Presse néerlandaise du vendredi 30 juillet 2004

La possible toxicité des gaines de scoubidou fait un grand
titre à la une ce matin et plusieurs journaux développent la question dans leurs
pages intérieures. Les chaînes de magasins de jouets Toys ’R’ Us, Bart Smit et
Intertoys, notamment, les ont retirées de leurs rayons en attendant les
conclusions de la VWA, l’autorité néerlandaise des denrées alimentaires et des
produits.

 

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "La production de Shell continue d’inquiéter - Le groupe
    enregistre 3,8 milliards de dollars de bénéfices", "Peine beaucoup plus légère
    pour le Croate Blaskić" (Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie),
    "’L’approche française est contre-productive’ - Une experte de
    l’intégration éreinte les rapports ’alarmants’ sur les musulmans
    "
  • Trouw
     : "Les gaines multicolores retirées des rayons - Une étude du TNO montre que
    les scoubidous contiennent des plastifiants dangereux", "’A six dans une
    cellule de prison, les manières comptent’"
  • Algemeen Dagblad
     : "Les hooligans tenus à l’écart des stades - Le tribunal [de Rotterdam] rend
    un jugement inédit", "C’est un miracle que personne n’ait été brûlé"
    (incendies de forêts en Espagne et au Portugal), "Les scoubidous retirés du
    commerce"
  • de Volkskrant
     : "Redoublement de plaintes contre l’UWV - Presque un tiers des réclamations
    concernant les indemnités sont fondées", "Assassiné : dossier 8.17.8025 - Le
    demandeur d’asile Abdinassir Abdilatif Ali tué après son expulsion" (en
    Somalie), "Shell s’accorde rapidement avec les autorités" (aux Etats-Unis et
    en Grande-Bretagne)
  • De Telegraaf
     : "Sanction si le nombre d’amendes est insuffisant" (nouveaux quotas de la
    police), "Panique pour rien à propos des scoubidous"

 

* * *

 

Actualité
internationale

 

Organisation mondiale du commerce

" Le riche Occident et les grands pays en développement
sont d’accord sur les grandes lignes d’une limitation des subventions agricoles
",
relève le Trouw (pp.1 et 7). " Un accord sur un commerce mondial plus
libre s’est ainsi rapproché aux négociations de l’OMC, à Genève
."

Les Etats-Unis, l’Union
européenne, l’Australie, l’Inde et le Brésil se sont prononcés pour la
limitation du soutien aux paysans des riches pays industrialisés
.
En outre, il faudra étudier si les subventions à l’exportation américaines et
australiennes sont conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
L’entente entre ces pays est un grand pas en avant après l’échec des
négociations de Cancún, l’an dernier
."

"Il reste à savoir si les petits pays en développement
approuveront aussi la ligne définie hier. Ils sont souvent très dépendants de
l’exportation d’un seul produit agricole. Ce ne sont pas seulement les
subventions qui les gênent, mais aussi les restrictions concernant l’accès aux
marchés occidentaux."

"Il n’est pas certain non plus
que tous les Etats membres de l’Union européenne soient d’accord. La France,
jusqu’à présent, s’est vivement opposée à la limitation des subventions
agricoles, mais elle est isolée au sein de l’UE."

Le Volkskrant (p.7)
estime aussi que " les chances d’aboutir à un accord sur les nouvelles règles
du commerce mondial se sont accrues
, maintenant que les négociateurs de
l’Union européenne, des Etats-Unis, du Brésil, de l’Inde et de l’Australie se
sont entendus". " A l’issue de leur réunion, les ministres du Commerce de
l’Union européenne ont exprimé leur confiance dans les négociateurs européens,
les commissaires Pascal Lamy (Commerce) et Franz Fischler (Agriculture).

C’est ce que dit le ministre des Affaires économiques Brinkhorst, qui a présidé
cette réunion informelle des ministres du Commerce à Genève. L’enjeu est de
taille. Nous voulons tous remettre l’Organisation mondiale du commerce sur les
rails’, a déclaré Brinkhorst
."

" L’Organisation mondiale du
commerce est traitée dans l’unité de soins intensifs
", remarque le Telegraaf (p.23). " Et si son état ne s’améliore pas aujourd’hui, le
patient semble perdu
. A minuit s’achève la deadline que les 147 Etats
membres de l’OMC se sont fixée." "Mais Brinkhorst ne s’inquiète pas de la
drop dead deadline
, comme on dit désormais dans les couloirs, de samedi 00 h
00. Ce ne serait pas la première fois qu’on arrête la pendule et qu’on continue
jusqu’à ce qu’il y ait un accord. ’J’ai loué une maison dans les environs’,
dit-il en riant. ’J’ai le temps’."

 

Union européenne : Commission

" Le premier ministre néerlandais
entretient de bons rapports avec Barroso, qui est encore le premier ministre du
Portugal et qui présidera la nouvelle Commission à partir du 1er novembre
",
souligne le Financieele Dagblad à la une. "Balkenende veut obtenir un
poste de commissaire lourd pour les Pays-Bas par le biais de la diplomatie
silencieuse. Barroso veut avoir sa nouvelle équipe au complet le 20 août au plus
tard."

"Aux Pays-Bas, la façon de procéder de
Balkenende suscite des résistances de la part de l’opposition. Le leader PvdA
Wouter Bos a vainement proposé de laisser la Deuxième Chambre désigner un
candidat. Le PvdA déclare maintenant redouter que Balkenende ne fasse chou
blanc. Presque tous les autres Etats membres ont déjà fait connaître leur
candidat."

" Selon
Balkenende, il s’agit d’un ’subtil jeu de négociation’ dans lequel on évite la
publicité, le nom du candidat dépendant du poids du poste disponible
. Balkenende a prouvé l’an dernier qu’il sait jouer à ce jeu, avec la nomination
de Jaap de Hoop Scheffer au secrétariat général de l’OTAN
."

 

Presse
hebdomadaire

 

HP/De Tijd
estime qu’il est grand temps que les parents prennent connaissance de la "vie
virtuelle" de leurs enfants. Internet est le terrain de chasse des pédophiles
assoiffés de contacts et les jeunes internautes ne se comportent pas de façon
irréprochable non plus, selon le magazine indépendant. Ils mettent en ligne des
photos osées et sollicitent des rendez-vous sexy. Le professeur Patti Valkenburg
(Enfance et Médias, Université d’Amsterdam) conclut : "Les parent qui ne sont
pas inquiets devraient s’inquiéter un peu plus."

Il y a aussi un grand article sur la caricature politique,
que le journaliste Ron Kaal juge dépassée : "d’arme, le dessin politique est
devenu divertissement". "Le dessin politique date d’une époque où l’information
était maigre, les masses illettrées et le journal une des rares sources de
nouvelles. Ceux qui ne savaient pas lire pouvaient au moins regarder. Il y a
belle lurette que la télévision a repris la fonction du dessin dans la presse,
qu’il soit caricatural ou non."

Vrij Nederland
publie cette semaine un "numéro spécial épais d’été" pour lequel il a convié ses
lecteurs à prendre la plume, sur le thème de la "vengeance".

La rubrique Het interview est consacrée au député
libéral Geert Wilders. "Avec ses prises de position radicales sur les musulmans
et son plaidoyer pour la droitisation de son parti, Geert Wilders forme à lui
tout seul l’aile extrême droite du VVD. On ne lui sait pas gré de ses
provocations, même au sein de son propre groupe. Mais cela ne gêne nullement
l’enfant terrible du parti libéral. ’Le VVD doit redevenir un parti de débat. A
bas la peur de la division !’"

Si Wilders s’oppose à l’adhésion de la Turquie à l’UE -
"Comprenez-moi bien, j’éprouve de la sympathie pour la Turquie. Tout comme pour
mon voisin, mais il n’emménage pas chez moi pour autant." -, le journaliste
polygraphe Yoeri Albrecht estime dans sa chronique que "la Turquie fait partie
de l’Europe". "La Turquie moderne a presque un siècle d’expérience de l’islam,
fondamentaliste ou non. C’est pourquoi nous avons besoin des Turcs dans l’Union
européenne." "La République turque est fondée sur les mêmes idées que la
France."

Elsevier
consacre son dossier à "l’accouchement sûr" et examine la grande controverse de
l’obstétrique hollandaise : accoucher à la maison ou à l’hôpital ? Les
obstétriciens qualifient les sages-femmes de "maffia" et celles-ci ripostent en
traitant les gynécologues de "bouchers." La conclusion du magazine conservateur
n’est guère surprenante : les futures mères doivent bien s’informer, réfléchir
profondément et parfois frapper du poing sur la table.

Il y a par ailleurs six pages
sur l’alerte au terrorisme, le jargon des services secrets et les attentats à
l’étranger depuis le 11 septembre 2001. "Remkes et Donner disent que la
présidence néerlandaise de l’UE est placée sous le signe de la
lutte contre le terrorisme. Il serait
bon qu’ils améliorent la coopération entre les services de police et de
renseignement internationaux, mais des besognes intérieures les accaparent. Au
lieu de définir une ligne pour le contre-terrorisme de l’avenir, ils se laissent
bousculer par des incidents. Ils ne conduisent pas, ils appuient sur le frein.
Ce n’est que lorsque les Pays-Bas auront connu un attentat terroriste qu’ils en
finiront avec la coûteuse protection de la vie privée."

Affaires françaises  

Dans le NRC Handelsblad
(pp.1 et 5), Pieter Kottman rend compte d’un entretien avec Hamida Ben Sadia
(44 ans), une experte de l’intégration d’origine algérienne qui s’est occupée
pendant six ans de l’insertion sociale des jeunes de Créteil, fondatrice et
membre de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme. Ben Sadia
qualifie les récents rapports sur la radicalisation des musulmans dans les
banlieues de "rapports de police, de la main de spécialistes qui pensent
exclusivement en termes de sécurité". "Ils n’ont aucune idée de ce qui se passe
réellement, mais avec toute l’attention médiatique qu’ils reçoivent ils
contribuent à renforcer le climat de ségrégation, de stigmatisation de groupes
entiers de la population, d’exclusion et de discrimination. Ce climat est
précisément la cause des problèmes contre lesquels ils veulent lutter." "Ils
mettent tout ce qui est musulman dans le même sac : un danger pour l’Etat.
Qu’ils fassent arrêter, juger et écrouer la toute petite minorité qui l’est
vraiment, comme il convient dans un Etat de droit, dans lequel chaque citoyen
est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire."

Le Financieele Dagblad
(p.4) fait le point de la situation politique du premier ministre Raffarin, sous
le titre "Les jours de Raffarin en tant que premier ministre semblent comptés".
"Le premier ministre français est en proie depuis plus de six mois à une cote de
popularité extrêmement basse."

En rubrique étrangère du Telegraaf (p.11) Ronald
Veerman rappelle la controverse sur
la coûteuse navette des europarlementaires entre Bruxelles et Strasbourg. "Les
europarlementaires qui viennent d’être installés s’y sont également résignés et
n’en ont même plus parlé la semaine dernière", constate le journaliste, qui
reconnaît qu’on peut comprendre "dans une perspective historique les réunions à
la frontière franco-allemande". "Paris a donc fait graver dans le béton la
position du deuxième lieu de réunion et ne se soucie pas des lamentations des
adversaires, ni de l’impression extrêmement négative que ce gaspillage public de
moyens financiers fait aux électeurs européens."

"Les prochaines années, les quelques milliers de
fonctionnaires, de politiques et d’autres personnels qui suivent le Parlement
européen devront donc de nouveau se consoler avec les excellents vins d’Alsace,
les asperges et les plats de choucroute fumants qu’on leur sert dans les
innombrables restaurants." "Le service dans les hôtels, les brasseries et les
bistros est également excellent. En effet, c’est l’hôtellerie-restauration qui,
durant les ’journées strasbourgeoises’, profite le plus de ce cirque mensuel et
c’est avec plaisir qu’elle accueille les ’Européens’."

Dernière modification : 18/08/2004

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