Presse néerlandaise du vendredi 14 septembre 2007

La "commission de confiance" du conseil municipal d’Utrecht - qui est investie d’une compétence consultative dans la désignation du maire - a retenu comme candidats entre lesquels les habitants de la ville pourront choisir le 10 octobre prochain Aleid Wolfsen et Ralph Pans, tous deux PvdA, pour la succession de l’actuelle maire Annie Brouwer-Korf. Aleid Wolfsen est actuellement député et Ralph Pans préside le conseil de direction de la VNG, l’association des communes néerlandaises.
Les Utrechtois, le 10 octobre, feront connaître leur préférence par voie référendaire et le 11 octobre le conseil municipal décidera du résultat du référendum consultatif.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Recommandation sur un référendum sur l’UE : tensions au sein de la coalition", "L’école et les autorités éduquent les enfants" (premier article d’une série sur l’éducation), "La direction du fisc était au courant des adjudications contraires aux règles"
de Volkskrant (centre gauche) : "Le départ de Verdonk plonge le VVD dans une crise - Au congrès du parti, demain, des membres du VVD exigeront la démission du leader du groupe, Mark Rutte", "Le camp Verdonk jubile"
De Telegraaf (populaire) : "Continuer toute seule - Verdonk envisage de fonder son propre parti - Rutte : Plus de confiance", "Wolfsen et Pans dans la course à la mairie d’Utrecht"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le VVD et Rutte entrent dans une crise grave - Le parti libéral craint que le congrès ne soit tumultueux, demain"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "La rupture avec Rita Verdonk fait entrer le VVD dans la tourmente - Sondage : la moitié des électeurs du VVD exigent le départ de Mark Rutte", "Sanction record pour McLaren en Formule 1"

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LE DOSSIER DU JOUR :Rita Verdonk

"La décision du groupe parlementaire VVD à la Deuxième Chambre de renvoyer Rita Verdonk a déclenché une crise au VVD", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Des membres mécontents exigeront demain, dans une motion qu’ils déposeront lors du congrès du parti, le départ du président du groupe, Mark Rutte, et du président du parti, Jan van Zanen, ainsi que la réhabilitation de Verdonk. La direction du parti s’est réunie en conseil de crise la nuit dernière."
"Depuis, divers éminents membres du VVD ont condamné la diligence avec laquelle Verdonk a été exclue, jeudi. 74 pour cent de la base du VVD estiment que c’est à tort que Verdonk a été mise à la porte du groupe parlementaire, selon un sondage du programme télévisé EénVandaag. Deux des vingt-deux députés VVD, Charlie Aptroot et Fred Teeven, s’interrogent sur l’opportunité de quitter le groupe à la suite de Verdonk. Avec Hans van Baalen, ils avaient protesté contre le renvoi de Verdonk."
"Jeudi après-midi, le groupe VVD avait demandé à Verdonk de partir. ’Il n’y a plus de confiance en Rita Verdonk en tant que collègue. Il s’est passé trop de choses’, a dit Rutte. Le président du parti, Van Zanen, a qualifié cette décision de ’hélas inévitable’."
"Verdonk, en début de semaine, avait de nouveau critiqué le VVD, en dépit des engagements qu’elle avait pris. Des articles parus à ce sujet dans le Telegraaf et l’AD ont été pour Rutte ’la goutte qui a fait déborder le vase’. Il s’était heurté à plusieurs reprises à la députée rebelle, qui avait perdu de peu la bataille pour la position de tête de liste, mais avait recueilli plus de votes préférentiels que lui, aux législatives. Soutenue par ce grand nombre de votes (plus de 620 000, l’équivalent de neuf sièges), Verdonk avait pris de grandes libertés en critiquant publiquement le cap politique du VVD. En juin, Rutte en a eu assez et a exigé qu’elle ’s’incline devant la vision libérale ou fasse ses malles’."
"’Je suis abasourdie’, a réagi Verdonk hier. Elle dit que les journaux l’ont mal citée."
"Selon des initiés, Verdonk reportera la décision définitive sur son siège au-delà du congrès. Elle peut rendre son siège au VVD, rester à la Deuxième Chambre comme députée indépendante ou rejoindre un autre groupe. Elle peut aussi espérer que le congrès la réhabilitera."
"L’ancien leader du parti Hans Wiegel est ’consterné. L’ancien président de la Chambre Frans Weisglas qualifie de départ de Verdonk de désastreux. Selon lui, le groupe VVD aurait lui-même dû s’accorder vingt-quatre heures de réflexion."
"Les initiés s’attendent à un congrès très agité demain. Un groupe de membres du VVD qui s’appelle Liberaal Netwerk [réseau libéral] déposera une motion contre Rutte et Van Zanen et en faveur de Verdonk. Selon son fondateur Jan Talen, conseiller municipal VVD à Staphorst, ce réseau comprend surtout des petits entrepreneurs qui font partie du noyau dur de la base de Verdonk et qui ont presque réussi à la faire tête de liste l’an dernier. Ils sont à la recherche de soutien ’de Roermond à Groningue’. Le congrès est l’organe suprême du parti et peut faire pression sur le groupe parlementaire pour qu’il revienne sur sa décision."
"Rita Verdonk envisage de fonder un nouveau parti de droite", croit savoir le Telegraaf à la une. "Après sa dramatique rupture avec le VVD, d’autres députés libéraux suivront probablement la femme politique, dans ce cas. Des initiés du camp Verdonk estiment à ’cent pour cent’ les chances qu’elle continue à faire de la politique toute seule."
"Comme ce journal l’a annoncé hier, l’ancienne ministre, durant un dîner en début de semaine, avait prononcé une allocution dans laquelle elle reprochait au VVD d’avoir abandonné l’initiative dans la question des étrangers au PVV de Geert Wilders."
"La soirée au restaurant Wilhelminapark [Utrecht] ne semblait pas devoir déboucher sur un article à la une", remarque le journal à grand tirage en page 5. "Mais était-ce vraiment par hasard que l’ancienne ministre a critiqué le cap politique de Mark Rutte peu avant le congrès du parti et en présence de journalistes ?"

Commentaires
"Si Verdonk décide de continuer toute seule, cela limitera encore plus la marge de manœuvre de Rutte", fait valoir l’éditorialiste du Volkskrant. "Elle a fait savoir d’emblée qu’elle ne rejoindra pas le PVV. Dans ce cas, Rutte aura à droite un deuxième concurrent qui essaiera de lui mettre des bâtons dans les roues dans le débat sur l’immigration et l’intégration et qui capturera peut-être une partie des votes potentiels du VVD aux prochaines élections."
"Verdonk est partie, mais le VVD reste une maison divisée et en crise", remarque le Trouw. "Le départ de Verdonk n’est que la fin d’un chapitre. Rutte ne doit pas penser que le calme va revenir. Il doit plutôt craindre que l’insatisfaction et les divergences d’opinion n’éclatent avec virulence. En effet, Verdonk n’a pas seulement beaucoup de partisans parmi les électeurs, mais aussi parmi les membres du VVD." "Aussi inévitable qu’ait été l’exclusion de Verdonk après ses critiques répétées sur le cap politique du groupe, on lui tiendra rigueur de ne pas avoir pu maîtriser le problème Rita et de ne pas avoir su être rassembleur."
"L’éclatement du VVD hier en trois parties désormais distinctes", les députés susceptibles de suivre Rita Verdonk, les partisans et les adversaires de Mark Rutte, "est extrêmement déplorable pour la politique néerlandaise", estime le Telegraaf. "La forte influence modératrice que ce parti exerçait sur les emportements de partis comme le CDA et le PvdA va se perdre maintenant. Ce n’est dans l’intérêt de personne et certainement pas dans celui du pays." "Il faut entreprendre une nouvelle tentative de revitalisation du caractère de compromis du VVD. Si ce parti veut rester un facteur important de la vie politique néerlandaise, il doit pouvoir trouver un cap politique et un leader adéquats."
"Rutte va-t-il maintenant insister davantage sur la nécessité d’une politique d’immigration et d’intégration plus sévère, pour limiter le plus possible les dégâts sur le flanc droit ?" s’interroge le journal d’affaires Het Financieele Dagblad. "Ou bien va-t-il se concentrer sur une opposition de fond au gouvernement de centre gauche ? Il faut espérer qu’il optera pour la deuxième possibilité. Car le VVD peut apporter une contribution très sensée concernant les bouchons, les charges fiscales croissantes, le marché du travail et la politique de l’environnement paternaliste. Et les libéraux finiront peut-être par comprendre que si l’on veut devenir à long terme un parti populaire large, il faut aussi solliciter le large soutien de compatriotes d’origine étrangère."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Banque mondiale

L’ensemble de la presse relève que l’ancien patron du Conseil social et économique néerlandais (SER), Herman Wijffels, actuellement directeur exécutif de la Banque mondiale, s’est plaint dans le quotidien Nederlands Dagblad de tentatives entreprises pour essayer de le discréditer.
"On a fouillé de façon choquante dans mon passé", cite le Trouw (p.13). "Des tiers auraient non seulement examiné sa vie privée, mais aussi celle de collègues. Ceux-ci se sont sentis opprimés, selon Wijffels. On n’a rien trouvé contre lui : il mène une vie conjugale irréprochable avec son amour de jeunesse."
"Wijffels n’est pas très explicite, mais on peut conclure du contexte que par ’tiers’ il entend des Américains. Leur action aurait eu pour motif le rôle que Wijffels a joué à la tête d’une commission éthique de la Banque mondiale. Cette commission a enquêté sur le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz." "Depuis un certain temps déjà des rumeurs tenaces circulent, selon lesquelles les Américains auraient été prêts à verser davantage de fonds si l’affaire Wolfowitz se terminait par une réprimande et pas une démission prématurée. Wijffels fait comprendre que de fortes pressions ont été exercées sur beaucoup de pays en disant dans son interview : ’Ce qu’on voit, c’est que quand des intérêts américains sont en jeu dans une discussion, d’autres pays éludent la question’."
"Selon les ministères des Finances et des Affaires étrangères, Wijffels ne les a pas consultés sur la publication de ses critiques. S’il s’avère qu’il l’a bel et bien fait, ses accusations peuvent être considérées comme émanant du gouvernement néerlandais."

Presse hebdomadaire

Vrij Nederland a pourgrand article un essai de Ko Colijn sur les interventions militaires, intitulé "Regretter ou ne pas regretter la guerre d’Irak ?" "Qu’est-ce qui justifie l’invasion d’un pays étranger qui vous déplaît ? Les dilemmes modernes dans un monde dans lequel la non-intervention est aussi méprisable moralement que l’intervention." Suit une interview de Mient Jan Faber, ancienne figure de proue du mouvement contre les missiles de croisière américains aux Pays-Bas, qui soutient toujours l’intervention américano-britannique en Irak. "Même si j’avais pleinement connu les risques, j’aurais dit qu’il fallait libérer l’Irak."
On notera d’autre part un encarté de 32 pages sur l’écrivain Tomas Lieske, ainsi qu’un long portrait du directeur du Rijksmuseum, Ronald de Leeuw.
HP/De Tijd propose un dossier sur "la religion de l’image de Balkenende IV". "Le gouvernement RP." "Le quatrième gouvernement Balkenende sollicite les faveurs du peuple avec une campagne de relations publiques étudiée. Mais la propagande n’est pas une tâche de l’Etat. Un gouvernement doit gouverner."
Le magazine publie par ailleurs des passages inédits du journal intime de Tanja Nijmeijer, la Néerlandaise qui a rejoint les FARC en Colombie.
Elsevier évoque le jour de la présentation du budget à La Haye, le troisième mardi de septembre. "Prinsjesdag 2007 - Des impôts plus élevés - Des budgets à risque - Des autorités paternalistes - Un besoin de nivellement - Le gouvernement le plus gauchiste depuis des années." Le dossier s’accompagne du traditionnel article annuel sur "ceux qui montent et ceux qui baissent" au Binnenhof. Parmi ceux qui montent il y a le premier ministre Jan Peter Balkenende (CDA), qui "laisse passer des occasions, mais est revenu de loin", Ella Vogelaar (PvdA), Ronald Plasterk (PvdA), Maria van der Hoeven (CDA), Ernst Hirsch Ballin (CDA)... Parmi ceux dont l’étoile pâlit, selon l’hebdomadaire, il y a notamment Wouter Bos (PvdA), que "presque tout son entourage a quitté", et André Rouvoet (ChristenUnie), qui serait "plutôt un spécialiste du marketing politique qu’un gestionnaire efficace".

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (p.8) et le Volkskrant (p.5, AFP) suivent l’affaire Clearstream.
Le Telegraaf (p.19) mentionne sur sa page culinaire la prochaine ouverture des "Foires aux Vins" dans les grandes surfaces françaises.
Sur le plan culturel, deux articles sur l’exposition à Amsterdam de photos de Valérie Belin sont à noter (Trouw de Verdieping, Elsevier).

Dernière modification : 21/10/2008

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