Presse néerlandaise du vendredi 17 août 2007

- Trouw : Amende pour le transport de patients dans de mauvaises conditions

- Volkskrant : Chocs et secousses à Lima ; panique sur les places boursières mondiales
- Telegraaf : « Il en faut, du courage, pour attaquer une dame de 98 ans ! » ; Jami accuse le PvdA (annonce d’un interview dans le Telegraaf se samedi).
- Algemeen Dagblad : Les bruyères plus belles et plus précoces que jamais ; la discussion sur la mission en Uruzgan est repoussée

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AFFAIRES INTERNATIONALES

Tribunal Hariri à La Haye

Le Volkskrant et le Trouw annoncent que « Les Pays-Bas vont héberger le Tribunal Hariri ».
Le ministre des Affaires étrangères, M. Maxime Verhagen, « a confirmé hier matin à la radio qu’il s’attendait à ce que ‘quelques problèmes pratiques’ puissent être résolus. Selon le ministre CDA, le gouvernement s’apprête à donner une réponse positive à la requête personnelle du secrétaire général des nations-Unies, Ban Ki-moon, demandant à ce que l’affaire Hariri soit traitée aux Pays-Bas. Selon un porte-parole des Affaires étrangères, les Pays-Bas posent comme condition que les personnes condamnées purgent leur peine à l’étranger.
Les Pays-Bas ont déjà posé cette exigence lorsque l’ex-dictateur Charles Taylor a été transféré aux Pays-Bas ; la Grande-Bretagne s’est montrée disposée à l’emprisonner si le Tribunal spécial qui siège dans le bâtiment de la Cour pénale internationale prononce une condamnation. C’est sans doute au même endroit que comparaîtront les suspects de l’affaire Hariri. Les Pays-Bas ne sont pas non plus disposés à supporter les frais - plusieurs millions d’euros - liés à la sécurité : Verhagen part du principe que ceux-ci seront pris en charge par le Liban et les Nations unies. Ces conditions posées, les Pays-Bas sont tout à fait disposés à accéder à la demande des Nations Unies.
La Haye s’affiche volontiers comme ‘capitale du droit international’ et héberge déjà, à côté de la Cour pénale internationale, le tribunal pour la Yougoslavie, et la Cour internationale de justice, le plus important organe juridique des Nations unies. L’affaire Hariri est un champ de mines international. La Syrie dément toute implication dans la mort violente du populaire homme politique libanais. Ce meurtre à suscité des protestations de masse au Liban et finalement entraîné le départ des troupes syriennes haïes par de nombreux Libanais ».

Mission en Uruzgan

Selon l’AD-Haagsche Courant, « le gouvernement ne fera probablement connaître sa décision qu’à l’automne ». « Pour le moment, le gouvernement ne prend encore pas de décision sur la prolongation de la mission militaire en Uruzgan. A l’origine, il était prévu qu’il tranche fin août. Selon des personnes bien informées, la décision devrait intervenir au plus tôt le mois prochain, voire en octobre. Celle-ci se fait attendre parce que les Affaires étrangères et la Défense ont besoin de temps pour se concerter avec l’OTAN et d’autres pays : ‘nous essayons d’intéresser d’autres pays de l’OTAN à prendre la relève ; cela prend toujours plus de temps que prévu’, déclare le porte-parole de la défense Joop Veen. Parallèlement, la Défense étudie combien d’hommes et de matériel seraient nécessaires pour une prolongation éventuelle de la mission jusqu’en août de l’année prochaine ».

LPF

Le Trouw signale la tenue ce soir d’une « réunion de dissolution de la LPF ». Ce journal estime que ce parti, fondé en 1999, a été « victime de ses querelles intestines ».
Après un rappel du démarrage fulgurant de ce parti sous la houlette de Pim Fortuyn et de l’assassinat de ce dernier le 6 mai 2002, Cyntha van Gorp note « qu ‘une semaine plus tard, les Fortuynistes font une entrée remarquée à la Deuxième Chambre avec 26 sièges. De concert avec le CDA et le VVD, ils forment le gouvernement Balkenende I. Quelques heures plus tard apparaît déjà la première fissure : la secrétaire d’Etat Bijlhout a menti sur son passé au Surinam et doit démissionner. Les incidents se succèdent ensuite à un rythme rapide : un député frappe un photographe, un autre fait sécession, le ministre Heinsbroek se chamaille avec son collègue Bomhoff, estimant que c’est à lui que revient le poste de vice-premier ministre. A la mi octobre, la coupe est pleine et le ministre VVD prononce l’arrêt de mort de ce gouvernement. La chute du gouvernement coûtera cher aux Fortuynistes. Après les élections de 2003, leur groupe se réduit à 8 membres. En dépit des promesses, querelles et sécessions se poursuivent allègrement. Celles-ci porteront un coup mortel à la LPF, qui disparaît des représentations provinciales après la campagne électorale de 2006. Dans les parlements provinciaux et au Sénat, le rideau tombe sur la LPF. Afin de ne pas gêner les cinq sections locales qui subsistent, le Congrès général des membres tente - sans y parvenir - de dissoudre le parti fin juillet. Ce soir, les héritiers de Fortuyn font une nouvelle tentative ».

ACTUALITE INTERIEURE

Terrorisme

Le Telegraaf et Elsevier signalent que « le musulman néerlandais Omar Altimimi, qui vient d’être condamné par un juge britannique à 9 ans de prison pour préparation d’attentats terroristes, est également secrétaire d’une fondation de Rotterdam destinée à stimuler l’intégration entre les jeunes. Altimimi est un Irakien qui a grandi au Yémen, et vivait dans les années 90 Vletstraat à Rotterdam ; en 2004, il a regagné le Royaume-Uni où il a déposé une demande d’asile. Altimimi est inscrit à la Chambre de commerce de Rotterdam en tant que secrétaire de la Fondation al-Ansaar Human Relief International-Holland (SAHRIH). Il y figure comme étant né au Koweit. SAHRIH est propriétaire de la nouvelle mosquée al-Ansaar et de la Fondation sociale et culturelle marocaine qui est adjointe, Vulcanusweg à Rotterdam. Ses statuts stipulent que celle-ci s’efforce de ‘stimuler l’intégration entre jeunes de différentes nationalités’. Mais début juillet, Altimimi été condamné par un tribunal britannique à 9 ans d’emprisonnement : il disposait d’une collection de manuels expliquant comment mettre en place des cellules terroristes et réaliser des attentats à la bombe. On a également trouvé à son domicile, dans la ville anglaise septentrionale de Bolton, une liste d’ ‘objectifs adéquats’, parmi lesquels des night-clubs et des aéroports. Sur son ordinateur, on a trouvé des instructions pour construire des bombes et fabriquer du cyanure de potassium. Ce musulman ‘néerlandais’ entretenait des contacts étroits avec des organisations terroristes dans le monde entier et selon l’unité de lutte anti-terrorisme britannique, il était évident qu’Altimimi représentait un danger pour la société. Son beau-frère, Ahmed Abbu Ayyash, est président de SAHRIH et s’efforce d’obtenir la libération d’Altimimi, qu’il estime ‘injustement condamné ‘ ».

Religion - vaccination

Le Trouw annonce qu’un médecin de Nimègue prépare un doctorat sur « l’acceptation de la vaccination dans les milieux réformés intégristes ». Mme Ruijs « concentre ses travaux sur un groupe de croyants ultra-orthodoxes de la ‘Bible belt’, qui s’étend de Zélande via la Veluwe jusqu’en Twente et Overijssel. Elle espère mieux comprendre les motifs qui poussent ces populations à refuser la vaccination : ‘les résultats nous fournissent des informations sur d’éventuels moyens d’intervention, tels qu’un travail d’information en direction des pasteurs. Nous espérons augmenter ainsi le taux de vaccination dans la Bible belt et limiter les risques d’épidémies’.
Dans son livre « les Eglises des bas noirs », Anne van der Meiden explique que ces croyants fondent leur conviction sur les paroles de Jésus selon lesquelles ‘les personnes en bonne santé n’ont pas besoin du médecin, mais seulement celles qui sont malades’. Cette conception a évolué au cours des dernières années, déclare Jan Hoek, professeur à l’Université de Théologie Protestante de Kampen, et spécialiste des milieux orthodoxes : ‘de plus en plus, on admet que Dieu nous a donné la connaissance nous permettant de développer des médicaments et des vaccins’. L’Eglise la plus modérée, les Gereformeerde Gemeenten, comptant plus de 100 000 membres, accepte cette conception. Mais des communautés de taille plus modestes, qui se situent à sa droite (au total 50 000 personnes) continuent de rejeter la vaccination : ce sont des foyers farouches de résistance. Après l’épidémie de poliomyélite de 1992, les pouvoirs publics ont demandé à deux théologiens de rédiger une brochure qui devait convaincre ces gens de se faire vacciner. Mais leur opinion n’a pas évolué d’un millimètre ; ils ont même publié des contre-brochures pour prouver que l’Etat essayait d’endoctriner les croyants’. Hoek pense que les choses seront très difficiles pour la chercheuse de Nimègue : ‘si elle n’est pas originaire de ce milieu, elle sera par définition considérée comme suspecte’ ».

Dernière modification : 07/12/2009

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