Presse néerlandaise du vendredi 16 janvier 2004

L’affaire du meurtre du censeur du
Terra College de La Haye est encore très présente à la une de la presse à grand tirage
et dans les pages intérieures des autres quotidiens. Le jeune meurtrier, Murat D.,
s’avère avoir des sympathisants parmi les élèves et la police, au vu des vives
réactions sur diverses plates-formes Internet, craint des affrontements lors de la
réunion de commémoration qui aura lieu aujourd’hui.

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "L’affaire de l’europacte divise les ministres – Zalm et Bot se
    heurtent à propos du recours devant la Cour", "Bush : expéditions spatiales
    depuis la Lune", "De l’uranium ’venant d’Irak’ dans le port de Rotterdam",
    "Les Polonais ne considèrent plus
    l’Ouest comme un paradis
    " (correspondance de Varsovie)
  • De
    Telegraaf
     : "Zalm est optimiste – ’Le
    creux de la vague économique est passé’
    ", "La police fait circuler des
    adeptes de Murat"
  • Algemeen
    Dagblad
     : "La Haye craint des violences – Appel à manifester lors de la
    commémoration du censeur", "Le meilleur ami d’Ali est un meurtrier",
    "Le garde avait déjà fait disparaître une femme" (fait divers)
  • de
    Volkskrant
     : "Coupe sombre dans la WAO du fait des réexamens – Suppression
    de plus de 300 000 indemnités", "Le recours devant la Cour influence la
    présidence de l’UE – La position dure de Zalm place le conseil des ministres devant
    un dilemme"
  • Trouw
     : "Les Polonais aiment travailler ici – ’Les patrons néerlandais sont plus
    patients et plus aimables que les allemands", "De stagiaire modèle à
    meurtrier"

* * *

Le dossier du
jour Interview du ministre Zalm

" L’économie néerlandaise a passé le creux de la
vague et le temps des revers financiers du Trésor est presque certainement révolu
",
annonce le Telegraaf dans son grand article à
la une. "C’est ce que déclare le ministre Zalm (Finances) dans un entretien avec ce
journal. Je discerne nettement le début d’un
revirement. Jusqu’à une date récente, nous devions toujours corriger négativement les
chiffres financiers et économiques. Mais il semble que cela va changer’, dit Zalm
en
se référant à la reprise de l’économie mondiale, qui est également sensible en
Europe, selon lui."

"Zalm, par conséquent, ne
s’attend pas à ce que le gouvernement doive faire de nouvelles économies au printemps. Nous devons évidemment attendre les nouveaux
chiffres et je ne peux pas garantir que ce sera l’allégresse, mais je ne suis pas
terriblement pessimiste’
, déclare le vice-premier ministre."

"Zalm dit par ailleurs qu’il
pense qu’un accord au sein du gouvernement est proche, concernant la venue aux Pays-Bas de
travailleurs est-européens, après l’adhésion de dix nouveaux pays à l’Union
européenne (UE), le 1er mai."

" Le ministre VVD indique aussi qu’il n’est guère utile
que les Pays-Bas soient le seul pays de l’UE à s’associer à la procédure juridique que
la Commission européenne engage par suite des énormes déficits budgétaires de
l’Allemagne et de la France
." "’Nous avons déjà témoigné notre soutien
moral à la Commission. Les Pays-Bas ne doivent pas agir en soliste, ce serait une action
purement symbolique’, estime Zalm. Ce n’est que si d’autres pays participent qu’il serait
peut-être utile de s’associer à eux, selon Zalm."

"S’agissant de notre propre
déficit budgétaire, la coalition doit réagir lorsqu’il atteint la ’valeur-signal’ de
2,5 pour cent, selon l’accord de gouvernement CDA-VVD-D66. Zalm n’exclut pas que le
déficit, en 2004, dépasse 2,5 pour cent de quelques dixièmes de pour cent."

 

Actualité
internationale

Bot à propos de la relation
transatlantique et de la Turquie

" Bot se rendra à Washington début février, dans le
but exprès de contribuer à améliorer les relations transatlantiques
", relève
le NRC Handelsblad à la une. " Différents pays européens, dont l’Allemagne, l’y
auraient incité
 : ’On nous regarde en voulant dire : si vous pouvez obtenir quelque
chose à Washington, volontiers’."

"En ce qui concerne Bot, les
Pays-Bas pourraient jouer un peu plus le rôle de postillon
d’amour
dans la relation transatlantique. Des
pays comme l’Allemagne, la France et la Belgique savent qu’à Washington on les voit
maintenant d’un autre œil que des pays comme les Pays-Bas, qui ont adopté une
position plus souple dans la crise irakienne’
."

"Les derniers développements de
la philosophie de Washington créent également des possibilités de rétablissement des
relations entre l’Europe et les Etats-Unis après la crise irakienne, selon Bot. ’ Les Etats-Unis
commencent à comprendre qu’ils ne sont pas le seul acteur mondial
. Que les Etats-Unis peuvent gagner la guerre en
Afghanistan et en Irak, mais que pour monter quelque chose ensuite, ils ont tout de même
besoin de l’Europe
. Ils sont nettement en train de prendre un virage. Il faut en
profiter.’ ’J’ai dit à l’ambassadeur américain à La Haye : il faut être à deux
pour se serrer la main’, raconte le ministre. ’Il faut poser sur la table quelques deliverables, comme disent les Américains, des
solutions à des divergences mineures, susceptibles d’être trouvées à court terme et
que les médias considéreront comme un bon signe. Le gros de la tâche suivra plus
tard’."

" Durant la présidence néerlandaise de l’UE, on
abordera aussi la question de savoir si l’Union doit entamer des négociations d’adhésion
avec la Turquie et quand
. Bot est catégorique sur ce point : Si la Commission européenne fait une
recommandation positive et dit que la Turquie satisfait aux critères d’adhésion de
Copenhague, je ne vois pas comment nous pourrions encore dire ’non’
. L’UE a pris des
engagements au fil des années. On ne peut plus dire aux Turcs : ’Désolé, il n’y a pas
de place pour vous’. ’Je pense qu’un grand nombre de pays pensent comme moi. D’ailleurs la
Turquie ne tombe pas du ciel : ce pays est depuis très longtemps un fidèle allié de
l’OTAN et il est membre du Conseil de l’Europe. Un de mes collègues européens m’a dit
récemment : ’Je préfère la Turquie dans l’UE à un bouclier antimissiles contre
les menaces extérieures. La Turquie deviendra la frontière extérieure de l’UE, un
tampon qui nous protégera contre d’importants pays comme l’Iran, l’Irak et la
Syrie’."

 

Union européenne : Pacte de
stabilité

Outre quelques articles
récapitulatifs de la division réelle ou supposée du gouvernement Balkenende II sur la
question du Pacte de stabilité et du recours devant la Cour européenne de Justice, on
retiendra une chronique de Koen Koch dans le Trouw (p.15). Le chroniqueur rappelle que le Pacte de stabilité n’est pas très vieux .
" Il n’est que logique qu’il y ait des
incertitudes sur ses dispositions spécifiques. Il appartient à la Commission, en tant
que gardienne des traités européens, de demander à la Cour de clarifier les choses.
Cela n’a rien d’embarrassant ou de dangereux. Cela montre la vitalité du projet européen
et prouve une fois de plus que l’UE est une communauté de droit, dans laquelle la Cour
joue un rôle central
."

"Ce que la Cour décidera aura en
l’occurrence une très grande importance. Il ne s’agit pas de savoir si la France et
l’Allemagne ont raison, mais de savoir jusqu’où vont les compétences de l’Ecofin dans le
développement d’une politique économique. Aux Pays-Bas, il se déroule sur cette
question un débat d’une confusion caractéristique. Le ministre Zalm, poursuivant sa
vendetta contre l’Allemagne, veut que les Pays-Bas se rallient à la procédure engagée
par la Commission. Le ministre Bot estime que c’est déraisonnable, à juste titre. Il
veut éliminer les éléments nationalistes du dossier et attendre la décision de la
Cour. Il est temps que La Haye décide qui applique notre politique européenne."

Actualité
intérieure

Jan Peter Balkenende

Le premier ministre CDA Jan Peter Balkenende a été
élu homme politique conservateur de l’année 2003 par la base de la fondation Edmund
Burke
. Il a obtenu 17 % des voix, devançant le leader VVD Van Aartsen (16 %) et le
député VVD Wilders (14 %).

La Edmund Burke Stichting, fondée en
2000 et nommée d’après un homme politique britannique du XVIIIe siècle, se donne pour
tâche la propagation du conservatisme aux Pays-Bas. Les conservateurs néerlandais louent
Balkenende pour son rôle dans le débat sur les normes et les valeurs et pour ses
tentatives de faire mentionner la tradition judéo-chrétienne dans la Constitution
européenne ( Trouw p.3).

 

Eerdmans (LPF)

L’ensemble de la presse rend compte
de la quot ;sortie de prison" du député Joost Eerdmans (35 ans, Liste Pim Fortuyn).
Eerdmans a profité des vacances parlementaires de fin d’année pour se faire incarcérer
pendant une semaine – sous son propre nom, pour éviter toute commotion s’il était
reconnu. "Je suis content que ce soit fini", a-t-il déclaré à sa sortie. Ce n’était pas une sinécure, mais deux dans
une cellule, ce n’est ni bestial ni indigne, comme certains le prétendent."

Eerdmans a partagé à Nieuwegein une
cellule de deux mètres cinquante sur quatre avec un Marocain accusé de vol.

Il a retenu trois points de sa
détention volontaire. Tout d’abord que la plupart des détenus ne veulent pas changer de
vie. "La prison est une université pour criminels. Ils m’ont dit : ’Joost, c’est
lucratif.’ Huit cas sur dix veulent rester dans la mauvaise voie." Ensuite il a été
choqué par les idées des jeunes détenus allochtones, avec lesquels il s’est entretenu
durant des heures. "De très jeunes gens parlent de la lapidation de femmes et du
port de la burqua. Il faut les forcer à apprendre les normes et les valeurs
néerlandaises." Enfin, beaucoup de détenus se sont gaussés des structures de
réinsertion sociale, qui ne sont d’aucune utilité selon eux ( Trouw pp.1 et 3, de Volkskrant p.2, Algemeen Dagblad p.5, De Telegraaf p.5).

 

Presse
hebdomadaire

Vrij Nederland publie cette semaine un numéro
spécial sur l’alimentation néerlandaise : "Nous ne savons plus ce que nous
mangeons". "Choux-raves, salsifis, panais – qui sait encore quel goût ils
ont et comment les préparer ?" "Nos aliments doivent être lisses et brillants.
Et ils le sont, grâce aux technologues alimentaires. Nous sommes devenus un peuple de
légumes précoupés en sachet, de repas sous cellophane et de Calvé Today sur les pommes
de terre. Une grande partie de ce que nous mangeons sort de l’usine, mais nous préférons
croire que des mammas italiennes touillent le contenu de grandes bassines."
"Cinq experts se penchent sur notre culture culinaire. Y a-t-il encore un
espoir ?"

On notera d’autre part un entretien
avec l’écrivain et candidat aux présidentielles péruviennes Mario Varga Llosa –
"J’ai connu un dictateur de près : mon père" – et une interview de
l’actrice Isabelle Huppert, sur les metteurs en scène avec lesquels elle a travaillé et
son image injustifiée, selon elle, de "casse-cou sexy".

Elsevier consacre un dossier aux conditions de
travail en période de récession : "Le chef est de nouveau le chef. La récession
rend les employeurs plus sévères et plus économes. Comment les femmes en font les
frais." Le magazine conservateur publie aussi la liste des 232 meurtres de 2003 (une
année "moyenne"), en soulignant que seule une liquidation dans le milieu de la
capitale a été résolue, grâce à la vigilance d’un passant.

Sous le titre "Vacillante
troïka française", Olivier van Beemen, depuis Paris, évoque les "deux
problèmes du président Chirac : combien de temps Raffarin restera-t-il premier ministre
 ? Et comment tenir à distance le ministre superdominant Sarkozy ?" "C’est
surtout Sarkozy qui entre en ligne de compte comme possible nouveau premier ministre. Pour
Chirac cela présenterait l’avantage que le ministre endosserait la responsabilité finale
des difficiles et impopulaires réformes qui restent au programme. Mais le risque est
qu’il enregistre de nouveau des résultats éloquents, de sorte que la présidence serait
à sa portée dans un peu plus de trois ans. Chirac, sous le regard d’une opposition de
gauche faible, à fort à faire avec cette troïka à la dérive."

Pour HP/De Tijd " le foulard est le symbole de l’oppression de la femme
islamique
". " Il ne faut pas
l’inculquer aux enfants à l’école
. Un
plaidoyer en faveur de l’exemple français : bas les foulards !
" "Aux
Pays-Bas, un silence terrifiant règne autour du foulard", constate l’hebdomadaire
indépendant. "’L’intégration avec maintien de la culture’ a toujours prévalu sur
les idéaux éclairés de l’Occident, tels l’égalité des sexes et la neutralité des
collectivités." "Sous le couvert de la ’tolérance’, l’oppression des femmes a
été excusée pendant des années par les multiculturistes. La devise était : nous
sommes tolérants pour tout le monde. Et donc aussi pour l’intolérance."

Un article sur "les apparatchiks
de l’intégration" suit. "La politique néerlandaise des minorités est mal
notée en Europe, mais fait toujours l’objet d’un jugement officiel positif aux Pays-Bas.
Ce n’est pas étonnant : cela fait trente ans qu’on en confie l’évaluation aux
conseillers même qui ont mis en forme cette politique. Du succès autofabriqué d’une
industrie multiculturelle."

Economie, Finances

Immobilier

Un quart des agences immobilières
néerlandaises est dans le rouge, souligne le NRC Handelsblad
(pp.1 et 11). Les causes de cette situation sont le nombre décroissant de transactions,
le coût élevé des ressources humaines de la branche, habituées au luxe des années
grasses, et la forte augmentation du nombre d’agences à la fin des années quatre-vingt-dix. C’est ce qui ressort d’une étude
de l’Institut économique et social de l’Université libre d’Amsterdam pour le compte de
l’association d’agents immobiliers NVM. L’étude porte sur 2002, mais "les attentes
ne sont guère meilleures pour 2003 et au-delà".

Le nombre d’habitations à vendre
augmente depuis quelques années déjà, alors que le nombre de transactions diminue. Les
agences affiliées à la NVM ont vendu presque 130 000 maisons en 2002 et un peu plus
de 126 000 seulement l’an dernier.

Trente pour cent des agences
prévoient une "baisse substantielle" de leur chiffre d’affaires en 2003.

La NVM, avec une part du marché des
habitations de 65 % en 2002, est de loin la première association d’agences immobilières
des Pays-Bas.

 

Affaires
françaises
 

La conférence de presse du ministre
Sarkozyestencore évoquée par le NRC Handelsblad
d’hier soir (p.4 : "Le tourmenteur du président Chirac – Le ministre Sarkozy, le Macchiavelli français de
l’Intérieur
") et le Volkskrant (p.5 :
"Sarkozy est brusquement sage comme une image – Le ministre et provocateur ne
tire plus ses traits sur le président Chirac").

Le Trouw (p.6) cite quelques extraits d’une lettre
du premier ministre Raffarin publiée dans dix quotidiens européens : "’Faites
confiance à la France’".

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