Presse néerlandaise du vendredi 21 septembre 2007

Un militaire néerlandais a trouvé la mort dans une attaque au mortier en Uruzgan, à cinq kilomètres au nord de la base néerlandaise de Deh Rawod. Le soldat de première classe Tim Hoogland (20 ans) est le onzième Néerlandais tué en Afghanistan.
"Le commandant de la mission en Uruzgan, le colonel Nico Geerts, pense que les guerriers fondamentalistes essaient d’influencer l’opinion publique néerlandaise et la Deuxième Chambre par leurs attentats, maintenant qu’il s’agit de prendre une décision cruciale sur la prolongation de la mission", note le Telegraaf à la une.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Un nivellement n’est pas toujours un nivellement" (débat de politique générale), "Les partenaires de KPGM s’opposent à une fusion européenne controversée" (sociétés de comptabilité)
De Telegraaf (populaire) : "Un onzième mort en Uruzgan - Lourds combats contre les talibans", "Vente aux enchères de dessins d’enfance de la Reine", "Le PvdA fait chou blanc"
Trouw (chrétien progressiste) : "Pas de compensation de la perte de pouvoir d’achat - Les manuels scolaires seront gratuits dès l’année prochaine", "Le dollar est moins attrayant, l’euro devient la nouvelle monnaie mondiale", "Un soldat tué dans un combat en Uruzgan"
de Volkskrant (centre gauche) : "Les Européens de l’Est restent aux Pays-Bas - Plus de 70 000 Polonais, Roumains et Bulgares sont inscrits dans des communes néerlandaises" (inventaire du CBS), "Le lobby automobile fait un doigt d’honneur à Bos", "Un soldat néerlandais meurt dans un combat"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "L’infanticide peut être prévenu dans un cas sur cinq - Les signaux d’un drame latent ne sont pas toujours reconnus à temps", "Bos : L’action ’Stoppez Bos’ est un peu vulgaire"

* * *

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Afghanistan
"La Slovaquie pourrait participer à la mission militaire en Uruzgan", relève le Telegraaf dans un encadré à la une. "La longue quête d’un partenaire militaire des Pays-Bas semble porter ses fruits, bien que la Slovaquie ne semble pas pouvoir fournir les 400 militaires nécessaires."
"Un porte-parole des autorités slovaques confirme que la question n’est plus de savoir si la Slovaquie va aider les Pays-Bas, mais comment. Le ministre Verhagen (Affaires étrangères) ne peut pas encore confirmer l’engagement."

ACTUALITE INTERIEURE

Budget
"Les manuels scolaires des élèves du secondaire seront gratuits dès l’année prochaine", annonce le Trouw dans son grand article à la une. "C’est l’une des modifications du budget que les partis de la coalition ont obtenues du gouvernement hier. Le président du groupe parlementaire PvdA, Tichelaar, a fait chou blanc durant le débat de politique générale : il n’a pas réussi à convaincre le gouvernement d’améliorer le pouvoir d’achat des revenus moyens en 2008. Il faut regarder la situation dans quatre ans, et pas seulement en 2008, s’est-il fait dire."
"Outre les livres scolaires gratuits, le paquet de modifications d’une valeur d’environ 400 millions d’euros prévoit entre autres la suppression des économies à réaliser sur les allocations familiales des revenus supérieurs et davantage de fonds pour la défense, la lutte contre la pauvreté, l’aide sociale à la jeunesse et les soins à domicile. Par ailleurs les groupes parlementaires ne sont pas d’accord avec le projet du gouvernement d’inciter les écoles à fusionner et ils s’opposent à la hausse d’un centime d’euro de la taxe sur le fioul, prévue pour 2009."
"Les fonds nécessaires pour ces infléchissements, les trois groupes les cherchent notamment dans les réserves des Finances, l’introduction accélérée de la taxe sur les jeux de hasard et la répercussion des frais de recouvrement des amendes."
"Dans sa réponse, le premier ministre Balkenende a relevé le gant lancé par le leader PVV Geert Wilders. Il lui a reproché de monter l’un contre l’autre des groupes de la population, avec ses critiques constantes sur l’islam. Il faut être sévère envers ceux qui défient l’Etat de droit, selon Balkenende, mais on ne peut pas profiter de ces gens-là pour exclure tout un groupe de la société néerlandaise. Balkenende a refusé de réagir à l’argument de Wilders selon lequel il serait lâche, et responsable, en définitive, du fait que les Pays-Bas vont à vau-l’eau."
"Les allocations familiales restent intactes, les manuels scolaires gratuits, promis pour 2009, le seront un an plus tôt et le gouvernement a guéri quelques petits bobos de la coalition", remarque le Volkskrant (p.2) dans un article de fond. "Coût pour le Trésor en 2008 : un peu plus de 300 millions d’euros. Des peanuts, environ 1,5 pour mille d’un budget total de 200 milliards d’euros. Le quatrième gouvernement Balkenende peut donc être satisfait."
"C’était la semaine de la politique du quart de pour cent", commente l’éditorialiste du Volkskrant. "Le chef de file D66 Pechtold a été l’un des rares parlementaires à se soustraire à cette atmosphère opprimante. C’est à juste titre qu’il a prôné un ’mid term review’, un bilan intermédiaire, l’an prochain, un plaidoyer qui a été soutenu aussi bien par Rutte, du VVD, que par Marijnissen, du SP."
"Balkenende, en effet, a présenté une vision bien rose de la situation économique. La crise hypothécaire aux Etats-Unis s’étend rapidement, de sorte que des banques européennes ont aussi des difficultés. Le crédit deviendra plus cher, ce qui freinera les investissements et les innovations. De plus, les Américains n’épargnent pas assez et il reste à voir si les Asiatiques vont continuer à investir en dollars. S’ils passent à l’euro le dollar baissera, ce qui peut avoir de grandes conséquences négatives pour l’économie mondiale. Il y a donc tout lieu de dresser un bilan intermédiaire en 2008 et de rester sceptique face aux belles perspectives que ce gouvernement brosse pour 2011."

Traité européen
"Le gouvernement rejettera probablement aujourd’hui un deuxième référendum sur l’Europe", écrit le Trouw (p.2). "Les partisans au Parlement s’y casseront les dents. Et les Pays-Bas ne peuvent pas se permettre un deuxième ’non’ en Europe."
"Les partisans d’un nouveau référendum à la Deuxième Chambre, pour la commodité, ont d’ores et déjà considéré hier le groupe parlementaire PvdA de Jacques Tichelaar comme faisant partie de leur camp. Ils risquent d’être déçus."
"Les 33 membres du groupe PvdA jouent un rôle clé, car ce n’est qu’avec le soutien des sociaux-démocrates qu’on pourra former une majorité parlementaire en faveur d’un projet de loi du SP visant à appeler les électeurs aux urnes référendaires, comme en 2005. Il ne faut pas attendre un tel appel du quatrième gouvernement Balkenende."
"Que veut le groupe PvdA ? Jacques Tichelaar n’a-t-il pas dit après l’accord de Bruxelles, plus tôt cette année, qu’il penchait pour un référendum ? Il faut lire les déclarations de Tichelaar de façon très précise. Tout comme le secrétaire d’Etat PvdA aux Affaires européennes Timmermans, le leader du groupe parlementaire PvdA a dit à plusieurs reprises qu’un référendum ne lui faisait pas peur. ’Vu le contenu du traité je ne crains pas de le soumettre aux citoyens.’ Mais il y a une différence entre oser et vouloir. Tichelaar a tenu des propos courageux, mais peut à la limite maintenir qu’il n’a jamais promis un deuxième référendum."
"Le VVD, dans un accès de rénovation administrative, a soutenu le référendum en 2005. Mais les libéraux sont suffisamment pro-européens pour aider à prévenir une nouvelle débâcle néerlandaise à Bruxelles. De grands intérêts internationaux sont en jeu. Balkenende et ses diplomates se sont évertués pendant deux ans à réparer la débâcle européenne de 2005, après le non français et néerlandais."
"Le gouvernement français, qui contourne le référendum, suit l’affaire avec suspense. Paris ne sera pas content si les Néerlandais décident de remettre cela. Les premiers ministres de Londres et de Copenhague redoutent tout autant d’être entraînés dans des consultations de leur population qu’ils ne souhaitent pas. Et un nouveau non de la population néerlandaise mettra Balkenende dans une position tout à fait impossible à Bruxelles" (également de Volkskrant p.3, De Telegraaf p.3).
Pour l’éditorialiste du Telegraaf, "la recommandation du Conseil d’Etat sur l’organisation ou non d’un référendum sur le nouveau traité de l’UE est très claire". "Ce n’est pas nécessaire." "Si le gouvernement est raisonnable, il se rangera à cet avis aujourd’hui." Quant au groupe parlementaire PvdA, "il doit s’incliner devant la réalité et ne pas parier sur la bonne issue d’un référendum. Ce serait extrêmement périlleux."
Notons aussi qu’en page d’opinion du Volkskrant l’ancien eurocommissaire Bolkestein (VVD) rappelle que "les libéraux sont partisans d’une démocratie de représentation et pas d’une démocratie directe". "Ils n’aiment pas les référendums. Mais un référendum a été tenu sur le premier projet de traité et il est donc logique d’en tenir un maintenant, car les modifications [apportées au traité] sont limitées. Si le gouvernement ne le fait pas les gens penseront peut-être : ce que les politiques n’ont pas réussi à faire passer par la porte de devant, ils le font maintenant passer par la porte de derrière. Cela accroîtra leur eurocynisme."

Presse hebdomadaire

L’exclusion de Rita Verdonk du groupe parlementaire VVD et la crise au sein du parti libéral sont un thème majeur dans tous les hebdomadaires cette semaine.
Vrij Nederland titre sur sa page de couverture : "La crise. Comment le gamin aux genoux tremblants a bouté dehors la Rita de Fer". "Pendant plus d’un an le VVD s’est traîné d’incident en incident à cause de Rita Verdonk. En la mettant à la porte du groupe VVD, Mark Rutte a -enfin - montré qu’il sait frapper du poing sur la table. La prise d’otages est terminée, mais les problèmes sont-ils résolus pour autant ?" "La rupture avec Verdonk montre que le VVD est loin d’avoir trouvé une réponse à la révolution de Fortuyn. L’élection de la tête de liste a été un échec, la discussion latente entre les libéraux et les conservateurs est devenue une pomme de discorde à cause de la globalisation. Quelles sont les bornes de la liberté individuelle ? Le parti devra se remettre à réfléchir à ses principes fondamentaux."
"Le débat de politique générale qui commence cette semaine sera l’occasion pour le leader D66 Alexander Pechtold de s’afficher comme éminent leader de l’opposition", estime le magazine dans le chapeau d’un entretien avec le chef de file libéral-démocrate. "L’ex-ministre dit qu’il est prêt : il prend plaisir à son travail et il discerne un avenir pour la philosophie libérale. ’Aux prochaines élections le D66 doit de nouveau obtenir six sièges au minimum’."
HP/De Tijd titre "Rita Verdonk a enfin ce qu’elle voulait". "Une reconstitution montre que Rita Verdonk a elle-même provoqué ses confrontations avec la direction du VVD. Elle bouche sciemment le trou entre Mark Rutte, ’trop à gauche’, et Geert Wilders, ’trop à droite’. ’Rita n’est pas une gamine’."
On notera par ailleurs un reportage sur la formation des commandos néerlandais, "la plus dure qui soit", et de nouveaux extraits du journal intime de Tanja Nijmeijer, la guérillera néerlandaise des FARC colombiennes.
Elsevier titre "Le VVD après Verdonk. Verdonk après le VVD." "Quoi que la ’Rita Inoxydable’ fasse, son départ forcé du groupe parlementaire est mauvais pour le VVD. Sans le son de cloche populiste de Rita Verdonk, ce parti risque de redevenir un sage parti de gestionnaires sous Mark Rutte - et une scission semble inévitable."
On retiendra aussi un intéressant article sur les "wikipédiens néerlandais". "La plus grande encyclopédie du monde compte déjà presque 350 000 articles en néerlandais. Mabel a essayé d’y rectifier son image, mais sur Wikipédia personne n’a le dernier mot. Qui sont les Néerlandais et les Flamands qui contribuent à la croissance de cette encyclopédie en ligne ?" Jelle Zijlstra, un écolier de 15 ans qui est actif sur Wikipédia depuis 2004, a déjà rédigé 2 250 articles.

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Financieele Dagblad (p.5) évoque les grèves annoncées contre les projets de réforme du Président de la République et note que "Paris veut que les entreprises se retirent de l’Iran".
L’AD Haagsche Courant (p.13) signale l’adoption par les députés d’un projet de loi sur la maîtrise de l’immigration qui durcit les conditions du regroupement familial et autorise à titre expérimental des tests ADN pour prouver une filiation.

Dernière modification : 21/10/2008

Haut de page