Revue de presse néerlandaise du lundi 14 mars 2005

Tandis que les quotidiens à grand tirage s’intéressent à la sécurité routière ou brodent sur des thèmes déjà abordés samedi, le Trouw et le Volkskrant suivent l’actualité internationale et la politique néerlandaise.

De Telegraaf : "Interdire le cyclomoteur - Recommandations au ministre : interdiction de conduire la nuit pour les jeunes, nouvelles vitesses limite, introduction d’un limitateur de vitesse", "Hoogervorst envisage une taxe sur la graisse", "Un billet gratuit avec Wolkers" (Semaine du Livre, patronée par les NS)
Algemeen Dagblad : "Le mauvais entraînement choque la Chambre - Kamp doit fournir des explications sur la gendarmerie", "Des heures de bricolage pour avoir une voiture comme dans le film"
de Volkskrant : "’Quand on pêche avec trois filets on attrape plus’ - Le succès du PvdA dans les sondages le rend hésitant vis-à-vis de la gauche", "Annan veut réformer la Commission des droits de l’homme" (Reuters), "Wilders plaide pour une fonction publique réduite dans son programme"
Trouw : "Enquête sur les enlèvements de la CIA en Europe" (presse américaine), "Un indice durable ne marchera pas au Damrak"

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Le dossier du jour : PvdA, GroenLinks et SP

"Le président du PvdA, Koole, a récemment exprimé de façon très imagée son aversion pour un nouveau parti populaire progressiste : ", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une, "avec trois filets de pêche on attrape plus qu’avec un. Alors, pourquoi continuer de ratiociner sur une fusion du PvdA, de GroenLinks et du SP ?"
"Samedi, néanmoins, huit députés et sénateurs du PvdA, du SP et de GroenLinks ont de nouveau entrepris une timide tentative. Ils ont appelé dans le Volkskrant à formuler un plan d’action commun pour leurs partis, une réponse ’de gauche’ au ’rigide calendrier conservateur de l’actuelle coalition du CDA, du VVD et du D66. Pas une fusion des partis, donc, mais une coopération plus serrée dans la perspective des élections."
"La réaction du président du groupe parlementaire PvdA, Bos, a été un ’non’ poli mais réservé. Il est très bon de faire cause commune dans la politique quotidienne, ’mais nous ne devons pas exprimer de préférence exclusive une coalition donnée’. La porte reste ouverte au CDA, au VVD et au D66."
"Selon Bos, il est même bête de réunir les partis progressistes. ’La gauche néerlandaise se porte le mieux quand chaque parti insiste sur sa propre identité. Nous ne devons pas trop nous rapprocher les une des autres. Sinon, les électeurs du SP trouveront tout trop PvdA et ceux du PvdA auront l’impression d’être au SP. Cela ne fera que coûter des votes’."
"Le refus de Bos s’inscrit dans une longue tradition", explique le journal de centre gauche. "Depuis le fameux Keerpunt ’72, le programme commun avec lequel le PvdA, le PPR [ancien parti progressiste fondu dans GroenLinks] et le D66 ont gagné les élections [de 1972], l’idée d’une Grande Gauche dépérit. Le fondateur du D66, Van Mierlo, était bien disposé dans les années soixante-dix à renoncer à son propre bébé politique pour un Parti populaire progressiste, mais son entourage ne l’a pas suivi."
"Des membres du PvdA se sont également manifestés. Des collaborateurs du bureau scientifique (Kalma), des publicistes (Scheffer), des universitaires (De Beus), des directeurs de campagne (Monasch) et des députés (Van Heemst, De Vries, Duivensteijn, Oudkerk) se sont prononcés les quinze dernières années en faveur d’une étroite coopération ou d’une fusion des partis de gauche. Le leader du SP, Marijnissen, et Halsema de GroenLinks ont récemment encore prôné la formation d’un front de gauche."
"Si ces appels restent sans suite, c’est parce qu’un (ou deux) des trois partenaires de fusion potentiels n’en ressent pas encore l’urgence électorale. L’histoire montre que ce n’est que quand le déclin est irréversible que les partis sont prêts à conjuguer leurs efforts."
"Le leader PvdA Bos souligne qu’en ce moment son parti (42 sièges) se porte comme un charme dans les sondages (51 sièges). ’Le SP et GroenLinks montent aussi. Alors je dis : never change a winning team’."
"Le leader SP Marijnissen est déçu. ’Bos laisse passer un moment historique. Les sondages montrent qu’une majorité de gauche est possible. Saisissons cette occasion et coopérons par force, et pas par faiblesse quand il sera trop tard’."
Les huit signataires de la tribune publiée en page d’opinion du Volkskrant de samedi avaient notamment écrit : "Nous voulons d’autres Pays-Bas, dans lesquels ce n’est pas l’immobilisme qui gouverne, mais la curiosité. Pas seulement la liberté de choix, mais aussi la solidarité. Dans lesquels des citoyens ne sont pas exclus en raison de leurs origines. Un pays qui donne de l’espoir à ses habitants au lieu d’être un sujet de préoccupation. Un pays dans lequel tout le monde compte vraiment. Ce ne sont pas les Pays-Bas que nous voyons se créer [...], un monde dans lequel le cynisme et l’indifférence ont libre cours, où la compassion est rare et où la solidarité est devenue un mot désuet."
Si des élections avaient lieu actuellement, l’opposition de gauche obtiendrait 75 sièges, le VVD un siège de moins (27) qu’il y a deux ans, le D66 également un de moins et le CDA un de plus. Le PvdA en aurait 51 (+1) et le SP passerait de 15 à 13. Le Telegraaf (p.6) de samedi, qui donne ces chiffres, attribue le résultat remarquable du VVD à "l’effet Wiegel". Cet ancien ministre et sénateur VVD très populaire se manifeste généralement dans les médias, suggérant son possible retour sur la scène politique, quand son parti est en perte de vitesse.

Actualité internationale

Pays-Bas - Belgique : ligne TGV
"Un voyage en train de La Haye à Bruxelles avec le TGV Sud durera dix minutes de plus que prévu", annonce le Volkskrant (p.2) de samedi. "C’est dû au fait que le TGV s’arrêtera aussi à Breda, Brecht et Mechelen. En 2007, le voyage par ’TGV omnibus’ durera une heure quarante minutes, vingt-six minutes de moins que par la liaison Thalys actuelle."
"Les Pays-Bas et la Belgique ont fait connaître vendredi l’accord comprenant les nouveaux arrêts. Les deux pays ont négocié durant des mois sur l’exploitation du TGV Sud." "Les derniers mois, le TGV Sud a été un ’dossier migraine’ pour la ministre des Transports et Voies d’Eau, Peijs."
"Peijs, vendredi, s’est aussi entendue avec la Flandre sur l’approfondissement de l’Escaut occidental, un projet qui doit rendre le port d’Anvers plus accessible. Cet approfondissement coûtera 500 millions d’euros. La Flandre en paiera 80 pour cent."
D’autres journaux de samedi considèrent que l’accord sur l’Escaut occidental, dont l’approfondissement risque de porter un préjudice économique au port de Rotterdam du fait qu’Anvers pourra accueillir des bateaux d’un tirant d’eau de 15 mètres, a servi de monnaie d’échange dans les négociations. Selon Peijs, ce n’est pas le cas (NRC Handelsblad p.2, Trouw p.5, Algemeen Dagblad p.7, De Telegraaf p.7).
"En fait, on peut parler d’un double accord dont les deux pays profitent", commente le Financieele Dagblad ce matin. Mais la joie sera sans doute de courte durée, selon le journal financier, car la Belgique réclame aussi la réouverture du "Rhin de fer", une ancienne liaison ferroviaire avec l’Allemagne qui passe par une réserve naturelle néerlandaise. "Un nouvel échange de dossiers économiques n’est pas possible en ce moment. En fait, seule une fusion de la Flandre et des Pays-Bas pourrait résoudre définitivement les problèmes. Mais cette perspective est vraiment très théorique. Jusqu’à nouvel ordre, la bataille que Rotterdam et Anvers se livrent pour attirer le plus possible de conteneurs d’Extrême-Orient continuera de peser sur l’amitié belgo-néerlandaise."

Pays-Bas - Israël
La presse signale ce matin la visite du premier ministre Balkenende en Israël et dans les territoires palestiniens. "Le premier ministre Jan Peter Balkenende, durant une réunion avec des représentants de la communauté néerlandaise en Israël, hier, a déclaré qu’il ’ne faut jamais se résigner à l’antisémitisme’", écrit le correspondant du Telegraaf (p.3) à Tel Aviv. "’Il ne faut pas non plus douter du droit d’existence de l’Etat d’Israël, pas plus qu’on ne peut dénier aux Palestiniens le droit d’avoir leur propre Etat’."
Le premier ministre s’est rendu en Israël à l’occasion de la réouverture du Musée Yad Vashem, où sont commémorées les victimes de l’Holocauste. Balkenende, dont c’est la première visite dans la région en tant que premier ministre, en profitera aussi pour rencontrer le premier ministre israélien Sharon et le président palestinien Abbas.

Nations Unies
L’ensemble de la presse de samedi a annoncé la candidature d’Ad Melkert, ancienne tête de liste du PvdA à l’un des plus hauts postes à l’ONU, la direction du PNUD, le programme des Nations Unies pour le développement. Melkert, qui a quitté la politique et même les Pays-Bas à la suite de la débâcle de son parti en 2002, après le meurtre de Pim Fortuyn, bénéficie du soutien du premier ministre et du ministre des Affaires étrangères. Ses concurrents sont la ministre norvégienne de la Coopération Hilde Frafjord Johnson et la Britannique Valerie Amos.
Melkert (49 ans) est actuellement à la Banque Mondiale, à Washington.
Selon l’Algemeen Dagblad (pp.1 et 8), la Reine Beatrix, qui n’était pas contente de la chute du Haut Commissaire pour les Réfugiés Ruud Lubbers aurait intercédé en faveur de Melkert auprès du secrétaire général Kofi Annan. Beatrix, souligne le journal de Rotterdam, est liée d’amitié avec Lubbers comme avec Annan et les Pays-Bas ont bonne réputation dans les pays en développement.

Pays-Bas - Afghanistan
"L’Afghanistan pourra compter les deux ou trois prochaines années sur le soutien néerlandais dans la lutte contre le terrorisme et la misère, et pour la construction de la démocratie", note le Telegraaf (p.3). "C’est ce que la ministre Van Ardenne (Coopération) a promis hier au gouvernement afghan. Van Ardenne, qui est en voyage en Afghanistan et au Pakistan, s’est notamment entretenue hier avec le ministre afghan des Affaires étrangères. Aujourd’hui, elle s’entretiendra entre autres avec le président Karzai."
"Les Pays-Bas, l’an dernier, ont donné 52 millions d’euros à l’Afghanistan. Pour la ministre, la combinaison d’aide au développement et de soutien militaire pour la sécurité du pays est cruciale dans la contribution néerlandaise."

Actualité intérieure

Wilders
Le député indépendant Geert Wilders participera aux prochaines élections législatives avec un programme de base, dans lequel il prône un allégement fiscal général, une offensive contre la bureaucratie et beaucoup d’attention pour la sécurité.
Wilders a présenté sa "déclaration d’indépendance" le week-end dernier. Il se dit "indépendant" de "l’élite politique pleine de suffisance qui a perdu la boussole depuis longtemps et qui est sur le point de dire adieu aux racines séculaires des Pays-Bas, pour les échanger contre le multiculturalisme, le relativisme culturel et un super-Etat européen".
Wilders, auquel les sondages d’opinion attribuent actuellement quatre sièges à la Deuxième Chambre, est partisan d’économiser des milliards sur l’aide au développement, de supprimer les ministères de l’Education et des Affaires économiques et de réduire le nombre de règles et de consignes d’au moins 50 pour cent. Il veut mettre fin à l’enseignement islamique et réduire drastiquement l’immigration, notamment en fermant les frontières aux allochtones non occidentaux pendant au mois cinq ans.
Le député estime que les Pays-Bas doivent adopter une position plus dure sur le plan international. Ils doivent dénoncer tous les traités internationaux "qui ne sont pas dans notre intérêt". Ils doivent réduire leur contribution financière à l’UE de 90 pour cent et ne pas admettre d’élargissement de la zone euro.
Les Pays-Bas doivent se défaire des Antilles néerlandaises, "compte tenu du risque d’afflux de criminalité (de la drogue), de la grande corruption et de l’incompétence administrative des Antilles" (de Volkskrant pp.1 et 2, Trouw p.2, Algemeen Dagblad p.5, De Telegraaf p.6).

Economie, Finances

Petten
"Le Ministère public d’Alkmaar a requis une sanction d’un million d’euros contre les trois entreprises NRG, ECN et Mallinckrodt en raison de délits environnementaux autour de la centrale nucléaire de Petten", annonce le Volkskrant (p.3) de samedi.
"Lors d’une descente en 2003, il est apparu que ces entreprises traitaient avec nonchalance des produits dangereux", rappelle le journal de centre gauche qui suit ce dossier de près. "Des infractions ont également été constatées à l’organisation européenne Euratom, qui est responsable de la centrale nucléaire de Petten."
"Le ministre de la Justice Donner a affirmé qu’Euratom ne pouvait pas faire l’objet de poursuites, du fait que l’organisation bénéficierait de l’immunité diplomatique. Les avocats des trois entreprises assignées à comparaître, durant la séance de vendredi, ont invoqué le principe d’égalité. Si l’on ne poursuit pas Euratom, il ne faut pas poursuivre les entreprises non plus."
"Le tribunal se prononcera dans deux semaines."

Affaires françaises

De la presse de samedi, on peut retenir un article sur le stockage du gaz carbonique dans des réservoirs sous-marins par Gaz de France, une idée présentée dans le cahier Kennis du Volkskrant comme méritant d’être étudiée aux Pays-Bas.
Il y avait d’autre part une recension de l’autobiographie de Mazarine Pingeot, "Bouche cousue" (Algemeen Dagblad p.27).
Ce matin, Fokke Obbema, dans le cadre de la Semaine du Livre aux Pays-Bas, évoque la passion des Français pour les ouvrages historiques. L’histoire des Pays-Bas est le thème de la Semaine de cette année.
Le Volkskrant (p.11) relève que c’est aujourd’hui que commence le procès pour transport de cocaïne du navigateur néerlandais Piet P. "La question centrale est : P. savait-il ce qu’il faisait, où a-t-il été berné ? Et pourquoi les autorités néerlandaises l’ont-elles abandonné à son sort pendant trois ans ?"

A signaler :
Un entretien avec le nouveau ministre britannique de l’Intérieur, Charles Clarke, avec Peter de Waard (de Volkskrant p.4) : "A la recherche d’un équilibre entre la sécurité et les droits des citoyens." "Al Qaeda est d’un tout autre ordre que l’IRA", fait valoir le ministre pour justifier la sévérité des mesures de sécurité.

Dernière modification : 14/03/2005

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