Presse néerlandaise du vendredi 16 juillet 2004

 

Les provinces de Hollande du
Nord et du Sud, de Zélande et du Brabant du Nord sont les régions sur lesquelles
pèse la menace terroriste, ont fait savoir hier les ministres Remkes (Intérieur)
et Donner (Justice). Parmi les cibles possibles se trouvent des soft targets.
"Ce sont des endroits où viennent beaucoup de gens", a expliqué Remkes.
L’objectif des autorités est de mieux surveiller et protéger ces endroits pour
les rendre moins sensibles au terrorisme.

 

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "’L’Inspection du secteur des soins intimide ses
    collaborateurs’", "La NOS peut empêcher la publication par les journaux d’un
    programme de télévision", "Le rapport sur l’Irak ménage Blair"
  • De Telegraaf
     : "Lubbers disculpé - ’Sa façon d’agir ne mérite pas un prix de beauté’",
    "Menace terroriste dans l’Ouest et le Sud"
  • de Volkskrant
     : "L’enquête de l’ONU
    disculpe Lubbers - Annan critique cependant ses actions après la plainte",
    "’Elle redeviendra propre toute seule’ - Les stations balnéaires n’ont pas de
    bol : un été pourri et des matières fécales dans l’eau de mer", "L’AIVD :
    projets terroristes concrets dans l’Ouest du pays"
  • Trouw
     : "L’intégration forcée est une erreur - L’organisation de l’ONU pour le
    développement prône le maintien de l’identité culturelle", "30 ans de prison
    pour un Turc d’Almelo qui a tué sa fille pour l’honneur" (procès en Turquie)
  • Algemeen Dagblad
     : "’Les clients se trouvent souvent devant des rayons vides - Les supermarchés
    ont un problème croissant qui leur coûte 250 millions d’euros de chiffre
    d’affaires", "Lubbers s’en tire avec une réprimande"

* * *

Le
dossier du jour : Union européenne

 

Constitution européenne .
" Qui a peur des électeurs européens ? " s’interroge Bert Lanting dans une
analyse publiée par le Volkskrant (p.5). " De moins en moins de leaders
européens, semble-t-il
. Après le premier ministre britannique Blair,
c’est maintenant le président français Chirac qui a annoncé un référendum sur la
nouvelle Constitution européenne. Au total, il y a déjà sept pays qui vont
consulter leur population sur ce document. Les leaders commencent-ils enfin à
prendre les citoyens de l’UE au sérieux ?
"

"Pourquoi prendre ce risque
 ? Blair comme Chirac subissait une forte pression pour céder à l’appel à un
référendum sur l’accord controversé sur la Constitution. ’Si la situation
politique de Chirac n’était pas si faible, je ne pense pas qu’il aurait opté
pour un référendum’, dit Ben Crum, politologue et spécialiste de l’Europe à
l’Université Libre d’Amsterdam. ’Il aurait alors laissé le dernier mot au
Parlement’."

"Mais selon Crum, le
référendum montre tout de même que le climat change. Pendant des décennies,
ce sont les politiques qui ont fait avancer le projet européen, sans demander
l’avis des citoyens
. On comprend de mieux en mieux, maintenant, qu’il
n’est pas possible de poursuivre le projet d’intégration sans impliquer les
citoyens’
, dit Crum. ’Les citoyens se sont surtout mis à douter avec
l’élargissement de l’UE’."

"Outre la Grande-Bretagne et
la France, le Danemark, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et les Pays-Bas ont
d’ores et déjà décidé d’organiser un référendum. La Pologne, le Luxembourg, la
Tchéquie et la Belgique en tiendront probablement aussi. Et quelques autres pays
envisagent également un référendum. Compte tenu de la montée des forces
eurosceptiques aux dernières élections pour le Parlement européen, il reste à
voir si cette aventure se déroulera comme les leaders de l’UE l’espèrent. A
Bruxelles, aucun diplomate ne croit que tous les référendums déboucheront sur un
’oui’."

" Quel que soit le nombre
de pays qui organiseront un référendum, il est déjà établi que, pour la première
fois dans l’histoire de l’intégration européenne, une majorité des citoyens se
prononcera sur un traité européen
", remarque l’éditorialiste du même
Volkskrant
. " En dépit des inconvénients que présente le référendum, il
faut applaudir cette fois-ci à la brusque popularité de cet instrument. Dans le
contexte européen, dans lequel un déficit démocratique permanent sape la
légitimité du projet tout entier, le référendum est l’un des rares moyens
permettant de faire entrer le contrôle démocratique direct par la porte de
service
."

"Apparemment, l’euroscepticisme
croissant et les référendums ne sont pas un ’danger’ pour l’intégration
européenne, comme le pensent les fonctionnaires de Bruxelles. Les deux
phénomènes indiquent plutôt que l’Union occupe une place de plus en plus
centrale dans la vie des Européens." "Tenir un référendum sur la Constitution
européenne, c’est jouer avec le feu, disent les adversaires et ils ont raison.
Mais l’alternative, continuer comme avant, constitue en définitive une menace
beaucoup plus fondamentale pour l’unification européenne."

Normes et valeurs .
" L’ancien président français et ex-président de la Convention européenne
Valéry Giscard d’Estaing sera l’hôte le plus éminent de la conférence sur les
valeurs européennes, début septembre, à La Haye
", relève le NRC Handelsblad
(p.2) d’hier soir. "C’est ce qui ressort de la présentation des projets du
premier ministre Balkenende pour la présidence néerlandaise de l’Union
européenne. Au total, les Pays-Bas organiseront durant ce semestre cinq
conférences sur les valeurs européennes avec, outre des politiques, des
intellectuels de diverses disciplines et parties du monde."

" C’est la première fois
qu’un président du Conseil européen entame une discussion sur les fondements
idéologiques de l’Europe
", souligne le journal du soir. " Selon Balkenende,
l’Europe est un ’idéal de civilisation’ et il convient d’engager un nouveau
’débat approfondi’ sur sa signification et sa ’pertinence politique’
."

"Les seuls leaders
politiques de l’UE qui figurent maintenant sur la liste sont le président letton
Freiberga et le premier ministre norvégien Bondevik. Viendront aussi, entre
autres, le ministre d’Etat turc chargé des affaires religieuses, Mehmet Hayden,
et le commissaire européen sortant Frits Bolkestein."

"Cet automne, l’institut
Nexus, de Tilburg, organisera pour le premier ministre cinq conférences sur les
normes et valeurs européennes. Après La Haye, il y aura des ’conférences de
travail’ à Varsovie, Berlin et Washington. Du 3 au 5 décembre suivra un ’sommet
intellectuel européen’ de clôture. Balkenende en présentera les résultats aux
chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE plus tard en décembre, lors du sommet
politique européen. Il souhaite que les conclusions débouchent sur une
politique de stimulation de la citoyenneté européenne
."

 

Actualité internationale

 

Rapport du PNUD

" Les immigrants doivent
pouvoir garder leur propre culture, sans intégration obligatoire
", écrit le
Trouw dans son grand article à la une. " Les autorités doivent laisser
aux nouveaux venus - qui sont nécessaires pour renforcer l’économie européenne -
la possibilité de parler leur propre langue, de pratiquer leur religion et de
garder une double nationalité. C’est ce qu’affirme l’organisation de l’ONU pour
le développement, le PNUD, dans son rapport annuel sur le développement humain
paru aujourd’hui
."

"Le rapport va à l’encontre
de la tendance - que les auteurs signalent - à mettre l’accent sur les cultures
nationales dominantes. ’L’idée est que nous allons à un heurt entre
civilisations’, selon Ad de Raad, conseiller de la PNUD. ’Mais les différences
culturelles ne débouchent pas nécessairement sur des conflits. Nous devons
considérer les différences comme un enrichissement, pas comme un risque’."

"De Raad, dans la ligne du
rapport, prône la possibilité pour les immigrants de conserver une double
nationalité. ’L’identité peut être plurielle. La culture néerlandaise
dépend-elle d’une frontière tracée un jour autour d’un bout de terre ? Dans ce
monde dynamique quelqu’un peut être à la fois néerlandais et turc’."

"Le rapport souligne
l’importance de l’enseignement dans la langue maternelle pour les minorités et
les immigrants. ’Les enfants qui suivent un enseignement dans leur propre langue
les premières années finissent par avoir de bien meilleurs résultats’, selon De
Raad. La religion fait partie intégrante de l’identité culturelle pour le PNUD.
Le port d’un foulard n’est pas tabou pour les auteurs." " Les auteurs
reconnaissent l’importance de l’intégration, mais s’opposent à l’approche
contraignante que prône le gouvernement
. ’L’intégration doit se faire avec
le maintien de l’identité propre, sinon elle n’est pas effective’."

 

Actualité intérieure

 

Télévision

Le Collège d’Appel du
Secteur privé a arrêté hier que les organisations de radiotélédiffusion publique
ne sont pas tenues de fournir au quotidien De Telegraaf des informations
sur leurs programmes
,
notent la plupart des journaux. Cet arrêt met fin à un combat juridique qui a
duré six ans
.

Le quotidien populaire De
Telegraaf
veut obtenir les données concernant la programmation des
organisations publiques pour publier son propre programme hebdomadaire, mais le
système public refuse depuis des années de les transmettre, de même que le
groupe privé HMG (RTL4, RTL5, Yorin). L’autorité néerlandaise de la
surveillance de la compétitivité, la NMa, saisie par le Telegraaf en
1998, avait jugé en 2000 que les organisations publiques et HMG abusaient de
leur position dominante
.

Selon le Collège, les
données réclamées par le journal à grand tirage font partie de la propriété
intellectuelle de la radiotélédiffusion publique, qui n’abuserait de sa position
économique que si elle refusait de transmettre les données à une entreprise
voulant offrir un nouveau produit. Or le programme que le Telegraaf veut
commercialiser n’est pas nouveau, selon le Collège, parce qu’il est comparable
aux produits offerts par les diverses organisations de radiotélédiffusion.

"Bien qu’un appel ne soit
pas possible, le Telegraaf a un dernier espoir", souligne le Volkskrant (p.2). "Les députés Bakker (D66) et Örgül (VVD) ont récemment
déposé un projet de loi visant à contraindre les organisations de
radiotélédiffusion à mettre leurs données à disposition gratuitement" (également
Trouw p.3, De Telegraaf p.7).

 

Presse hebdomadaire

 

Vrij Nederland
publie cette semaine les
deux interviews tronquées dans le numéro précédent, du poète Alfred Schaffer et
de l’ancien commissaire principal d’Amsterdam Eric Nordholt, qui, à 65 ans,
s’inquiète de l’état du pays dans lequel son petit-fils va grandir : un monde
brutal et dégradé.

Le dossier est consacré aux
lovehoppers, la nouvelle génération qui ne veut pas vivre comme ses
parents qui se querellent et divorcent, et qui vogue de partenaire en
partenaire, à la recherche d’un idéal trompeur. Il y a aussi plusieurs pages sur
les photos retrouvées dans les décombres de Bam, en Iran, après le tremblement
de terre de décembre dernier.

HP/De Tijd ,
41 ans après les faits supposés et 17 ans après le décès de l’intéressé, révèle
que, selon l’ancien journaliste du Telegraaf Rob Knijff, l’ancien leader
du PvdA Joop den Uyl aurait profité dans les années soixante (il était alors
échevin à Amsterdam) d’avantages douteux pour l’achat de son bungalow à
Buitenveldert. Dix pages de reconstitution sur la base d’entretiens avec des
vieillards à la mémoire sélective.

Le magazine indépendant met
aussi en garde contre Fahrenheit 9/11, le "documentaire" dans lequel le
cinéaste américain Michael Moore "présente des mensonges comme des faits". Autre
catégorie de menteurs, selon HP/DT : les producteurs d’aliments et de boissons
allégés.

"Michael Moore est un
activiste déguisé en journaliste", estime Elsevier de son côté. "Il se
sert de méthodes qui sont aussi discutables que celles qu’il impute au président
George W. Bush."

Le dossier du magazine
conservateur a pour thème "le divorce réussi" : "écoutez vos enfants, prenez un
médiateur." Son correspondant à Paris, Olivier van Beemen, estime que "le
président Jacques Chirac et son ministre Nicolas Sarkozy prennent leurs
positions pour la guerre". "Qui sera le président de la France en 2007 ?"
L’article, qui est antérieur au 14 juillet, cite notamment le politologue
Etienne Schweissguth. "Sarkozy reste le ministre le mieux aimé et il est
toujours au centre de l’intérêt des médias."

 

Affaires françaises  

 

L’interview télévisée du
Président de la République retient aussi l’attention du Financieele Dagblad
(p.5). "Avec un référendum sur la Constitution européenne, le président Chirac
prend un énorme risque, y compris pour sa propre carrière", remarque Bas
Kurstjens. "La cuisante défaite que le parti gouvernemental UMP a subie aux
élections régionales et européennes, respectivement en mars et mai, a montré à
Chirac que les électeurs profitent des votes pour manifester leur insatisfaction
concernant la politique du gouvernement national, même si ce n’est absolument
pas le thème des élections."

Dans le Volkskrant
(p.5), Fokke Obbema, évoquant l’interview télévisée du Président de la
République et la récente interview du ministre des Finances dans Le Monde,
conclut que "Chirac est complètement sorti du rôle qu’il s’était donné les
dernières années : celui de père de la patrie, d’homme à l’écoute de tous les
Français, de gauche comme de droite, riches et pauvres, le regard porté sur le
XXIIe siècle, un homme qui se préoccupe du sort du monde - du problème de
l’environnement et de la stabilité du Moyen-Orient en passant par le sida, un
homme d’Etat qui est très au-dessus de la mêlée politique intérieure." "La façon
dont le président a dû laisser tomber son masque montre à quel point Sarkozy l’a
acculé au mur. On a l’impression d’être au début de la fin d’une ère."

Dernière modification : 04/08/2004

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