Presse néerlandaise du vendredi 27 mars 2009

"Le groupe parlementaire PVV tout entier a quitté hier le débat à la Deuxième Chambre sur l’approche de la crise économique", écrit l’AD à la une. "Son chef de file Geert Wilders est parti avec fracas, parce qu’il était inutile selon lui de participer au débat. ’Nous comptons pour du beurre ici’, a-t-il lancé, après que Pieter van Geel, président du groupe parlementaire du premier parti gouvernemental le CDA, avait remarqué qu’il n’y avait guère de possibilités pour l’opposition de modifier l’accord de crise présenté par le gouvernement. ’Je n’ai pas envie de jouer au cheval de cirque’, a déclaré Wilders avant de quitter la salle avec son groupe."

"La tendance à donner un caractère absolu à sa propre position fait que la coalition s’enferme dans son accord et que l’opposition décide in extremis de quitter la Chambre", commente l’éditorialiste du Trouw. "C’est infructueux et cela porte préjudice à la signification du débat parlementaire. Ce débat n’est pas seulement réussi lorsque l’opposition exerce une influence concrète. Son influence peut aussi être indirecte."

NRCHandelsblad (indépendant) d’hier soir : "L’économie mondiale rend toutes les vieilles recettes inutilisables" (réflexions sur les mesures du gouvernement), "Wellink condamne la discussion sur les bonus", "Les députés PVV quittent la Chambre"

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Le lecteur de carte bancaire nuit aux bonnes œuvres – Les donateurs craignent l’usage frauduleux des appareils mobiles", "Le PVV : Nous ne sommes pas des chevaux de cirque"

de Volkskrant (centre gauche) : "La coalition promet une enquête sur la crise", "Pour Wellink aussi ’Pardon’ est un mot difficile à prononcer"

Trouw (chrétien progressiste) : "On peut maintenant cultiver des cellules souches sans risque – Plus besoin d’embryons", "Large soutien à la Chambre pour le relèvement de l’âge de la retraite de base AOW"

De Telegraaf (populaire) : "Les poteaux radar aident le fisc" (contrôle de l’usage des voitures en location-bail), "’Quitter la salle est abusif et théâtral’ – Wilders s’attire de vives critiques"

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ACTUALITÉ INTERNATIONALE

Cour pénale internationale

" Les pays qui accueillent le président soudanais Omar Hassan el-Béchir et refusent de le transférer à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye coopèrent à l’anarchie "’, relève le Volkskrant (p.5, dépêche ANP). " C’est ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères Maxime Verhagen jeudi, en réaction à la tournée entamée par Béchir ."

"En dépit du mandat d’arrêt que la CPI a émis au début du mois contre le président soudanais, celui-ci a fait un troisième voyage à l’étranger cette semaine. Hier, il est arrivé en Libye, où il s’est entretenu avec le leader Mouammar Kadhafi. Verhagen a dit que tous les pays devaient prendre leurs responsabilités, même s’ils n’ont pas ratifié le traité de la CPI. Le Conseil de Sécurité de l’ONU les a appelé à le faire."

"Selon le ministre, les suspicions qui pèsent sur Béchir sont d’une telle gravité qu’aucun pays ne peut se permettre de les ignorer."


ACTUALITÉ INTÉRIEURE

Crise financière

" Les partis de la coalition enverront d’ici une semaine à la Deuxième Chambre une proposition d’enquête parlementaire sur la crise du crédit ", annonce le Volkskrant dans son grand article à la une. "C’est ce que la présidente du groupe parlementaire PvdA Mariëtte Hamer a promis jeudi, lors du débat sur les mesures contre la crise."

"L’opposition s’était irritée du refus, en première instance, du président du groupe CDA Pieter van Geel. Tard dans la soirée, il a annoncé qu’il était partisan d’une enquête à court terme. Cela fait des mois que l’opposition réclame une telle enquête, mais elle s’est toujours heurtée aux hésitations des partis de la coalition ."

"L’enquête sera probablement préparée au sein de la Commission des Finances de la Deuxième Chambre. Ensuite, il faudra se pencher sur la question de savoir comment la crise a pu venir par surprise. Les nationalisations et les injections de capitaux dans les banques et compagnies d’assurance seront également évoquées. Au ministère des Finances, on craint fort que des fonctionnaires qui sont déjà très occupés par la crise ne soient encore plus sollicités."

"La coalition a tendu la perche à l’opposition après que le PVV avait quitté démonstrativement la séance."

Banque des Pays-Bas

" Entre la culpabilité et la non-culpabilité il y a une grande zone grise, selon Nout Wellink, président de la Banque des Pays-Bas (DNB) ", écrit le Volkskrant à la une. "Et lui-même se trouve entre les deux. Il ne veut pas reconnaître sa culpabilité, mais il n’est pas non plus blanc comme neige."

"L’Association des détenteurs d’effets (VEB), elle, place Wellink en haut de la liste des banquiers qui doivent dire ’pardon’ pour le rôle qu’ils ont joué dans la crise du crédit. ’J’ai l’honneur d’avoir gagné le gros lot’, a réagi Wellink en articulant lentement. ’Je me retire humblement en faveur du président de la VEB.’ Après tout, ce sont des actionnaires – membres de la VEB – qui ont recherché des rendements élevés, explique-t-il."

" Wellink était venu présenter le rapport annuel de la DNB, jeudi, mais personne ne lui a posé de questions là-dessus . On était venu pour lui . Ne pouvait-il pas dire ’pardon’ ? Non, certainement pas. ’Il est lâche de se dire coupable, sous la pression de la société, alors qu’on ne l’est pas’."

"Le président de la banque centrale voudrait bien dire tout à tout le monde. Le monde comprendrait alors qu’il n’a pas de raison de s’excuser. Mais il y a ce qu’on appelle l’obligation de réserve. C’est pourquoi il veut bien être entendu dans le cadre d’une enquête parlementaire, déclare Wellink. Il pourra alors préciser pourquoi il est scandaleux de ’diaboliser’ le secteur financier, qui assure 15 pour cent du revenu national. Il pourra dire alors que personne n’a pu prédire cette crise. ’Et ceux qui l’ont prédite auraient aussi pu se tromper’."

M. Wellink s’est beaucoup manifesté dans les médias ces derniers jours. Il a notamment accordé des interviews sur la crise au NRCHandelsblad et au Financieele Dagblad. Pour l’éditorialiste de ce dernier journal, "il a mis dans le mille à plusieurs reprises hier". "C’est justement dans la situation actuelle, avec le prix très élevé des erreurs du secteur financier, que l’on risque d’avoir des réactions déséquilibrées."

Presse hebdomadaire HP/De Tijd publie un portrait du journaliste Rutger Castricum – "Profession : Teigne" – , actuellement actif pour GeenStijl, un site Internet provocateur et controversé qui ambitionne de rejoindre le système public de radiotélédiffusion, à Hilversum.

Dans la perspective de la prochaine conférence internationale sur l’Afghanistan, à La Haye, le magazine présente six pages de photos prises en Uruzgan par le photographe Jeroen Oerlemans. Un entretien avec l’ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OTAN Nicholas Burns suit. "Je savais que nous aurions un grand problème si les Néerlandais ne se ralliaient pas à nous. Le soutien des Pays-Bas était très important pour nous : c’est un pays qui joue un rôle fort en Europe, mais qui a aussi une vision transatlantique."

On notera par ailleurs un article sur le Joint Strike Fighter, le successeur envisagé du F-16 aux Pays-Bas. "Même le congrès du PvdA ne s’est pas opposé à la possible acquisition d’un nouveau chasseur. Qu’est-ce qui rend le Joint Strike Fighter si irrésistible ?" "Les ministères des Affaires économiques et de la Défense forment avec l’industrie un lobby monobloc."

Vrij Nederland s’est entretenu au téléphone avec le légendaire chanteur folklorique américain Pete Seeger, qui a beaucoup fait, à travers ses chansons, pour la dépollution du fleuve Hudson. Il y a quatre cents ans, le capitaine Henry Hudson remontait le fleuve qui allait porter son nom avec le bateau de la VOC "De Halve Maen". "Il y a quarante ans, Pete Seeger faisait voile avec le ’Clearwater’ sur le même fleuve, pour le sauver."

Sous le titre "Cheveux courts, lèvres rouges", l’hebdomadaire fait l’inventaire des effets plus ou moins mesurables de la crise économique sur le comportement des consommateurs. "Durant une crise nous achetons moins de salade, de steak et de fruits. Les friandises, la bière et la sauce tomate pour les pâtes sont insensibles à la récession."

Sur le plan social, VN consacre un reportage de dix pages à une fanfare brabançonne. "Pas de conflit des générations, d’allochtones ou de politique internationale dans le village brabançon de Zijtaart. Mais une fanfare où l’on noue des amitiés pour la vie. Etouffant ? Non. ’La plupart des gens ici ne veulent pas s’écarter de la norme. Pourquoi le feraient-ils ?"

"Pourquoi déclarons-nous fous nos jeunes ?", se demande Elsevier dans un grand dossier. "Avoir six ans et consulter un psychiatre ; de plus en plus d’enfants se font coller une étiquette psychiatrique dont ils ne se débarrasseront plus. Ce qu’on appelait autrefois un enfant difficile est maintenant un cas d’ADHD ou un autiste. Plus que tout autre pays européen, les Pays-Bas fourrent ces enfants dans des écoles pour inadaptés. Cet enseignement spécial est souvent un toboggan qui mène à une indemnité à vie, pour inaptitude au travail."

L’Afghanistan est également évoqué. "Une administration défaillante et l’essor du trafic de drogue font le jeu des fondamentalistes. Le sommet de La Haye sur l’Afghanistan va se pencher sur un règlement de paix."


AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le magazine Elsevier de cette semaine, le journaliste Bart Reijnen annonce en rubrique transports "la réalisation d’un nouveau canal reliant la Seine à l’Escaut". "C’est la première fois en cinquante ans qu’un projet fluvial aussi important est lancé. Le canal dit Seine-Nord Europe doit permettre la navigation fluviale d’Amsterdam et Rotterdam à Paris, en 2015. C’est déjà possible maintenant, mais seulement avec des bateaux relativement petits." "Le canal Seine-Nord est très important pour la navigation fluviale néerlandaise", cite Elsevier

Dernière modification : 10/04/2009

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