Presse néerlandaise du vendredi 29 août 2003

  • Trouw : Balkenende a gardé le silence sur le rapport secret de Blair
  • Volkskrant : Les USA acceptent une force de paix des Nations-Unies en Irak
  • Algemeen Dagblad : Les calmants ne seront plus remboursés
  • Telegraaf : Légalisation pour 2200 demandeurs d’asile
  • NRC-Handelsblad : Les Etats-Unis veulent partager le pouvoir en Irak avec les
    Nations-Unies

 

* * *

 

Dossier du jour : Irak Débat au Parlement néerlandais

" Impossible de contrôler les motifs qui ont poussé le
gouvernement à soutenir la guerre en Irak ", constate T. Lagas dans le Trouw au
lendemain d’un débat où l’opposition a vainement tenté d’obtenir que les
Parlementaires aient accès aux sources sur lesquelles s’est fondé le gouvernement
pour prendre la décision d’apporter son soutien à la guerre contre l’Irak.

" Les partis de gauche, PvdA, Groen Links et SP ne
parviennent pas à prouver irréfutablement qu’à la veille de la guerre en Irak, le
gouvernement néerlandais s’est laissé influencer par les analyses de sécurité des
services secrets britanniques. Hier, durant un long débat à la Chambre, ils se sont
heurtés au refus des ministres De Hoop Scheffer et Kamp de leur donner accès aux
informations secrètes qui ont joué un rôle dans la question iraquienne. … Pour
savoir si la faculté de jugement du gouvernement était vraiment si objective et
indépendante face aux rapports gonflés de certains services secrets, les partis de
l’opposition devraient pouvoir accéder aux rapports de ces services. Ils ne leur
seront pas communiqués. Une majorité composée de CDA, VVD, LPF et des petits partis
chrétiens approuve le refus des ministres. Kamp insiste sur le fait qu’en tant que
ministre de la défense, il doit pouvoir utiliser les rapports de services secrets
(étrangers). Si ceux-ci remarquent que les députés partagent ce type
d’informations, ils ne communiqueront plus leurs analyses confidentielles aux
Pays-Bas. Poursuivant le raisonnement, il estime que cela risque de mettre en péril les
troupes néerlandaises qui prennent part à des missions de paix. De cette façon,
réplique l’opposition, la Chambre n’a aucune chance de pouvoir contrôler les
motivations réelles du gouvernement lors de la guerre contre l’Irak ".

L’opposition a également vivement réagi au fait que
" le Premier ministre, M. Balkenende, ait eu connaissance de façon
confidentielle des rapports de services britanniques sur l’Irak, et n’ait pas
partagé ces informations avec le reste du gouvernement ", note le Volkskrant.
 " Les groupes d’opposition voulaient immédiatement demander des
explications à M. Balkenende. Mais CDA, VVD, LPF et les petits partis chrétiens n’y
étaient pas favorables. Pour eux, après la décision du gouvernement de soutenir la
guerre contre l’Irak, il faut tourner la page. D’après le député CDA
Eurlings, ‘l’opposition est en train de déterrer des vieilles histoires, et qui
plus est, des histoires anglaises’. A l’issue du débat, le ministre des
affaires étrangères, M. De Hoop Scheffer a estimé ‘parfaitement normal’ que
Balkenende ne lui ait rien dit sur les informations envoyées par Blair, ‘cela fait
partie des relations entre chefs de gouvernement’ ".

Témoignage de Tony Blair devant la commission Hutton

L’éditorialiste du Volkskrant constate que le Premier ministre
britannique " a endossé la responsabilité de la décision de rendre public le
nom de Kelly. ‘Il valait mieux être transparent sur ce sujet, a-t-il déclaré. Il a
également nié avoir demandé que le rapport sur l’Irak assombrisse la situation. Si
cela avait été le cas, j’aurais du démissionner, a-t-il fait remarquer. Ces
réponses témoignent d’une grande confiance en soi. La Commission Hutton n’a
jusqu’à présent trouvé aucune preuve des accusations de la BBC sur ce rapport.
Mais même s’il se trouve blanchi par la Commission, cela ne veut encore pas dire que
tout est bien qui finit bien. Il est fragilisé par le fait que l’on n’ait
encore pas trouvé d’armes de destruction massive en Irak. Il survivra à cette
affaire en ce sens qu’il conservera son poste, mais si son image de politicien fiable
est durablement endommagée, dans la pratique son rôle de Premier ministre est terminé,
à terme, il finira par chuter. Car, il le sait mieux que quiconque, tout tourne autour de
l’image. Pour sauver sa crédibilité et par là même sa fonction, Blair devra faire
plus que se défendre devant une commission d’enquête. Il lui faudra passer à
l’offensive. En effet, on n’a pas trouvé d’armes de destruction massive en
Irak. Mais comment cela se fait-il ? Et pourquoi Saddam Hussein a-t-il refusé de
coopérer avec les inspecteurs ? Bush et Blair savaient-ils qu’il n’y avait
pas d’armes ? Et si oui, pourquoi ont-ils utilisé l’argument des armes
comme principale justification de l’offensive, sachant parfaitement qu’après la
guerre, ils auraient un problème de crédibilité ? Sont-ils si bêtes ? Ce
sont des questions que tout le monde doit se poser, même les critiques qui utilisent si
facilement le mot de ‘mensonge’ ".

Rôle des Nations-Unies en Irak

" Les Etats-Unis veulent davantage partager le pouvoir avec
les Nations-Unies en Irak ", annonçait le NRC-Handelbald d’hier soir à la
une. " Si cette idée se réalise, cela signifie un revirement de la position
américaine, qui jusqu’à présent ne voulait rien entendre pour accorder aux
Nations-Unies un rôle plus important dans la stabilisation de l’Irak. Selon des
diplomates, cette soudaine souplesse résulterait de l’inquiétude du gouvernement
Bush devant le refus d’autres pays de contribuer, avec de l’argent et des
troupes, à l’occupation américaine du pays. Ce refus, entre autres de la France, de
l’Allemagne, de la Russie et de l’Inde, découle de leur mécontentement devant
le rôle secondaire laissé aux Nations-Unies en Irak ". " Le
gouvernement néerlandais ", explique le grand quotidien du soir,
" est favorable au stationnement d’une force de paix multinationale en
Irak. M. De Hoop Scheffer a déclaré (lors du débat sur l’Irak à la Chambre)
qu’il aborderait cette question la semaine prochaine, lors de sa visite au Président
américain Bush avec le Premier ministre Balkenende. La plupart des groupes parlementaires
lui avaient demandé de faire part à Bush de leur vœu que le mandat des
Nations-Unies en Irak soit élargi ".

Aux yeux d’Henk Müller dans le Volkskrant, " les
Etats-Unis veulent davantage de troupes, tout en gardant le contrôle politique et
militaire ".

" Il est clair que les Etats-Unis cherchent désespérément
un soutien militaire et financier plus important pour le projet iraquien, où il est
urgent de renforcer la sécurité et l’aide à la reconstruction.

Simultanément, Washington se trouve placé devant un dilemme : il
a besoin d’un soutien plus important, mais souhaite garder le contrôle politique,
économique et militaire. On peut se demander comment les Américains peuvent organiser un
soutien plus important sous mandat Nations-Unies sans partager le pouvoir. Le ministre
français des Affaires Etrangères de Villepin a clairement indiqué hier à quels
problèmes il fallait s’attendre. Il a expliqué devant les ambassadeurs réunis
attendre des Etats-Unis ‘un véritable changement d’approche’. Plus de
troupes et plus de soutien financier et technique ne sont pas suffisants, a dit le
ministre. Les Etats-Unis doivent partager le pouvoir en Irak et il faut mettre en place un
gouvernement provisoire qui bénéficie du soutien des Nations-Unies. Les Nations-Unies
doivent beaucoup plus être impliquées dans le processus de transition que ne le souhaite
Washington, a expliqué le ministre français. Mais les Etats-Unis sont encore loin de
vouloir aller jusque là. La proposition d’Armitage ne prévoit pas
d’intervention de troupes des Nations-Unies en Irak ou de rôle accru pour les
Nations-Unies. Les Etats-Unis veulent davantage d’aide, davantage d’argent, et
ne l’oublions pas davantage de légitimité aux yeux de la population
iraquienne ".

 

Actualité intérieure

Demandeurs d’asile

Le Telegraaf annonce à la une qu’un " groupe
d’environ 2200 demandeurs d’asile, engagés dans une procédure depuis 1998 ou
plus longtemps, vont recevoir un permis de séjour. Le gouvernement semble devoir
approuver cet arrangement aujourd’hui en conseil des ministres. Les réfugiés
devront remplir de nombreuses conditions : il devra par exemple s’agir de leur
première demande d’asile, et ils auront dû séjourner sans interruption aux
Pays-Bas depuis le dépôt de leur dossier.

 

Presse hebdomadaire

Dans la perspective du voyage à Washington du Premier ministre M.
Balkenende et du ministre des Affaires étrangères, HP/De Tijd a publié un papier
d’humeur sur le manque d’indépendance des Pays-Bas vis-à-vis de
Washington. " Etant donné que La Haye fait toujours ce que veut
Washington, ils peuvent profiter de l’occasion pour proposer que les Pays-Bas
deviennent le 51ème Etat d’Amérique…Cela ressemble à une boutade, mais ça
l’est moins qu’on ne pourrait le croire. Nous nous comportons de plus en plus
comme des Américains, notre gouvernement se comporte comme un Etat vassal, nos
entreprises, par sécurité, adoptent les règles américaines, notre force armée est compatible
avec celle de l’Amérique, du matériel militaire américain est distribué dans le
monde entier à partir de Rotterdam et de Schiphol, nous sommes l’un des plus grands
investisseurs aux Etats-Unis, nos identités nationales sont marquées par la même idée
de ‘mission’ ".

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