Presse néerlandaise du vendredi 29 janvier 2010

L’ancien premier ministre PvdA et ancien membre du conseil d’administration de la banque ING Wim Kok a comparu hier devant la commission parlementaire De Wit, qui enquête sur les causes et les conséquences de la crise du crédit. Sollicité à plusieurs reprises afin qu’il explique comment, en tant qu’ancien premier ministre social-démocrate, il avait condamné les "augmentations de salaire exhibitionnistes" – selon sa propre expression en 1997 – du secteur privé pour ensuite entériner, en tant que commissaire chez ING, une hausse de 584 % du bonus du PDG de la banque, M. Kok a affirmé qu’il avait agi dans l’intérêt d’ING. En 2004, l’évolution des rémunérations y avait pris "beaucoup de retard par rapport à d’autres banques européennes comparables". ING avait le choix entre une "opération de rattrapage" pour garder ses managers de talent et renoncer à ses ambitions internationales.

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- NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Bos et ING se pourvoient en appel contre Kroes", "Obama montre qu’il n’est pas une chiffe molle", "Relaxe pour Villepin dans l’affaire Clearstream"
- de Volkskrant (centre gauche) : "Wim Kok défend les salaires élevés", "J.D. Salinger, l’auteur de ’Catcher in the Rye’, est décédé à l’âge de 91 ans", "’Plus de tirage au sort pour les études de médecine’" (recommandation du Conseil de la Santé publique)
- Trouw (chrétien progressiste) : "’Imposer davantage ceux qui mangent gras’ – Une baisse de la cotisation de sécurité sociale pour ceux qui vivent sainement stimulera les citoyens", "Les étudiants s’endettent de plus en plus"
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les pédophiles vont perdre leur liberté – Le ministre Hirsch Ballin veut leur interdire de voyager, les contraindre de déménager et les exclure du bénévolat", "’Il faut aussi abattre les chèvres des fermes pour enfants’"
- De Telegraaf (populaire) : "Sarkozy offense Kroes – ’Elle n’a que deux neurones’ – ’Le président blingbling fait beaucoup de blabla’" (correspondance de Paris de Roger Strijland se référant au Canard Enchaîné), "Kok a approuvé des bonus exorbitants"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Conférence sur l’Afghanistan

"Il faut commencer à la fin de cette année le transfert de pouvoirs aux forces armées locales en Afghanistan", rapporte le Volkskrant à la une, depuis Londres. "Ce processus, qui s’appliquera province par province, doit être bouclé en cinq ans. Pour cela, l’armée et la police afghanes doivent compter plus de 300 000 hommes en octobre 2010. Telles sont quelques-unes des décisions prises jeudi lors d’une conférence sur l’avenir de l’Afghanistan, à Londres."
"Rien n’a cependant été fixé concernant le retrait des militaires étrangers." "A côté d’actions militaires, la lutte contre les rebelles aura aussi une composante civile. Un fonds international doit inciter les combattants à déposer les armes." "Il n’est pas certain que les Pays-Bas y participent. ’Seulement à des conditions très strictes’, a prévenu le ministre de la Coopération Bert Koenders (PvdA). Un tel projet de réintégration ne doit pas être ’temporaire’, de sorte que les combattants ’repartent ensuite’, a-t-il dit. ’Nous avons une grande expérience de ce genre de programmes. Cela a marché au Burundi et au Mozambique, mais pas dans un pays comme le Congo’."

"Dans les couloirs de Lancaster House, un bâtiment monumental à un jet de pierre de Buckingham Palace, le ministre Verhagen (Affaires étrangères, CDA) a été abordé par le général américain Stanley McChrystal", note le Telegraaf (p.11). "Le commandant des troupes de l’OTAN an Afghanistan a exprimé le souhait que les Pays-Bas poursuivent leur mission en Uruzgan. Le gouvernement néerlandais doit prendre une décision à ce sujet avant le 1er mars."

"Bien que les talibans aient subi des revers, ils semblent toujours convaincus d’avoir plus de souffle que leurs adversaires", remarque l’éditorialiste du Volkskrant. "Parler de scénarios de retrait les renforce hélas dans leur inflexibilité. Un autre problème, peut-être même plus grand, est l’atmosphère de malaise politique à Kaboul, qui fait sérieusement douter de la capacité d’autonomie de l’Afghanistan. Rien ne réussira si cela ne change pas."

Terrorisme

"Des djihadistes établis aux Pays-Bas ont été le pivot, ces dernières années, de la falsification de passeports et d’autres pièces d’identité pour les auteurs d’attentats dans le monde entier", relève le Telegraaf (p.3). "Selon les investigateurs du rapport Jihadistisch terrorisme in Nederland, des faussaires chevronnés ont fourni des faux pour la préparation d’un attentat contre un allié occidental en Afghanistan, ainsi que pour des attentats en Europe."
"Les falsificateurs produisent sur commande, selon les investigateurs qui se fondent sur l’étude des dossiers de douze enquêtes à grande échelle sur les activités djihadistes aux Pays-Bas entre juillet 2001 et juillet 2005. ’’L’auteur potentiel d’un attentat-suicide leur a demandé des faux papiers très spécifiques, peut-être pour avoir accès à sa cible étrangère’."
"Leur dimension internationale se traduit par l’arrestation à la frontière néerlandaise d’un Algérien qui possédait soixante faux passeports."

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PRESSE HEBDOMADAIRE

HP/De Tijd publie cette semaine un "Spécial Orange" d’une soixantaine de pages sur la famille royale, les princes et princesses, les partisans et les adversaires de la monarchie (sous sa forme actuelle), les rapports de la Reine Beatrix et du prince héritier Willem-Alexander avec les médias, les "affaires" récentes de membres de la Maison Royale, les fournisseurs de la cour, quelques documents d’archives disponibles depuis peu...
"Même les républicains les plus endurcis reconnaissent que la Reine Beatrix, durant presque trente ans de règne, n’a pas bâclé ses tâches", commente le rédacteur en chef Jan Dijkgraaf dans un éditorial. "Au contraire, quand on est objectif et qu’on considère cette période dans sa totalité on ne peut que lui accorder la note ’largement suffisant’. Mais Beatrix n’a pas la vie éternelle et c’est son successeur, le prince Willem-Alexander, qui, depuis des années, fait une publicité tapageuse pour une réduction du pouvoir royal." " Pour résumer, le comportement du prince héritier semble indiquer qu’il veut bien les avantages, mais pas les inconvénients de la fonction. Nous, le peuple, ne devons pas nous plaindre et nous, les médias, devons le laisser tranquille. Et en attendant il va d’incident en incident." "Si on me mettait le couteau sur la gorge, je dirais : une monarchie représentative a du bon."

Vrij Nederland s’interroge avec des universitaires, des enseignants, des médecins et des entrepreneurs sur la notion de "métier pénible" : "Le docteur aussi est épuisé." "Si Donner veut vraiment faire quelque chose pour le financement de la retraite de base AOW, qu’il s’arrange pour que chacun travaille en tout cas jusqu’à sa soixante-troisième année aux Pays-Bas. Les chiffres du CBS montrent qu’actuellement moins de 20 % des hommes et seulement 40 % des femmes âgés de 55 à 65 ans et capables de travailler le font effectivement."
Sous le titre "Les évangélistes du calme", l’hebdomadaire présente le groupe parlementaire ChristenUnie, qu’il a suivi pendant quatre mois. "’Nous devons nous accorder un temps de réflexion’ est une expression qui revient fréquemment." "Qu’est-ce que trois années de politique calme et circonspecte ont-elles rapporté à la ChristenUnie ? Si vous posez cette question aux députés, ils vous répondent tous trois choses. Primo, ils sont désormais un partenaire de coalition sérieux, même si la ChristenUnie ne fait plus partie du gouvernement après les prochaines élections. Secundo, le parti est en légère progression dans les sondages, ce qui est loin d’être mauvais pour le plus petit parti gouvernemental (rappelez-vous le D66 il y a quatre ans). Tertio, sous l’influence de la ChristenUnie un ’revirement idéologique’ a eu lieu à La Haye : on peut de nouveau y parler de morale et de décence. Mais sur le plan du contenu la récolte est tout de même un peu maigre."
On notera par ailleurs une recension du livre Parijs denkt (Paris pense) du politologue Marijn Kruk : "Une tournée des penseurs parisiens et de leurs débats". "Un des chapitres les plus passionnants de Kruk est celui sur les lois mémorielles, avec lesquelles Sarkozy voulait donner ’un passé partagé’ aux Français" (cf. presse du 28 janvier).

Elsevier consacre un dossier au caractère social des Néerlandais. "Pourquoi les Néerlandais sont plus sympathiques, plus généreux et plus solidaires que ne l’affirment les pessimistes. Moi, moi et encore moi ? S’il faut en croire les broyeurs de noir de la fondation SIRE [publicité idéaliste], il n’y a que des rustres individualistes aux Pays-Bas. Les collectes comme celle pour Haïti démentent cette image froide, les statistiques aussi."
"Certains entrepreneurs ont plus de travail maintenant que l’économie se porte mal", remarque le magazine en rubrique économique. "Investigateurs d’entreprises, racheteurs de métaux précieux, salles de vente, sites d’hommes à tout faire et conseillers financiers font de bonnes affaires. Le marché de l’occasion est en plein essor." "La crise ? Eh bien, pas chez nous."

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

La relaxe de l’ancien premier ministre Dominique de Villepin dans le procès Clearstream est évoquée dans la plupart des quotidiens (NRC Handelsblad d’hier soir pp.1 et 5, de Volkskrant p.1, Trouw p.10, De Telegraaf p.11).
Dans le Volkskrant (p.4), le correspondant Ariejan Korteweg revient au livre Ingrid et moi de Juan Carlos Lecompte : "L’ex de Bétancourt écrit aussi un livre".
Sur le plan culturel, le magazineVrij Nederland de cette semaine publie une interview de l’artiste Christian Boltanski, qui "expose à Paris plus de trente tonnes de vêtements usagés".

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 12/02/2010

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