Presse néerlandaise du mercredi 9 mars 2005

La presse assure le suivi d’un certain nombre de questions, nationales et internationales, qui font l’objet de débats parlementaires ; elle réserve également une large place à l’ouverture de la semaine du livre, dont le thème, cette année, est l’histoire des Pays-Bas.

NRC-Handelsblad : Le candidat de Bush pour les Nations-Unies suscite des inquiétudes
Trouw : Wolkers invité d’honneur au bal du livre ; Assurance vie pour les séropositifs
Volkskrant : Maskhadov abattu par les Russes ; il faudra toujours des écrivains comme Wolkers
Algemeen Dagblad : Baisse du nombre des plaintes à la police
Telegraaf : Les clients à la prolongation des prêts immobiliers se font rouler

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AFFAIRES EUROPEENNES

Pacte de Stabilité

« La réforme du Pacte de stabilité n’est pas encore certaine », annonce ce matin le Volkskrant. « Elle ne pourra pas se faire tant que l’Allemagne exigera une politique budgétaire trop souple ». Ce journal note qu’au Parlement Européen, l’Allemagne a été critiquée hier : ‘L’Allemagne a été à l’origine de la création de l’Euro, mais elle présidera également à son enterrement’, a commenté le président du groupe chrétien démocrate Hans-Gert Pöttering. » Le Volkskrant rappelle que « dimanche 20 mars, les ministres des finances se réuniront pour tenter de trouver un compromis. Ils ne veulent pas en laisser le soin aux chefs d’Etats et de gouvernement, qui se réunissent les 21 et 22 mars. Certains diplomates pensent que c’était l’objectif de Schröder. »

ACTUALITE INTERIEURE

Travaux parlementaires

. Don d’organes : Le Volkskrant constate que la Deuxième Chambre a rejeté hier la proposition de modification de la procédure, consistant à faire de tout citoyen un donneur potentiel : 78 députés se sont prononcés pour et 68 contre. Le ministre de la Santé, M. Hoogervorst, s’était attendu à un ‘vote plus serré’. Il va travailler à une amélioration du système existant, par exemple en faisant distribuer aux citoyens qui vont déposer une demande passeport ou de permis de conduire des formulaires d’enregistrement pour le don d’organe.

. Irak : « Le ministre Kamp et le Parlement savent que les mises en garde des services de renseignement américain et britannique n’étaient pas exactes. Pourtant, il n’y a pas de majorité parlementaire en faveur d’une enquête », retient le Trouw du débat dans lequel « les partis d’opposition de gauche PvdA, SP et Groen Links, soutenus par le D66, ont demandé pour la sixième fois une enquête sur les éléments de jugement dont disposait le gouvernement néerlandais avant le déclenchement de la guerre en Irak. » Les partis de la majorité CDA et VVD ainsi que la LPFet les petits partis chrétiens « ne sont pas tentés par ce type d’étude rétrospective. Ils s’alignent sur la position du ministre de la défense : les informations des services de renseignements ne tenaient guère debout, mais les Pays-Bas ont soutenu la guerre en Irak surtout pour des raisons juridiques : Saddam Hussein refusait d’appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité ».

. Afghanistan : Les parlementaires « n’acceptent pas », expliquent le Trouw et le Volkskrant, que « le gouvernement s’arroge des pouvoirs supplémentaires pour décider d’envoyer une mission de militaires en Afghanistan. ... Une majorité parlementaire se plaint que le gouvernement ‘ne peut pas éternellement dévier de la règle sous prétexte d’obligation d’assistance aux Etats-Unis : vous n’avez pas carte blanche jusqu’en 2050’, a rappelé le député PvdA Koenders. Le ministre des Affaires Etrangères, M. Bot, a répondu que le gouvernement a, formellement, la possibilité d’envoyer des troupes sans consulter le Parlement (dans le cadre de missions de paix internationales), mais qu’il est toujours disposé à tenir compte de l’avis du Parlement. Si une majorité parlementaire s’oppose à ce que les Pays-Bas apportent leur soutien aux Américains, ‘il est difficilement imaginable’ que la mission soit maintenue. Il est toutefois probable que la majorité des groupes parlementaires donneront leur approbation. SP et Groen Links voteront contre . »

Boekenweek

Après l’ouverture hier soir de la Semaine du Livre par le traditionnel Boekenbal (Bal du Livre), la presse rappelle le thème et les principales manifestations prévues.

Sous le titre « Les historiens comprennent maintenant qu’ils doivent écrire pour le grand public », le Volkskrant rappelle que cette année, la manifestation, sous le nom « Miroir des Pays-Bas » (Spiegel van de Lage Landen) met à l’honneur les ouvrages historiques et publie un entretien avec le directeur de la Boekenweek, M. Kraima : « On nous soupçonne injustement de vouloir nous raccrocher à une mode, mais nous ne faisons que réagir à ce qui se passe dans la société ; la Boekenweek est plus qu’une simple semaine littéraire. »
Les onze journées couvertes par cette initiative proposeront chacune un thème différent, tel que la famille d’Orange, le Siècle d’Or ou les Indes néerlandaises explique le Volkskrant. « La seconde guerre mondiale en a sciemment été exclue. Les rayons des librairies sont traditionnellement remplis de livres sur cette période, et de plus, la Boekenweek de 1995 était consacrée à cette période. ... Henk Kraima est optimiste concernant l’intérêt pour l’histoire des Néerlandais : ‘le simple chiffre des ventes des ouvrages de Geert Mak en est déjà le signe. Jusqu’à la moitié des années 90, ce sont les ouvrages sur la Deuxième Guerre Mondiale qui se vendaient le mieux. Et puis les lecteurs ont manifesté de l’intérêt pour d’autres périodes, comme le Siècle d’Or. Le fait que les ouvrages historiques se vendent mal aux Pays-Bas n’est pas seulement dû à un désintérêt des lecteurs selon Kraima. ‘Les historiens ont finalement compris qu’il faut aussi écrire pour le public et pas seulement pour d’autres spécialistes’. »

L’Algemeen Dagblad publie pour sa part un interview de Gerrit Komrij, « poète, écrivain et pamphlétaire », qui estime que « si l’on n’avait pas fait disparaître l’histoire de l’enseignement, nous serions capables de définir notre identité : notre passé, nos racines et leur expression dans la littérature. Si nous nous en étions faits les gardiens, cela aurait peut-être évité l’emballement de ces derniers temps. L’histoire vous montre qu’une guerre peut être déclenchée par un moineau qui tombe d’un toit, qu’un événement en apparence insignifiant peut avoir des conséquences considérables. »
« Il n’a pas beaucoup d’estime pour les politiques. ‘Nous avons tout de même un gouvernement très curieux. Tous de tradition réformée. On dirait un gouvernement des années cinquante ... Il y a un énorme décalage entre une société qui a fortement évolué et a découvert la réalité mondiale et un gouvernement qui continue de se rendre à son travail sur une bicyclette noire. Le gouvernement Balkenende n’est pas l’expression d’une volonté démocratique, mais bien plutôt d’une réaction de choc. Une évolution démocratique normale aurait donné des personnes qui correspondent mieux à leur époque. On voit que les Pays-Bas, en situation de choc, regardent volontiers vers le passé. Les ministres de confession réformée de ce gouvernement nourrissent cette nostalgie nationaliste. Même les catholiques y contribuent : regardez Maxime Verhagen, à côté de lui, Dries Van Agt (Premier ministre de 1977 à 1982) passerait pour un Premier ministre moderne. Non, les Pays-Bas se bercent de chimères, nous nous laissons volontiers mener en bateau’. Komrij souhaite que nos livres d’histoire fassent davantage le lien avec l’histoire mondiale. ‘On peut également placer notre histoire dans un cadre européen. Pendant longtemps, dans les écoles, l’histoire a été enseignée à partir du sentiment de solidarité qui s’est manifesté après la Deuxième Guerre Mondiale, sans se rendre compte que cela relevait en grande partie de la propagande politique, car c’est bien, dans chaque pays, le rôle de l’histoire nationale. ...Comment tout cela finira-t-il, je n’en sais rien. Ces ministres ne sont pas capables de faire face à une crise, ils sont naïfs et contemplent avec étonnement et inquiétude tout ce qui se passe en ce moment. Sur le plan international, nous trottinons bravement derrière les Etats-Unis, avec quelques mais et quelques si, sans donner vraiment l’impression de comprendre ce qui se passe ».

AFFAIRES FRANCAISES

Le Telegraaf rend compte d’un incident entre pêcheurs français et néerlandais, en reprenant en conclusion le commentaire du ministère de l’agriculture, qui a fait savoir que « des discussions sont actuellement en cours avec Paris ».

Dernière modification : 09/03/2005

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