veiller à éviter toute menace de contagion d’autres pays en cas de risque de départ d’un pays de la zone euro. Il y a dix huit mois, ce risque de contagion était énorme, c’est pourquoi nous avons pris toutes ces mesures ». (…) « Kroes a raison. En premier lieu, nous devons tout faire pour garder la Grèce, mais nous pourrions supporter sa sortie [de l’euro] parce qu’en 2011 nous avons pris toutes sortes de mesures » (recapitalisation des banques, fonds d’urgence). « Nous avons pris toutes ces mesures avec un large soutien parlementaire, ce qui nous permet d’affronter ce genre de discussion ». (…) Nous sommes bien plus solides – au cas où cela ne marcherait pas – qu’il y a dix huit mois ». (…) « Les spéculations [sur un départ de la Grèce] sont inévitables. Nous voyons que la Grèce a du mal à remplir les exigences que nous avons posées. Nous avons dit que nous sommes prêts à aider la Grèce encore une fois. Mais encore faut-il qu’elle prenne toutes les mesures nécessaires. Dans le cas contraire, l’argent ne sera pas disponible ». (…) « J’espère que la Grèce réalise qu’elle doit respecter les accords passés avec le reste de l’Europe. C’est dans leur intérêt, mais c’est aussi certainement dans le nôtre ». (Déclarations diffusées dans les journaux radiophoniques entre 15.00 et 18.00)
Le ministre des Finances, M. de Jager, a confirmé, à la radio (et au parlement) : « chaque signal doit être un avertissement à l’adresse de la Grèce. Sachez que si vous ne remplissez pas les conditions, nous ne respecterons pas non plus nos engagements. Si vous ne le faites pas, maintenant que le risque de contagion a sérieusement diminué, nous serons en mesure de dire que nous ne pouvons pas prêter d’argent ». (Radio 1, 15.20h) Le Financieele Dagblad note que « le ministre a bon espoir que la Grèce rembourse tout l’argent prêté par les Pays-Bas : ‘Il y a des risques, mais jusqu’à présent, les pays développés ont toujours payé leurs dettes. Les prêts consentis par les pouvoirs publics font l’objet d’un traitement différent, meilleur. Ils ne peuvent pas être mis de côté unilatéralement par la Grèce’ ».

Parmi les parlementaires, le chef de file du PVV, M. Geert Wilders, a constaté « qu’il y a au moins encore une personne de bon sens à la Commission. (…) Cela fait des années que nous disons que non seulement il est faux que la sortie de la Grèce de la zone Euro soit plus ou moins la fin du monde, mais que cela serait même bon pour l’Euro ». (Radio 1)

Les éditorialistes considèrent que « Mme Kroes a eu le courage de dire que le départ des Grecs n’est pas souhaitable, mais serait supportable. Ainsi elle fait preuve de réalisme. » (Telegraaf). « Il est juste de demander aux Grecs une plus grande rigueur. Mais on peut également demander à l’Europe du Nord de faire preuve de solidarité. Le prix de la crise ne peut pas incomber unilatéralement aux simples citoyens Grecs, qui sont plus pauvres que les Européens du Nord. » (De Volkskrant).

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ACTUALITE INTERIEURE

Main d’œuvre est-européenne

- Le Financieele Dagblad fait état de « l’appel du ministre Kamp » [Affaires sociales] aux employeurs afin que ceux-ci utilisent davantage de main-d’œuvre néerlandaise. Les quelque 340.000 Européens de l’est installés aux Pays-Bas sont en concurrence avec les plus de 500.000 demandeurs d’emploi néerlandais, explique le journal financier. Selon le ministre, les communes et les employeurs ne font pas assez d’effort pour donner du travail aux Néerlandais. (FD p.3)
- L’AD relève que le PVV a ouvert un site internet afin de recueillir les plaintes contre les travailleurs polonais – « criminalité, alcoolisme, drogue, prostitution », selon le député Ino van den Besselaar. Un porte-parole de l’ambassade de Pologne a expliqué que des « initiatives partisanes ne favorisent pas une discussion sereine sur les faits. Cette initiative est un nouveau pas dans la mauvaise direction. Si les faits sont avérés, ce projet de site dédié ne sera pas efficace ».

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Trouw indique qu’il est possible d’échanger des Francs contre des euros jusqu’au 17 février.

A SIGNALER
Le Volkskrant consacre un reportage aux coffeeshops de Venlo [Limbourg] qui seront contraints de fermer après l’introduction du Wietpas [carte de client] au 01.05. (p.12)

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 08/02/2012

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