Rencontre entre M. Kouchner et M. Verhagen (17 septembre 2007) [nl]

M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, a reçu au Quai d’Orsay son homologue néerlandais, M. Maxime Verhagen, lundi 17 septembre 2007.

JPEGLes ministres ont fait le point sur les relations entre nos deux pays et ont évoqué les grands dossiers européens et internationaux d’intérêt commun : la réforme des traités actuellement en cours et le Kosovo, pour les sujets européens, l’Afghanistan, le Darfour et l’Iran pour ce qui est des autres sujets.

Un point de presse conjoint a été tenu à l’issue de la rencontre :

POINT DE PRESSE CONJOINT
DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET EUROPEENNES,
M. BERNARD KOUCHNER,
ET DU MINISTRE NEERLANDAIS
DES AFFAIRES ETRANGERES,
M. MAXIME VERHAGEN

- PROPOS DE M. KOUCHNER -

(Paris, 17 septembre 2007)

Q - Jusqu’où la France est-elle prête à aller concernant l’Iran ?

R - Il est très clair que si nous voulons éviter une crise grave, et elle se prépare, nous l’avons vu dans toute la région.

Nous avons vu que la tension est grande. Si nous voulons éviter que cette crise ne se transforme, puisque nous évoquons les bombardements, il faut absolument - et nous sommes pleinement d’accord à ce sujet - que nous négociions, que nous n’arrêtions pas de négocier, même si c’est difficile.

Et, en même temps, ensemble, nous parlions de sanctions, qui sont la seule façon d’éviter une vraie crise. Ces sanctions doivent être séparées des sanctions prises aux Nations unies. Elles sont importantes et nous les soutenons. Mais là, il s’agirait de sanctions européennes que chaque pays, individuellement, devra exécuter avec son propre système bancaire, commercial, industriel etc.

Nous avons commencé à parler de cela et, comme vous le savez, les Britanniques et les Allemands sont également intéressés pour parler de cette question et nous tenterons de trouver une position européenne commune. C’est essentiel, je le dis encore une fois, si on parle de crise importante, de tensions réelles et pire encore, nous devons en Europe, négocier, négocier jusqu’au bout et, en même temps, se préparer, étant sérieusement décidé à trouver une manière de montrer notre détermination.

Q - Il y a une réunion, je crois, le 21 septembre au niveau des directeurs politiques. Peut-on considérer que cette semaine est celle de la dernière chance en quelque sorte pour convaincre les Russes d’adopter une position forte dans le cadre de l’Union ?

R - Non, pas la dernière chance, mais une chance importante. D’ailleurs, je ne veux pas préjuger de ce qui se passera avec M. Lavrov mais, à l’origine M. Lavrov était plutôt enclin à penser qu’il fallait, en effet, des sanctions efficaces. Je ne sais pas où nous en serons, nous en avons parlé avec Maxime et nous verrons quelle sera la position de la Russie. Mais, dire que c’est la dernière chance, non, il y en aura d’autres.

Q - La Russie impose une ligne rouge à ne pas franchir qui est l’indépendance du Kosovo. Restez-vous ouvert ou bien existe-t-il également des lignes rouges pour vous dans ces négociations ?

R - Comme vous le savez, je pars à Moscou tout à l’heure, avec un esprit très ouvert. Je connais bien Serge Lavrov. Nous nous sommes ensemble beaucoup intéressés au Kosovo. Pour moi, il n’y a qu’une seule ligne rouge, c’est, comme l’a dit Maxime, l’unité des vingt-sept pays de l’Union européenne. De cela, nous en sommes absolument convaincus, il faut cette unité.

Ce n’est pas une ligne rouge sur le fond des discussions. C’est la France qui a proposé six mois de négociation supplémentaires. Avec les Etats-Unis, nous sommes parvenus à quatre mois. Attendons la fin de cette nouvelle phase. Nous avons revu au Gymnich, avec Maxime et l’ambassadeur Ischinger qui est responsable pour l’Europe de la Troïka, c’était assez ouvert, sinon encourageant.

Maintenant, nous verrons bien et c’est aux Serbes et aux Albanais du Kosovo de trouver un accord et, plus que cela, c’est à eux de voir ce qu’ils peuvent trouver ensemble. Sinon, nous nous prendrons une position commune européenne. Nous ne nous laisserons pas dicter notre conduite, ni par les Américains, ni par les Russes. Il s’agit d’un problème européen et nous devons y faire face.

Q - On parle d’un blocage aux Nations unies, vous pourriez donc prendre une décision au niveau européen ?

R - Non, il n’y a pas de blocage au sein des Nations unies. M. Ban Ki-moon a demandé à la Troïka, issue du Groupe de contact, de se charge de cette négociation supplémentaire de quatre mois. M. Wolfgang Ischinger ira rendre compte au Secrétaire général des Nations unies et ensuite nous verrons.

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Dernière modification : 22/08/2011

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