Presse néerlandaise du vendredi 27 avril 2007

Le prince héritier Willem-Alexander a quarante ans aujourd’hui. Il fête son anniversaire en famille, dans sa villa à Wassenaar.
"Sa grand-mère Juliana s’est demandé il y a vingt ans s’il était bien apte à monter sur le trône", rappelle le Trouw dans son cahier de Verdieping. "Mais le ’prince bière’ est devenu adulte."
Ce soir, la chaîne de télévision publique Nederland 1 diffusera une interview du prince, la cinquième dans sa vie. "A en juger par l’audience des deux précédents documentaires télévisés consacrés au prince Willem-Alexander, au moins trois millions de téléspectateurs regarderont Portret van een Prins, Willem-Alexander 40, malgré le beau temps", remarque le Volkskrant.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Le départ de la direction du PvdA ne résout pas le problème", "Barroso annule son mini-sommet", "’ABN Amro ne comprend pas les Etats-Unis’ - Réunion des actionnaires"
Trouw (chrétien progressiste) : "Les sans-abri des petites villes en difficulté - Le manque de moyens financiers menace les structures d’accueil", "Animosité et insatisfaction à ABN Amro"
de Volkskrant (centre gauche) : "Le gouvernement : un ticket modérateur de 150 euros dans les soins", "’Ecoutez-nous donc, avant que cette réunion ne dérape’ - Les actionnaires veulent démanteler ABN Amro"
De Telegraaf (populaire) : "Fatwa contre Geert Wilders - Les pays musulmans s’en prennent à l’homme politique - Recommandation : modérez votre ton vis-à-vis de l’islam", "Une Harley pour l’anniversaire du prince", "Les actionnaires sont partisans du démantèlement d’ABN Amro"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Après cet été il faudra payer les amendes infligées à l’intérieur de l’UE", "Défaite pour les gestionnaires d’ABN Amro", Willem-Alexander a 40 ans"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Russie

"Dans un discours prononcé devant les deux chambres de la Douma, le parlement russe, le président Poutine a proposé que la Russie suspende sa participation au Traité des Forces Conventionnelles en Europe (FCE) jusqu’à ce que tous les pays de l’OTAN aient ratifié un amendement datant de 1999", rapporte le Trouw (p.9). "La Russie a bien ratifié le traité amendé, mais les Etats-Unis et d’autres pays de l’OTAN ne veulent le faire que lorsque la Russie cessera de se mêler de la politique intérieure de la Géorgie et de la Moldavie."
"’Le moins qu’on puisse dire est que nos partenaires ne se comportent pas correctement’, a déclaré Poutine, qui est vivement critiqué à l’étranger à cause de son style de gouvernement autoritaire, dans son discours. Il a établi un lien avec le projet américain visant à placer en Pologne et en Tchéquie des missiles d’interception et une station radar, comme éléments d’un bouclier anti-missile."
"Le ministre des Affaires étrangères Maxime Verhagen a déclaré être ’extrêmement surpris’ par les paroles de Poutine. ’C’est une position très dure’, a-t-il dit. ’Et Poutine mélange les torchons et les serviettes en couplant le traité sur les armements au bouclier anti-missile.’ Les Pays-Bas n’ont pas encore ratifié le traité non plus. Verhagen a reconnu que ’tous les partenaires du traité doivent en préparer la ratification’."

ACTUALITE INTERIEURE

PvdA

"Après le brusque départ mercredi après-midi du président du PvdA, Van Hulten, la direction du parti tout entière a démissionné le soir", annonce le NRC Handelsblad d’hier soir dans son grand article à la une. "Les problèmes du PvdA n’en sont pas résolus pour autant."
"Les relations entre Van Hulten, les dirigeants du parti et les cadres ont été tendues dès le début. Van Hulten, le premier président élu par les membres, en 2005, se comportait souvent en poil à gratter de la direction du parti. Il politisait ainsi beaucoup plus son rôle que son prédécesseur Ruud Koole, qui s’était surtout concentré sur la réforme de l’organisation du parti. Selon certains collègues de parti, Van Hulten, contre sa nature, jouait trop le rôle de conscience de gauche du PvdA. Son comportement agaçait ses collègues de la direction. Van Hulten et Bos coopéraient de moins en moins."
"Van Hulten s’irritait du pouvoir de quelques cadres et du bureau du parti. Il voulait réformer l’organisation selon ses propres idées, alors qu’il devait travailler avec des cadres qu’il ne pouvait pas choisir lui-même. Le président ne se sentait pas suffisamment soutenu par Wouter Bos et il a décidé mercredi, après une lettre critique de trois membres de la direction, de démissionner."
"Maintenant que Van Hulten a sauvé sa face, il ne pourra plus servir de tête de Turc lorsque Vreeman présentera son rapport [sur la défaite électorale]. La direction était prête à le sacrifier : les dirigeants pouvaient ainsi montrer, symboliquement du moins, qu’ils étaient prêts à réformer le parti et faire table rase. En sacrifiant Van Hulten et quelques autres, ils éviteraient de mettre en cause le leader Wouter Bos."
"Van Hulten a décidé de ne pas attendre. Il s’est retiré longtemps avant le rapport. Il a ainsi créé un problème pour ceux qui restent, plutôt que d’en résoudre un. Qui devra battre sa coulpe à sa place, lorsque le rapport paraîtra ?"
"Le récent appel lancé par le leader Bos, par le biais d’une tribune dans le Volkskrant , à ses collègues du parti pour qu’ils cessent de se ’mortifier’ et se réjouissent de leur position actuelle de parti gouvernemental, s’avère maintenant avoir été plutôt un signe d’impuissance qu’un appel directeur", commente l’éditorialiste du journal du soir. "Face au déferlement du SP qui, en tant que parti d’opposition, n’est pas gêné par une crise d’identité, le PvdA se sent contraint de redorer son propre blason. Mais le ’virage à gauche’ du groupe parlementaire qu’on peut attendre maintenant serait déraisonnable, quoique compréhensible. Un partenaire de coalition fiable reste dans les limites de l’accord conclu."
"Le départ en bloc de la direction du PvdA, y compris son incompétent président Van Hulten, montre une fois de plus que ce parti traverse une crise très très profonde", estime le Telegraaf ce matin. "Traqué par le SP, le parti des anciens leaders Willem Drees, Joop den Uyl et Wim Kok semble en chute libre."

Geert Wilders

L’ensemble de la presse relève que la Deuxième Chambre veut des éclaircissements sur un entretien que le Coordonnateur national de la lutte contre le terrorisme Tjibbe Joustra a eu avec le député Geert Wilders il y a deux semaines.

"Joustra a montré au leader du Parti de la Liberté l’émoi que suscitaient dans le monde arabe ses remarques critiques sur l’islam", écrit le Volkskrant (p.3). "Selon Wilders, cet entretien n’avait pas pour seul but de l’informer. ’Il y avait aussi un autre message, entre les lignes : n’y a-t-il pas une autre manière de les formuler ?’, a dit Wilders, selon l’agence de presse ANP. Il en avait gardé un ’sentiment désagréable’. La remarque de Wilders la plus largement condamnée était que les musulmans des Pays-Bas devraient déchirer la moitié de leur Coran s’ils veulent rester ici. Joustra a attiré l’attention de Wilders sur les centaines d’articles de presse et de séquences vidéo dans lesquels des ayatollahs menacent les Pays-Bas de sanctions économiques et de rappel d’ambassadeurs."
"Le porte-parole de Joustra ne confirme pas l’entretien et rejette toute accusation d’intimidation ou de tentative de réduire Wilders au silence."
"Le ministre de la Justice Hirsch Ballin (CDA) a promis d’envoyer à la Deuxième Chambre une lettre sur la question" (également De Telegraaf p.1, AD Haagsche Courant p.3, Trouw p.5).

PRESSE HEBDOMADAIRE

HP/De Tijd présente "La grande enquête Que pensons-nous des Orange ?" dont le Telegraaf du 24 avril a publié les principaux chiffres à la une. La majorité des Néerlandais estime que la Reine Beatrix doit payer des impôts, que la liste civile du prince héritier et de son épouse est trop élevée, que la Maison Royale tout entière coûte trop cher, que la Reine Beatrix ne doit pas présider le Conseil d’Etat et la moitié est d’avis que la Reine ne doit s’occuper de la formation de gouvernement.
On notera aussi un reportage sur le marché bio près de la Noorderkerk d’Amsterdam, une interview du chanteur et écrivain Leonard Cohen et une autre de Marianne Thieme. La chef de file du Parti des Animaux, interrogée sur le retour du Christ, un point fondamental de la doctrine des Adventistes du septième jour, refuse de répondre parce qu’elle n’a "pas envie d’un nouveau jugement de l’inquisition séculière dirigée par Maarten ’t Hart" (cf. presse des 12 et 13 avril).
Le commentateur politique Dirk-Jan van Baar fait valoir à propos de l’élection présidentielle française que "la grande nation a été plus d’une fois sujette à des périodes d’abattement qui se terminaient brusquement". "Certes, la France n’est plus aussi unique que dans le passé, mais un pessimisme persistant dans un tel paradis terrestre serait obscène et les ruraux français ont trop les pieds sur terre pour s’y laisser aller. Il faut ajouter que le vieillissement de la population offrira aux jeunes des possibilités dont cette élection est le symbole. Une révolution en France ? Il semble plutôt que les saisons font leur travail, ce qui n’est pas mauvais dans une démocratie."
Sur le plan culturel, Angel, le dernier film d’Ozon est qualifié de "film bien fait mais totalement stérile".

Elsevier, dans son dossier, dénonce "7 mythes sur la formation" : "l’enseignement aux adultes semble utile, mais c’est de l’argent jeté par la fenêtre."
La campagne présidentielle en France retient aussi l’attention du magazine, qui titre "La bataille pour le centre" au-dessus d’une correspondance d’Olivier van Beemen. "Les Français se sont rarement rendus aussi massivement aux urnes qu’ils l’ont fait le 22 avril. C’est vrai qu’ils avaient un choix à faire. Nicolas Sarkozy semble difficile à battre."
Sur le plan culturel national, Elsevier consacre 14 pages aux festivals de l’été.

Vrij Nederland fait le portrait de Niko Koffeman, l’homme qui est à l’origine du Parti des Animaux, qui a converti Marianne Thieme à l’adventisme du septième jour et qui siègera bientôt à la Première Chambre.
Dans une interview en marge d’un reportage de Malou van Hintum sur l’entreprise durable, la nouvelle ministre de l’Environnement Jacqueline Cramer dit que "l’énergie nucléaire n’est pas une option".

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Volkskrant (p.5) et le Trouw (p.8) notent que Ségolène Royal souhaite entrer en débat avec François Bayrou.
L’AD Haagsche Courant (p.15) annonce la suppression de 4 800 emplois chez PSA Peugeot-Citroën.

Dernière modification : 20/01/2010

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