Presse néerlandaise du mercredi 8 février 2006

La restitution de deux cent deux œuvres d’art aux héritiers du marchand d’art Goudstikker, annoncée par la secrétaire d’Etat Medy van der Laan, fait encore l’objet d’un développement de plusieurs pages dans le NRC Handelsblad d’hier soir et de plusieurs commentaires éditoriaux.
De l’avis du commentateur du NRC Handelsblad, ""les héritiers, après cette grande saignée d’œuvres d’art du domaine public, feraient bien de traiter les musées néerlandais avec la même magnanimité, en les leur prêtant".
"Les conséquences pour d’autres réclamations sont incertaines", remarque le Trouw ce matin. "Mais les Pays-Bas peuvent maintenant faire valoir avec davantage d’autorité morale leurs droits concernant la collection Koenigs (307 dessins), en Russie."
Le populaire De Telegraaf estime que "la restitution de beaucoup de tableaux de l’ancienne collection Goudstikker aux héritiers de ce marchand d’art était inévitable". "Le problème des musées, maintenant, est qu’ils ont beaucoup investi dans l’entretien des tableaux, parfois plus qu’il n’était de leur devoir". "Il serait honorable que les héritiers Goudstikker les en dédommagent ou, de préférence, leur prêtent les œuvres."

-NRC Handelsblad d’hier soir : "Les Pays-Bas restituent 202 tableaux - Pas de motifs juridiques, mais moraux", "L’imam danois n’a pas de remords", "Le CDA reste opposé au projet de Brinkhorst" (scission du secteur de l’énergie)
-Trouw : "L’Inspection : Tester chaque enfant - Même les élèves faibles doivent passer le test final Cito" (contrôle des connaissances à la fin du primaire), "La majorité des juges néerlandais sont de sexe féminin"
-De Telegraaf  : "La venue des Polonais fera monter le chômage", "Schiphol est l’aéroport le plus cher d’Europe", "La Défense : Recruter des vétérans pour les missions"
-de Volkskrant  : "L’UE doit accepter des aliments génétiquement modifiés - L’OMC rejette l’interdiction d’importer et le moratoire de l’UE", "Emeutes contre les caricatures : Tirs d’avertissement de F16", "La scission du secteur de l’électricité est incertaine à cause du PvdA"
-AD Haagsche Courant  : "Quitter l’armée à cause de l’Uruzgan - Déjà plus de cent soldats refusent de participer à la mission"

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LE DOSSIER DU JOUR :Travailleurs de l’Est

"L’ouverture totale des frontières néerlandaises aux Polonais, aux Tchèques et aux Hongrois peut faire doubler l’afflux de travailleurs des nouveaux pays membres de l’UE", écrit le Telegraaf dans son grand article à la une. "A court terme, notamment, cela entraînera une montée du chômage parmi les personnels de formation inférieure ou secondaire." "C’est ce que conclut le bureau Ecorys dans une étude encore confidentielle effectuée pour le compte du ministère des Affaires sociales. En ce moment, des Polonais ne peuvent être recrutés que pour les emplois pour lesquels on ne trouve pas de Néerlandais."
"A début de la semaine, l’Union européenne avait prôné l’ouverture totale des frontières. Notre pays doit lui faire savoir au 1er mai au plus tard s’il ouvre ses frontières sans restriction ou s’il continue d’appliquer le régime transitoire actuel. Le gouvernement fera connaître sa position en mars."
"Les travailleurs migrants ont jusqu’à présent apporté une contribution positive au secteur public. Ils ont payé des cotisations et l’impôt sur le revenu, mais n’ont pratiquement pas fait appel à la sécurité sociale."

"Le patronat et les syndicats sont d’avis qu’il faut ouvrir les frontières aux travailleurs d’Europe de l’Est", note le Trouw (p.3). "’Nous avons besoin très rapidement de beaucoup de main-d’œuvre qualifiée d’Europe de l’Est, maintenant que l’économie reprend’, déclare Kamminga. Le président de la FME-CWM, qui regroupe les patrons de l’industrie technologique, prévoit qu’il faudra dès cette année des milliers de travailleurs supplémentaires, ’peut-être même des dizaines de milliers’."
"Le recrutement par les entreprises d’Européens de l’Est est une situation ’née de l’urgence’, souligne Kamminga, qui critique le manque de dynamisme des entreprises et des écoles qui n’ont pas assez investi dans les formations professionnelles."
"Bien que le syndicat FNV Bondgenoten soit également favorable à l’ouverture des frontières, il signale que certains patrons font travailler les Européens de l’Est à des conditions de travail moins favorables. Le syndicat a lancé une campagne sous la devise ’à travail égal, salaire égal’. Son président, Van der Kolk, minimise le besoin de travailleurs d’Europe de l’Est. Si les patrons investissent dans leur personnel et appliquent une politique active, ils n’auront peut-être pas besoin de Polonais, estime-t-il."
"Le mouvement syndical a du mal à accepter que des Européens de l’Est viennent travailler ici alors que des chômeurs n’arrivent pas à trouver un emploi. Un autre point de litige est le contrôle. Ainsi, le bâtiment souffre de faux indépendants, qui sont meilleur marché que les travailleurs en règle, déclare Van Wijngaarden, du syndicat CNV du bois et du bâtiment."
"Une économie ouverte comme celle des Pays-Bas a tout à gagner de l’ouverture des frontières, estime l’organisation patronale VNO-NCW. ’Les défis et les possibilités qu’offre l’ouverture des frontières sont beaucoup plus grands que les dangers’, pense Van Delft, de MKB Nederland. Cette organisation patronale insiste sur la pénurie de personnel qui menace."

"Le CDA n’est pas encore prêt pour une décision, mais il se dessine tout de même une majorité parlementaire en faveur du libre accès des Européens de l’Est au marché du travail néerlandais", relève le journal chrétien progressiste dans un autre article. "Le D66, GroenLinks et le PvdA y étaient déjà favorables en 2004, parce que la libre circulation des travailleurs est un élément fondamental des avantages de l’adhésion à l’UE. Le leader VVD Van Aartsen estime désormais lui aussi qu’il faut lever les barrières pour les travailleurs polonais, slovènes ou hongrois."

Le Volkskrant (p.3) fait mention d’un sondage d’opinion de Maurice de Hond montrant que seuls 33 pour cent des Néerlandais sont partisans de l’ouverture des frontières aux travailleurs d’Europe de l’Est. Même la base du VVD n’y est pas favorable en majorité (38 pour cent). Maurice de Hond a interrogé 900 personnes.

ACTUALITE INTERNATIONALE

Caricatures de Mahomet

"Les Pays-Bas contrarieront en Europe toutes les initiatives visant à imposer un code de conduite aux journalistes", rapporte le Volkskrant (p.3). "Le premier ministre Balkenende a pris cet engagement hier, lors de l’heure hebdomadaire des questions à la Deuxième Chambre. ’Le droit à la liberté d’expression est établi dans l’article 7 de la Constitution. Il est inaliénable’, a déclaré le premier ministre."
"Le gouvernement et le Parlement tout entier soutiennent la liberté de la presse, ’une des libertés les plus essentielles’ (Halsema). ’Il est bon d’entendre que les Pays-Bas n’approuveront pas un code initié ou imposé par la Commission européenne’, a réagi le leader PvdA Bos. ’Mais il ne devrait même pas être question d’un appel de la Commission à instaurer un tel code.’ Le premier ministre a souscrit à cette remarque : ’Vous et moi sommes sur la même ligne’."

Union européenne : Roumanie et Bulgarie

"Le CDA a voté hier contre l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne", relève le Trouw (p.7) dans une brève. "Cela n’aura pas d’influence sur la ratification néerlandaise du traité d’adhésion, car pratiquement tous les autres groupes parlementaires de la Deuxième Chambre ont voté pour. Le gouvernement néerlandais pourra donc apposer sa signature sous le traité, qui a déjà été signé par 15 des 25 pays de l’UE."
"Le SP et les indépendants Nawijn et Wilders ont également voté contre."

ACTUALITE INTERIEURE

Balkenende II

En page d’opinion du Trouw (cahier de Verdieping), J.P. van Rijswijk, membre du CDA et ancien fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, fait le bilan du débat sur la mission militaire en Afghanistan pour conclure que le gouvernement Balkenende II en est sorti doublement diminué. "Le parti de coalition D66 a voté contre la mission. Le parti de coalition VVD a déposé une motion de censure déguisée contre le premier ministre." "Van Aartsen, de concert avec le leader d’opposition Bos (PvdA), a déposé une motion dans laquelle il demandait au gouvernement, à l’avenir, de prendre d’abord une décision claire concernant l’envoi de missions de paix, avant de la soumettre à la Chambre. Le premier ministre a qualifié cette motion de superflue. Formellement, il avait raison." "Mais la motion avait une grande charge politique. Elle reprochait implicitement au premier ministre d’avoir mal présenté la ligne politique suivie dans la question de la mission, parce qu’il avait publiquement qualifié la décision du conseil des ministres d’intention. Il s’inclinait ainsi devant les ministres Brinkhorst et Pechtold, qui se comportaient en mandataires de leur parti et pas en serviteurs de la Couronne."
"Ce n’est qu’après trois semaines de confusion et de commotion qu’il est entré en action. Ce manque de leadership, Van Aartsen et Bos l’ont souligné dans leur motion. Une raison pour Mme Halsema (GroenLinks) de la qualifier de motion de censure. Van Aartsen lui a répondu : ’C’est vous qui le dites !’ Mais il n’a pas contesté son interprétation. Cela aurait dû inciter le premier ministre à interroger avec insistance le député Van Aartsen sur la nature de sa motion. Le cas échéant, il aurait dû déclarer la motion ’inacceptable’, car un premier ministre qui a de l’autorité ne laisse pas passer une telle chose. Cette autorité, il ne la renforce pas non plus en organisant des conférences de presse selon le modèle du président Bush [Balkenende, au centre de presse Nieuwspoort, s’adresse désormais aux journalistes debout devant un pupitre, le vendredi après-midi]." "Le VVD a disqualifié Balkenende en tant que premier ministre. Et pourtant le premier ministre croit que son gouvernement peut passer aux affaires courantes." "On verra combien de temps cela durera encore."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (pp.1 et 8) évoque les manifestations contre les "emplois Kleenex", les contrats de travail flexibles pour les jeunes. "La France a une longue histoire de réformes sociales qui n’ont pas abouti à cause des manifestations et des grèves massives. Mais il semble bien que la première épreuve de force de Villepin avec le mouvement syndical se soit soldé par une victoire du premier ministre."

Dernière modification : 11/05/2006

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