Presse néerlandaise du vendredi 23 mars 2007

La ministre PvdA du Logement, des Quartiers et de l’Intégration, Ella Vogelaar, a désigné quarante quartiers à problèmes dans dix-huit communes, dans lesquels l’Etat fera des investissements supplémentaires durant les quatre prochaines années pour éponger le plus possible les retards constatés. Mme Vogelaar dégage 400 millions d’euros à cet effet.
Sept quartiers de Rotterdam figurent sur la liste, Amsterdam compte cinq quartiers à problèmes, Utrecht et La Haye quatre chacune.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Violents combats dans la capitale somalienne", "Quarante quartiers qui ont trop de problèmes", "L’UE approuve l’accord aérien avec les Etats-Unis"
de Volkskrant (centre gauche) : "On reconnaît de nouveaux les héros aux Pays-Bas - En cette année de De Ruyter il apparaît que la société apprécie tout de même le courage authentique"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Préoccupations après la quatrième rixe dans une école en trois jours", "La ministre : améliorer quatre quartiers de La Haye", "La Reine participe aux festivités du cinquantième anniversaire de l’Europe"
Trouw (chrétien progressiste) : "Beaucoup de quartiers à problèmes ne figurent pas sur la liste", "Les Eglises protestantes sont mécontentes de l’Ikon" (organisation de radiotélédiffusion protestante)
De Telegraaf (populaire) : "Un péage pour financer les travaux routiers", "Quatre rixes en trois jours - La violence des écoliers est préoccupante", "Des adolescents battent les génies mathématiques" (composition d’un "carré magique")

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne

"’Le ’non’ néerlandais - et avant lui le ’non’ français - a réveillé l’Europe’, estime le premier ministre Balkenende", écrit le NRC Handelsblad d’hier soir à la une. "’Il est clair que la Constitution européenne ne bénéficiait pas d’assez de soutien. Simultanément, nous ne pouvons pas laisser tout inchangé.’ C’est ce que le premier ministre a déclaré [hier] après-midi, dans le discours qu’il a prononcé lors des festivités du cinquantième anniversaire de l’Union européenne dans la Ridderzaal [Salle des chevaliers], festivités auxquelles assistait la Reine."
"Des améliorations sont nécessaires pour tenir compte des soucis des citoyens, selon le premier ministre. Et notamment le renforcement du rôle de la Deuxième Chambre, afin que les décisions soient prises plus près des citoyens."
"En même temps, le premier ministre a rompu une lance pour l’UE, qu’il a appelé l’un des projets les plus réussis de l’histoire. ’On dit parfois que le temps des grands idéaux européens est révolu. Je n’en crois rien.’ Selon Balkenende, les jeunes de 15 à 25 ans sont les plus pro-européens. Soixante-dix pour cent d’entre eux auraient pleinement confiance dans l’UE."

"Il est apparu à la Deuxième Chambre, mercredi, que ce qui était la vision européenne de tous les grands partis politiques il y a encore deux ans - unifier l’Europe, hisser le pavillon européen, une belle nouvelle Constitution - n’est plus que la conception du D66 (trois sièges) et de GroenLinks (sept sièges)", remarque le même NRC Handelsblad dans une analyse en page 12. "Tous les autres partis se sont ralliés à la lettre eurosceptique que le gouvernement avait envoyée à la Chambre cette semaine, concernant la stratégie de négociation pour un nouveau traité européen : le droit pour les parlements nationaux de bloquer des initiatives politiques européennes, l’application plus stricte des critères d’adhésion, davantage de domaines où l’Europe ne joue pas un rôle."
"Les partis qui se sont laissés convertir après le ’non’ référendaire, comme le PvdA et le VVD, sont devenus plutôt nerveux lorsque le député D66 Pechtold a témoigné d’idéaux européens plus ou moins communément partagés dans la classe politique néerlandaise jusqu’à une date récente. ’Vous vous dites démocrate’, a raillé le député VVD Ten Broeke, ’alors que vous voulez ignorer la prise de position électorale de 2005 !’ ’J’exprime les sentiments des 38 pour cent de l’électorat qui ont dit ’oui’ à l’Europe, au référendum’, a répliqué Pechtold. ’Pourquoi ne serait-ce pas permis ?’"
"Pour regagner la confiance perdue, la politique européenne doit faire entendre davantage la voix des populations", fait valoir le leader du groupe parlementaire SP, Jan Marijnissen, en page d’opinion du Volkskrant. "Ce n’est possible que par le biais de la démocratie nationale. L’initiative des décisions européennes devrait venir moins de la Commission européenne et beaucoup plus des Etats membres. Les europarlementaires n’ont pas pour tâche de représenter l’Europe dans leur pays, mais doivent faire entendre la voix de leurs citoyens en Europe."
"Il n’est guère utile de soumettre de nouveau une Constitution européenne aux Néerlandais. L’unification européenne n’est pas une question de marketing, de meilleure explication de ce que fait l’Europe." "Cinquante ans après le Traité de Rome nous nous trouvons à une importante croisée des chemins : allons-nous continuer à développer l’Europe du marché ou optons-nous pour l’Europe des citoyens ?" "Le marché intérieur européen profitera à tous les citoyens, mais il ne doit jamais être un prétexte pour démolir des acquis sociaux pour lesquels les gens ont opté sur le plan national. Je continue de dire ’non’ à une Europe qui se concentre sur le marché plutôt que sur les citoyens, par amour pour l’Europe."

Ecran antimissile

Le Volkskrant (p.4) s’est entretenu avec le sous-secrétaire d’Etat américain Daniel Fried, à l’occasion d’une brève visite à La Haye, où il a consulté le ministère des Affaires étrangères sur diverses questions d’actualité. Il dit à propos du projet d’écran antimissile de son gouvernement : "Dix missiles de défense, dont aucun ne peut être équipé d’une tête nucléaire, ne peuvent en aucune façon constituer une menace pour l’arsenal nucléaire stratégique des Russes, qui est toujours gigantesque." "Je pense qu’ils savent très bien qu’il n’y a pas la moindre menace pour eux. Nous en avons parlé abondamment avec eux, aussi bien sur le plan militaire que politique, aussi bien bilatéralement que dans le cadre de la concertation entre la Russie et l’OTAN."
"Les concepts stratégiques de la Guerre froide appartiennent vraiment au passé et ne reviendront pas, Dieu merci. Le défi devant lequel nous nous trouvons actuellement, c’est le risque que certains Etats - disons irresponsables - arrivent à s’équiper d’un petit nombre d’armes nucléaires primitives, mais tout de même très destructives, ainsi que des missiles de longue portée pour les transporter. Nous devons faire face à ce danger avec autre chose que la seule riposte nucléaire." "Nous devons en discuter raisonnablement, sans retomber dans les slogans des années quatre-vingts." "Le rôle de l’OTAN est une option sérieuse, dont nous devons continuer de parler."

PRESSE HEBDOMADAIRE

Le dossier de HP/De Tijd a pour thème "Tâtonnements, pourquoi les immigrés échouent souvent dans la politique". "Est-ce uniquement dû aux immigrés eux-mêmes, ou aussi à la politique néerlandaise ?" La réponse sera peut-être donnée dans un autre numéro, car c’est un thème "à suivre".
Il y a d’autre part, dans ce contexte, une interview de la députée PvdA Khadija Arib, sur laquelle Geert Wilders a braqué les projecteurs parce qu’elle fait partie d’un groupe de travail consultatif marocain. "J’entends de la haine dans sa voix", dit-elle du leader du Parti de la Liberté. "Wilders est aveuglé par ses propres angoisses, qui ne sont pas incompréhensibles en soi, quand on vit comme lui, avec son agenda et ses ambitions. Il n’est plus capable de vérifier si moi ou les gens qu’il combat ont encore un autre côté. Les menaces qu’il a subies ont contribué à en faire un autre homme." "Il est devenu imprévisible. Il ne tient compte de personne. Il a complètement dominé l’agenda politique par son approche, les trois dernières semaines. Son parti ne fait que monter dans les sondages. Je n’ai pas peur de Wilders personnellement, mais de son mouvement. Heureusement, il y a beaucoup de gens raisonnables à la Deuxième Chambre, qui ont annoncé et qui ont montré qu’ils ne le laisseront pas faire." Wilders est-il un nouveau Fortuyn ? " "Pim Fortuyn appelait l’islam une culture arriérée, mais il était partisan d’une amnistie générale pour les demandeurs d’asile. C’était caractéristique de lui : c’était un homme de chair et de sang. Je n’étais pas une fan de lui, mais il avait un côté humain. Geert Wilders n’en a pas, il est froid."
Vrij Nederland procède à une reconstitution de l’échec de la campagne électorale du PvdA. "La plupart des personnes impliquées ont bien voulu parler. Seul le président du parti, Michiel van Hulten, ne l’a pas fait : il garde ses commentaires pour la commission Vreeman." "De ces entretiens se dégage l’image d’une campagne défensive dès le début, où l’on communiquait mal, où l’on se réunissait sans fin et ne prenait pratiquement pas de décisions. Et celle d’un leader qui, aux moments décisifs, n’était pas en forme et dirigeait mal les opérations." "Wouter a travaillé d’arrache-pied les dernières années", dit l’un des stratèges de la campagne. "Mais aux moments décisifs il n’est pas intervenu. Il espérait que le poste de premier ministre viendrait à lui. Ce n’est évidemment pas ainsi qu’on gagne des élections."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Volkskrant (p.6) et le Trouw (p.9) rendent comptent de la relaxe de Charlie-Hebdo dans l’affaire des caricatures de Mahomet.

Le Trouw contient par ailleurs un article basé sur un entretien avec Laurence Parisot, présidente du Medef : "La politique fait la dictée aux patrons en France."

Dernière modification : 20/01/2010

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