Presse néerlandaise du vendredi 29 septembre 2006

Mercredi, la commune de Winschoten, en Groningue, a interdit sur son territoire les cirques exhibant des animaux sauvages ou exotiques tels que lions et éléphants. Si les organisations de protection des animaux se réjouissent de cette "première" aux Pays-Bas, l’Association des entreprises de cirque néerlandaises annonce qu’elle attaquera cette décision. "Prochainement, un des cirques affiliés demandera auprès de la commune de Windschoten une autorisation de spectacle avec des animaux sauvages", dit le président de l’association dans le Volkskrant. "Si cette demande est rejetée, ce qui est à prévoir, nous intenterons un procès-test et ce sera au tribunal de dire si la commune est dans son droit."

NRC Handelsblad d’hier soir : "Le premier ministre, fier, évite les questions politiques", "Le commissaire européen Dimas : ’Le transport de déchets toxiques par le Probo Koala n’est pas un cas unique’"
AD Haagsche Courant  : "Est-ce que nous voulons encore ça ?" (photo d’un éléphant faisant le beau dans un cirque), "Le tribunal a élargi le condamné sous protection judiciaire Peter H. en dépit d’un avis contraire" (arrestation d’un violeur-meurtrier)
De Telegraaf  : "Comportements inadmissibles dans l’armée - Sévères conclusions du rapport Staal", "Mélanie mène à d’autres meurtres" (affaire Peter H.)
de Volkskrant  : "La situation en Uruzgan s’aggrave - Des combattants talibans morts sous le feu des Néerlandais", "’La Démocrature exclut ses sauveurs’ - Fortuyn est un exemple pour les élus NPD tenus à l’écart du Parlement du Mecklenbourg-Poméranie occidentale" (reportage de Schwerin), "Bos contre Balkenende : match nul"
Trouw  : "Balkenende reste sciemment neutre"

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LE DOSSIER DU JOUR :Débat de politique générale

"Le premier jour du débat, mercredi, n’a porté que sur les programmes électoraux", écrit le Trouw à la une, dans son analyse de la deuxième et dernière journée de débat à la Deuxième Chambre. "Les présidents de 13 groupes parlementaires se sont damé le pion pendant toute une journée. Tout le monde attendait avec impatience le moment où la tête de liste CDA se mêlerait à ce jeu de société. Mais le premier ministre s’en est tenu à la seule attitude formellement correcte : c’était des projets budgétaires du gouvernement pour l’année prochaine qu’il s’agissait et il était à la Chambre en tant que premier ministre. Il répliquerait à Halsema, Bos, Marijnissen, Rutte ou Rouvoet dans les semaines à venir."
"En adoptant cette position, Balkenende a désamorcé le débat de politique générale. ’Cela fait de ce débat un débat sans consistance’, a dit le président du groupe PvdA Bos, impuissant. Ainsi, Balkenende pouvait rester sur le piédestal qui doit lui rapporter le ’bonus du premier ministre’ aux élections. Il pourra y rester ce week-end, durant le congrès du CDA. Les semaines qui suivront, ce sera à Bos de l’en faire descendre et à Balkenende de préserver sa stature de premier ministre."
"Le débat de politique générale qui s’est déroulé cette semaine était une répétition générale avant la bataille électorale", poursuit le même Trouw dans son cahier de Verdieping. "Cette bataille semble surtout avoir pour objet de répondre à la question : qui ira à la Tourelle, le leader CDA Balkenende ou le chef de file PvdA Bos ?"
"Après quatre ans, Balkenende s’est débarrassé de son image de Harry Potter. Il a grandi dans son rôle et il n’a plus son côté jeune maladroit. Du fait de son imperturbabilité et de sa passion idéologique, il a été pendant trois ans le premier ministre le moins populaire de l’histoire des Pays-Bas. Maintenant, ces mêmes traits de caractère semblent tourner à son avantage. La popularité de Balkenende croît et Bos doit s’efforcer de garder sa faible avance."

Le commentateur du Volkskrant fait valoir que, dans cet "affrontement entre la gauche et la droite", "un possible allié pour la gauche comme pour la droite est la ChristenUnie du populaire Rouvoet". "Ce parti chrétien-social peut en principe aider chacun des deux blocs à former une majorité à la Chambre, après le 22 novembre. Ce n’est pas pour rien que Bos et Marijnissen ont beaucoup investi dans de bonnes relations avec Rouvoet, les dernières années. Balkenende et Verhagen ont omis de le faire cette semaine. Rouvoet ne peut pas rester sur la ligne de touche. Il doit indiquer avant les élections quelle coalition il aidera à former."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Turquie - Pays-Bas : candidats turco-néerlandais radiés

"Le président du Parlement turc a dit à l’homme politique néerlandais Sacan, radié de la liste électorale du PvdA, qu’il le soutenait", relève le Trouw (pp.1 et 10). "La Turquie engagera peut-être une action diplomatique." "Un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a également indiqué qu’il juge inacceptable la politique néerlandaise sur cette question. ’Nous ne voulons évidemment pas nous mêler des questions intérieures d’autres pays. Mais nous ne pouvons pas accepter qu’on fasse campagne pour la reconnaissance du prétendu génocide arménien. Surtout pas dans un pays que nous considérons comme ami et allié. Il s’agit d’un événement historique sur lequel les historiens ne sont pas encore d’accord. C’est pourquoi il est inacceptable que des partis politiques d’autres pays prennent une position ferme et essaie de l’imposer à leurs candidats aux élections’."
"Selon le porte-parole, le déni du génocide relève de la liberté d’expression. ’Il est d’autant plus curieux qu’on limite cette liberté dans un pays comme les Pays-Bas ? Nous pensions que ce pays chérissait justement la liberté d’expression’" (également de Volkskrant p.2).

Pour l’éditorialiste du Trouw, "c’est à juste titre que le Parlement européen a fait du génocide un thème du débat sur l’adhésion de la Turquie à l’UE". "Et c’est à juste titre que le CDA et le PvdA ont fait tilt lorsqu’il est apparu (un peu tard) que leurs candidats turco-néerlandais penchaient pour le point de vue turc."
Mais c’est aussi à juste titre, selon le journal chrétien progressiste, que le Parlement européen a renoncé à exiger de la Turquie qu’elle reconnaisse le génocide. "On ne l’a pas demandé à ce pays dans un premier temps. Il serait bizarre de le faire maintenant." "Mais en attendant, le débat aux Pays-Bas se développe bien dans ce sens. Sous la houlette de la ChristenUnie, on s’efforce d’aboutir à l’interdiction du déni de ce génocide, entre autres. Evitons tout malentendu : pour les historiens ce génocide est établi. Mais en interdire le déni, c’est aller un pont trop loin : c’est l’image inverse de la Turquie."

PRESSE HEBDOMADAIRE
Vrij Nederland consacre 36 pages au total à la radiotélédiffusion publique néerlandaise. Le magazine a suivi pendant plus de deux semaines le trio Harm Bruins Slot, Cees Vis et Ruurd Bierman, qui forment le conseil d’administration de Hilversum, et il y a des entretiens avec divers rédacteurs, présentateurs et programmateurs, ainsi qu’un portrait en cinq pages de Sonia Bahrend. "Sonia" entame son dernier programme en novembre, après avoir appartenu au domaine public pendant quarante ans. "Elle était la voix du peuple, elle entraînait les téléspectateurs dans ses opinions et ses émotions. Durant son âge d’or, ses shows étaient suivis par deux ou trois et parfois cinq millions de téléspectateurs."
L’insécurité des centres de rétention est également évoquée à la suite de la démission du ministre CDA de la Justice Donner - "pris dans l’utopie de la sécurité" - et l’ancien ministre D66 Thom de Graaf fait valoir dans une interview que "l’Etat ne peut pas exclure tous les risques". "Lorsque le ministre Donner a annoncé sa démission, il a suggéré qu’il y avait des limites à la responsabilité des autorités. S’il entendait par là que la société civile est trop prompte à désigner La Haye lorsqu’il arrive quelque chose, je suis d’accord avec lui."
HP/De Tijd se penche sur "les nouvelles conclusions d’un vieil homme d’Etat", sous le titre "La conversion de Dries van Agt". "Les écailles lui sont tombées des yeux lors d’un pèlerinage en Terre Sainte. ’L’Etat d’Israël transgresse de façon flagrante et récurrente le droit international’." "La communauté internationale le laisse faire pendant presque quarante ans déjà." Un entretien avec l’ancien premier ministre chrétien-démocrate sur la Résolution 242, le mur-barrière, les attentats suicides et l’attitude du CDA. "Je n’ai jamais vu Ben Bot se montrer constructif dans la question palestinienne."
Le chef de file de Leefbaar Rotterdam, Marco Pastors (41 ans), qui se présentera aux élections législatives sous le titre EénNL, explique dans une interview pourquoi il ne s’associe pas à Geert Wilders, qu’il juge "dangereux" - "Je ne réponds pas de Geert. Je ne le peux pas. Quand on le provoque suffisamment, il est capable de faire des déclarations extrémistes et simplistes" -, et pourquoi il regrette que Rita Verdonk ait préféré rester au VVD - "Soixante-dix pour cent des politiques de métier du VVD ne peuvent pas la sentir. Je ne comprends donc pas bien sa loyauté." Pastors conclut : "Mon objectif est d’obtenir vingt sièges avec EénNL... Oui, vous m’entendez bien. Vingt."
Elsevier publie cette semaine sa onzième enquête annuelle sur la qualité des hôpitaux néerlandais. "Onze Lieve Vrouwe Gasthuis", un établissement catholique d’Amsterdam, est de nouveau classé premier. C’était déjà le cas en 2003 et 2005.
Le correspondant à Paris du magazine, Olivier van Beemen, s’intéresse aux Grandes Ecoles, soulignant que sept écoles du Top 10 publié par le quotidien britannique Financial Times sont françaises. "Thomas Rövekamp est le seul étudiant néerlandais de la Grenoble Graduate School of Business. Il dit qu’il s’épanouit dans cette école, grâce aux nombreux contacts internationaux qu’il y établit. Après ses études, il a l’intention de fonder une entreprise en France."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le NRC Handelsblad (p.4) d’hier soir, le Financieele Dagblad (p.2) et le Volkskrant (p.5) notent que l’ancien premier ministre Lionel Jospin ne se présentera pas aux élections présidentielles de 2007.

Dans son supplément littéraire Cicero, le Volkskrant présente par ailleurs le dernier ouvrage de H.L. Wesseling, professeur émérite d’histoire : Frankrijk in oorlog. 1870-1962 (la France en guerre).

A signaler :
Un entretien avec Kirill Gevorgian, ambassadeur de Russie à La Haye, qui assure que son pays tiendra ses engagements contractuels vis-à-vis de Shell à Sakhaline (Het Financieele Dagblad pp.1 et 5). Le ministre néerlandais des Affaires économiques Joop Wijn partira à Moscou mardi, à la tête d’une délégation de grands entrepreneurs.

Dernière modification : 29/09/2006

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