Presse néerlandaise du vendredi 5 septembre 2003

La rémunération exorbitante de dix millions d’euros par an accordée
au Suédois Anders Moberg pour sortir le groupe Ahold (supermarchés Albert Heijn) de
l’ornière fait l’objet d’articles à la une et de longs développements dans les pages
économiques.

NRC Handelsblad d’hier soir : "La Grande-Bretagne et les Etats-Unis :
Renforcer les troupes en Irak", "Commotion au sujet du salaire accordée par
Ahold", "Le coup de pot de Balkenende à Washington"

Algemeen Dagblad  : "Une méga-rémunération qui suscite la colère –
Mais Albert Heijn ne voit pas d’inconvénient à ce que le patron d’Ahold touche 10
millions"

de Volkskrant  : "Une année gratuite pour ceux qui s’inscrivent dans une
discipline technique", "’Monsieur le président, c’est le guignol ici’ – Le
PDG d’Ahold, Anders Moberg, obtient 10 millions d’euros par an : ’If you don’t like me,
I will go’
"

De Telegraaf  : "De Geus choisit la ligne dure pour la WAO", "Le
ministre De Hoop Scheffer favori pour le poste de l’OTAN", "Querelle à
propos de la rémunération du PDG d’Ahold
"

Trouw  : "Les handicapés deviendront dépendants de leur famille –
L’administration n’interviendra qu’en l’absence d’aide du réseau privé",
"Première à Maastricht : un robot moderne participe à une opération
chirurgicale", "Un salaire ’absurde’ soulève des protestations à Ahold"

* * * 

Actualité internationale

Question irakienne

" L’Allemagne et la France sont de nouveau diamétralement
opposées aux Etats-Unis dans la question irakienne
", annonce le correspondant à
Berlin du Telegraaf (p.11) depuis Dresde. " Les deux grands adversaires de
la guerre rejettent résolument les propositions américaines de nouvelle résolution de
l’ONU
devant permettre la formation d’une force multinationale, dans leur forme
actuelle
. La principale objection du côté européen est que les Etats-Unis ne
veulent pas transférer suffisamment de contrôle."

" Selon le président français Chirac, la résolution
américaine est ’assez éloignée de ce qui importe le plus selon nous, à savoir le
transfert de la responsabilité politique à un gouvernement irakien dans les meilleurs
délais’
. Le chancelier fédéral allemand Schröder s’est exprimé en termes
similaires
."

"Schröder a souligné hier que l’Allemagne et la France, les
prochains jours, coopéreraient étroitement pour établir une résolution de l’ONU
susceptible d’obtenir l’approbation de tous. Quelle que soit la position adoptée au
début de la guerre d’Irak, nous sommes d’avis qu’il s’agit maintenant d’offrir au peuple
irakien la perspective de la stabilité et de la démocratie. Ce n’est possible que si
l’ONU peut prendre pleinement l’initiative s’agissant de la responsabilité du processus
politique en Irak’
, a déclaré Schröder."

Le Volkskrant (p.5) et l’ Algemeen Dagblad (p.9) publient
des synthèses de dépêches sur la question et le Trouw (p.7), dans un tour
d’horizon factuel, note que "la France et l’Allemagne restent sceptiques".
"Le président Chirac comme le chancelier fédéral Schröder a fait savoir hier que
la nouvelle résolution n’allait pas assez loin."

Le journal chrétien progressiste, dans ce contexte, fait aussi mention
de la parution, hier, du rapport Tendances transatlantiques 2003 du German
Marshall Fund américain
, qui étudie depuis 1972 les opinions aux Etats-Unis et en
Europe sur les relations entre les deux continents. "Alors que l’an dernier 64 %
des Européens étaient encore en faveur d’un rôle de leader des Etats-Unis, ils ne sont
plus que 45 % après l’Irak. Aux Pays-Bas le nombre d’opposants à un leadership
américain fort est passé de 23 à 41 %, mais une majorité de 58 % y est
toujours pour
."

Commentaires

" Washington comprend en définitive que la pacification de
l’Irak est une affaire internationale
", écrit le NRC Handelsblad
d’hier soir dans un éditorial. ""Les Etats-Unis ont grand besoin de leurs
alliés et des Nations Unies pour boucler leur campagne avec succès. La reconnaissance
ouverte de ce fait a coïncidé avec la visite du premier ministre néerlandais Balkenende
et de son ministre des Affaires étrangères De Hoop Scheffer à la Maison Blanche,
mercredi
. Que cette coïncidence ait été heureuse ou non, le moment était
important."

"Washington, en prenant le chemin de Canossa, travaille à la
reconstruction de sa crédibilité politique internationale. La nouvelle apportait de
l’eau au moulin néerlandais
. Le gouvernement Balkenende est partisan d’un rôle plus
actif de l’ONU en Irak. Et si les Pays-Bas peuvent contribuer en Europe à propager le
point de vue actuel des Américains, ce sera toujours ça de pris. Le signal de Washington
offre de nouvelles possibilités de normalisation de la relation transatlantique."

" Le ’multilatéralisme’, en l’occurrence, est une question de
fourniture de troupes et de fonds
. C’est délicat et la partie n’est pas encore
gagnée
. Il est néanmoins indispensable que davantage de pays – et l’OTAN –
apportent leur contribution en Irak. Mais le camp anti-guerre, la France et l’Allemagne en
tête, n’approuvera pas aussi facilement une résolution rendant possible l’implication
militaire, politique et économique de l’ONU en Irak. Le texte provisoire de la
résolution a été rédigé par les Etats-Unis ; il n’est pas question de générosité
de la part des Américains
. Indépendamment de cela, il n’est pas dans l’intérêt
des Nations Unies de se lier trop clairement aux Américains
."

Néanmoins, conclut le journal du soir, " que l’ONU puisse
revenir sur la scène est la meilleure nouvelle qu’on ait eue depuis des mois
".

Ce matin, l’éditorialiste du Volkskrant estime aussi que " la
décision de Bush de négocier avec le Conseil de Sécurité sur une force de
stabilisation multinationale pour l’Irak, opérant sous le pavillon de l’ONU, peut être
considérée comme son chemin de Canossa
". "Les raisons de sa nouvelle
humilité sont claires, mais la grande question est de savoir comment les papes, à Paris
et Berlin, réagiront à cette génuflexion de l’empereur."

"La position de Chirac et de Schröder n’a jamais été aussi
forte depuis que Bush, l’été 2002, a placé la question Saddam sur le calendrier
international. Bush est en péril et la France, surtout, avec son droit de veto,
détient la clé d’une opération de sauvetage internationale par l’ONU
."

"Les Américains veulent conserver le commandement militaire de la
force de stabilisation, ce qui est souhaitable étant donné qu’ils fournissent le plus de
troupes. Chirac et Schröder, de leur côté, ont fait savoir que l’ONU devait avoir
beaucoup plus de compétences politiques, économiques et sociale dans la reconstruction
de l’Irak. Mais le principal est que personne – ni Bush, ni Chirac, ni Schröder
– ne permette aux restes du régime de Saddam ou aux terroristes musulmans de gagner
la guerre dans une deuxième manche."

OTAN

Les spéculations sur la nomination du prochain secrétaire général
de l’OTAN se poursuivent.

" Bien qu’il n’ait pas postulé, le ministre De Hoop Scheffer
(Affaires étrangères) est le principal candidat au poste de secrétaire général de
l’OTAN
", écrit le populaire De Telegraaf à la une. "Le seul
rival sérieux de De Hoop Scheffer est le ministre canadien des Finances, Manley."
"Manley a commencé à faire du lobbying auprès des Américains. Ses chances de
succès sont réduites, parce que le secrétaire général de l’OTAN vient
traditionnellement d’un pays d’Europe."

L’ Algemeen Dagblad (p.5) rapporte que "le ministre De Hoop
Scheffer (Affaires étrangères) et le premier ministre Balkenende ont discuté mercredi
avec le président Bush de l’avenir de l’OTAN". "La vision de De Hoop Scheffer a
également été abordée lors d’un entretien à part avec son homologue Powell."

" De Hoop Scheffer est constamment sollicité à ce sujet, les
dernières semaines, mais officiellement les Pays-Bas n’ont pas de candidat
.
’J’espère avoir fait bonne impression à Washington, en tant que ministre des Affaires
étrangères’, a-t-il dit avec un large sourire hier, dans les couloirs de la Deuxième
Chambre. Il n’a pas voulu en dire plus."

 

Actualité intérieure

Référendum sur la Constitution européenne

" Le PvdA, GroenLinks et le D66 sont ’très optimistes’ sur la
possibilité d’un premier référendum néerlandais, après une recommandation positive du
Conseil d’Etat
", relève le Trouw à la une. "Le thème de ce vote,
qui devrait coïncider avec l’élection d’un nouveau Parlement européen en juin 2004,
doit être la Constitution européenne."

"Le 4 octobre commencent les négociations intergouvernementales
sur la Constitution", rappelle le journal chrétien progressiste. "Un projet sur
lequel la Convention européenne s’est accordée sous la direction de l’ancien président
français Giscard d’Estaing est sur la table."

" A un membre près, R. Lauwaars, le Conseil d’Etat s’est
rallié unanimement aux initiateurs du référendum, qui estiment qu’approuver la
Constitution de l’UE revient à modifier la Constitution néerlandaise
. Selon le
Conseil, il est ’souhaitable que les citoyens puissent se prononcer directement sur les
modifications de la Constitution’
, a explique la députée GroenLinks Karimi."

"Il n’est pas certain qu’il y aura une majorité parlementaire en
faveur du référendum. Le CDA est contre, la ChristenUnie hésite encore, le VVD est
divisé."

Le Telegraaf (p.10) précise que ce référendum consultatif
coûtera au moins 10,5 millions d’euros aux contribuables néerlandais. S’il n’est pas
tenu le même jour que les élections européennes, il coûtera même plus de 18 millions
d’euros.

 

Presse hebdomadaire

HP/De Tijd consacre cette semaine un
dossier à la frustration des consommateurs obligés de s’adresser à un service
d’assistance téléphonique ("il y a huit personnes avant vous") et aux
entreprises qui se cachent derrière un centre d’appels : "Tous nos collaborateurs
sont occupés... Le service d’assistance rend tout le monde chèvre". "Il
est très néerlandais d’exiger un service gratuit. Mais quand votre entreprise a beaucoup
de clients qui se plaignent, ce n’est pas une bonne idée d’avoir une ligne
gratuite", explique un de ces centres. L’hebdomadaire offre par ailleurs un article
de fond sur les psychoses de vacances. Les Néerlandais qui se rendent au bout du monde
peuvent être affectés de troubles psychiques dus à un choc culturel, s’ils y sont
prédisposés, explique quelqu’un qui a pour tâche de les rapatrier dans ces cas-là.

Elsevier présente "le régime qui marche", celui du
cardiologue américain Robert C. Atkins, décédé au printemps de cette année.
"Plus de la moitié des Néerlandais sont trop gros. Il y a une solution : le régime
Atkins, qui est surtout très populaire parmi les vedettes de cinéma. Il est établi que
cela marche. Mais est-ce que cela marche plus de six mois et est-ce qu’il est sain de
renoncer pour le reste de sa vie au pain, au riz, aux pommes de terre et aux pâtes ? Plus
la dernière interview du docteur Robert Atkins."

Sur le plan politique intérieur, le magazine conservateur s’interroge
sur "les motifs du ministre des Affaires sociales Aart Jan de Geus (48 ans), ex-PPR,
ex-syndicaliste et maintenant la conscience de gauche du CDA". "La somme des
économies de Balkenende I et II atteint le montant record de 50 milliards d’euros. Au
moins 10 milliards sont du ressort politique de De Geus. Il est donc prématuré de le
présenter comme ’la conscience de gauche du CDA’ parce qu’il a bloqué à la mi-août un
infléchissement de 1 milliard." "Ce qui est de mauvaise augure, c’est qu’au
sein du CDA on loue tant le rôle de défenseur de De Geus qu’il risque de se prendre pour
l’homme qui doit empêcher Zalm de jouer au chef, et de faire constamment obstruction. Ce
serait funeste pour la coopération avec le VVD et le D66."

Vrij Nederland constate cette semaine que la société
néerlandaise reste une société de classes. "La nouvelle élite des Pays-Bas n’est
pas noble, mais cosmopolite. La nouvelle ’plèbe’ est colorée : elle est désormais
noire. Avec le mantra ’mêmes chances, mêmes possibilités’, nous essayons de conjurer
une réalité qui montre tout à fait autre chose : que l’origine sociale compte bel et
bien."

 

Economie, Finances

Etudes techniques

"Le secteur privé, les trois prochaines années, aura besoin de
120 000 techniciens de formation supérieure de plus qu’il n’en dispose",
annonce le Volkskrant dans son grand article à la une. "Cette pénurie de
personnels de la connaissance nuit à la compétitivité de l’économie néerlandaise,
avertit le ministère des Affaires économiques dans une note encore confidentielle. Pour
renverser la situation, l’Etat devrait payer les études et les droits d’inscription en
première année, d’autant plus que les études techniques prennent souvent cinq ans au
lieu de quatre."

"L’intérêt décroissant pour les disciplines scientifiques et
les défaillances de l’enseignement sont à l’origine de la pénurie. De ce fait, les
Pays-Bas n’atteignent pas l’objectif convenu au sommet européen de Lisbonne, il y a trois
ans : la transformation de l’Europe en ’l’économie la plus compétitive du monde’. Pour
cela, les Pays-Bas devraient dépenser chaque année 3 % du revenu national pour la
recherche et le développement, mais ils en sont loin."

"Le premier ministre Balkenende essaie de remédier à la
situation. Il préside aujourd’hui pour la première fois l’Innovatieplatform, un
club de représentants de la politique, du secteur privé et des milieux scientifiques,
qui essaie de faire progresser les Pays-Bas. Mais un simple manque de personnels empêche
de faire le bond en avant vers l’économie de la connaissance."

"Les Pays-Bas, en comparaison d’autres pays européens, ont une
population sans grande formation, peu de chercheurs, une productivité en retard et ils
tirent peu de profit de nouveaux produits", souligne le même Volkskrant dans
un encarté. "C’est ce qui ressort du Kenniseconomie Monitor 2005 qui sera
présenté lundi au premier ministre Balkenende."

 

Affaires françaises

L’allégement fiscal de 3 % annoncé par le
gouvernement est mentionné par le NRC Handelsblad (p.15), le Volkskrant
(p.4) et le Financieele Dagblad (p.5).

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