Presse néerlandaise du vendredi 27 février 2009

L’accident d’un avion de la Turkish Airlines à Schiphol continue de susciter des articles essentiellement centrés sur les causes supposées de l’accident et l’enquête ; on apprend également que quatre Américains et cinq Turcs ont été tués dans cette catastrophe.

Trouw : La zone autour de l’avion fermée aux badauds
Volkskrant : VROM a dépensé 80 millions pour des filtres inutiles
Telegraaf : Catastrophe aérienne : la fin de l’entraînement
Algemeen Dagblad : Van Vollenhoven réclame les boites noires
NRC-Handelsblad : Le contrôle des banques européennes ne sera pas centralisé

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ACTUALITE INTERIEURE

Tribune du Premier ministre, M. Jan Peter Balkenende

A un mois de la réunion du G20 à Londres, le 2 avril, le chef du gouvernement néerlandais expose dans le Volkskrant pourquoi « il faut apporter une réponse internationale à la crise » et annonce les « quatre choix essentiels » qui selon lui devront être faits dans la capitale britannique.

M. Balkenende explique en premier lieu pourquoi « le gouvernement investit beaucoup de temps et d’énergie dans la concertation internationale ». « Le gouvernement effectue un travail intensif pour élaborer des plans permettant de compenser les conséquences de la crise sur l’économie néerlandaise.(…) Mais la crise actuelle est par excellence une affaire internationale, et l’économie ouverte des Pays-Bas est particulièrement sensible à ce qui se passe dans le reste du monde. Cela est lié à notre position en matière d’exportation et à notre forte dépendance du commerce mondial, mais également au fait que le secteur financier néerlandais fait partir des dix premiers au niveau mondial. C’est ce qui explique l’intérêt direct de la présence des Pays-Bas à Londres, où il sera question des changements indispensables que devra connaître le secteur financier, de l’importance d’un libre marché mondial et de l’avenir des relations économiques mondiales. (…) En dépit de la gravité de la situation économique, je suis optimiste sur les chances de succès d’une telle approche commune. Le climat international actuel est bien meilleur que lors des crises antérieures. (..) Nous avons l’Euro comme élément fédérateur, les blocs économiques ne sont plus dans une situation d’affrontement, mais souhaitent coopérer. L’arrivée aux responsabilités du Président Obama, l’attitude coopérative de grands pays émergents comme la Chine et le Brésil, l’unité de vues à Berlin, tout va dans la même direction. S’il y a jamais eu une possibilité d’apporter plus d’équilibre dans le système économique mondial, c’est bien maintenant. C’est dans ce contexte que j’ai plaidé à Berlin en faveur de quatre choix essentiels, qui doivent nous permettre de sortir plus forts de la crise. »

Les quatre choix du Premier ministre sont :
- « La moralité dans l’économie », soit une « économie sociale du marché. C’est pourquoi j’ai apporté mon soutien à Berlin à une nouvelle Charte économique mondiale, une idée de la chancelière fédérale Angela Merkel. »
- « Le refus du protectionnisme : les gouvernements sont logiquement soumis à ce fortes pressions afin que l’argent de leurs contribuables serve à soutenir essentiellement leur propre économie. Mais une réaction en chaîne de mesures protectionnistes infligerait des dommages sérieux à nos perspectives de croissance à long terme. Sur ce point, je plaide en faveur d’une approche rationnelle et pragmatique ; les réactions émotionnelles ne nous aideront pas, en revanche, la vigilance le fera. Appliquons tout simplement la réglementation européenne, et apportons tout notre soutien à la Commission européenne lorsqu’elle examine les mesures qui doivent être prises. »
- « La solidarité avec les pays plus pauvres et les générations futures : crise ou pas, notre devoir moral vis-à-vis des objectifs du Millénaire demeure et notre soutien aux pays en développement est plus nécessaire que jamais. (…) La solidarité avec les générations futures est essentiellement liée à la question du Climat. (…) Il est payant d’investir dès maintenant dans l’innovation durable, sur le court terme, pour stimuler nos économies, sur le long terme, pour renforcer les structures économiques. »
- « La durabilité des finances de l’Etat : au vu des mauvais résultats économiques actuels, chacun comprend qu’à court terme, les déficits budgétaires vont fortement augmenter en Europe. Cela est possible et permis dans ces circonstances particulières. Simultanément, l’avenir de nos dépenses collectives et nos retraites doit continuer d’être assuré. C’est pourquoi nous devons rester prudents par rapport au Pacte de Stabilité et de croissance. »

« En conclusion, dans les circonstances actuelles, c’est un ‘must’ d’investir dans le circuit international : pour la stabilité économique à court et à long terme, par rapport à un devoir moral vis-à-vis du reste du monde et des futures générations, et dans le cadre d’un intérêt bien compris. Voilà pourquoi le gouvernement néerlandais fera tout pour que le sommet de Londres soit un grand succès ».

Commission Davids

L’éditorialiste du Volkskrant estime que la composition de la Commission présentée cette semaine par l’ancien président de la Cour de Cassation, et qui aura pour tâche d’examiner le processus de décision qui a abouti au soutien politique des Pays-Bas à l’invasion américano-britannique de l’Irak en 2003, « inspire confiance » : « des poids lourds scientifiques » y siègent, qui « ont conscience de l’importance de leur tâche ; ils font en effet ce que le Parlement aurait dû faire, mais n’a pas pu faire. Vers le 1er novembre, nous devrions savoir si le Premier ministre avait quelque chose à cacher. Si la Commission n’ a pas accompli sa tâche de manière satisfaisante, plus rien n’empêchera la Deuxième Chambre de procéder à sa propre enquête ».

Commission Zalm sur le budget de la Maison Royale

Les journaux font état de « fuites » avant la présentation aujourd’hui de ce rapport par l’ancien ministre des finances.
Les journaux croient pouvoir d’ores et déjà annoncer que « Toutes les dépenses de la Maison Royale figureront sur un seul budget » (De Telegraaf), qui aurait pour titre « De Koning », en vue d’une « plus grande transparence ». Devraient figurer à ce budget « les dépenses en relation directe avec le souverain en tant que chef de l’Etat ». En seraient exclues les dépenses liées aux visites d’Etat (imputées au budget des Affaires étrangères) et liées à la sécurité et à l’entretien des palais (patrimoine national).

Presse

Le ministre de la Culture, M. Plasterk, dans un entretien accordé au Volkskrant, « appelle la presse quotidienne à prendre l’initiative d’abonnements gratuits pour les jeunes de 18 ans. Ce plan serait dans l’esprit des propositions faites par le Président français Nicolas Sarkozy pour venir en aide aux journaux en difficulté. Le ministre déclare ‘attendre des suggestions de ce secteur. Ensuite, si nécessaire, je suis prêt à aider à trouver le moyens nécessaires ».

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AFFAIRES FRANCAISES

Selon le Trouw, dimanche, à Bruxelles, le Président de la République devrait lancer un appel en faveur d’un plan de soutien commun de l’UE à l’industrie automobile.

Dernière modification : 13/03/2009

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