Presse néerlandaise du mercredi 8 septembre 2010

« Si la formation d’un gouvernement de droite réussit, les automobilistes pourront bientôt rouler à 130 kilomètres/heure », annonce le quotidien à grand tirage De Telegraaf. « L’augmentation de la vitesse limite fait partie du projet d’accord de gouvernement que le VVD et le CDA, avec le soutien du PVV, avaient déjà conçu avant que la formation n’achoppe, vendredi. Maintenant que les trois partis veulent reprendre leurs négociations, l’augmentation de la vitesse limite sur les autoroutes nationales est proche. »

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- NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : « Le PVV, le VVD et le CDA veulent reprendre les négociations », « L’unité du CDA prime pour la base »
- de Volkskrant (centre gauche) : « A Tjeenk Willink de jouer de nouveau – L’informateur entame un ‘tour de table rapide’ pour entendre les chefs de groupe parlementaire »
- Trouw (chrétien progressiste) : « ‘Rutte ne connaît pas les usages’ », « Les hôpitaux sont justement très rentables – Les médecins néerlandais sont économes – Les soins rapportent plus qu’ils ne coûtent »
- De Telegraaf (populaire) : « Enfoncer l’accélérateur sous la droite – La vitesse limite sera relevée », « Un gouvernement Rutte se rapproche de nouveau »
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : « Les condamnés sous tutelle pénale en congé plus vite – Selon les cliniques, c’est meilleur pour leur traitement », « Tjeenk Willink va examiner la possibilité d’un gouvernement de droite »

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ACTUALITE INTERIEURE

Formation du gouvernement

« La Reine Beatrix a créé la surprise mardi soir en nommant de nouveau Herman Tjeenk Willink informateur pour un ‘tour de table rapide’ », écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. « Le vice-président du Conseil d’Etat Tjeenk Willink doit entendre tous les chefs de groupe parlementaire en quelques jours, avant de franchir une nouvelle étape dans la formation d’un gouvernement. »
« La décision de la Reine n’est pas conforme au souhait des leaders du VVD, du CDA et du PVV (une majorité parlementaire) de poursuivre les négociations en vue d’un gouvernement de droite soutenu par le PVV. Ce souhait est apparu hier matin, après que le leader PVV Geert Wilders a renoncé à ses objections concernant le soutien au VVD et au CDA. Le souhait d’une majorité parlementaire de laisser Mark Rutte rédiger un ‘essai’ d’accord de gouvernement n’a pas été honoré non plus parce que ‘la situation évolue si vite’, selon un porte-parole du service d’information du gouvernement Rijksvoorlichtingsdienst. »
« La Deuxième Chambre a débattu mardi avec l’ex-informateur Ivo Opstelten (VVD) sur la tentative de formation d’un gouvernement de droite qui a échoué vendredi. Le leader PVV Wilders, ce jour-là, a dit qu’il n’avait plus confiance dans un tel gouvernement, après la divulgation des objections du négociateur CDA Ab Klink contre cette combinaison. Klink bénéficiait du soutien de deux autres ‘dissidents’ au sein du groupe CDA. Après le départ de Klink, lundi, Wilders est resté méfiant. Mais mardi, après ‘une nuit de réflexion’, selon ses propres dires, il a décidé de reprendre les négociations avec le VVD et le CDA. Ces deux partis ont accepté tout de suite. »
« Le changement d’opinion des trois partis a été accueilli avec beaucoup de railleries à la Deuxième Chambre. Le leader de la ChristenUnie, André Rouvoet, a déclaré qu’il en ‘voulait’ au VVD d’avoir brusqué la Reine. Le leader SP Emile Roemer a dit à Rutte : ‘Je trouve qu’un futur premier ministre ne peut pas se comporter comme vous le faites vis-à-vis du chef de l’Etat.’ Le leader PvdA Cohen a parlé de ‘bazar’ devant les caméras, mardi. Rutte a reconnu que c’était ‘extrêmement malencontreux’. »

« La Reine a tout appris par les médias », souligne le Trouw à la une, « ce qui du point de vue des usages constitutionnels n’est pas très convenable. » « Jan Vis, spécialiste de droit constitutionnel, estime que le leader VVD Mark Rutte a foulé hier aux pieds les règles de décence vis-à-vis de la Reine. Après que Wilders avait dit qu’il voulait reprendre les négociations avec le CDA et le VVD, Rutte n’aurait pas dû dire immédiatement qu’il le voulait aussi. »

Le commentateur du Telegraaf qualifie le comportement du chef de file libéral d’ « offense » à la Reine, tout en se félicitant de la nouvelle perspective d’un gouvernement de droite « qui soit en état de s’attaquer aux immenses problèmes du pays ».

Le journal d’affaires Het Financieele Dagblad fait valoir que « Wilders prend un risque politique en se mettant de nouveau en cheville avec le CDA instable, mais Rutte et Verhagen en prennent un aussi ». « Après un éventuel échec il ne sera plus question pour Rutte de rédiger un essai d’accord de gouvernement. Et si Verhagen, en définitive, n’est pas soutenu par son groupe parlementaire ou son congrès, il pourra refermer derrière lui la même porte de chêne qu’Ab Klink. »

« Du point de vue démocratique, il n’est pas mauvais de poursuivre les négociations pour un gouvernement de droite », estime l’éditorialiste du Volkskrant. « Mais si le cirque autour de Wilders est un présage de ce qui va se passer dans un tel gouvernement, des temps politiques orageux nous attendent. »

Maison Royale

Le Volkskrant (pp.2 et 6-7) fait grand cas des projets immobiliers des Orange à Wassenaar, sur le domaine De Horsten où résident le prince héritier Willem-Alexander et sa famille. La Maison Royale veut faire détruire deux fermes monumentales pour construire des grandes villas qu’elle a l’intention d’exploiter commercialement. L’association de défense du patrimoine historique Bond Heemschut s’oppose à ces projets immobiliers qui risquent selon elle d’avoir un effet domino. La Reine Beatrix parraine l’association en question, précise le journal.

Energie nucléaire

L’ensemble de la presse relève en rubrique économique qu’Energy Resources Holding (ERH), la partie du fournisseur d’énergie Essent qui est restée entre les mains de communes et de provinces après la reprise par le géant allemand RWE, a entamé hier une procédure pour construire une nouvelle centrale nucléaire à Borssele. ERH a souligné hier que le projet n’est pas une idée de RWE et que les intérêts allemands n’ont joué aucun rôle dans la décision. ERH dément ainsi des informations du Financieele Dagblad selon lesquelles RWE, dans les coulisses, pousserait à la construction de nouvelles centrales aux Pays-Bas.
La centrale nucléaire existante de Borssele détient la moitié d’ERH, l’autre moitié appartient à Delta, qui a bloqué la vente du holding aux Allemands en convainquant les tribunaux que la centrale nucléaire doit rester entre les mains des collectivités (De Telegraaf p.5, Trouw p.15, de Volkskrant p.25, AD p.25).

Le Telegraaf cite le député PvdA Diederik Samsom, un ancien leader de campagne de Greenpeace Nederland qui a toujours été opposé à l’énergie nucléaire, mais qui reconnaît maintenant que le point de vue des Néerlandais a évolué : « Les problèmes que pose l’énergie nucléaire n’ont pas diminué, mais les inconvénients des alternatives ont crû fortement. Le monde a changé. Durant les années 1980, on ne s’inquiétait guère de la diminution des réserves de pétrole ou du changement de climat. »

On notera dans ce contexte que l’éditorialiste du Trouw estime que le report de la fermeture des centrales nucléaires allemandes n’est pas souhaitable.

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Les grèves sont évoquées dans le Trouw (p.3, le Volkskrant (p.4) et l’AD (p.14).
Le Trouw (p.29) publie par ailleurs un reportage de Marijn Kruk sur le projet de construction d’une grande mosquée à Marseille.

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A signaler :
Il ressort du rapport annuel international Education at a Glance que peu de jeunes Néerlandais (2,1 %) sont sans formation ou sans emploi (de Volkskrant p.8).

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 22/09/2010

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