Presse néerlandaise du vendredi 12 septembre 2003

Le décès de la ministre suédoise des Affaires étrangères, Anna
Lindh, poignardée mercredi par un inconnu dans un grand magasin de Stockholm, est
annoncé à la une de tous les quotidiens.

Sur le plan intérieur, la presse s’intéresse aussi bien à la
prochaine "Note des Millions" qu’à Schiphol et à la médication contre les
maladies immunitaires et certaines formes de cancer.

NRC Handelsblad d’hier soir : "Une ministre suédoise meurt des suites
d’un attentat – Le référendum sur l’euro aura tout de même lieu",
"Référendum consultatif sur la Constitution de l’UE"

de Volkskrant  : "Schiphol veut racheter les maisons de ses voisins –
’Les plaignants de Zwanenburg doivent pouvoir déménager’", "’La Suède a perdu
son visage’ – Le référendum sur l’euro aura lieu malgré le meurtre de la populaire
ministre Anna Lindh", "Le gouvernement israélien : Arafat doit partir",
"Montée explosive du chômage en 2004"

Trouw  : "La Suède porte le deuil de Lindh – La ministre meurt des
blessures d’une agression au couteau, la discussion sur la protection des politiques est
rouverte", "Bikker se réfugie dans un hôpital" (procès d’un criminel de
guerre néerlandais en Allemagne)

De Telegraaf  : "Offensive contre la délinquance – Projet de Note
des Millions : forte baisse des délits
", "Les supporters exigent une
nouvelle équipe orange", "La ministre Lindh meurt après avoir été
poignardée
"

Algemeen Dagblad  : "Retour de la tristement célèbre thalidomide – Le
Centre Médical Erasme cherche un producteur", "La mort de Lindh choque la
Suède"

* * *

Actualité internationale

Union européenne : Pacte de stabilité

" Officiellement, ce n’est pas un thème à débattre, mais les
ministres des Finances réunis en Italie aujourd’hui et demain ne parleront pratiquement
de rien d’autre
", prévoit Lex Oomkes à la une du Trouw , à propos du
conseil des ministres européens des Finances à Stresa. " Le Pacte de stabilité
vacille à cause du déficit budgétaire croissant de la France et de l’Allemagne
."

" Pour le ministre néerlandais des Finances, Gerrit Zalm, la
rencontre avec ses homologues des autres pays de l’UE et des nouveaux Etats membres
d’Europe de l’Est arrive à un moment politique crucial
. Mardi prochain il
présentera à la Chambre un paquet d’économies de plusieurs milliards d’euros, qu’il
défendra surtout en se référant aux accords du Pacte de stabilité
. Tout résultat
de la réunion qui permettrait au monde extérieur de conclure que l’Europe ne respecte
plus aussi strictement la stricte norme de trois pour cent lui sera désagréable, ne
serait-ce que pour des raisons politiques intérieures. S’il le faut, il saisira la Cour
européenne de Justice pour obtenir que les autres Etats membres respectent les accords,
a-t-il menacé hier à la Deuxième Chambre."

"Mais il est peu probable que cela impressionne les homologues de
Zalm à l’étranger. Le ministre européen a beau s’ériger en champion de la stabilité,
les grandes économies de la zone euro, la France, l’Allemagne et l’Italie, ont d’autres
chats à fouetter. Même la Commission européenne, pourtant engagée pour veiller le plus
longtemps possible sur les accords européens, est désormais indécise."

" Zalm peut compter sur les nouveaux Etats membres de l’Union
européenne
. Il y a quelques semaines, les présidents des banques centrales de ces
pays ont fait savoir que les marchandages en zone euro sur les règles du Pacte de
stabilité sont dissuasifs pour les tentatives des pays d’Europe de l’Est de mettre de
l’ordre dans leurs propres budgets. Mais la voix des nouveaux Etats membres de l’UE n’est
qu’une maigre consolation pour Zalm. Un pays beaucoup plus puissant, la France, montre
coup sur coup que l’insatisfaction des autres pays laisse Paris froid."

" Le CDA qui, jusqu’à une date récente, était partisan de
l’équilibre budgétaire, commence à suivre un cap plus social, sous la pression de sa
base
", remarque le NRC Handelsblad (p.15) d’hier soir dans ce
contexte. " Selon des initiés, il serait prêt à accepter un plus grand déficit
que Zalm
. En se référant à ’Bruxelles’, Zalm dispose d’un moyen de pression pour
poursuivre la réforme de la sécurité sociale, par exemple, un fer de lance du VVD. Si
le Pacte est affaibli, le ministre libéral sera en difficulté dans la Salle des Trêves,
s’il juge que de nouvelles économies seront nécessaires au printemps."

"La réunion informelle en Italie, ce week-end, donnera un
avant-goût de l’Ecofin du 6 octobre. Le nouveau budget français sera alors connu et il
faudra prendre des décisions. S’il n’en tient qu’à Zalm on n’en restera pas aux belles
paroles, parce qu’autrement il perdra aussi bien sa foi dans l’euro stable qu’un moyen de
pression national."

D’autres journaux, comme le Trouw (p.5), l’ Algemeen Dagblad
(p.13) et le Telegraaf (p.23), se font l’écho des avertissements du prochain
président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet
, qui succèdera à
Wim Duisenberg le 1er novembre. Trichet a déclaré hier, durant une audition au Parlement
européen, qu’il poursuivrait la politique de Duisenberg.

 Pays-Bas – Irak

" Grâce au virage récemment pris par le gouvernement Bush à
la suite des décombres de la guerre d’Irak, les Pays-Bas, à en juger par les propos de
Balkenende et De Hoop Scheffer, peuvent se sentir un bâtisseur de ponts entre l’Europe et
les Etats-Unis
", remarque l’historien H.W. van den Dunk , un habitué des
pages d’opinion, dans le Trouw de ce matin. "Ce que cela signifie au juste,
mis à part les belles phrases, n’est pas clair et quelle que soit l’utilité d’une telle
fonction, il n’est pas mauvais de faire un peu d’introspection. Ce n’est pas la
première fois que les Pays-Bas surestiment leur poids en Europe
. Le gouvernement
Balkenende, il y a un an déjà, s’est dépêché de donner à Bush le feu vert pour son
projet de guerre d’Irak, sans l’ONU si nécessaire
. La Haye, en l’occurrence, a
répété comme un perroquet les arguments passablement variables des Américains. L’opposition
de la France, de l’Allemagne et de la Belgique, au printemps, a surtout fait l’objet de
commentaires indignés face à un tel culot
."

" Depuis, il s’avère au fil des semaines que tous les
adversaires de cette guerre – y compris aux Pays-Bas – avaient raison de mettre
en garde et de douter
. Seuls de rares paladins de Washington à la fidélité
imperturbable invoquent encore la chute de l’atroce dictature de Saddam, qui n’était
d’ailleurs pas ignorée du temps que les Américains le soutenaient encore."

"Nos journaux nous informent très bien sur les critiques
croissantes qui s’élèvent contre les leaders américains et surtout anglais et sur
l’affaire Kelly. Le silence de mort vis-à-vis de notre propre politique, de la ligne
docile de La Haye, qui a envoyé des troupes dans le guêpier irakien sans grande
discussion à la Deuxième Chambre [...] en est d’autant plus frappant."

"L’impression que La Haye, sans opposition notable sur le plan
national, se tourne plutôt vers Washington que vers l’ONU ou l’Europe le moment venu,
n’est guère une lettre de créance favorable pour un bâtisseur de ponts
diplomatiques."

 Secrétariat général de l’OTAN

"Le ministre des Affaires étrangères De Hoop Scheffer est en ce
moment le seul candidat à la succession de Lord Robertson comme secrétaire général de
l’OTAN", croit savoir le Volkskrant (p.1). "Des sources diplomatiques à
La Haye et Bruxelles confirment que les candidats du Canada, de la Norvège et du Portugal
se sont retirés." "Les diplomates pensent qu’une décision définitive pourrait
être prise dès ce mois-ci, mais la voie n’est pas encore libre pour De Hoop Scheffer :
un certain nombre de pays s’interrogent sur ce politique venant d’un pays qui réalise des
économies aussi élevées sur sa défense."

Le Trouw (p.7), de son côté, relève que "le ministre
canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, a fait savoir à son homologue américain
Colin Powell que le vice-premier ministre canadien John Manley était disponible pour le
poste de chef de l’OTAN."

Pour un portrait du "discret diplomate" de De Hoop Scheffer,
voir le Volkskrant , page 2.

 Presse hebdomadaire

HP/De Tijd se répète avec Margarita et Edwin. Pas de nouvelles
révélations sur les tribulations de la princesse et de son mari bannis par la famille
royale cette fois-ci, mais une prépublication du livre que le journaliste Thieu Vaessen a
écrit sur la question et qui paraît cette semaine. "Les journalistes ont rarement
eu une telle occasion de découvrir les dures manières de la cour, son humour
estudiantin, ses rivalités, sa méfiance, son arrogance, sa froideur", écrit
Vaessen. L’hebdomadaire consacre par ailleurs une vingtaine de pages à la mode. La
sécurité des Pays-Bas est également évoquée, à l’occasion de la lettre que le
ministre de la Justice, Donner, a envoyée à la Deuxième Chambre en juin et dans
laquelle il affirme que cette sécurité "est gravement menacée". "C’est
clair et net. Pourtant, la classe politique évite toute discussion. Faut-il qu’il y ait
un Ground Zero néerlandais pour entamer le débat public sur la menace de
l’islam ?" Une des raisons de ce silence serait le manque de courage des leaders
politiques. Une autre la culture politique néerlandaise qui vise à éviter les conflits
pour assurer la coexistence des partis, des courants sociaux et des groupements religieux.
Le cloisonnement de la société néerlandaise est aussi une explication. L’article
s’appuie notamment sur les analyses du professeur américain d’histoire des Pays-Bas James
Kennedy (Michigan, puis, depuis peu, Université Libre d’Amsterdam).

"La politique se réveille !" annonce Vrij Nederland
de son côté. "Le 11 septembre 2001, le monde a tremblé sur ses fondements. Les
conséquences sur la politique néerlandaise ont été grandes : peur des musulmans, une
polarisation inouïe, montée et déclin de la LPF et une confusion sans espoir au
Binnenhof. Mais les partis politiques établis reprennent du poil de la bête et les
citoyens s’intéressent de nouveau à la politique." Paradoxalement, ce sont surtout
les partis de gauche qui renaissent de leurs cendres, constate le magazine progressiste.
Fortuyn et la victoire électorale de la droite ont incité beaucoup de progressistes à
s’inscrire à un parti de gauche.

Elsevier anticipe sur la présentation du budget 2004 et
s’interroge sur les intentions du gouvernement : "Un gouvernement sans idées.
Balkenende et Zalm font des économies, certes, mais que veulent-ils faire des Pays-Bas
 ?" "Balkenende et Zalm démantèlent l’Etat-providence, mais ils ne précisent
pas leur objectif." "Balkenende espère pouvoir copier l’image et le succès de
l’économe premier ministre CDA Ruud Lubbers, il y a vingt ans. Zalm espère devenir un
jour premier ministre. Mais ils sont coincés dans un partenariat malaisé, cimenté par
une politique budgétaire laborieusement défendue, et gouvernent sans vision manifeste et
avec le risque toujours présent de perdre le contact avec la société."

 Economie, Finances

Récession économique

Selon le Centraal Bureau voor de Statistiek (CBS), l’économie
néerlandaise a régressé de 0,4 % durant le premier semestre 2003, le recul le plus
rapide des vingt dernières années. Sans investissements supplémentaires dans les soins,
l’enseignement et l’administration publique, la baisse aurait été encore plus forte,
souligne le NRC Handelsblad (p.15).

L’emploi a baissé de 0,7 %, les exportations de 0,1 % et la
consommation des ménages de 0,4 %.

D’autres quotidiens signalent qu’en 2002 la productivité a atteint la
croissance zéro ( Trouw p.5, Algemeen Dagblad p.13, de Volkskrant
p.17).

La récession néerlandaise s’accompagnera d’une montée
"explosive" du chômage en 2004, selon le Centraal Planbureau (CPB). Le
nombre de chômeurs augmentera de 115 000 pour atteindre 540 000. Cela signifie
que 7 % de la population active seront sans travail l’an prochain ( de Volkskrant
p.1).

 Affaires françaises

Le Volkskrant (p.4) relève que, suite à la surmortalité de
l’été, tous les hôpitaux et maisons de retraite de France seront climatisés.
"Jeudi, le ministre de la Santé, François Mattei, a annoncé au parlement une loi
contraignant les établissements à s’équiper."

 

 

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