Revue de la presse néerlandaise du 17 avril 2002

NRC-Handelsblad 
 :
Kok présente
la démission de son gouvernement

Volkskrant
 : 
Kok provoque la chute du gouvernement 
 

Trouw  
 : Kok démissionne à cause de Srebrenica 
 

span style="mso-ansi-language:NL">Algemeen
Dagblad :
Kok
a voulu faire un geste

Telegraaf : 
Chute du gouvernement
Kok II

 

Le Premier ministre M.
Kok s’est rendu hier après-midi au Palais Huis ten Bosch pour présenter la démission
de son gouvernement à la Reine Beatrix.
Cet événement domine évidemment l’ensemble des média depuis hier soir.

Dossier
du jour : démission du gouvernement néerlandais

1 .
Le deuxième gouvernement Kok est tombé ", titre le
Telegraaf, qui explique dans son
grand article à la une  : " Après un conseil de crise de
plusieurs heures, le Premier ministre a présenté à la Reine la démission de
son gouvernement violet. La deuxième coalition violette, composée du PvdA, VVD
et D66 a tout de même chuté un mois avant les élections après la publication
du rapport critique du NIOD sur la chute de Srebrenica. Les erreurs accumulées 
de trois gouvernements successifs, telles que l’envoi de militaires néerlandais
sur une ’mission impossible’, le rôle joué par les Pays-Bas en tant que
membre de la communauté internationale au moment de la chute de Srebrenica
ainsi que les informations trompeuses
communiquées par la direction militaire impliquaient pour Kok qu’il donne sa
démission. Tous les autres ministres et secrétaires d’Etat se sont déclarés
solidaires du Premier ministre ".

2.
La décision du Premier ministre est généralement qualifiée de
courageuse par les éditorialistes
. Ceux-ci font souvent une distinction
entre M. Kok, pour qui ils se montrent élogieux, et le gouvernement Paars II,
à l’égard duquel ils sont beaucoup plus critiques. L Algemeen Dagblad est le seul à reprocher à M. Kok de n’avoir
pas " contrôlé la situation ".

. M. Kok est arrivé à 
" la seule bonne conclusion possible ", estime le Trouw.

" M. Kok a ainsi
assumé la responsabilité des erreurs des gouvernements successifs. Par-là même,
il a sonné le glas de son deuxième gouvernement. C’est un geste important de
la part d’un homme politique...qu’il ne faut pas trop relativiser du fait de
la proximité des élections législatives. Sur un plan pratique, cela ne fait
pas beaucoup de différence que son gouvernement soit démissionnaire, mais du
point de vue la morale politique, ce geste doit être apprécié à sa juste
valeur ".

C’est pour le Premier
ministre une " décision tragique "(Volksrant), qui " force
le respect " (Telegraaf).

" La chute de
son deuxième gouvernement a certainement beaucoup fait souffrir Kok ",
assure le Volkskrant. " Son nom ne figurera plus seulement, dans
l’histoire nationale, dans des chapitres élogieux sur le modèle polder,
l’assainissement des finances publiques ou la réduction du chômage, mais également
dans un chapitre sombre sur Srebrenica.
Mais en dépit de toutes les critiques que l’on peut faire sur sa gestion de
la crise de Srebrenica, il ne faudra pas oublier ses mérites pour le pays. Il y
a six mois seulement, lorsqu’il a renoncé à ses fonctions de leader du PvdA, 
on le couvrait de louanges, pour ses qualités d’homme d’Etat et face
aux autres hommes politiques, même au niveau international. Ces qualités
n’ont pas soudain disparu. Il faut espérer que le drame de Srebrenica ne les
éclipsera pas aux yeux des futurs historiens ". Le Telegraaf
confirme que " la triste "
fin du deuxième gouvernement de M. Kok ne " doit pas faire oublier ses mérites
personnels pour la prospérité du pays ".

. La coalition violette
ne bénéficie pas de la même estime : 
" les derniers jours de Paars ne méritent pas un prix de beauté ",
note le Volkskrant. Des ministres
isolés ont fait des commentaires individuels, alors qu’un comportement
collectif s’imposait. Le ministre Jan Pronk, particulièrement, est allé
beaucoup trop loin. Il faut espérer que les prochains développements du
dossier Srebrenica ne se caractériseront pas par le même désordre. Le rapport
du NIOD mérite une discussion sérieuse entre le parlement et le gouvernement,
même si ce dernier est démissionnaire ".

"La chute du
gouvernement met fin à huit ans de coalition violette. Les chances de retrouver
la même configuration après les élections sont pratiquement nulles ",
pense le Telegraaf, qui rappelle que " Paars a essuyé de multiples
critiques ces derniers temps, parfois injustifiées et très exagérées, mais
en partie compréhensibles" .


Les
erreurs de Paars
sont rappelées par le chroniqueur
politique du Telegraaf.

" Paars II
s’est dans l’ensemble moins bien déroulé que Paars I, estime Kees Lunshof. 
Les problèmes n’ont pas manqué : Schiphol, l’enquête du
Bijlmermeer, les bombardements du Kosovo au printemps 1999 (" sur
lesquels Kok a eu des doutes), le vote sur le référendum correctif au Sénat (vote
négatif de Hans Wiegel et décision du D66 de " faire sauter " un
" gouvernement recollé de justesse ", sans pouvoir éviter la démission
du ministre D66 H. Apotheker), " l’amie argentine de
Willem-Alexander dont le père avait un passé dans la Junte ", le débat
sur la monarchie initié par le D66, les déclarations de la Reine Beatrix sur
" le règne du mensonge " dans la presse, les fonctions du prince
héritier au COI (Comité Olympique International), les forages gaziers dans les
Wadden, les déclarations de frais du maire de Rotterdam Bram Peper, et sa démission
en 2000, les heurts Kok-Van Aartsen, la révision du système fiscal, l’envoi
de troupes néerlandaises dans la Corne
d’Afrique, la WAO, les listes d’attente dans les hôpitaux, les catastrophes
d’Enschede et Volendam, la crise de la vache folle, les chemins de fer.

Selon M. Lunshof, " le
manque de débat politique et l’ennui qui 
caractérisent la vie politique La
Haye , combinés à la colère liée à l’absence de solutions sur les problèmes
de la criminalité, de l’immigration et de la santé publique, ont provoqué
une lassitude générale de Paars. Fortuyn et l’image caricaturale qu’il a
brossée de Paars ont plu aux électeurs. Les partis ’violets’ ripostent
maintenant. Il est encore impossible de prédire l’effet que pourra
avoir la démission du gouvernement le mois prochain sur les électeurs. Mais le
retour de Paars est pratiquement exclu ".

 
4. Les réactions des partis politiques à la décision du Premier
ministre sont généralement positives.

Le leader PvdA Melkert
a déclaré avoir " un grand respect pour la façon dont Kok a pris sa décision ".

Le VVD Dijkstal parle
de " décision noble et courageuse ".

Pour le D66 Th. De
Graaf, " cette décision mérite le respect et exprime les sentiments de
beaucoup de gens ".

Le CDA Balkenende
trouve " logique " la démission du gouvernement, mais aurait préféré
que celle-ci intervienne après le débat
prévu aujourd’hui avec la Chambre ; il n’en juge pas moins que " la
chute du gouvernement est douloureuse et force le respect ".

Le leader Groen Links
Rosenmöller souhaite une discussion sérieuse sur la question de Srebrenica.

( Telegraaf et Trouw p3)

Pim Fortuyn parle de
" brouillard politique " et déclare " douter "
de la sincérité du Premier
ministre, qui a ses yeux, n’a pas " bien apprécié la situation "
et la " retourne maintenant en sa faveur ".

5.
Les conséquences pratiques de cette
démission sont évoquées par l’ensemble des journaux.

-  
quelles sont
les compétences d’un gouvernement démissionnaire
  ?

Un
gouvernement démissionnaire a en principe les mêmes compétences qu’un
gouvernement en exercice, explique le NRC-Handelsblad .

Avec
l’accord de la Deuxième Chambre, il peut même procéder à des nominations
et déposer des projets de loi. Une partie essentielle de la relation
Gouvernement-Parlement disparaît toutefois : le gouvernement ne peut plus faire
pression sur la Chambre en menaçant
de démissionner, et inversement, le Parlement ne peut plus lui retirer sa
confiance.

Jusqu’en
1967, le gouvernement démissionnaire a été remplacé un gouvernement " affaires
courantes spécifiques". Depuis la
chute du gouvernement Den Uyl en 1977,
le gouvernement en place a expédié lui-même les affaires courantes.

Dans
la pratique toutefois, le gouvernement démissionnaire traite les affaires
courantes, " non-conflictuelles ", et n’initie pas grandes
affaires.

Un
ministre de gouvernement démissionnaire conserve sa responsabilité ministérielle
et peut donner sa démission. (cf Hirsch Ballin en 1994, à cause d’une motion
de la 2ème Chambre sur l’affaire IRT, suivi de van Thijn).

-  
quels
sont les sujets " non conflictuels " 
qui peuvent être traités ?

Le
Volkskrant explique que les secrétaires
des groupes parlementaires se réunissent aujourd’hui pour définir les sujets
qui méritent cette qualification. Le quotidien de centre gauche s’attend à
ce qu’un " grand nombre de sujets passe sans encombre, comme par
exemple la loi de concession des chemins de fer ; mais il y a également
des décisions qui n’ont plus guère de chances d’être prises, comme la
participation au développement du JSF et la nouvelle réglementation en matière
d’aménagement territoire. 
Le gouvernement va lui aussi repousser des propositions épineuses, comme
les forages gaziers dans la mer des Wadden, ou la proposition du PvdA et du D66
de plaider en faveur de sanctions
plus sévères contre Israël ".

-  
Doit-il
encore y avoir une enquête parlementaire sur Srebrenica ?

Le Telegraaf
constate qu’une "majorité de la Chambre veut une enquête.

" Après
le CDA, le D66, Groen Links et le SP, hier, le PvdA se déclarait 
lui aussi favorable à une enquête permettant d’entendre des témoins
sous serment. Le député socialiste Koenders veut une enquête courte et rapide
où seuls les politiques et les militaires directement impliqués seraient
interrogés ".

Toutefois,
les partis ne savent pas encore à qui cette enquête devrait être confiée (Sénat
ou Deuxième Chambre)

 

-  
Autres
démissions ?

M. De Grave (défense)
" a fait savoir au
commandant en chef des forces terrestres, le Général van Baal qu’il ferait
bien de sauver l’honneur et de présenter sa démission ", annonce le Volkskrant
dans un petit article à la une. Selon
" des sources bien informées à la Défense, van Baal n’envisage pas démissionner ".

6.
Petit rappel historique  : les
principales chutes de gouvernement depuis la guerre.

" Le
gouvernement qui est tombé hier est le neuvième à ne pas avoir terminé son
mandat ", constate le Volkskrant.

 

" Le
gouvernement violet n’est pas tombé une fois mais deux fois ", précise
le quotidien de centre gauche. " En 1999, il a démissionné après le
vote négatif du sénateur Wiegel sur le référendum correctif. 
Il est exceptionnel qu’un gouvernement démissionne deux fois. Cela
n’est arrivé qu’une fois dans
la période d’après guerre : le deuxième gouvernement Van Agt (1981-82)
est tombé après 35 jours de mandat. Il a été ’recollé’, mais la coopération
entre le PvdA Den Uyl et le CDA Van Agt était vouée à l’échec. Huit mois
plus tard, la coalition CDA-PvdA-D66 tombait
définitivement ".

 

Les principales crises
précédentes sont :

. en 1989 la chute du
gouvernement Lubbers II (coalition CDA-VVD ; problème du forfait de frais
de transport)

. en 1977, chute du
gouvernement Den Uyl (catholiques/socialistes ; loi sur l’expropriation)

. en 1966, " la
nuit de Schmelzer "(chute d’un gouvernement KVP –catholiques –
PvdA, ARP ; politique financière du gouvernement).

. en 1960, " la
crise du genièvre " ( gouvernement De Quaay, ; problème de la
construction de logements sociaux ; la rupture est imputée à un excès de
consommation d’alcool dans les rangs des 
députés AR....). Cette coalition a toutefois été " recollée "
dix jours plus tard et a ensuite pu achever son mandat.

 

Affaires
économiques

Brevetabilité des
inventions biotechnologiques

L’ Algemeen
Dagblad
signale (p19) que " la Commission Européenne va assigner les
Pays-Bas devant la Cour de Justice parce qu’ils tardent trop à appliquer la réglementation
sur les brevets dans le domaine biotechnologique ". Le quotidien de
Rotterdam remarque que les Pays-Bas " pourraient 
biense retrouver avec quelques autres pays de l’UE à Luxembourg ". 
" Des entreprises comme Organon, Advanta, TanoxPharma, Dyax/Target
Quest, Syngenta Mogen et Semaia Farmaceuticals sont déjà parties pour les
Etats-Unis ou bien ont été obligées de cesser leurs activités
agro-alimentaires ".

Le Telegraaf
titre en rubrique économique (p23) que " Philips a surpris le marché
avec ses bénéfices du premier trimestre ".

Affaires
françaises

Le Trouw
poursuit sa série de portraits des candidats aux élections présidentielles.

Dernière modification : 21/04/2010

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