Presse néerlandaise du vendredi 24 août 2007

LES GRANDS TITRES

Trouw : Le gouvernement veut réduire les excès du secteur des soinsVolkskrant : Le personnel du secteur des soins souvent non qualifiéTelegraaf : Voler le patron, c’est normal !AD-HaagscheCourant : Baisse d’activité dans les commerces de SchipholACTUALITE INTERIEURE

PvdA

a) Présidence du parti

La presse signale une nouvelle candidature à la présidence du PvdA, celle de Lilianne Ploumen, actuellement présidente de l’ONG Cordaid (Financieele Dagblad 2).

Le Telegraaf publie une interview de Mme Ploumen sous le titre : « Pronk est trop vieux » et résume ainsi les principaux arguments qu’elle lui oppose : « il est trop vieux pour prendre la présidence, il ne sait pas ce qui se passe dans les quartiers et il est plus qualifié pour la politique que pour la présidence d’un parti ». « La directrice de Cordaid semble être une concurrente sérieuse pour Pronk », constate le grand journal populaire. « Elle a mis en place une équipe de campagne et se présente comme ‘une meilleure présidente que Pronk’, avec ‘une plus grande expérience sociale, une plus grand habitude de rapprocher des gens ayant des idéaux divergents. Il est temps de passer à une autre génération que Pronk : il a fait du bon travail au niveau international, mais il est moins à l‘aise sur son propre territoire. Moi, je sais ce qui se passe dans la rue à côté’ ».

b) « Le PvdA, les corporations locatives et l’argent »

Le Volkskrant signale un désaccord entre le ministre PvdA des finances, M. Wouter Bos et la ministre, également PvdA, de l’intégration et des quartiers, Mme Ella Vogelaar, sur la question de la rénovation des vieux quartiers. Selon ce journal, « elle a menacé de démissionner lors d’une réunion le 12 juillet dernier, car elle était déçue par la position adoptée par son parti concernant les quarante quartiers à problèmes qui ont été définis : elle rendait compte d’accords passés avec les corporations locatives, qui proposaient un investissement de presque deux milliards et demi d’euros sur quatre ans. Mais Bos a demandé trois milliards et insisté pour que cette somme transite par voie budgétaire avant de la renvoyer à la table de négociation. » (...) La semaine dernière, Bos et Vogelaar se sont de nouveau rencontrés pour chercher une solution et en début de semaine, les échevins PvdA des villes de Rotterdam, Amsterdam, Eindhoven et Nimègue se sont joints à la discussion. Entre temps, les corporations ne restent pas inactives. Elles menacent d’actions en justice et envisagent de bloquer des investissements au cas où elles se retrouveraient taxées. Selon des sources proches du gouvernement, ‘une solution est en vue’. L’association des corporations locatives Aedes a proposé de reprendre le Service des domaines de l’Etat ‘afin de résoudre les problèmes budgétaires de Bos’. On parle également de créer un fonds qui serait géré par les mairies et les corporations. Et enfin, on cherche à soumettre le patrimoine des corporations locatives à l’impôt sur les sociétés, dont elles sont en partie dispensées. »

« Une affaire PvdA », commente le Volkskrant, qui rappelle que les corporations locatives, selon les personnes favorables à ce qu’elles prennent à leur charge une grande partie des travaux de rénovation nécessaires, « disposent de réserves financières s’élevant à 227 milliards d’euros. Les corporations et leurs directeurs se portent très bien tandis que les quartiers dont ils ont la responsabilité se dégradent. Et à qui appartient l’argent ? A la communauté. Les politiques s’efforcent depuis dix ans de faire revenir cet argent dans le circuit commun ; cinq ministres s’y sont cassé les dents. Chaque jour, les quartiers s’appauvrissent et les corporations s’enrichissent. (...) Vogelaar semble avoir sous-estimé dan ses calculs politiques l’agacement suscité par les corporations. Dans tous les partis, de la droite à la gauche, tous se sont jurés d’écrémer leurs milliards de bénéfice. Mais la querelle touche plus particulièrement le PvdA : les deux ministres concernés et la majorité des directeurs de corporation locatives sont liés à ce parti. A cela s’ajoute le fait que les corporations les plus riches se situent en milieu rural et entretiennent surtout des liens avec le CDA ; les plus pauvres opèrent dans les grandes villes, où elles ont pour interlocuteurs les échevins PvdA. Jim Schuyt, le directeur de De Alliantie, la plus importante corporation après Vestia, résume ainsi le problème : ‘le CDA doit-il fournir l’argent au PvdA ?’ ».

VVD

L’ancienne ministre VVD, Mme Sybilla Dekker, a préparé un « code de conduite plaidant en faveur d’une culture interne d’ouverture, de respect et de style » dans la perspective du congrès libéral du 15 septembre prochain, annonce le Volkskrant.
Le président du parti, M. Jan van Zanen, lui en « avait passé commande, dans le but d’améliorer les relations entre les membres du VVD. Le début de l’année a été marqué par de nombreux heurts à propos de la conduite et de l’idéologie du parti libéral. Tous les membres seront dorénavant tenus de respecter ce code de conduite, et ceux qui ne le feront pas se verront exposés - après quelques avertissements - à une expulsion. C’est plus particulièrement la candidature de Rita Verdonk, l’an dernier, au leadership du parti, qui a été cause d’agitation ; cette dernière a d’ores et déjà fait savoir qu’elle n’éprouvait nullement le besoin d’un code de conduite. Les membres du VVD débattront des propositions de Dekker lors du congrès ; celles-ci ont déjà été adoptées en grande partie par la direction du parti. »

ChristenUnie

Elsevier consacre un grand article au parti chrétien qui a accédé aux responsabilités dans le gouvernement Balkenende IV : « pour la première fois depuis sa fondation la ChristenUnie gouverne. Le parti s’investit non seulement sur des thèmes qui vont de soi comme le mariage homosexuel, l’avortement et l’euthanasie, mais également sur les centrales nucléaires, la gestion de la planète, la réglementation sur le licenciement et la qualité de la vie. »
« Le ministre de la famille et de la jeunesse, M. Rouvoet, est peut-être en train de réaliser une révolution majeure dans son domaine : l’Etat va intervenir de façon directe sur ces questions, en imposant un soutien obligatoire à l’éducation ; une évolution notable, puisque le parti de Rouvoet a toujours été opposé par principe aux interventions de l’Etat. Arrivé au gouvernement, celui-ci fait preuve de pragmatisme. Afin de ne pas disparaître entre le CDA et le PvdA, la ChristenUnie devra prendre des positions marquées. Dans le domaine socio-économique, elle a déjà fait entendre sa voix : il ne faut pas assouplir le droit de licenciement, mais l’améliorer ; les salariés modestes déjà âgés doivent être mieux protégés, a fait savoir la députée Cynthia Ortega-Martijn. (...) Dans le secteur des transports, la ChristenUnie adopte une position à gauche du CDA : les embouteillages sont certes ennuyeux, mais il n’est pas dans l’intérêt de la Création de construire davantage de routes. Contrairement au CDA, ce parti ne craint pas de déplaire aux automobilistes (....) et il est favorable aux transports en commun. Sur le terrain de l’éthique médicale, les deux partis chrétiens de la coalition se retrouvent, plus particulièrement concernant le ‘divorce éclair’ (sans intervention d’un juge). Pour la ChristenUnie, le mariage est une ‘institution divine’ qui ne saurait être modifiée par une simple intervention administrative. (...) Pour ce qui est de la politique étrangère, en revanche, CDA et ChristenUnie s’opposent au PvdAsur la question du boycott du Hamas. »
« A la recherche d’un rôle dans la coalition, la ChristenUnie prend de plus en plus les traits d’un parti radical », résume Elsevier, qui y voit finalement « un soutien pour le PvdA ».

Agression

Les journaux signalent l’« arrestation de l’un des agresseurs de Ehsan Jami, le leader du comité des ex-musulmans. La police d’Haaglanden », explique le Volkskrant, « a arrêté un Somalien de 17 ans soupçonné d’être l ‘auteur de cette agression, commise le 4 août. Selon le ministère public, la police prévoit d’autres arrestations. »

AFFAIRES FRANCAISES

Dans le supplément littéraire du VolkskrantCicero , Michaël Zeeman, à l’occasion de la présentation de la traduction en néerlandais de l’ouvrage de l’historien britannique John Julius Norwich consacré à la civilisation de la Méditerranée (The Middle Sea,, A History of the Mediterranean ( 2006)), fait le lien avec des déclarations du président de la République, M. Sarkozy, sur les liens avec les pays d’Afrique du Nord et se demande dans quelle mesure « les pays riverains de la méditerranée constituent une unité. (...) Y a-t-il un système dans le chaos, y a-t-il, autrement dit, une unité dans l’immense diversité de l’histoire culturelle méditerranéenne ? Sarkozy est-il fondé à dire qu’il voit devant lui une union de nations riveraines de la Méditerranée ? (...) Norwich, de son côté, s’exprime-t-il en tant qu’élève de l’historiographie classique britannique, plus particulièrement intéressée par l’histoire dynastique que par l’histoire sociale ? Certainement, mais il est également le fils d’un diplomate britannique, et il met donc l’accent sur la diplomatie - et ses échecs, du Grand Schisme à la bataille de Lépante, du Congrès de Vienne à Gallipoli (...) Ce qui nous ramène à Sarkozy : la diplomatie, si nécessaire confiée à son épouse. L’histoire de la Méditerranée n’est pas une histoire maritime, mais une réminiscence de la Pax Romana et de son échec. » Et il se demande en conclusion si « Sarkozy réussira là où ont échoué les Croisés et les colonisateurs ».

Le Trouw évoque à son tour les cent premiers jours du Président de la République, pour noter « une énergie et un agenda fascinants ». Citant Manuel Valls, Paul-Kleis Jager retient que « ce président particulièrement actif correspond à un société moderne, à une démocratie moderne ». Faisant référence au philosophe Marcel Gauchet, P.K. Jager ajoute que « Sarkozy est parvenu à convaincre l’opinion publique de son intégrité : ’personne ne croit que Sarkozy ne s’est pas lancé corps et âme dans sa tâche, et ainsi, il rompt avec l’image de cynisme de l’élite’ ». En conclusion, le Trouw ajoute que, toujours selon Gauchet, « le style personnel du Président de la République constitue également un grand risque. Les attentes sont très grandes. Si les résultats se font attendre ou déçoivent, le pays risque d’entrer dans une profonde crise politique ».

Dernière modification : 26/11/2008

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