Presse néerlandaise du vendredi 9 mai 2008

Selon le syndicat De Unie, les employeurs doivent payer la future taxe kilométrique de leurs salariés. Le président du syndicat, M. Jacques Teuwen, estime que le patron doit rembourser aussi bien les frais de migration pendulaire que ceux des kilomètres parcourus pendant le travail.
La taxe kilométrique sera probablement introduite en 2012 et elle remplacera la taxe prélevée à l’achat d’une voiture (BPM). En faisant payer chaque kilomètre parcouru par les automobilistes, l’Etat pense les inciter à se déplacer moins. Cela n’aura pas d’effet, selon M. Teuwen, qui fait valoir que beaucoup de salariés n’ont pas le choix.
La centrale syndicale CNV, pourtant partisane de la taxe kilométrique, est elle aussi d’avis que "la charge d’une mesure importante pour la société ne doit pas incomber à un groupe limité de salariés qui n’ont pas d’alternative".
Le FNV ne partage pas le point de vue du syndicat De Unie. "Nous avons toujours soutenu la mesure visant à imposer l’usage de la voiture plutôt que la possession."

LES GRANDS TITRES

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Il ne reste pas grand-chose de l’union en Israël – Soixante ans après l’indépendance, les séculiers et les religieux sont diamétralement opposés", "Le malaise féminin est de retour" (l’ancienne femme politique Hedy d’Ancona à propos de mai 68)
de Volkskrant (centre gauche) : "Patauger à côté des cadavres à la dérive en Birmanie" (reportage), "Les bureaux de planification : il est risqué de supprimer la BPM [taxe à l’achat d’une voiture]"
Trouw (chrétien progressiste) : "’La taxe kilométrique à la charge des employeurs’ – Le syndicat De Unie veut décharger les travailleurs", "La flamme olympique au sommet du Mont Everest"
De Telegraaf (populaire) : "Les automobilistes qui roulent en crédit-bail grugés – Seul un petit nombre profitera de la réduction sur la contribution personnelle", "Israël a 60 ans"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Une bévue du Consumentenbond : L’enquête sur les hôpitaux est ’bâclée, inexacte, dépassée’", "La Birmanie s’ouvre à davantage d’aide étrangère"

ACTUALITE INTERNATIONALE

Birmanie

Le Trouw (p.12) du 8 mai a relevé que "s’il n’en tient qu’à la France, la communauté internationale n’acceptera pas que la Birmanie refuse d’accueillir les organisations d’aide qui se morfondent aux frontières". "Le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait adopter une résolution contraignant la Birmanie à les accueillir. Selon Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, ce serait conforme au principe de la ’responsabilité de protéger’ que l’ONU a adopté. Quand un pays donné ne garantit pas la sécurité de ses habitants, c’est la communauté internationale qui doit le faire."
"Il faut prendre au sérieux la suggestion du ministre français des Affaires étrangères, Kouchner, d’entrer dans le pays sans autorisation s’il le faut, sous le pavillon de l’ONU", a estimé l’éditorialiste du journal chrétien progressiste.

Pour l’éditorialiste du Telegraaf d’hier, "l’arrogante manifestation de force du gouvernement birman, qui tient les organisations d’aide à distance à cause de sa culture politique fermée, est incompréhensible et criminelle". "Refuser une aide d’urgence parce que la direction politique de ce pays ne veut pas de curieux est un crime contre sa population."

"Si la Chine accroît la pression diplomatique sur la Birmanie, cela peut être la clé ouvrant le pays à la communauté internationale, même si ce n’est que temporairement", a remarqué le commentateur du NRC Handelsblad.

Ce matin, le Volkskrant parle d’une "double catastrophe pour la population birmane". "L’aide acceptée peu à peu reste insuffisante et il faut craindre qu’elle n’arrive trop vite pour beaucoup de victimes. Pourtant, il convient d’écarter la suggestion de Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, de contraindre le régime à accepter l’aide, par la force s’il le faut, comme étant irréaliste. Bien que les Nations Unies aient introduit en 2005 le droit à la protection, qui prime sur la souveraineté lorsqu’un gouvernement est défaillant, son application à la Birmanie ralentirait l’aide plutôt qu’elle ne l’accélérait. Indépendamment de l’applicabilité du principe, il est peu probable que le Conseil de Sécurité puisse adopter rapidement une résolution dans ce sens."

Pays-Bas – Afghanistan

"Les Pays-Bas dégagent 2,2 millions d’euros pour la construction de bureaux de police et de postes de contrôle en Uruzgan", annonce le Trouw (p.5). "C’est ce que le ministre des Affaires étrangères Maxime Verhagen a déclaré hier, durant sa visite en Afghanistan. Cet argent permettra de construire onze bureaux de police et six postes de contrôle à Tarin Kowt, Deh Rawod et Chora."
"Les Pays-Bas dépensent déjà des dizaines de millions par an pour la formation et les salaires de personnels de police", rappelle le journal.

ACTUALITE INTERIEURE

Rita Verdonk

"Rita Verdonk a été roulée lors de la fondation de son mouvement Trots op Nederland [Fiers des Pays-Bas]", écrivait le Telegraaf d’hier à la une. "Un redoutable affabulateur, connu comme étant le ’Nick Leeson’ néerlandais, lui avait promis d’acheter pour 135 000 euros tous les billets d’entrée pour sa fête de fondation exclusive et avait en outre consenti des millions d’euros de soutien, mais il refuse maintenant de payer." "Le mouvement a maintenant un grand problème financier, car les factures pour la fête ont déjà été payées. ToN devra reporter un certain nombre d’activités" (également NRC Handelsblad pp.1 et 3, Het Financieele Dagblad p.2, Trouw p.4 d’hier).

PRESSE HEBDOMADAIRE

"Wouter Bos peut-il encore sauver le PvdA ?" se demande Elsevier. "Le PvdA attendait beaucoup du quatrième gouvernement Balkenende. En gouvernant, les sociaux-démocrates voulaient montrer qu’il n’y a qu’un parti convenable à gauche, le PvdA de Wouter Bos. Cela a mené à une énorme déception. Des ministres faibles, des scandales internes, de mauvaises cotes dans les sondages : le PvdA a de graves problèmes." "Après plus d’un an de Balkenende IV, peu d’électeurs considèrent encore le PvdA comme une machine politique crédible."
Le magazine publie par ailleurs l’édition 2008 des cent plus grands artistes néerlandais, "une sélection des beaux-arts néerlandais qui couvre tout le spectre des styles nationaux et internationaux d’aujourd’hui".

Vrij Nederland a pour dossier une prépublication d’un essai de la femme de lettres flamande Kristien Hemmerechts sur le machisme dans la littérature : "L’homme, son pénis et le couteau".
"J’aimerais bien faire une promenade posthume avec mes parents, qui sont morts trop tôt dans ma vie", dit le ministre CDA de la Justice, Ernst Hirsch Ballin, dans une interview dans laquelle il parle beaucoup de son passé et de ses parents. "Je ne connais que des fragments de leur histoire. Ce sont des morceaux qui forment ensemble une sorte de mosaïque. Mais j’aurais beaucoup aimé en parler avec eux."
"Ceux qui se sont demandés pourquoi le dirigeant CDA a réagi avec une émotivité inhabituelle de sa part à l’intention de brûler ou de déchirer le Coran [dans le film Fitna de Geert Wilders] devraient peut-être s’intéresser de plus près à son passé", écrivent les deux journalistes qui l’ont interviewé. "En tant que fils d’un réfugié juif allemand et d’une mère catholique d’Amsterdam qui se sont rencontrés pendant la guerre, Hirsch Ballin a toujours été conscient du fait que l’identité des gens est composée de plus de dimensions que les manichéens comme Wilders ne jugent possible."
Interrogé sur l’existence de "forces qui veulent faire des allochtones et des musulmans des citoyens de deuxième rang", le ministre répond : "Il y a des processus implicites d’exclusion en cours et ils sont très sournois. J’ai beaucoup coopéré avec des personnes d’origine étrangère à l’Université catholique du Brabant. Je leur ai donné des cours ou je les ai rencontrés ailleurs. La plupart ont réussi. L’un est professeur, un autre inspecteur dans l’enseignement, un troisième directeur général des services dans une mairie. Pourtant, ils me font savoir qu’ils ont le sentiment qu’ils sont classés à part dans les Pays-Bas d’aujourd’hui. Je me rappelle un entretien avec un ancien collègue antillais, qui m’a dit : autrefois je me sentais un Néerlandais antillais et maintenant un allochtone. Je reçois régulièrement des SMS d’eux, avec ce message. Cela m’inquiète." "Je me suis senti personnellement froissé lorsque le groupe PVV à la Chambre a attaqué Nebahat Albayrak à cause de sa double nationalité. Nebahat avait deux ans quand elle est arrivée aux Pays-Bas. C’est une excellente juriste. Elle a été députée et maintenant elle est secrétaire d’Etat. Nebahat est rotterdamoise, elle est néerlandaise !"

HP/De Tijd présente et évalue "les femmes de Balkenende IV". "Avec cinq ministres et six secrétaires d’Etat de sexe féminin le quatrième gouvernement Balkenende est l’équipe la plus féminine qu’il y ait jamais eu. Comment ces femmes ont-elles fonctionné la dernière année ?" "Plus de trente pays ont déjà eu un premier ministre féminin, dont Haïti, le Canada et la Mongolie. Cela n’a pas encore été le cas aux Pays-Bas."
On notera par ailleurs un grand article sur le reporter allemand Gerd Heidemann, du magazine Stern. "Gerd Heidemann était le grand limier de l’hebdomadaire allemand ’Stern’. Jusqu’à ce qu’il ne se casse le nez d’une façon épouvantable avec le journal intime falsifié de Hitler, il y a 25 ans. Albert Eikenaar a travaillé avec Heidemann en 1976 sur le scandale Lockheed [pot de vin du Prince Bernhard]. Il est apparu à l’époque que Heidemann s’était fait rouler. Pourquoi a-t-il commis par la suite une gaffe encore beaucoup plus grande ?"

AFFAIRES FRANÇAISES

La presse d’hier a fait bon accueil au film "Un baiser s’il vous plaît", d’Emmanuel Mouret.

Le Volkskrant d’hier a publié dans son cahier Kunst une interview du chanteur Georges Moustaki, qui sera aux Pays-Bas la semaine prochaine.

Ce matin, Ariejan Korteweg évoque les protestations contre le nouveau système d’immatriculation des véhicules qui sera appliqué l’an prochain (Volkskrant p.7).

Dernière modification : 19/08/2008

Haut de page