Revue de presse néerlandaise du jeudi 28 juillet 2005

La maison d’édition De Bezige Bij a annoncé le décès hier, à l’âge de 93 ans, de Marten Toonder, le grand homme de la bande dessinée néerlandaise. Son personnage le plus connu, Tom Poes, un chat errant, est apparu pour la première en 1941, en feuilleton dans le quotidien De Telegraaf. Toonder a écrit et dessiné pendant 45 ans, jusqu’en 1985, les aventures de Tom Poes et de son antagoniste le sieur Olivier B. Bommel, un châtelain nouveau riche inculte mais plein de bonne volonté. Il est aussi l’auteur de films et de messages publicitaires. De nombreux mots et expressions forgés par le "La Fontaine néerlandais" sont passés dans le langage courant et ont reçu la consécration des dictionnaires.

NRC Handelsblad d’hier soir : "Les caméras enregistrent le dommage de Discovery", "La justice poursuit aussi B. en tant que membre du groupe Hofstad", "Réclusion aussi pour les idées de B."
De Telegraaf : "Prison pour les imams qui prêchent la haine - Projet de loi contre l’apologie du terrorisme", "Marten Toonder (93 ans) est décédé", "La Dacia Logan verse - Le test de stabilité est fatal à la roumaine bon marché"
de Volkskrant : "Les Etats-Unis vont réduire leur présence en Irak" (correspondance de New York), "L’homme des minkukels [non-valeurs] et des bovenbazen [grands tireurs de ficelles]" (Toonder), "Huissiers d’Allah, cela sonne mieux" (reportage sur la séance pro forma du procès du groupe Hofstad)
Trouw : "Samir A. loue le meurtrier de Van Gogh - ’Mohammed B. veut sacrifier sa vie à Allah’", "Les Etats-Unis, la Chine et l’Inde proposent un autre ’Kyoto’"
Algemeen Dagblad : "Les accidents de camion deviennent beaucoup plus fréquents", "La navette spatiale semble encore intacte", "Le vrai homme de qualité est décédé", "La nouvelle voiture de Renault verse"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne - Turquie
"Le 3 octobre commenceront les négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne", rappelle le commentateur du journal d’affaires Het Financieele Dagblad. "Si l’intérêt manifesté pour ce pays par le secteur privé est déterminant pour le succès de ces négociations, la Turquie fera partie de l’UE d’ici quelques années."
"Depuis la libéralisation des mouvements de capitaux, en 2004, l’intérêt des entreprises européennes pour la Turquie a crû énormément."
"Le développement de la Turquie ressemble beaucoup à celui de l’Espagne il y a trente ans. D’abord les migrants du travail se rendent dans le Nord, ensuite le tourisme de masse se rend dans le Sud. Et les entreprises finissent par suivre. La grande différence est que la population de l’Espagne était essentiellement catholique et que celle de la Turquie est surtout islamique. Cela fait peur à beaucoup de citoyens et à un certain nombre de politiques européens, malgré la séparation de la mosquée et de l’Etat en Turquie."
"Les arguments contre la Turquie, comme la violation des droits de l’homme, la mauvaise structure juridique, la corruption et la grande taille du secteur agricole, sont aussi valables pour la Roumanie et la Bulgarie, comme ils l’ont été pour l’Espagne et le Portugal il y a trente ans. Il est nécessaire de réformer le système de subventions de l’UE, y compris les subventions agricoles. La crainte que la Turquie ne profite trop des subventions peut nous inciter à nous y mettre dès maintenant."
"A en juger par l’intérêt des touristes, la Turquie vogue lentement vers l’Union européenne. Avec l’intérêt des entreprises européennes, l’adhésion à l’UE s’accélère."
"Il y a des années, ces mêmes entreprises ont réclamé une Union monétaire et une monnaie européenne. Nous les avons toutes deux. Si les entreprises européennes estiment qu’il importe que la société turque évolue et que cela ira plus vite au sein de l’Union européenne, aucun politique ne pourra plus bloquer son adhésion."

Pays-Bas - Indonésie
L’éditorialiste du Trouw juge "étonnant, rétrospectivement," qu’il ait fallu soixante ans pour accepter l’autoproclamation de la République indonésienne le 17 août 1945. "On pourrait l’imputer au fait que nous avons mené en vain une guerre, les actions dites de police. Une guerre dans laquelle 6 000 Néerlandais sont morts et environ 100 000 Indonésiens et dont les séquelles ont été longues, d’autant plus qu’il est apparu qu’il y avait eu des excès. Mais surtout, nous n’avons jamais réussi à assumer notre passé colonial. C’était un sujet tabou qui empêchait de faire justice à la communauté indonésienne des Pays-Bas et aux vétérans. Le sujet est ainsi devenu un obstacle à la normalisation des relations."
"Bot mérite des félicitations pour avoir réussi à surmonter cet obstacle. C’est aussi une victoire personnelle pour un homme qui est né en Indonésie et qui a été interné dans un camp japonais dans son enfance."

Sahara Occidental
Plusieurs quotidiens annoncent la nomination mardi de l’ancien ambassadeur néerlandais auprès des Nations Unies Peter van Walsum comme envoyé personnel de Kofi Annan au Sahara Occidental, pour tenter de lever les blocages entre le Maroc et le Front Polisario.
"L’ancien diplomate Peter van Walsum doit sa nomination à la fonction d’envoyé de l’ONU au Sahara Occidental à son état de services", souligne le Volkskrant (p.2) dans un profil de Van Walsum. "Il n’y a pas eu la moindre intervention de La Haye, fait savoir le ministère des Affaires étrangères. Sans doute au grand soulagement de Van Walsum, qui a qualifié un jour les capacités de lobbying de La Haye de ’tout à fait amateuristes’."
"Avec Van Walsum (71 ans), l’ONU a recours à un poids lourd. Ses amis comme ses ennemis disent que c’est ’le meilleur de ce que la diplomatie peut offrir’. Un intellectuel de haute volée, subtil et volontaire, qui n’a pas fait sa longue carrière aux Affaires étrangères en répétant sagement ce que La Haye lui disait. ’J’ai souvent voulu dire les choses un tout petit peu autrement, sans parler des moments où la sagesse m’a incité à ne rien dire’, a-t-il dit en 2001, après avoir pris sa retraite."
"Van Walsum n’a jamais caché l’irritation que suscitait chez lui la politique africaine (’du verbiage’) des gouvernements néerlandais successifs. A ses yeux, les Pays-Bas, comme beaucoup d’autres pays, ignorent les problèmes de l’Afrique. En tant qu’envoyé de l’ONU, il pourra en tout cas essayer de résoudre une de ces questions."

ACTUALITE INTERIEURE

Lutte contre le terrorisme
"Les personnes qui justifient les attentats terroristes ou d’autres crimes graves pourront bientôt s’attendre à une peine de prison d’un an au maximum ou à une amende pouvant aller jusqu’à 4 500 euros", annonce le Telegraaf dans son grand article à la une. "C’est ce que propose le ministre de la Justice, Donner, dans un projet de loi qu’il a envoyé pour avis à diverses instances. Le ministre veut aussi donner aux tribunaux la possibilité de démettre de leurs fonctions les personnes qui en abusent pour justifier ou nier des crimes graves."
"Cette mesure vise surtout les leaders spirituels comme les imams qui s’occupent du recrutement pour le jihad ou l’apologie des martyrs terroristes."
"Donner, par son projet de loi, veut éviter que les discussions sur le terrorisme, par exemple, ne débouchent sur des échanges de bassesses. Il s’inquiète vivement de ’la dégradation croissante du débat public aux Pays-Bas’. Les nouvelles peines doivent ’mieux protéger la société contre les propos dépassant de loin les limites de l’admissible’, écrit-il."
"Il ne s’agit pas seulement de propos qui justifient, minimisent ou nient les attentats terroristes, mais aussi de propos scandaleux concernant les crimes de guerre et le génocide, comme la persécution des juifs. Donner insiste sur le fait que les nouvelles peines ne s’appliqueront que si les propos condamnables sont profondément blessants ou susceptibles de provoquer une grande agitation dans la société."

Van Gogh
Selon les parents du cinéaste assassiné Theo van Gogh, le fils de celui-ci a été molesté à deux reprises par des Marocains, après le meurtre. C’est ce que les grands-parents de Lieuwe van Gogh (14 ans) ont déclaré hier soir, durant le programme télévisé NOVA (Trouw p.1n Algemeen Dagblad p.1, de Volkskrant pp.1 t 3, De Telegraaf p.3).

ECONOMIE, FINANCES

Ministères
"Des milliers d’emplois vont disparaître dans les ministères à La Haye", annonce le Volkskrant à la une. "Les prochaines deux années et demie presque douze mille emplois à plein temps ( 9 pour cent du total) seront menacés dans les ministères. La vague de licenciements est une conséquence du cumul d’économies et de la réduction du nombre de lois et de règles imaginées et contrôlées à La Haye."
"Ce sont surtout des fonctionnaires du fisc, des personnels de l’Education, de la Culture et des Sciences et des collaborateurs du ministère des Transports et Voies d’Eau qui doivent craindre pour leur emploi, ainsi qu’il ressort des calculs que le ministre Zalm (Finances) a envoyés à la Deuxième Chambre."
"Zalm a fait le point à la demande insistante du député VVD Charlie Aptroot, partisan connu de la réduction du nombre de fonctionnaires. ’Il n’y a qu’une manière de réduire le nombre étouffant de règles dans ce pays, c’est de couper dans le nombre de faiseurs de règles. Moins il y aura de rédacteurs de notes et de tamponneurs, mieux ce sera’, dit-il."
"Une porte-parole de Zalm affirme que les ministères pourront décider eux-mêmes de la façon dont ils procèdent aux économies et qu’ils pourront ainsi limiter le nombre de licenciements. ’Les dernières années, les trois quarts des économies réalisées consistaient en réduction des effectifs’, dit-elle. Les ministères peuvent difficilement économiser autrement : les charges salariales sont la principale dépense de la plupart des ministères."

AFFAIRES FRANÇAISES

Outre des articles factuels sur le procès du tunnel du Mont-Blanc, des reportages sur la grande affaire de pédophilie jugée à Angers et des brèves sur le renforcement des mesures antiterroristes dans les transports publics, on retiendra un papier de Marijn Kruk sur les "pôles de compétitivité" dans le Trouw (p.8). "La France investit des milliards dans l’innovation industrielle. Partout dans le pays devront surgir des pôles de compétitivité pour se mesurer dans nombre de domaines aux rivaux étrangers." "Les Français ne pourront pas faire breveter leurs centres de concurrence", remarque le journal chrétien progressiste dans un deuxième article. "Beaucoup de pays en ont. Mais l’ampleur de l’opération française est remarquable." "Les Pays-Bas investissent chaque année quelques centaines de millions d’euros dans de tels centres. De la petite bière en comparaison des milliards que l’Etat français investit maintenant dans l’innovation industrielle."

Dernière modification : 28/07/2005

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