Revue de presse néerlandaise du lundi 25 octobre 2004

 

  • de Volkskrant : "49 recrues
    irakiennes assassinées - Le groupe terroriste d’Al-Zarqawi revendique le
    crime", "On demande des mesures énergiques à Cohen" (intimidations dans un
    quartier populaire d’Amsterdam), "La FNV durcit sa position dans le conflit"
  • Trouw : "Sanglant attentat
    contre des recrues en Irak - 49 soldats sans armes exécutés dans une embuscade
    téméraire près de Bagdad", "Après les ouragans, les tremblements de terre
    ravagent le Japon"
  • De Telegraaf : "Reprise de la
    concertation cette semaine", "L’Ajax dégringole en sixième place", "Des
    extrémistes massacrent des recrues irakiennes"
  • Algemeen Dagblad : "Le
    personnel des supermarchés a peur le soir", "Lutte pour le pouvoir à la
    direction de RTL", "Le Japon sous le choc d’un violent séisme"

 

* * *

 

Actualité internationale

 

Darfour

"Des
députés PvdA, CDA et GroenLinks, après une visite à la région soudanaise du
Darfour, plaident en faveur d’un soutien militaire des Pays-Bas", relève le
Volkskrant (p.3). "La Défense doit fournir rapidement des troupes et du matériel
pour la mission d’observation de l’Union Africaine (UA), selon des membres de
ces partis qui forment ensemble une large majorité parlementaire."

"On peut
toujours parler d’une ’situation humanitaire dramatique et urgente’, selon
Koenders (PvdA), qui avait pris l’initiative de ce voyage avec ses collègues
Brinkel (CDA) et Karimi (GroenLinks). La présidence néerlandaise de l’UE devrait
œuvrer au renforcement de la maigre mission d’observation de l’Union Africaine.
’L’UA ne dispose que d’un seul hélicoptère’, a déclaré une Karimi déconcertée,
dimanche. Le Darfour est aussi grand que la France."

"Selon
Koenders, les Pays-Bas et d’autres pays de l’UE doivent former rapidement une 
force de police [d’un millier d’hommes]. Il plaide d’autre part pour une
interdiction de survol du Darfour, éventuellement imposée par des chasseurs.
Selon les députés, des hélicoptères de l’armée soudanaise tirent toujours sur
les rebelles et les civils."

"Le député
CDA Brinkel est également favorable à une interdiction de survol. Karimi, elle,
estime que les Pays-Bas doivent mettre à disposition des hélicoptères et des
avions, pour le transport de troupes de paix africaines. Les Pays-Bas doivent
aussi fournir des moyens de communication et envoyer quelques dizaines de
vétérans de missions de paix pour aider l’UA, affirme la députée GroenLinks."

"Le
gouvernement hésite pour le moment à engager une action militaire. Le ministre
des Affaires étrangères Bot fonde ses espoirs sur la pression politique
internationale, y compris la menace de sanctions contre le régime soudanais. Son
collègue de la Défense, Kamp, qualifie une opération militaire au Soudan de
’pensable’, certes, mais il discerne de nombreuses objections d’ordre technique
militaire. Il n’est pas question d’envoyer des troupes d’infanterie pour une
mission de paix, ni pour la Chambre, ni pour le gouvernement."

"L’envoyé
spécial des Nations Unies, Jan Pronk, estime que la situation évolue
favorablement dans la province soudanaise. Il a déclaré dimanche que la
situation humanitaire s’y est améliorée. L’ancien ministre néerlandais prévient
cependant que la violence entre les milices arabes soutenues par Khartoum et les
rebelles s’est accrue."

"Selon Pronk, qui se trouve dans la capitale du Nigeria pour
une concertation avec des représentants de l’UA, l’aide internationale destinée
aux centaines de milliers de réfugiés de la région arrive de mieux en mieux à
destination."

 

Union européenne

1)
Buttiglione. "Bruxelles attend un don du ciel dans une guerre sainte", titre le
Volkskrant (p.4) de samedi au-dessus d’un article de fond. "’Une guerre sainte
n’est certainement pas ce qu’il faut à l’Europe’, a mis en garde le futur
président de la Commission européenne, Barroso, contre les europarlementaires
qui ont l’intention de faire tomber la nouvelle Commission à cause de l’affaire
Buttiglione. En effet, la controverse autour de l’ultraconservateur italien
ressemble un peu à une guerre de religion, mais une guerre de religion moderne."

"Il est
frappant que même dans le camp pro-Buttiglione, presque personne n’invoque des
valeurs chrétiennes pour le défendre. Au lieu de cela, on fait appel aux mêmes
droits fondamentaux que ses censeurs : l’interdiction de la discrimination. En
effet, il a le droit d’exprimer son opinion."

"Le sort de la nouvelle Commission est maintenant dans les
mains des libéraux, qui ont 88 sièges au Parlement européen. Une partie d’eux
est contre Buttiglione par principe, alors qu’une autre partie tout aussi
importante est pragmatique : il serait dommage de barrer la route à cette
Commission, qui compte sept libéraux. Le reste hésite et attend un don du ciel.
Si un tel deus ex machina se présente pour les libéraux, ce ne sera sans doute
pas le mérite de Barroso. Il a fait comprendre qu’il ne rognerait pas davantage
les ailes à Buttiglione. Le miracle viendra peut-être sous la forme d’une série
de coups de fil de Blair, Schröder et Zapatero à leurs europarlementaires
sociaux-démocrates. Ils ont intérêt à éviter une vacuité du pouvoir à Bruxelles,
qui ferait rester plus longtemps le président actuel, Prodi."

"Il est clair qu’il ne s’agit plus depuis longtemps des
seules idées antihomosexuelles et antiféministes de Buttiglione", commente
l’éditorialiste du même Volkskrant. "L’enjeu est aussi le pouvoir du Parlement
européen même, qui tient beaucoup à montrer qu’il a bel et bien du poids." "En
dépit de toutes les critiques sur la teneur démocratique de l’Union européenne,
il reste que le Parlement européen est le seul organe légitimé par les
électeurs. Que le renvoi de toute la Commission pour se défaire d’un commissaire
individuel constitue un remède de cheval, Barroso ne peut pas le reprocher au
Parlement."

2)
Présidence néerlandaise. "La longue maladie du premier ministre Balkenende a été
un ’handicap’ pour la présidence néerlandaise de l’Union européenne", note le
correspondant à Berlin de l’Algemeen Dagblad (p.5). "C’est ce que le secrétaire
d’Etat aux Affaires étrangères Atzo Nicolaï a déclaré hier à Berlin. Le premier
ministre intérimaire Zalm a pu le remplacer dans la plupart des cas, mais dans
la discussion sur l’adhésion de la Turquie, surtout, il était fâcheux que
personne n’ait pu parler aux autres chefs d’Etat et de gouvernement sur un pied
d’égalité. Selon Nicolaï, la question turque est le thème le plus difficile pour
la présidence."

"Nicolaï a assisté le week-end à Berlin au troisième débat
d’une série sur les ’normes et valeurs en Europe’. Officiellement, la Turquie
n’était pas un sujet de discussion, mais on en a tout de même beaucoup parlé
dans les couloirs. Le secrétaire d’Etat a aussi abordé l’affaire du candidat à
la Commission Buttiglione (Justice), qui est critiqué à cause de ses conceptions
sur l’homosexualité et les femmes. Bien que Nicolaï n’applaudisse pas à cette
discussion, elle montre cependant, selon lui, que l’Europe devient une
démocratie à part entière, dans laquelle il s’agit de la politique, du pouvoir
et des discussions morales." "Nicolaï ne prévoit pas de crise qui minera l’UE.
’Je pars du principe que chacun sent ses responsabilités’."

 

Actualité intérieure

 

Election des maires

Des
centaines de maires néerlandais se sont réunis sous un chapiteau de cirque au
Malieveld de La Haye, vendredi, pour protester contre l’élection des maires en
2006, comme le veut le gouvernement Balkenende II. Le ministre de la Rénovation
Administrative, De Graaf (D66) veut révoquer
tous les maires dès 2006 et faire élire leurs successeurs au suffrage direct.
Les maires, réunis dans l’association des communes néerlandaises (VNG) présidée
par le maire de La Haye, Wim Deetman, s’y opposent vivement. Ils font valoir que
si l’on élit les maires, il faut leur donner des instruments convenables, ce qui
n’est pas absolument pas le cas dans le cadre du projet actuel, selon eux. Le
projet de De Graaf ne règle pas bien les rapports entre le conseil municipal et
le maire, qui seront bientôt élus démocratiquement tous deux. C’est ainsi que le
maire continuera de présider le conseil municipal, parce que la Constitution le
dit et que De Graaf ne veut pas prendre le temps de la modifier. "Il faudra
savoir clairement qui commande", déclare Bernt Schneiders, maire de Heemskerk.
"Sinon ce sera l’impasse et la commune risque de somnoler pendant trois ans."

Les maires préféreraient être élus par le conseil municipal. Cela
clarifierait les rapports politiques, comme à la Deuxième Chambre, et
présenterait l’avantage d’éviter qu’on élise des chanteurs populaires, des
princes de carnaval ou des personnes riches sans talent de gestionnaire,
estiment-ils.

Mais il y a aussi des maires favorables à la nouvelle politique, comme
Gerd Leers, de Maastricht. "Actuellement, je suis une sorte de fonctionnaire
qu’on a glissé entre deux couches administratives. Si je suis élu directement
j’aurai un vrai mandat pour m’attaquer aux problèmes." Leers trouve que la VNG
est "trop conservatrice, trop défensive". Selon lui, on ne peut pas empêcher
l’élection des maires.

Si Leers a raison, c’est la dernière génération de maires nommés qui s’est
réunie sous le chapiteau du cirque Renz, loué pour l’occasion. La démocratie
directe mettra fin au "plus beau des métiers", qui permettait d’être nommé dans
des communes de plus en plus grandes. "Une carrière de maire ne sera plus
possible", comme le dit un jeune maire à La Haye.

"Cela fait évidemment mal", reconnaît Boris van der Ham,
fervent adepte, en tant que député D66, de l’élection des maires. "Ce serait
surprenant qu’il n’y ait pas de protestations" (de Volkskrant p.2, Trouw p.5, De
Telegraaf p.6 de samedi).

 

Députés catholiques

Le Trouw (p.1) et le Volkskrant (p.3) relèvent ce matin que
les députés catholiques de la Deuxième Chambre ne suivent pas la directive du
Vatican qui prescrit aux personnalités politiques catholiques de respecter la
morale ecclésiastique et de s’opposer à l’avortement, à l’euthanasie et au
mariage homosexuel. C’est ce qui ressort d’un sondage du programme télévisé
Kruispunt, de l’organisation catholique de radiotélédiffusion RKK, dont les
résultats ont été présentés hier.

 

Rotterdam : logement

La commune de Rotterdam fait don dans le quartier Spangen de
maisons d’habitation en mauvais état, mais présentant un certain intérêt
architectural, pour attirer des personnes favorisées et lutter contre la
dégradation. Les habitants potentiels s’engagent à rénover eux-mêmes leur
habitation. Selon la grandeur de la maison, les travaux à (faire) effectuer leur
coûteront de 70 000 à 210 000 euros (Algemeen Dagblad pp.1 et 2, de Volkskrant
p.2, Trouw p.3).

 

Prix littéraire AKO

L’écrivain
Arnon Grunberg a remporté le Prix AKO 2004 (50 000 euros) avec son roman De
asielzoeker (Le demandeur d’asile), paru en 2003. C’est la deuxième fois que
Grunberg reçoit le Prix AKO. Il lui a été décerné une première fois en 2000 pour
Fantoompijn (Douleur fantôme).

Grunberg a l’intention d’employer une partie de la somme qui
accompagne le prix à une édition néerlandaise du dessinateur et écrivain
français Roland Topor (de Volkskrant pp.1 et 9, De Telegraaf p.7, Algemeen
Dagblad p.15 de samedi).

 

Economie,
Finances

 

Maison
Royale

La Maison
Royale coûtera 95 millions d’euros aux contribuables néerlandais l’an prochain.
C’est un montant plus élevé que les autres années, parce que l’Etat dégage 8,4
millions d’euros pour le 25e anniversaire du règne de Beatrix.

Les allocations versées aux membres de la Maison Royale ne
s’élèvent qu’à 6,2 millions d’euros, tandis que l’entretien et la surveillance
des palais coûtent 32 millions d’euros, la sécurité des personnes (6,8 millions
d’euros) non comprise (Algemeen Dagblad p.1, de Volkskrant p.2, Trouw p.3).

 

Affaires françaises
 

 

La campagne-choc contre l’antisémitisme lancée par l’Union
des Etudiants Juifs de France (UEJF) est signalée par le Trouw (p.1) et le NRC Handelsblad
(p.5) de samedi.

L’Algemeen Dagblad (p.8) de samedi et le Volkskrant (p.5) de
ce matin annoncent que des musulmans extrémistes français combattent en Irak.

Le Telegraaf (p.5) fait mention d’un nouveau "scandale du
sang", avec la découverte d’un huitième cas de la maladie de Creutzfeldt-Jakob,
chez une femme qui a donné du sang à plusieurs reprises.

 

Dernière modification : 25/10/2004

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