Presse néerlandaise du vendredi 7 décembre 2007

Air France-KLM a annoncé hier son intention de reprendre la compagnie aérienne italienne Alitalia. Le conseil d’administration de la compagnie italienne en difficulté se penchera les prochains jours sur l’offre du groupe franco-néerlandais, qui ne veut pas en préciser le montant pour le moment.
"Alitalia est déficitaire depuis des années", rappelle le NRC Handelsblad d’hier soir. "Le gouvernement italien avait déjà enclenché une procédure de vente de sa participation l’an dernier, mais tous les repreneurs potentiels, dont la compagnie russe Aeroflot, se sont retirés. ’Les circonstances se sont améliorées depuis’, dit le porte-parole d’Air France-KLM. ’Alitalia est disposée maintenant à supprimer des destinations et à assainir sa flotte. Une décision a également été prise sur le principal ’hub’ de l’entreprise : ce sera Rome et non Milan.’ Le porte-parole souligne cependant que la reprise est encore loin d’être certaine. ’L’attitude du gouvernement italien et des syndicats sera cruciale’."

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Air France et KLM veulent acheter Alitalia", "Report de la libéralisation totale du marché postal néerlandais", "Israël construit toujours à Jérusalem"
de Volkskrant (centre gauche) : "’Vous devez mettre une croix ici’ - Une brigade mobile électorale allait chercher les gens à Moscou pour les faire voter" (reportage), "La Chine jette une grande ombre sur le sommet africano-européen"
Trouw (chrétien progressiste) : "Les assurances font rarement des placements responsables - Les caisses de retraite investissent mal", "Les boules de Noël remplacent les valets de Saint Nicolas" (grands magasins)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les cartes bancaires augmentent de nouveau - ’Les grandes banques profitent du laxisme des consommateurs", "Une femme arrêtée à la suite d’un avortement illégal"
De Telegraaf (populaire) : "La justice en difficulté à cause d’écoutes - Les Hells Angels seront peut-être acquittés", "Double fête pour l’anniversaire d’Amalia" (la fille de Willem-Alexander et de Maxima a quatre ans aujourd’hui)

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ACTUALITE INTERIEURE

Mission néerlandaise en Uruzgan

"C’est aujourd’hui que commence l’audit officiel de la Deuxième Chambre sur la prolongation de la mission en Afghanistan", écrit Noël van Bemmel dans le Volkskrant (p.3). "Cela promet de devenir une opération d’envergure. Le gouverneur de l’Uruzgan, Assadullah Hamdam, informera les députés de la situation dans sa province. Il est venu pour une journée avec le Gulfstream IV, un jet d’affaires de l’armée de l’air. Douze autres Afghans sont arrivés à bord d’avions de ligne ordinaires."
"Il arrive souvent que la Deuxième Chambre invite des personnalités étrangères pour informer les politiques, mais pas à cette échelle, souligne un porte-parole. Outre les Afghans, une vingtaine de Néerlandais prendront la parole. Le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, est empêché. Une invitation à s’entretenir avec lui à Bruxelles, lundi, a irrité les commissions parlementaires des Affaires étrangères et de la Défense. ’Nous n’irons pas en audience à Bruxelles’, a déclaré le PvdA. La ChristenUnie estime que De Hoop Scheffer doit venir à La Haye, par respect pour le Parlement néerlandais. Le CDA a suggéré une liaison vidéo."

"Il n’est pas possible de battre les talibans par des moyens militaires", fait valoir Theo Koelé dans un deuxième article du journal de centre gauche. "Sans négociations avec les talibans, la mission néerlandaise dans la province afghane d’Uruzgan est vouée à l’échec. Tel était le message transmis à la Deuxième Chambre jeudi soir par l’ancien ministre et ancien envoyé spécial de l’ONU Jan Pronk et le directeur d’IKV Pax Christi Jan Gruiters, entre autres. Ils ont pris la parole lors d’un audit organisé par les partis d’opposition SP et GroenLinks. Ces partis sont opposés à la prolongation de la mission néerlandaise jusqu’à fin 2010 décidée par le gouvernement. Des députés des partis gouvernementaux PvdA et ChristenUnie étaient également présents."
"Selon Pronk, qui a été l’envoyé spécial de l’ONU au Soudan, un cessez-le-feu avec les talibans serait une première étape vers une solution aux immenses problèmes de l’Afghanistan. Selon un autre censeur de l’approche de l’OTAN, le journaliste Arnold Karskens (entre autres Nieuwe Revu), la mission militaire néerlandaise a un effet contre-productif. Les bombardements ont fait plus de dégâts qu’on n’a construit de routes, de ponts etc. Et le nombre de victimes civiles serait un multiple du nombre de talibans tombés. Karskens se basait sur des entretiens avec des Afghans, que les médias néerlandais citent rarement parce qu’ils travaillent en général sous la houlette du ministère de la Défense, en Uruzgan."
"Selon le directeur d’IKV Pax Christi, Gruiters, la situation en Uruzgan est maintenant moins sûre qu’avant la venue des troupes néerlandaises, durant l’été 2006. Le directeur de l’organisation d’aide Healthnet, Willem van der Put, a même soutenu la thèse que les militaires de la force de stabilisation de l’OTAN attirent la violence."

Heure des questions

"Les politiques sapent la démocratie avec leur besoin de marquer des points, leur superficialité et leur manque de sérieux et de courage", relève le Volkskrant (p.2). "C’est une raison suffisante pour supprimer l’heure des questions orales à la Deuxième Chambre - diffusée en direct le mardi -, estime le président du groupe parlementaire PvdA, Jacques Tichelaar. ’Cette heure des questions n’a aucun effet, si ce n’est que les députés essaient de travailler à leur image’."
"Tichelaar a battu sa coulpe jeudi, durant un déjeuner de la Société des rédacteurs en chef. ’La politique lâche le fond et les faits.’ Les médias ne se comportent guère mieux, selon Tichelaar. Ils courent avec les politiques, en route vers leur prochain petit succès facile. Et les nouvelles ne sont plus de vraies nouvelles depuis longtemps. ’Un sondage, l’avis de deux citoyens au [grand magasin] V&D et le tour est joué’, a dit Tichelaar qui a souligné qu’il parlait à titre personnel" (également Trouw p.7).

SGP

"Le SGP a le droit démocratique de propager ses points de vue", remarque l’éditorialiste du Volkskrant à propos de l’arrêt du Conseil d’Etat concernant la subvention du parti chrétien orthodoxe (cf. presse du 6 décembre). "La seule question qui compte est de savoir si l’Etat est obligé de contribuer au financement de cette propagation. Maintenant qu’on exige à juste titre des immigrés qu’ils respectent les droits des femmes et des homosexuels, l’Etat ne peut pas se permettre de soutenir un parti politique qui ne le fait pas. C’est pourquoi l’arrêt nous contraint de revoir le plus vite possible le règlement des subventions."

PRESSE HEBDOMADAIRE

Vrij Nederland reprend en traduction un long article de Samuel Blumenfeld sur le réalisateur américain Francis Ford Coppola. "Je ne suis pas riche, je suis incroyablement riche", déclare le cinéaste qui possède des vignobles, des restaurants, des hôtels et des usines de produits alimentaires. Il considère son plus grand succès, Le parrain, comme un échec personnel : "Je voulais faire de petits films artistiques."
Le magazine revient par ailleurs à "l’affaire Debye", lauréat néerlandais du Prix Nobel de Chimie 1936, dont il avait révélé l’an dernier le rôle douteux joué dans l’Allemagne nazie. "L’Institut national de documentation sur la Deuxième guerre mondiale (NIOD) présente maintenant un rapport qui replace le comportement de Debye dans son contexte historique. Est-il excusé pour autant ?"

HP/De Tijd, par le biais d’entretiens avec d’anciens grands managers, essaie de sonder la culture d’entreprise de la multinationale néerlandaise Shell. "Shell existe depuis un siècle cette année. L’entreprise est un bastion fermé avec une curieuse culture d’entreprise. Quelles sont les lois coutumières de la ’Royale’ ? HP/De Tijd s’est entretenu avec onze anciens managers. Dans les coulisses de notre plus grande multinationale." "Shell elle-même a répondu au préalable à un certain nombre de questions, mais se distancie de la teneur de l’article", écrit le magazine dans l’épilogue de son dossier. "Selon l’entreprise, le texte contient ’un nombre raisonnable d’inexactitudes’. Shell ne reconnaît pas certaines situations et certaines choses ne sont plus vérifiables, selon le groupe. Mais Shell ne veut pas préciser quels faits sont inexacts."
Sur le plan littéraire, l’hebdomadaire constate qu’avec le décès de Jan Wolkers "un autre mastodonte de notre littérature nationale nous a quittés". "Les éditeurs tentent désespérément de maintenir en vie les œuvres de Wolkers, Reve et Hermans. Mais y arrivent-ils ?" "Pour les jeunes, ce sont des écrivains morts. Et encore sont-ils décédés récemment. Vestdijk, Bordewijk, Carmiggelt et Marnix Gijsen ont vraiment sombré dans l’oubli."

Elsevier publie un long aperçu de l’immobilier d’habitation aux Pays-Bas. "Les habitations néerlandaises sont devenues trois fois plus chères les quinze dernières années. Les prix sont parmi les plus élevés d’Europe. La cause en est qu’on ne construit pas assez et pas ce qu’il faut." "Le marché est perturbé."
"Les fusions britannico-néerlandaises n’ont pas toutes été un succès", remarque Olivier van Beemen depuis Paris. "Alors que les Français et les Néerlandais s’avèrent pouvoir coopérer étonnamment bien. Les fusions franco-néerlandaises sont en forte croissance ces dernières années." "’Les entreprises néerlandaises avaient une tache aveugle. Elles ne regardaient que le monde anglo-saxon’, explique Niels Noorderhaven, professeur de management international de l’Université de Tilburg. ’La France ne manifestait pas trop d’intérêt non plus. Mais lorsque les premières fusions franco-néerlandaises se sont faites, d’autres entreprises ont pensé : ces entreprises néerlandaises sont peut-être intéressantes après tout.’ Noorderhaven étudie la fusion entre Air France et KLM. Il pense qu’on surestime les différences culturelles et les problèmes linguistiques entre partenaires néerlandais et français, alors qu’on sous-estime au contraire ceux qui existent entre Néerlandais et Britanniques."

AFFAIRES FRANÇAISES

Plusieurs quotidiens évoquent l’appel du Président de la République aux Farc colombiens, pour qu’ils libèrent Ingrid Betancourt (NRC Handelsblad d’hier soir pp.1 et 5, Het Parool d’hier soir p.10, Trouw p.9).

Ce matin, tous les journaux annoncent que l’explosion d’un colis piégé a fait un mort dans un cabinet d’avocats, à Paris.

Dernière modification : 22/09/2008

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