Revue de presse néerlandaise du lundi 7 mars 2005

Courses de patin à glace pour la presse populaire,
élection des maires pour la presse de qualité, tels sont les thèmes qui occupent
la une de la presse de ce lundi matin, dont on retiendra plus particulièrement
quatre sujets : les doutes du ministre de la défense, M. Kamp, sur la guerre en
Irak, la réforme du système politique néerlandais, la mise en place d’un organe
de coordination de la lutte contre la criminalité financière et l’annonce de sa
campagne anti-Constitution européenne par le député Geert Wilders.

 

 

Trouw  
Plus de maire élu pour l’instant

Volkskrant  
Le PvdA menace de mettre des bâtons dans les roues à De Graaf

Algemeen Dagblad  
Des millions de dégâts à cause de la neige

Telegraaf  
La ligne téléphonique du fisc est un enfer

 * * *

 
ACTUALITE INTERIEURE

 

Guerre en Irak : enquête parlementaire ?

 

Trouw et
Volkskrant reviennent sur les propos du ministre de la défense, M. Kamp, publiés
dans l’Algemeen Dagblad de samedi , selon lequel celui-ci douterait des
affirmations britanniques et américaines sur la présence d’armes de destruction
massive dans l’Irak de Saddam Hussein : « Je n’ai pas encore de jugement
définitif.....L’Histoire nous donnera la réponse », avait commenté le ministre.

« Les
partis d’opposition ont été désagréablement surpris par les doutes exprimés
publiquement par le ministre Kamp », note le Trouw, qui précise que « le PvdA et
le SP veulent que le ministre vienne s’expliquer à la Deuxième Chambre ».

« PvdA,
D66 et SP demandent une enquête parlementaire sur le processus de décision »,
ajoute le Volkskrant, qui rapporte le mécontentement de ces partis. « Le député
PvdA Koenders veut savoir sur quoi reposent les doutes du ministre : ‘le
gouvernement n’a jamais accepté d’enquête sur les informations concernant la
présence d’armes de destruction massive. Il a toujours insisté sur le fait que
ces informations n’avaient pas motivé le soutien politique des Pays-Bas à la
guerre, mais bien plutôt le refus de Saddam Hussein d’appliquer les résolutions
du Conseil de Sécurité. Cela vaut également pour le nombre d’Américains en
Irak ; Kamp a toujours affirmé que la stratégie américaine était bien
organisée’. Son collègue SP van Bommel considère les déclarations du ministre
comme ‘une provocation’. Et il ne croit pas aux vertus d’un débat
d’interpellation, ‘un cirque qui ne mène à rien’. Il demande une enquête
parlementaire sur le processus de décision qui a précédé la guerre en Irak. Le
D66 Bakker plaide également en faveur d’une enquête : ‘Jusqu’à présent, Kamp s’y
est toujours opposé ; mais puisque maintenant lui-même a des doutes et que nos
militaires auront bientôt quitté l’Irak, plus rien ne devrait l’empêcher’ ».

 

 

Réforme des institutions : un système unanimement
considéré comme vieilli

Philippe Remarque
constate, dans le Volkskrant, que « tous les partis politiques se penchent sur
la réforme d’un système considéré comme désuet » et prédit qu’ « après ce
gouvernement, un pas, aussi modeste soit-il, aura été fait sur la voie du
renouveau des institutions ».

Et même si
le PvdA freine, au Sénat, la mise en place du système d’élection des maires,
estime-t-il, « cela ne fera que retarder l’échéance. Les Pays-Bas ont changé, et
jamais une telle opportunité de modernisation des institutions ne s’est
présentée. Cela n’a rien à voir avec la position clé du D66 au gouvernement,
cela est dû à la révolte des électeurs sous la houlette de Pim Fortuyn en 2002.
Il a inscrit en tête de l’agenda politique le problème du fossé entre le citoyen
et la politique, même pour les grands partis qui avaient jusque là bloqué tout
changement. ...Dans tous les partis, la réflexion sur la réforme des institutions
aboutit à la même conclusion : nos institutions, qui remontent à 1917,
découlaient de la Verzuiling (organisation communautaire de la société). Les
citoyens votaient bravement, tous les quatre ans, en faveur du parti qui
représentait leur pilier, et ensuite, les élus faisaient en sorte de trouver un
arrangement. Mais le citoyen moderne a reçu une meilleure éducation, ne vote
plus automatiquement pour un seul parti, et souhaite exercer une influence
directe sur la politique.... Le VVD, qui demeure attaché au système de
représentation indirecte mis en place par Thorbecke en 1848, se demande,
certes, si cette réforme est bien la réponse à la révolte déclenchée par Fortuyn :
‘les électeurs ne se demandent pas s’ils ont envie de choisir le Premier
ministre, ils veulent davantage de sécurité, un meilleur système de santé et une
solution au problème de l’intégration’. Mais quoi qu’en pensent CDA et VVD, ils
ne veulent de toute façon pas faire tomber le gouvernement à un moment
défavorable. Le D66 aura donc ce qu’on lui a promis dans l’accord de
gouvernement : un maire élu et une réforme des institutions. Même si les partis
gouvernementaux divergent fondamentalement sur la définition du rôle du maire et
sur le type de système électoral à privilégier. C’est la raison pour laquelle
ils vont se rencontrer vendredi à huis clos afin de trouver un compromis. Le
sort qui sera réservé au système de circonscriptions de Thom de Graaf est très
incertain ... Une chose est certaine par contre, au terme du mandat de ce
gouvernement, le système aura changé. C’est un grand pas en avant après des
décennies de discussion infructueuses. Maintenant que d’éminents hommes
politiques comme Jozias van Aartsen (VVD) et Wouter Bos (PvdA) se montrent
ouverts au changement (ils rêvent tous les deux d’un retour au système de
districts d’avant 1917), il est vraisemblable que la réforme des institutions
continuera de dominer l’agenda politique. »

 

 

Lutte contre la criminalité financière : mise en place d’un organe de coordination

 

Le
Financieele Dagblad annonce à la une le « retour de Docters van Leeuwen à la
‘criminalité’ », et explique que le président de l’AFM (Autoriteit Financieele
Markten) devient, pour un an, président du FEC (Financieel Expertise Centrum),
et « reprend ainsi ses activités de lutte contre le crime organisé » en
examinant « l’utilisation abusive des systèmes financiers ».

Le FEC,
explique le journal financier, « coordonne les travaux de toutes les principales
institutions de contrôle financier, de renseignement, d’enquête et de
poursuites judiciaires : l’AFM, la Nederlandse Bank (DNB), les services fiscaux,
le FIOD (Fiscale Inlichtingen- en Opsporingsdients), l’ECD (Economische
Controledienst), la police, le ministère public ainsi que l’AIVD. »

« L’ex-directeur du BVD et ex-patron du ministère public » décrit au Financieele
Dagblad les « trois grandes orientations du travail du FEC ». « En premier lieu,
nous examinons la façon dont la criminalité organisée détourne - et non pas
utilise - les systèmes financiers. La corruption joue peut-être un rôle. Nous ne
pouvons pas exclure que le secteur financier soit très intéressant pour la
criminalité organisée. Leur objectif est tout de même de gagner de l’argent. En
second lieu, nous surveillons les incidents. Nous nous demandons s’ils
surviennent de façon isolée. Nous nous intéressons au rôle des fondations dans
le financement du terrorisme. Ou au racket. Le secteur immobilier nous intéresse
également. Nous examinons la relation entre monde criminel et société civile. M. 
Eendstra est-il le seul banquier de la maffia ? Tous ces gens du secteur
financier sont-ils blancs comme neige ? En troisième lieu, nous recherchons
d’éventuelles activités illégales d’organisations financières. Par exemple
l’avocat qui dérape, ou des entreprises qui dérapent et se retrouvent impliquées
dans du blanchiment d’argent. »

M. Docters
van Leeuwen précise que « le FEC n’obtiendra pas directement de résultats : il a
été créé pour permettre d’améliorer les résultats de ses composantes, le
ministère public, le FIOD, l’ECD. Il faudra attendre un certain temps avant
qu’une affaire arrive devant un juge ».

 

 

Référendum sur la constitution européenne : campagne

 

Le député
Geert Wilders (Groupe Wilders, ex-VVD) a annoncé , relève la presse de samedi,
son intention de faire campagne contre la Constitution européenne. Il prévoit
une tournée en autocar à travers les Pays-Bas dans la deuxième quinzaine de mai.
Il fera usage, à cet effet, de la possibilité de demander une subvention à la
Commission pour le Référendum, et avance un montant de 35.000 Euros.

Dernière modification : 07/03/2005

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