Presse néerlandaise du vendredi 29 novembre 2002

NRC-Handelsblad  
:Israël visé par des attentats au Kenya

Trouw  : Israël choqué par le terrorisme au Kenya, 
Balkenende ravi de la modération salariale

Volkskrant  : Attaques sanglantes au Kenya et
en Israël, 
montée de la littérature néerlandaise en France

Algemeen Dagblad  : Lourde surveillance pour les politiques

Telegraaf  
 : Enfer après
l’explosion au Kenya

 

Dossier du jour :
Accord social 

L’ensemble de la presse note que les négociations
d’automne ont débouché hier sur un accord d’un an entre les partenaires
sociaux.

« Le gouvernement démissionnaire Balkenende a finalement conclu hier
un accord social avec les syndicats et le patronat. Le Premier ministre
Balkenende s’est déclaré un ’homme heureux’ à l’issue des
discussions. ’Une fois de plus, il est apparu que les pouvoirs publics et les
partenaires sociaux ont besoin les
uns des autres’. » (Trouw) 

L’Algemeen Dagblad énumère les principaux
points de l’accord
 :

. Les conventions collectives prévoient des augmentations de salaires de
2,5%.

. Les personnes qui perçoivent depuis plus de 3 ans le salaire minimum bénéficieront
d’une prime (450 Euros pour les familles, 400 Euros pour les parents seuls,
320 Euro pour les personnes seules).

. 10.000 emplois Melkert sont transformés en emplois ordinaires.

. Les employeurs doivent payer pendant un an le salaire de leurs employés
malades. Un projet de loi visant à obtenir deux ans a été retiré.

. Les fonds de pension auront plus de temps pour réorganiser leurs
finances.

. Patronat et salariés bénéficient d’un allègement des charges de 250
millions d’Euros.

 

L’éditorialiste du Trouw
se réjouit de ce « succès du modèle Polder » et parle de « petit
miracle que les partenaires sociaux aient réussi à passer un accord central
dans lequel les syndicats se contentent d’une augmentation salariale qui
s’avérera insuffisante pour seulement maintenir le pouvoir d’achat de leurs
membres. » Le quotidien chrétien apprécie que le gouvernement ait
« réalisé à temps qu’il n’avait pas choisi la bonne approche.
Finalement, il s’est montré disposé à faire des concessions substantielles
et ainsi à faire passer la pilule d’une possible perte du pouvoir d’achat
du côté des syndicats. L’épargne salariale reste pratiquement intacte, les
emplois Melkert sont maintenus dans leur majorité et les minima de longue durée 
pourront même bénéficier d’une petite prime de 400 Euro maximum.
Finalement, suffisamment d’éléments pour parler d’un paquet de mesures
acceptable. Il faut ici faire l’éloge des syndicats. Tandis que d’autres
pays doivent subir des luttes salariales souvent dures, aux Pays-Bas, une fois
de plus, la modération du Modèle Polder a permis d’aboutir. » Le
Trouw déplore simplement que « le prochain cabinet se trouve obligé de
reprendre l’éternel problème de la WAO ».

 

Le Telegraaf estime lui aussi
dans son éditorial que la prestation fournie par le gouvernement et les
partenaires sociaux « n’est pas mince » et donne l’espoir
d’une « évolution socio-économique saine pour les années à venir ».Comme
son collègue du Trouw, il constate que « le Polder modèle fonctionne
toujours parfaitement ». 

Le Fiancieelee Dagblad, par contre, voit dans le résultat obtenu un
« accord ad hoc », qui a ses yeux « n’a rien d’historique ».

« L’accord serait historique s’il avait posé les bases d’une
politique applicable pour plusieurs années, comme cela été le cas avec le célèbre
accord de Wassenaar en 1982 ». Pour
le quotidien financier, « on
peut parler d’accord utile et qui témoigne de sens des responsabilités ».
En revanche, cet accord est « unique. Pour plusieurs raisons : parce
qu’il a été passé avec un gouvernement démissionnaire, parce que les
relations à l’intérieur du Polder sont pires que jamais, parce que le
gouvernement s’est montré disposé à affaiblir plusieurs projets en échange
de la modération salariale, et parce que le patronat n’a rien eu à donner en
contre partie. C’est justement cet échange curieux entre gouvernement et
syndicats, alors que le patronat gardait une position d’observateur, qui fait
que l’on peut difficilement parler d’accord central. Et personne ne peut répondre
à la question de savoir où va l’économie néerlandaise et quel rôle l’Etat
et les partenaires sociaux devront y jouer ».

 

Affaires
néerlandaises 

Media

« Balkenende critique l’attitude des média », titre le
Volkskrant en tête d’un compte rendu du déjeuner de l’Association des Rédacteurs
en chef dont le Premier ministre était hier l’invité.

M. Balkenende a mis en garde contre le risque de considérer la politique
comme un feuilleton, et souligné le rôle stimulateur des media dans ce
domaine. « Il faut aller plus loin et rechercher les grands thèmes de
demain ». Il trouve que « les média accordent trop de place à la
violence physique et verbale et a appelé les journalistes à chercher à améliorer
les manières frustes de la société néerlandaise », même s’il a
reconnu que « les media ne sont pas les seuls à rechercher la sensation.
Avec l’arrivée d’Emile Ratelband sur la scène politique, nous approchons
de la zone de danger. Il s’agit d’un artifice pour maintenir Leefbaar
Nederland dans la course, mais cela estompe les limites entre politique sérieuse
et amusement. Cela finira par se retourner contre nous ». Le Premier
ministre a également exprimé le souhait que les media fassent intervenir de
nouveaux instruments qui permettent d’intéresser les jeunes aux affaires
publiques. En ce qui le concerne, il estime que « le plus important est de
rester soi-même. Les gens apprécient l’authenticité. Et le fait que l’on
soit fidèle à son idéal ».

 

Affaires
européennes 

Convention

"Nicolaï
veut éviter que les grands Etats prennent le pouvoir", annonce le Volkskrant
à propos du "lobbying du secrétaire d’Etat contre le plan de Blair, Aznar
et Chirac".

M. Nicolaï,
explique le correspondant du Volkskrant en Allemagne, « essaye de trouver
un soutien pour l’initiative Benelux sur l’avenir de l’Europe…. A la
Convention, se dessine la lutte traditionnelle entre camp ’communautaire’ et
camp ’intergouvernemental’. Les petits pays, parmi lesquels les Pays-Bas,
veulent davantage de pouvoir pour Bruxelles. Cela les rend moins dépendants de
ce qui se prépare dans les grandes capitales comme Paris. Leur principal allié
est l’Allemagne. » le Volkskrant note à ce propos que « beaucoup
de choses dépendent du gouvernement allemand ..Le risque existe que finalement
Schröder abandonne les petits pays à la suite d’un tête à tête avec
Chirac. Les Pays-Bas ont été surpris de la même façon lorsque Chirac et Schröder
ont passé à Bruxelles un accord
sur le financement de la politique agricole. Nicolaï n’exclut pas que cela se
reproduise avec la Convention. ’Mais il faut parfois prendre des risques’ ».

 

Pacte
de stabilité

L’éditorialiste
du Volkskrant rappelle que « le ministre des finances Hoogervorst a été
’surpris’ à la mi-octobre lorsque le Président de la Commission Prodi a
qualifié le Pacte de stabilité de ’bête’ et rigide’. Maintenant que la
Commission a fait une proposition tenant compte des conceptions de Prodi,
Hoogervorst ne se montre pas mécontent ».

L’éditorialiste
est d’avis que « ces
propositions reviennent à reformuler les règles pour les frères plus faibles
et laisser davantage de marge aux pays qui ont prouvé qu’ils peuvent
supporter l’opulence. Cela paraît raisonnable. Mais le plus grand problème,
avec le pacte de stabilité, ne réside pas dans les règles mais dans leur
application. Même les grands pays 
- l’Allemagne et surtout la France – ne se soucient pas beaucoup des
règles qui existent. La valeur de la proposition de Prodi se situe avant tout
dans son exigence que les Etats-Membres s’engagent à nouveau à souscrire au
pacte de Stabilité. Si cela se réalise, et
a de l’effet, on peut aisément accepter aussi bien le charivari de Prodi que
sa proposition de révision des règles. Même Hoogervorst peut l’accepter ».

 

Affaires
françaises

Grèves

Le Financieele Dagblad, dans son éditorial, est d’avis que « Raffarin
a gagné le premier round ».

« C’est souvent dans les rues de paris que s’est décidé le
destin du continent européen, relève Hans Schlaghecke.

Cela fut le cas lors de la révolution de 1789, et avec la Révolution de
1948, où les révoltes de rue ont eu des conséquences sur la philosophie des
Lumières et la mise en place de la démocratie parlementaire. Et à notre époque,
cela semble être à nouveau le cas : grèves et manifestations des salariés
français sont le prélude d’un difficile processus d’adaptation que les
pays de la zone Euro doivent traverser maintenant qu’ils sont pris dans le
carcan de la monnaie commune. »

Le journaliste rappelle que deux grands thèmes dominent les difficultés
que connaît la France : l’axiome français du service public et le
vieillissement de la population…….Les salariés se heurtent depuis des années
au gouvernement. Personnel des chemins de fer, médecins et infirmiers,
enseignants, employés de l’aviation civile, bref, presque tous ceux qui ont
un emploi dans le secteur public descendent 
depuis des années dans la rue, pas seulement pour plaider pour une
fonction publique forte, mais aussi pour préserver des conditions de travail
avantageuses, surtout sur le plan de la retraite. …Maintenant que les
socialistes sont dans l’opposition et que le Président Chirac a un Premier
ministre de son bord, Raffarin peut tenter de briser le pouvoir des syndicats.
La première confrontation a eu lieu ces jours-ci, sans que l’on puisse parler
de percée. Mais le premier round semble avoir été gagné par le
gouvernement…..Toutefois la route est encore longue, pas seulement en France,
mais également dans les autres pays de la zone Euro. Les adaptions qu’impose
la monnaie commune sont loin d’être réalisées partout. Grèves et menaces
de grève en France, en Italie, au Portugal en Espagne et Allemagne en sont
l’expression. De même que les difficultés que posent dans notre pays la
privatisation des services d’utilité publique ou l’adaptation imposée par
Bruxelles du régime fiscal des multinationales témoignent du carcan de l’Euro.
Nous recevons chaque jour la facture de ces difficultés. L’économie américaine
est en croissance d’environ 3%, celle de l’Europe arrive difficilement à la
moitié ».

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