Presse néerlandaise du vendredi 7 janvier 2011

LES GRANDS TITRES

- Trouw (chrétien progressiste) : FNV : un quota pour les femmes dans les instances dirigeantes des entreprises
- De Volkskrant (centre gauche) : Un choix pro européen (rachat de la société Draka)
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Erreurs dans la lutte contre l’incendie (Incendie de Moerdijk)
- De Telegraaf (populaire) : Interdiction de décoller pour les hélicoptères de secours (la nuit)
- NRC-Handelsblad : La nature des matières chimiques est inconnue (Incendie de Moerdijk)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Afghanistan

Les éditorialistes du Volkskrant et du Trouw évoquent ce matin la question de l’envoi d’une mission néerlandaise d’entrainement en Afghanistan, respectivement sous les titres « Retour en Afghanistan seulement avec un large soutien » et « Le gouvernement doit encore donner beaucoup d’explications sur la mission ».

Pour le Volkskrant, « en soi, il est compréhensible que le gouvernement Rutte veuille mettre fin à la position d’exception des Pays-Bas vis-à-vis de l’OTAN. D’une part parce que l’objectif stratégique de la mission est d’une importance vitale, (…) d’autre part parce qu’accepter une nouvelle mission est une composante logique de la politique étrangère dans le cadre de la solidarité de l’Alliance. (…) Face à ces arguments de politique étrangère, il y a toutefois une situation intérieure compliquée. L’Afghanistan est une pomme de discorde depuis 2006 au parlement et dans l’électorat, et les choses ne se sont pas améliorées depuis la chute du précédent gouvernement sur cette question. Le PvdA ne démord pas de sa position : il faut partir de ce pays, nous l’avons promis à nos électeurs et la majorité de la population est contre. Elle suscite toutefois de nombreuses interrogations. Ce parti connait en effet une longue tradition de solidarité internationale et il est symptomatique que des partis comme GroenLinks et le D66, alliés naturels du PvdA, y soient favorables. (…) Puisque le SP et le PVV sont hostiles à cette mission, le gouvernement devrait se contenter d’un maximum de 79 voix (au parlement). C’est une situation qui n’est pas souhaitable. L’envoi de militaires fait partie des décisions les plus difficiles que doit prendre un gouvernement. Des vies humaines sont en jeu. Ce risque ne peut être pris qu’avec conviction. (…) Ce n’est pas le cas actuellement. Voilà un sujet de réflexion pour le PvdA, mais également pour le Premier ministre M. Rutte. Une mission militaire ne peut pas être envoyée sur la base d’une petite majorité parlementaire. Le gouvernement doit faire en sorte, avec le parlement, de réunir une importante majorité, faute de quoi il ne serait pas raisonnable de décider de l’envoi d’une mission ».

Le Trouw insiste sur la nature de la mission d’entrainement en Afghanistan et rappelle qu’il « est plus simple de faire la différence entre protéger et se battre à La Haye qu’en Afghanistan. Il ne faut pas suggérer une distinction qu’il serait impossible de respecter dans la pratique ».

Pour Elsevier, « Les Pays-Bas ne doivent pas laisser tomber l’OTAN et les Américains. Dans la région, cela serait interprété comme une grande victoire des défenseurs de l’Islam politique. Geert Wilders ne voudrait pas avoir cela sur la conscience ? », note ironiquement le chroniqueur et universitaire Afshin Ellian.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Article annuel du Secrétaire général du ministère des Affaires Economiques

Comme chaque année, le Secrétaire général du ministère des Affaires économiques a publié début janvier un article dans la revue économique ESB (Economisch Statistische Berichten). Le Volkskrant en retient les principaux éléments sous le titre : « Pas de droit de vote pour les Etats-membres en situation d’échec ».
M. Chris Buijnk « plaide en faveur d’une coopération économique européenne plus poussée : ‘l’Europe doit mettre de l’ordre dans sa gouvernance économique en stimulant les Etats membres à renforcer la structure de leur économie’. Il cite l’exemple du Portugal, qui fait l’objet d’importantes pressions sur les marchés financiers. (…) Les Etats membres qui ignorent les avertissements de l’UE doivent pouvoir s’attendre à des sanctions : ‘C’est ainsi que pour l’avenir, on peut penser à obliger les Etats membres qui représentent un danger pour la stabilité de la zone euro à faire approuver à l’avance leur budget’. Faute de résultat, des amendes doivent pouvoir être infligées. Pour un Etat qui se retrouve financièrement en difficulté, ‘un retrait sélectif du droit de vote peut représenter un moyen de pression efficace’ ».

L’article du Secrétaire général (en néerlandais) peut être consulté dans son intégralité sur le site gouvernemental www.rijksoverheid.nl
- (www.rijksoverheid.nl/documenten-en-publicaties/notas/2010/01/07/)

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AFFAIRES ECONOMIQUES

Draka

Selon le NRC-Handelsblad, « Draka est satisfait du rachat par les Italiens ». Citant un porte-parole de ce fabricant de câbles, le NRC note que « personne n’aime l’incertitude et de ce point de vue, c’est une bonne chose que la situation soit claire ». Le journal rappelle que « depuis quelques mois, plusieurs entreprises étaient en concurrence pour le rachat de Draka : Nexans (France), Prysmian (Italie) et Xinmao (Chine). Le NRC et le Volkskrant soulignent que « Xinmao se retire entre autres à cause du soutien inconditionnel du principal actionnaire, la famille Fentener van Vlissingen, à l’offre italienne. La principale différence entre Xinmao et Prysmian était l’incertitude sur les autorisations des autorités chinoises et le financement. Le Volkskrant insiste également sur le volet social - l’intérêt des dix mille salariés de Draka, qui serait mieux pris en compte par une entreprise européenne - et la protection du savoir faire européen - les Chinois auraient été moins intéressés par Draka même que par son savoir faire. Le NRC précise que « les syndicats ont abandonné leur scepticisme vis-à-vis de Prysmian : les Italiens ont donné une garantie d’emploi au début de la semaine. Pour les Pays-Bas, cela veut dire qu’il n’y aura pas de licenciements jusqu’en mars 2014 ».
(NRC p. 15 ; Volkskrant p.1 et p. 24-25 ; FD p. 1 et 9)

Energie éolienne

Le Volkskrant (p10 et 11) et Trouw (p8) consacrent un grand article au nouveau parc éolien qui sera construit aux Pays-Bas. M. Maxime Verhagen, ministre des Affaires Economiques, de l’Agriculture et de l’Innovation, et Mme Melanie Schultz van Haegen, ministre de l’Infrastructure et de l’Ecologie, ont donné leur accord pour la construction d’un parc éolien le long des digues de l’IJsselmeer, au sud et au nord d’Urk dans le Noordoostpolder (polder asséché en 1942). Le parc comportera 86 éoliennes, dont 38 seront installées à terre et 48 dans l’eau. Les éoliennes seront exploitées par plusieurs Sociétés Anonymes, pour la plupart aux mains d’agriculteurs. On estime la puissance totale à 450 MW, quatre fois plus que les deux parcs éoliens déjà existants dans la mer du Nord. La hauteur des éoliennes sera d’environ 200 m. Le projet bénéficiera d’une aide de l’Etat de 1 milliard €. Ce parc sera le plus grand des Pays-Bas et pourra satisfaire aux besoins en électricité de 400 000 foyers. Le début des travaux est prévu pour 2012. Le projet rencontre beaucoup de résistance de la part des riverains, qui craignent la nuisance sonore. M. Verhagen compterait beaucoup sur l’énergie éolienne. Selon lui l’énergie solaire nécessiterait trop de subventions de l’Etat.

Egalement à lire :

- Le Volkskrant (p.7) présente huit indicateurs de tendance pour 2011– notamment, l’AEX, les faillites, les emprunts, la confiance des consommateurs – sous le titre « Les signaux passent de nouveau au rouge ». Ce journal se fonde sur une nouvelle méthode du CPB, qui utilise 29 indicateurs pour prédire l’évolution de l’économie.
- Le Volkskrant (p.27) relève que l’UE « mesure l’inflation d’une façon tout à fait différente des Pays-Bas ».

A SIGNALER

Le Volkskrant publie en rubrique « Opinon et débat » un article de réflexion sur la monarchie et le rôle du souverain, signé Anton Zijderveld, professeur émérite de sociologie et Mark van Ostaijen, enseignant à la faculté de sciences sociales de l’Université de Rotterdam, sous le titre « Le souverain doit rester membre du gouvernement ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 07/01/2011

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