Revue de presse néerlandaise du vendredi 29 juillet 2005

Le NRC Handelsblad d’hier soir consacre presque deux pages au "créateur linguistique" Marten Toonder, décédé mercredi, et aux personnages de ses bandes dessinées parues en feuilleton pendant un demi-siècle dans divers journaux et en livres de poche régulièrement réédités.
"Le NRC Handelsblad doit beaucoup à Marten Toonder", écrit l’éditorialiste du journal du soir. "Sa bande dessinée, à une époque où il n’y avait encore guère de marketing, a attiré et fidélisé les lecteurs de façon inimitable. Les aventures de Bommel ont été un enrichissement pour le journal, dans les deux sens du terme. Ils en ont fait partie intégrante pendant plus d’un demi-siècle. Toonder et ses personnages restent vivants dans les rééditions de Bommel, dans la langue officielle de Van Dale [le Robert néerlandais] - et dans la galerie d’honneur du NRC Handelsblad."

NRC Handelsblad d’hier soir : "L’homme qui a exposé la folie du monde - Toonder comme créateur linguistique", "Les Etats-Unis et l’Australie concluent un traité climatique", "La NASA : les navettes resteront au sol"
Trouw : "L’IRA promet de désarmer", "Les chroniqueurs redoutent la nouvelle loi : la discussion doit rester possible"
de Volkskrant : "Après 33 ans, l’IRA dépose les armes - Les protestants d’Ulster sont sceptiques, le pasteur Ian Paisley exige des preuves photographiques", "’Nous Français n’avalons pas de pilules libérales’ - Ceux qui ont dit non à la Constitution européenne ont le sentiment que leur message n’est pas passé" (reportage de Poitiers)
Algemeen Dagblad : "Les experts : Le nouveau passeport est piratable - Il est possible de copier le scan du visage et l’empreinte digitale", "La NASA met fin aux vols habités", "L’IRA, après plus de 30 ans, renonce à la lutte armée"
De Telegraaf : "Remboursement de l’assurance WAO - Une aubaine de quelques centaines d’euros", "Un sénateur italien : Retournez chez vous, les Hollandais !" (affaire Antonveneta), "L’IRA dépose les armes"

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ACTUALITE INTERIEURE

Projet de loi de Donner
La plupart des quotidiens développent ce matin le thème de la pénalisation de l’apologie des actes terroristes dont le populaire De Telegraaf a fait son grand article à la une, hier.
"Le projet de loi du ministre Donner (Justice) peut avoir des conséquences pour les chroniqueurs", écrit le Trouw à la une. "Leon de Winter (notamment Elsevier ) : ’Si Donner essaie en catimini de faire entrer son article sur le blasphème dans ce projet de loi, je suis contre.’ ’Il est interdit d’appeler à la violence. Mais il doit rester possible de discuter et de dénoncer des idées qui dominent les religions et les idéologies, même d’une manière qui blesse les gens, sciemment ou non. Je trouve que ce droit est une condition de la société libre’."
"Dans son commentaire, Donner écrit que les propos blessants qui suscitent des tensions entre des groupes de la population et qui favorisent la radicalisation sont pénalisables s’ils perturbent ou peuvent perturber gravement l’ordre public. Le chroniqueur Afshin Ellian, du NRC Handelsblad, juge cette phrase ’très dangereuse’. ’Un écrivain comme Hermans n’a-t-il plus le droit de naître aux Pays-Bas ? Il a qualifié les catholiques d’avortons qui se reproduisent comme des lapins.’ Ellian comprend les préoccupations de Donner, mais nourrit des objections contre sa solution. Selon lui, la loi sera inapplicable, parce que des milliers de personnes font l’apologie du terrorisme sur Internet. Outre des objections pratiques, Ellian redoute une ’trop grande violation de la liberté d’expression’. ’En pénalisant aussi l’apologie de la violence, on rend très floue la limite de l’admissible’."
"Le chroniqueur du Trouw Sylvain Ephimenco estime que, ’dans la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous ne pouvons pas admettre l’apologie de la violence’. ’Mais quand Donner se dit préoccupé par la dégradation du débat public, il doit donner des exemples.’ Ephimenco ne se rappelle aucun chroniqueur qui ait frôlé l’apologie de la violence. ’Theo van Gogh a dépassé les bornes en qualifiant les musulmans de ’baiseurs de chèvres’. Cela n’incite pas à la violence, certes, mais c’est bien blessant. Il n’y a pas eu de plainte, sinon il se serait certainement fait taper sur les doigts. Une loi spéciale n’est pas nécessaire pour cela’."
Des avis de spécialistes suivent en page 5 du journal chrétien progressiste.
Pour l’éditorialiste du Trouw, "le ministre Donner a raison : les propos blessants peuvent susciter des tensions entre groupes sociaux et promouvoir la radicalisation". "Et il a aussi raison de dire que l’apologie, la justification, la minimalisation et la dénégation de délits graves sont profondément blessants et provoquent une grande agitation dans la société. Mais la question est de savoir s’il convient de pénaliser de tels propos, comme le propose le ministre."
"Dans la pratique, cette loi servira exclusivement à réduire au silence les musulmans radicaux. L’effet de cette partialité est que l’interdit de Donner stimulera ce qu’il doit combattre. Il renforce la méfiance, rend suspecte toute forme de radicalisme et impose une correction de pensée qui incite à la rébellion. Compte tenu de ces effets négatifs, il vaut mieux s’en tenir à l’interdiction existante de l’incitation à la haine et de l’appel à la violence."

PRESSE HEBDOMADAIRE

Elsevier conseille à ses lecteurs : "Apprenez à connaître les Chinois". "Les secrets du négoce avec une nouvelle grande puissance."
Sous le titre "Dix-sept minutes infernales", le magazine conservateur procède à une reconstitution de l’intervalle entre le meurtre de Theo van Gogh et l’arrestation de Mohammed B. "Durant le procès contre Mohammed Bouyeri, la police a reçu des compliments pour son action ’pondérée’ lors de l’arrestation du meurtrier de Theo van Gogh. Est-ce à juste titre ? Une reconstitution montre que ce n’est pas le cas. Il n’y avait pas de supervision, avec tous les risques que comporte un tel manque. Et la police n’a réussi à toucher Bouyeri qu’au quatorzième coup de feu." "Les onze agents sont passés par le chas de l’aiguille le 2 novembre."
La future délocalisation de l’ambassade des Etats-Unis à La Haye est aussi évoquée. Le 23 juin, le conseil municipal a approuvé le site de l’actuel cynodrome à la lisière de Wassenaar et La Haye, près du palais de la Reine Beatrix. "Mais le 24 juin, l’ambassade prend contact avec le Haagsche Courant. Des engagements effectifs n’ont pas encore été pris, selon la porte-parole Julie Moyes. Peut-être la commune n’a-t-elle pas bien traduit la lettre de Sobel, dit-elle avec perfidie. Des inspecteurs de Washington doivent d’abord venir approuver le site. Sans leur approbation pas de feu vert pour le déménagement. Suite au prochain numéro."
"Le temps presse pour Chirac", titre le magazine au-dessus d’une correspondance de Paris d’Olivier van Beemen. "Qu’a obtenu Chirac en dix ans ? Tout le monde reconnaît que la France, grâce à lui, a enregistré de bons résultats dans des domaines non controversés comme la sécurité routière et la recherche sur le cancer. Par ailleurs on entend souvent des éloges sur l’instauration d’une armée de métier et la reconnaissance du mauvais rôle joué par l’Etat français durant la Deuxième guerre mondiale. Et l’attribution à la France d’Iter, un projet de fusion nucléaire, était aussi une petite victoire, récemment. Mais Chirac ne laisse pas d’œuvres notables à Paris et en France, comme son prédécesseur François Mitterrand, et il n’a pas rendu à son pays sa place dans le monde, comme Charles de Gaulle, ni appliqué de grandes réformes (symboliques), comme Mitterrand qui a supprimé la peine de mort."
HP/De Tijd a pour dossier de couverture "L’Europe cible - Le terrorisme musulman : des réponses aux questions qui angoissent". "D’où vient-il ? Comment réagissons-nous ? Quelle sera la prochaine cible ? Treize questions et réponses."
Vrij Nederland confirme sa vocation littéraire en publiant en "première mondiale" quelques chapitres du nouveau roman du Prix Nobel J.M. Coetzee, ainsi qu’un "profil de Coetzee, l’homme qui ne rit jamais".
On notera aussi une interview de Nikolaos van Dam, ambassadeur partant des Pays-Bas à Berlin. "En 2002, lorsque l’invasion de l’Irak n’avait pas encore commencé, le chancelier fédéral Schröder a annoncé qu’il n’y aurait pas de participation à une opération militaire en Irak sous sa direction. Il l’a annoncé peu avant les élections allemandes. J’entends toujours dire en Allemagne que Schröder a profité de la guerre en Irak à des fins électorales. J’estime que c’est un reproche injustifié. Schröder avait une conviction profonde et la majorité des Allemands soutenaient son idée que si l’on pouvait éviter une guerre en Irak, il fallait le faire. C’était un point de vue raisonnable."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le NRC Handelsblad (p.13) d’hier soir et le Financieele Dagblad (p.5) rendent compte de la conférence de presse du premier ministre sur le "patriotisme économique", à la suite de l’émoi sur une possible OPA américaine sur Danone.
Le NRC Handelsblad (p.4) évoque par ailleurs le verdict du procès de pédophilie d’Angers.
Le Trouw (cahier de Verdieping) brosse un portrait d’Alexis de Tocqueville, "le voyant démocratique".

Dernière modification : 29/07/2005

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