Presse néerlandaise du vendredi 31 juillet 2009

Le "Prins Willim", une réplique du "Prins Willem" qui a navigué pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) au XVIIe siècle, a été presque entièrement détruit par un incendie dans la nuit de mercredi à jeudi. Ce trois-mâts était la grande attraction du Musée marin de Den Helder (Hollande du Nord). Le sinistre est probablement dû à un court-circuit dans la cale, où un bar servait souvent de réception. Selon le directeur du musée, le navire attirait des dizaines de milliers de visiteurs payants par an.
Il reste encore deux répliques de navires de la VOC aux Pays-Bas : le "Batavia" à Lelystad et l’"Amsterdam" dans la capitale.

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NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Une grange va redevenir baraquement à Westerbork" (camp de transition sous l’occupation allemande), "Percée dans la recherche d’un vaccin contre le paludisme", "Une réplique d’un navire de la VOC en proie aux flammes à Den Helder"
De Telegraaf (populaire) : "Le Prins Willim est désormais un navire fantôme", "L’Etat gagne toujours – Les protestations des citoyens sont généralement vaines", "Les écoles seront peut-être fermées en cas de grippe"
de Volkskrant (centre gauche) : "Plus personne n’avait prise sur les ’jihadistes’" (expulsion par le Kenya et arrestation à Bruxelles de trois Néerlandais et d’un Marocain résidant aux Pays-Bas), "Graves revers pour la navigation aérienne"
Trouw (chrétien progressiste) : "Une bombe de l’ETA frappe l’Espagne dans son cœur touristique", "’Les mesures contre la crise sont mal expliquées’" (bureau d’étude Motivaction)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Il est difficile de se reconvertir dans l’enseignement – Seul un cinquième des intéressés passe la sélection", "Attentat à la bombe dans l’île touristique de Majorque"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

OTAN

"Jaap de Hoop Scheffer quitte aujourd’hui la direction de l’OTAN", annonce le Trouw (p.3). "Sous le secrétariat général de De Hoop Scheffer, l’OTAN a accueilli neuf nouveaux pays et l’alliance militaire, après l’Afghanistan, a étendu son domaine au-delà de son propre territoire par des missions en Irak et en Somalie, notamment. L’atmosphère au sein de l’alliance s’est améliorée, après que la querelle sur la légitimité de l’invasion américaine et britannique en Irak a été vidée."
"L’ancien premier ministre danois Rasmussen prendra le relais lundi. Il a fait savoir qu’il voulait faire de l’OTAN une organisation plus transparente et qu’il tenait beaucoup à améliorer les relations avec la Russie. Mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’il soit aussi diplomate que De Hoop Scheffer. Il a été un homme politique durant toute sa vie et il compte plutôt sur le fait qu’il a été premier ministre à trois reprises et qu’il saura donc s’entendre de façon décontractée, mais aussi avec autorité, avec des chefs de gouvernement."
"Sous Rasmussen, l’OTAN devra réfléchir à son avenir. Un des grands problèmes de l’OTAN sera l’affectation de son budget. Les opérations en Somalie et en Afghanistan sont très coûteuses à cause des frais de transport et de maintenance du matériel. Ce n’est pas gérable si l’on maintient simultanément de grands quartiers généraux dans les Etats membres, comme le veulent la Turquie et certains pays d’Europe de l’Est. Ces membres veulent des garanties contre les possibles menaces venant de la Russie ou du Moyen-Orient. Pour les Pays-Bas, les pays scandinaves, les Etats-Unis et le Canada – ’l’aile protestante’, comme les appelle un diplomate de l’OTAN – ce sont justement les missions rapides et efficaces dans les zones de crise qui sont prioritaires. A Rasmussen de canaliser cette discussion."

"Le ’constructeur de ponts’ a revitalisé l’Alliance", titre le Telegraaf (p.5). "Le président Obama, à qui De Hoop Scheffer a récemment rendu visite d’Etat à la Maison Blanche, a dit de lui que ’c’est un homme jeune, qui fera certainement encore autre chose...’. Mais en aucun cas de la politique ou de la gestion publique, a fait savoir De Hoop Scheffer. ’Pendant cinq ans et demi j’ai pris des avions et des hélicoptères, en lançant ’nous pouvons partir, je suis à bord’. Bientôt je me déplacerai de nouveau à bicyclette à La Haye’."

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ACTUALITE INTERIEURE

Sondage d’opinion

"Le PVV a perdu sa première place dans le baromètre politique de Synovate", relève l’AD (p.2, ANP). "Ce parti perd 4 sièges dans le dernier sondage. Si des élections législatives avaient lieu en ce moment, le PVV obtiendrait 28 sièges. Il y a deux semaines, le PVV était encore à 32 sièges. Il était ainsi le premier parti du pays, ex-aequo avec le CDA."
"Les chrétiens-démocrates profitent du recul du PVV, ainsi qu’il ressort du baromètre publié hier. Le CDA progresse de deux sièges et arrive à 34. Wilders est en deuxième position et le PvdA en troisième, avec 22 sièges. Synovate attribue le recul de Wilders au silence politique durant les vacances."
"Le parti d’opposition SP perdrait plus de la moitié de ses sièges à la Chambre, en cas d’élections. Il ne conserverait que 12 de ses 25 sièges actuels. Seul le parti gouvernemental ChristenUnie progresserait légèrement, passant de 6 à 7 sièges."
"Le TON de Rita Verdonk disparaîtrait de la Deuxième Chambre, selon ce sondage."

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PRESSE HEBDOMADAIRE

Vrij Nederland s’interroge sur la possibilité de trouver une solution belge au problème que pose aux autres membres de la Deuxième Chambre le leader du PVV Geert Wilders. "L’exclusion, ça marche", titre le magazine en page de couverture. "La leçon belge : pour un cordon sanitaire il faut être patient." "Des voix s’élèvent pour établir un cordon sanitaire autour de Geert Wilders, à l’instar de la manière dont le Bloc Flamand a été isolé en Belgique. Serait-ce raisonnable ? Des faiseurs d’opinion et des politiques flamands font le bilan. Filip Dewinter : ’On a réussi à nous faire régresser électoralement’." "Le cordon n’était pas une invention d’intellectuels", écrit la journaliste Anna Luytten. C’était un principe créé par des politiciens. Le père spirituel du cordon sanitaire belge est Jos Geysels, l’ancien secrétaire du parti des Verts flamands. ’Il existe beaucoup de malentendus sur le cordon sanitaire’, dit-il. Ce n’est pas un produit exportable tel quel. ’Il y a une nette différence entre le Vlaams Belang et les partis populistes de droite. Le Vlaams Belang se situe dans une tradition nationaliste en Flandre, ce n’est pas un parti à un seul membre et il est extrêmement bien organisé’." "’On surestime le cordon. On lui attribue une portée qu’il n’a pas, certainement à l’étranger et surtout aux Pays-Bas. Le cordon ne signifie pas qu’il vaut mieux éviter la discussion politique avec l’extrême droite ou qu’il faut faire le silence sur les problèmes qu’abordent ces partis. Il signifie par contre qu’il n’est pas possible de coopérer avec un parti qui a été condamné pour racisme structurel.’ ’Ce n’est qu’au bout de vingt ans de cordon qu’on peut vraiment dire qu’on a renversé la tendance’."
Le reportage cite aussi Filip Dewinter : "J’espère que Wilders ne se laissera pas tenter de participer au gouvernement, car ils vont l’étouffer."

HP/De Tijd, pour son dossier "Adultère – Pourquoi les hommes trompent-ils leur femme ?", a organisé "une table ronde dans un club pour messieurs, à Haarlem". "Il ne s’agit pas du contact sexuel, mais de la conquête", dit l’un des invités.
"La crise du crédit ? Pas de panique", remarque le journaliste Boudewijn Geels dans la rubrique "Focus". "’C’est une bêtise que nous pouvons résoudre’, a dit le grand économiste Sweder van Wijnbergen récemment dans Elsevier. Le seul vrai problème avec lequel les Pays-Bas sont aux prises, selon Van Wijnbergen, c’est l’échec scolaire dans l’enseignement professionnel secondaire. Pendant longtemps, on a négligé de s’intéresser à un aspect important de cet échec scolaire : la consommation de cannabis par ceux qui décrochent. Il serait intéressant de savoir combien de dizaines de milliers d’années scolaires partent en fumée de joint chaque année, à cause d’écoliers défoncés qui voient aussi partir en fumée leurs perspectives de travail attrayantes. Ces jeunes ne font pas usage du cannabis pour rechercher une sensation de ’liberté à la Vinkenoog’, ni pour stimuler leur créativité. Ils le font parce que leurs amis le font aussi ; et tous le font parce que l’herbe est tellement facile à se procurer aux Pays-Bas."

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE

Dans une interview accordée au Volkskrant (supplément 2), Mme Rudi Wester, directrice partante de l’Institut Néerlandais à Paris, remarque que "les Pays-Bas déprécient leur propre culture". "C’est une forme inverse de comportement hautain. Nous disons que nous n’avons pas beaucoup de signification, dans l’espoir qu’un étranger nous dise que nous sommes formidables. C’est de la fausse modestie, alors que nous avons de grands artistes, dans tous le domaines." Les Pays-Bas ne voient pas leur propre prospérité, selon Mme Wester. "Un maire français en visite de travail à Rotterdam n’en croyait pas ses yeux en voyant ce qu’on considère là-bas comme un quartier pauvre. ’Comparé à nos banlieues, ceci est un paradis’, a-t-il dit. Les Français gagnent moins, il n’y a presque pas de logement social."

On retiendra aussi une interview de l’auteur et sexologue Valérie Tasso, dans l’hebdomadaire HP/De Tijd.La nymphomanie n’existe pas – c’est une invention pour contrôler le désir féminin."

Dernière modification : 14/08/2009

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