Presse néerlandaise du vendredi 26 août 2005

Famille royale et histoire de l’art illustrent ce matin la une des journaux, avec une grande photo du mariage civil du deuxième fils de la Princesse Margriet hier à Apeldoorn, des miniatures des Belles Heures du Duc de Berry des enlumineurs Paul et Johan van Limburg, présentées au Musée Valkhof de Nimègue à l’occasion de la restauration du manuscrit conservé au Metropolitan Museum of Art et un casque d’apparat romain découvert sur le chantier archéologique de Leidsche Rijn.
Dans leurs grands articles, les journaux s’inquiètent des conséquences fiscales de la suppression de certaines exemptions dont bénéficiaient les personnes en pré-retraite et du risque que peuvent représenter sur les routes les consommateurs de médicaments. Ils s’interrogent aussi sur la nécessité des mesures d’enfermement des volailles édictées aux Pays-Bas alors que les experts vétérinaires réunis jeudi à Bruxelles estiment le risque de contamination par des oiseaux migrateurs de « moyen à faible ».

- Trouw : Menace de super-taxation des contribuables ; le rêve des amateurs d’enluminures au Musée de Nimègue
- Volkskrant : L’Europe s’interroge sur la nécessité d’enfermer les volailles
- Algemeen Dagblad : Lignes d’écoutes téléphoniques payantes : la Chambre demande au ministre d’intervenir
- Telegraaf : Un quart des automobilistes sous l’influence de médicaments

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ACTUALITE INTERIEURE

Ministre de l’agriculture

Le Het Parool, le NRC-Handelsblad et le Volkskrant titrent, respectivement, que « Veerman est tout de même chef d’entreprise », « La Chambre veut demander des explications à Veerman » et « Veerman va devoir s’expliquer », faisant référence à un article publié hier dans l’hebdomadaire à sensation Nieuwe Revu selon lequel « Veerman viole les règles ».

Cette publication pense pouvoir démontrer que « le ministre de l’agriculture Cees Veerman ne respecte pas les règles en vigueur au gouvernement, voulant qu’un ministre ne soit pas impliqué directement dans ses affaires. Veerman et son fils Pieter, en tant qu’actionnaires et directeur sont directement impliqués dans au moins une de ses sociétés, montre l’enquête menée par Nieuwe Revu. »

« Le ministre de l’agriculture possède des fermes aux Pays-Bas et en France. Veerman a fait l’objet de critiques la semaine dernière lorsqu’il est apparu qu’il perçoit annuellement environ 190.000 Euros de subventions agricoles européennes pour ses entreprises agricoles, et que simultanément, en tant que ministre, il s’érige en défenseur du système de subventions agricoles. Selon le ministère, il ne saurait être question de conflit d’intérêts, puisque le ministre ne dirige pas personnellement ses entreprises. Lorsqu’il a pris ses fonctions le 22 juin 2002, il a confié la gestion de ses biens à une fondation, la Cevemin (Cees Veerman Minister). Un porte-parole du ministère a indiqué la semaine dernière que ses intérêts en France sont gérés par une autre fondation, nommée La Douce France. Les informations fournies par la Chambre de commerce montrent qu’il ne s’agit pas d’une fondation mais d’une société, LD France. Celle-ci a été gérée pendant un an par la fondation Cevemin. »
« La situation a changé fin 2003. Des documents officiels, signés par un notaire et Veerman, montrent que depuis le 24 décembre de cette année, le ministre est de nouveau le seul actionnaire de LD France. Son fils Pieter, alors âgé de 19 ans, est devenu directeur à cette date. En d’autres termes, le ministre paysan et son fils sont aux commandes. Veerman semble donc violer le code de conduite mis en place par le gouvernement Balkenende à l’attention des ministres qui possèdent une entreprise. Le premier ministre tenait ainsi à éviter que des ministres aient les apparences contre eux, comme cela fut le cas avec la ministre de l’économie Anne-Marie Jorrtisma : l’entreprise familiale de Frise a bénéficié de subventions pour la construction d’un hôtel alors qu’elle était en fonction. »
(...)
« Dans le cas de LD France, rien ne montre qu’un ‘ tiers indépendant’ dirige la propriété concernée. Un porte-parole du ministère de l’agriculture conteste que le ministre soit activement impliqué dans la gestion de ses entreprises : ‘Dans le cas de cette société, les pleins pouvoirs ont également été transférés à un tiers’. Il est même possible d’obtenir son nom - Willem van den Herik, à Maasdam. Mais le ministère refuse de produire le document par lequel le ministre lui a conféré les pleins pouvoirs. Un appel téléphonique chez Van den Herik ne donne pas davantage de résultat. Une heure plus tard, le porte-parole rappelle. Il a le document et est autorisé à le faxer. Et que montre ce document ? En effet, Veerman a bien donné les pleins pouvoirs à Van den Herik le 19 juillet 2002, mais seulement jusqu’au 31 décembre 2002. Un nouveau document de pleins pouvoirs y est toutefois joint, daté du jour où paraît cet article, avec valeur rétroactive jusqu’à cette date. Le ministère a clairement eu recours à des artifices pour masquer ses erreurs. »
« Mais il y a plus. Des documents que Nieuwe Revu a reçu du Tribunal de Commerce font apparaître que le ministre est directement impliqué dans la gestion des ses entreprises étrangères. Veerman et sa famille possèdent les Fermes « La Charmie » et « La Borie Fricard », situées à Drantôme en Dordogne. Elles sont gérées par la société française Veerman France SAS, dont le ministre de l’agriculture néerlandais est le président. C’est en cette qualité que Veerman a adressé le 13 juin de cette année une lettre au tribunal de commerce, présentant ses excuses au nom de Veerman France SAS pour avoir communiqué avec retard ses chiffres annuels. ‘Il y a, certes, le nom du ministre, mais la lettre est signé du directeur de la société’, commente le porte-parole. Mais le nom de Van den Herik n’apparaît nulle part dans les documents : ‘croyez-moi, tout est bien réglé conformément aux vœux du Premier ministre ».

La presse de ce matin indique qu’un débat d’urgence a été demandé au parlement pour la semaine prochaine.

Religion

Elsevier consacre cette semaine son dossier aux Néerlandais qui se convertissent à l’Islam.

Il est difficile, constate l’hebdomadaire de donner une estimation chiffrée du nombre des conversions : « les organisations musulmanes les estiment à une cinquantaine ou une centaine, voire quelques centaines par an. On ne peut vraisemblablement pas parler d’une vague. La plupart des conversions correspondent à un désir de ‘renaissance’, les gens veulent redécouvrit la religion dans laquelle ils ont grandi, mais qu’ils ont ensuite délaissé ; neuf conversions sur dix sont de ce type, estime Jacques Janssen, professeur de psychologie des cultures et des religions à l’Université de Nimègue. Cela s’explique aisément : une conversion à une religion complètement différente est un pas bien plus important qu’une ‘reconversion’. Dans le cas de l’Islam, il ne faut pas oublier que cette religion n’a pas une bonne image, cela rend la démarche de conversion encore plus difficile. Il y a aux Pays-Bas un groupe de jeunes femmes, et dans une moindre mesure, de jeunes hommes, qui, indépendamment d’une relation personnelle éventuelle, se sentent attirés par l’Islam. On en trouve des exemples récents dans les radicaux de la mouvance du Groupe Hofstad. Ce sont souvent les convertis qui semblent le plus vulnérables au virus terroriste. Mais dans la plupart des cas, ceux-ci ne veulent pas s’engager sur la voie du terrorisme. (...) ‘Les conversions sont le résultat d’un long processus, elles sont souvent précédées d’un processus intellectuel de lectures, de discussions et de réflexion’, mais ‘les conversions à l’Islam restent inhabituelles, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’une religion étrangère. La dernière fois que ce phénomène s’est produit, c’était dans les années 70, avec la montée de nouveaux mouvements religieux comme le Baghwan et Hare Krishna’. Maerten Prins, psychologue des cultures à l’université Radboout, n’est pas étonné que de nombreux jeunes se sentent attirés par l’Islam. Dans une société hyper-individuelle il y a toujours des jeunes qui se sentent attirés par une religion qui prône des règles de vie très strictes. Cela leur apporte une sécurité. Un autre point fort de l’Islam est à ses yeux que c’est une religion contestée et que l’on doit y exprimer ses convictions dans un style vestimentaire : cela représente souvent un attrait, surtout chez les jeunes. De ce point de vue, l’Islam comporte plus d’éléments ‘attrayants’ pour les jeunes que le catholicisme ou le protestantisme. Vêtements, coiffure, livres, etc... : cela place l’Islam en concurrence avec les styles gothic, skate et lonsdale . Le catholicisme et le protestantisme n’ont pas ces caractéristiques ‘jeunes’. Les styles des jeunes, ça va, ça vient, est-ce que cela s’applique également aux nouveaux musulmans des Polders ? »

Affaires culturelles

Les journaux réservent une place importante à l’exposition du Musée Valkhof de Nimègue évoquée dans les titres ainsi qu’au festival de Musique Ancienne d’Utrecht, qui célèbre « 10 siècles de polyphonie » (Trouw, Verdieping).

AFFAIRES FRANCAISES

De brefs articles annoncent la publication sur Internet (www.dgac.fr) d’une liste noire des compagnies aériennes accessible à tous.

Dernière modification : 26/08/2005

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