Presse néerlandaise du vendredi 3 juillet 2009

Trouw Nouveau scandale de l’adoption en Chine

Volkskrant Fin des bureaux privés de soutien aux jeunes

Telegraaf C’est nous qui payons le plus pour l’essence

Algemeen Dagblad Grippe mexicaine : développement explosif à craindre

NRC-Handelsblad TNT poste supprime 11.000 emplois

* * *

AFFAIRES INTERNATIONALES

Pays-Bas –Iran

« Verhagen ne veut pas pénaliser la population iranienne », annonce l’AD en ouverture du compte-rendu d’un débat d’urgence organisé hier à la Deuxième Chambre : « le régime iranien opprime les manifestants et les médias. Le gouvernement et la Deuxième Chambre sont très préoccupés. Il y a déjà des sanctions contre l’Iran, liées aux ambitions nucléaires de ce pays. De nouvelles sanctions devraient être efficaces et être prises dans le cadre de l’UE ; elles devraient également épargner la population ».

« La question des parlementaires sur la reconnaissance du gouvernement iranien par les Pays-Bas n’a pas lieu d’être selon le ministre des Affaires étrangères M. Verhagen : ‘les Pays-Bas reconnaissent des pays, pas des gouvernements ou des élections. Nous entretenons des contacts avec un gouvernement au pouvoir, mais cela ne signifie pas une légitimation. Ce jugement revient aux Iraniens’. Le PVV est le seul à demander une politique plus ferme et à plaider en faveur d’un boycott commercial intégral. Selon Verhagen, cela toucherait principalement la population iranienne, que la communauté internationale cherche justement à soutenir : ‘n’allons pas ajouter une famine aux tirs de balles’. Les autres groupes parlementaires soutiennent cette approche. Verhagen aimerait que le Conseil de Sécurité des Nations Unies prenne des mesures. Si cela ne s’avère pas possible, l’Union Européenne proposera elle-même un paquet de mesures, de préférence en liaison avec les Etats-Unis ; cela ne signifie pas forcément, pour Verhagen, que les mesures doivent être exactement les mêmes des deux côtés. Le ministre ne prévoit pas de fermer l’ambassade à Téhéran, comme le souhaite le PVV. Celle-ci peut porter secours à des personnes dans le besoin, même si pour l’instant son aide n’a pas été requise. Le ministre a démenti la rumeur selon laquelle d’autres pays de l’UE fermeraient leur ambassade ».


ACTUALITÉ INTÉRIEURE

PvdA

Le rapport d’évaluation des résultats du PvdA aux élections européennes donne lieu à plusieurs articles depuis hier soir. Le NRC-Handelsblad le résume sous le titre « sévères critiques internes » : « la campagne du PvdA pour les élections européennes, le mois dernier, a échoué sur tous les fronts : il lui manquait le bon message, la bonne stratégie, le sentiment d’urgence, la préparation adéquate, les moyens financiers, la direction politique et surtout, la conviction. Simultanément le PvdA se présente trop comme un parti de gestionnaires et trop peu comme un parti d’idées et d’actions. Le PvdA ‘doit retrouver le style radical du socialisme municipal d’autrefois’ ».

Les éditorialistes du Trouw et du Telegraaf relèvent que « le groupe de travail aurait pu se montrer plus sévère vis-à-vis du leader politique Wouter Bos, qui, ces dernières années, a fait preuve de peu de consistance, certainement en ce qui concerne l’Europe ». Le Telegraaf conclut même que « tout indique que Bos, qui a visiblement gaffé, devait être épargné faute de relève possible. Le rapport a été présenté pour la galerie, le PvdA continue de s’enliser ».

L’AD annonce dans ce contexte que « le D66 est passé troisième dans les sondages, devant le PvdA.Selon TNS-NIPO, le PvdA n’obtiendrait plus que 19 sièges en cas d’élections ; le PVV de Geert Wilders resterait le plus grand parti avec à 28 sièges, devant le CDA à 24 et le D66 à 22. C’est la montée du D66 qui est la plus frappante, puisque ce parti a actuellement 3 sièges au Parlement. Le Baromètre politique de Synovate crédite même le PVV de 32 sièges. »


LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE

Conseil de Coopération franco-néerlandais

« L’historien Henk Wesseling quitte ses fonctions de vice-Président du Conseil de Coopération néerlando-français », annonce le correspondant à Paris du Volkskrant.

Revenant sur la carrière du professeur Wesseling, Ariejan Korteweg rappelle que lorsque celui-ci a commencé ses études, « le cinéma, la mode, la musique, la philosophie, la littérature, on aurait dit qu’à côté de la France, il n’y avait rien. Avec Sartre, Camus, Mauriac, c’était comme si tous les prix Nobel allaient aux Français. Suivirent ses voyages à Paris. Les débuts d’un amour de la France qui n’a jamais cessé. Wesseling est devenu le spécialiste de la France de sa génération. Cette semaine il a mis un terme à sa vice-présidence du Conseil de Coopération néerlando-français (le ministre des Affaires étrangères en est le président). Cela a été ponctué par un colloque sur la liberté d’expression auquel ont participé le secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes Frans Timmermans et l’historien français Pierre Nora.

Interrogé sur ce que « les Pays-Bas peuvent apprendre de la France », M. Wesseling répond : « ‘nous devons tous deux donner le meilleur de nous-mêmes à l’Europe’, a dit un jour un fonctionnaire, qui ajouta ‘pour les Français, c’est la modestie, pour les Pays-Bas, la souplesse’. C’était une boutade, naturellement. Les Pays-Bas ont beaucoup perdu de leur savoir-vivre, et ils pourraient apprendre des Français dans ce domaine : le matin, à sept heures, à Paris, on nettoie les rues ; les gens sont amicaux ; les transports en commun sont très bien organisés, on y voit bien le rôle de l’Etat. Et puis les Français prennent l’Europe au sérieux, même si le risque existe qu’ils la considèrent comme une grande France. Le débat intellectuel, qui manque assez aux Pays-Bas, est vivant. Même s’il est parfois verbeux et inutilement compliqué ».

A la question sur « le changement de la France depuis l’élection du Président Sarkozy », le Professeur Wesseling apporte la réponse suivante : « il y a une grande différence de style avec son prédécesseur. Un choc a secoué tout le pays avec l’élection de Sarkozy. Il a un reçu un mandat de ses électeurs, ils savaient qu’il allait introduire des changements. Mais la tension entre l’Etat et la rue est toujours forte. Cela a provoqué la paralysie du président Chirac. Essayez donc de changer les choses sans le soutien de la police, des pompiers, des éboueurs ou des enseignants. Sarkozy rencontre lui aussi des résistances. Les universités ont été paralysées pendant des mois. Dans ce domaine, la France pourrait regarder ce qui se fait aux Pays-Bas, nos universités ont déjà l’habitude de la concurrence. En France, des chercheurs manifestent parce qu’on leur demande de donner également des cours. Aux Pays-Bas, on accepte plus facilement qu’il ne soit pas possible pour tout le monde de faire de la recherche. »

L’ex-vice-président du Conseil de coopération répond de façon positive à la question sur l’intensification des relations entre la France et les Pays-Bas : « Le Conseil de Coopération y est certainement pour quelque chose. Sciences, culture, politique et entreprises y sont représentées. Cela renforce les contacts. Avec l’élargissement de l’Union Européenne, les contacts bilatéraux ont retrouvé leur importance, pour préparer les réunions à un plus large niveau. On veut connaître à l’avance la position de ses amis, leur appréciation. Le nombre de missions de parlementaires français aux Pays-Bas a augmenté, particulièrement dans les domaines de l’intégration et des questions socialo-éthiques comme l’euthanasie. Mais il existe une différence d’échelle. La France est plus importante pour les Pays-Bas que le contraire. Même si les deux pays ont perdu de leur poids en Europe. Les Pays-Bas étaient grands lorsqu’il n’y avait que six pays ; Luns et De Gaulle pensaient qu’ils pourraient donner forme à l’Europe. »

« J’ai passé six ans au Conseil de coopération », conclut M. Wesseling. « Je veux recommencer à écrire ; un livre sur la France du XIXème siècle, à partir de l’histoire d’une famille. En partant du personnage d’Ary Scheffer, qui est parti pour Paris et est devenu le peintre plus célèbre de son époque. A travers sa fille et son frère défile toute l’histoire culturelle du siècle. »

Dernière modification : 20/07/2009

Haut de page