Revue de presse néerlandaise du lundi 1er Août 2005

 

Toute la presse titre ce matin sur le décès
hier dans le sud de la France de l’ex-président de la BCE, Wim Duisenberg.

 

Trouw 
Duisenberg (70ans) décédé 

Volkskrant  
Wim Duisenberg décédé

Algemeen
Dagblad  Décès de Duisenberg en France

Telegraaf  
Duisenberg mort dans sa piscine

 

 

* * *

 

Dossier du jour : Wim
Duisenberg

 

Le Financieele Dagblad, dans
un long article à la une, rappelle que W. Duisenberg, « né le 9 juillet 1935 en
Frise, à Heerenveen, a été le premier président de la Banque Centrale
Européenne. Il l’a dirigée de 1998 à 2003 ; le français Jean-Claude Trichet a
pris sa succession. C’est sous sa présidence que l’Euro a été introduit dans 12
pays de l’UE. Duisenberg laissera dans les mémoires, aux Pays-Bas comme à
l’étranger, l’image d’un banquier avec un état de services impressionnant. Pour
son ancien bras droit à la BCE, Olaf Sleijpen, directeur à l’ABP, ‘Duisenberg
était l’un des grands néerlandais européens. A ses yeux, l’union monétaire était
le facteur qui devait porter l’unification européenne. Il était fier de son
travail à la tête de la BCE, où il a présidé à la naissance de l’Euro, c’était
le couronnement de son œuvre’ ».

Pour le
Président de la Nederlandsche Bank, Nout Wellink, qui rappelle « le caractère
affable » de son prédécesseur à ce poste, « la principale force de Duisenberg
résidait dans sa constance. Il trouvait qu’il fallait donner confiance aux
investisseurs et aux consommateurs. Une inflation faible, prévisible, était un
moyen d’y parvenir. Il a appliqué cette méthode avec succès à la BCE. Il s’est
également battu pour un florin fort. Une fois, à l’époque de Lubbers, le florin
a été dévalué par rapport au D-Mark ; cela lui a fait beaucoup de peine. Le
président de la Rabo-Bank, Lense Koopmans, constate que ‘dans les années 90, les
Pays-Bas ont recueilli les fruits de la politique de gestion des finances
publiques lancée par Duisenberg dans les années 70. Il s’est rendu compte que le
déficit budgétaire allait ‘tout mettre la tête à l’envers’, comme on dit en
Frise, et il a lutté contre la politique dépensière du Premier ministre de
l’époque, Den Uyl ; depuis, le PvdA s’est mis à le bouder’ » .

Le Volkskrant cite la réaction du successeur de M .
Duisenberg à la tête de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui a exprimé sa « profonde
tristesse » à l’annonce du décès : « le premier président de la Banque Centrale
Européenne a joué un rôle considérable dans la construction de l’Europe. Il a
joué un rôle décisif dans la mise en place des institutions monétaires en
Europe, dans l’introduction de la nouvelle monnaie unique et pour renforcer la
crédibilité et assurer la confiance dans l’Euro ». Le ministre néerlandais des
finances, Gerrit Zalm, s’est déclaré « choqué par le décès subit de l’affable et
compétent Duisenberg. J’ai toujours travaillé avec beaucoup de plaisir avec lui.
C’est entre autres grâce à lui que l’Euro a été introduit avec succès ». Le
ministre allemand des finances, Hans Eichel, se souvient que « lors de
l’introduction de l’Euro, il a posé, avec calme, les bases si importantes pour
obtenir la confiance de la population ».

Le Premier ministre néerlandais, M. Balkenende, plus
particulièrement cité par le Trouw et le Fiancieele Dagblad, déplore la
disparition « d’une personnalité qui bénéficiait d’une solide renommée
internationale. Wim Duisenberg avait un état de services impressionnant dans le
monde financier ». L’ancien premier ministre, Wim Kok, rappelle que « c’est à 
Duisenberg que l’on doit notre Euro fort. A mes yeux, il incarnait
l’indépendance de la Banque Centrale Européenne. Je suis très triste d’apprendre
la mort d’un homme avec qui j’ai travaillé régulièrement durant 35 ans. »

Le Financieele Dagblad, le Telegraaf et l’Algemeen Dagblad
notent que le Premier ministre français, M. de Villepin, a rappelé « le rôle
primordial joué par Wim Duisenberg dans la mise en place de la monnaie unique ».

 

Revenant sur la présidence de la BCE, le Trouw souligne que
M. Duisenberg « n’a pas pu remplir le mandat de huit ans, du fait d’accords
passés avec le gouvernement français et les autres pays de la zone Euro. Les
Français voulaient que quatre ans après la fondation de la BCE, leur candidat,
Jean-Claude Trichet, prenne déjà la succession de Duisenberg. En public,
Duisenberg a toujours refusé de s’exprimer sur cette affaire. Lors de sa prise
de fonctions en 1998, il s’est contenté de faire savoir qu’il resterait à son
poste jusqu’à la disparition des monnaies nationales. Lorsque cela a été le cas,
au 1er janvier 2003, il est finalement resté encore 6 mois ».

 

Concernant les conditions du décès de M. Duisenberg, le
Volkskrant croit savoir que Mme Duisenberg serait « mécontente des informations
communiquées par les autorités françaises et la gendarmerie, qui ont annoncé,
sans concertation avec la famille, que son mari avait été trouvé mort dans sa
piscine. Selon Gretta Duisenberg, ces informations sont inexactes : elle a
découvert son mari inanimé dehors tout près de son bureau ; les sauveteurs ne
sont pas parvenus à le réanimer ; elle pense que son mari est décédé d’un arrêt
cardiaque et fait savoir qu’il n’y a pas eu d’autopsie. Leurs enfants sont
arrivés dimanche soir en France. Aujourd’hui, la famille revient aux Pays-Bas
avec la dépouille mortelle de Wim Duisenberg ».

 

AFFAIRES INTERNATIONALES

 

Indonésie

 

Le
Telegraaf annonçait samedi que « M. Bot n’est pas le bienvenu » dans l’ancienne
colonie néerlandaise lors de la célébration du 60ième anniversaire de
l’indépendance.

Le grand
quotidien populaire, faisant référence à des déclarations de M. Yusvil Ihza
Mahendra, qui s’est déjà fait remarquer lorsqu’il était ministre de la justice
pour ses propos très sévères à l’égard des Pays-Bas, ces derniers ne seraient
pas invités aux cérémonies. Seuls des parlementaires japonais auraient été
conviés.

ACTUALITE INTERIEURE

 

Antilles néerlandaises

 

La presse du week-end et l’Algemeen Dagblad rendent compte de
la visite de la Reine Beatrix aux Antilles à l’occasion du 25ème anniversaire de
son accession au trône des Pays-Bas.

La Reine Beatrix est arrivée
mercredi dernier à Curaçao. Vendredi, après une journée de repos, la souveraine
a participé à une cérémonie au cours de laquelle une monnaie a été spécialement
frappée pour célébrer son jubilée. Samedi, son programme comportait des visites
à caractère social avant de regagner dimanche les Pays-Bas. L’Algemeen Dagblad
annonce que la Reine a fait savoir, avant de reprendre l’avion, qu’en 2006, elle
prévoyait une nouvelle visite, incluant les Antilles et Aruba. 

 

Terrorisme

 

a) 

Lutte anti-terrorisme

L’Algemeen Dagblad
a publié samedi un entretien avec le coordinateur national de la lutte
anti-terrorisme, M. Tjibbe Joustra. Celui-ci déplore le « manque d’exercices
anti-terroristes aux Pays-Bas, à l’exception des pompiers, de l’aéroport
national de Schiphol et du Port de Rotterdam. Le coordinateur national souhaite
que les entreprises privées et la fonction publique organisent d’avantage
d’exercices, soulignant l’importance d’être bien rôdé. Selon M. Joustra, des
attentats d’Al Qaïda « sont tout à fait envisageables » aux Pays-Bas, où l’on
peut parler de « menace substantielle » pour quelques années encore
vraisemblablement. M. Joustra se déclare plus particulièrement préoccupé par le
« nombre croissant de jeunes musulmans radicaux isolés ».

 

b) 

Groupe Hofstad

Le Volkskrant et l’Algemeen
Dagblad de samedi signalent la décision du tribunal de Rotterdam de maintenir
les suspects de ce groupe terroriste en détention jusqu’au 20 septembre
prochain, estimant que leur dossier contient suffisamment d’éléments indiquant
qu’ils font partie d’une organisation criminelle. L’Algemeen Dagblad annonce que
les députés Geert Wilders et Ayaan Hirsi Ali, ainsi que le maire d’Amsterdam M. 
Job Cohen et l’échevin M. Aboutaleb et que la direction de l’AIVD devraient être
appelés comme témoins dans le procès prévu à l’automne.

 

Michiel Patijn

 

Le Telegraaf a publié samedi un entretien avec le
représentant permanent des Pays-Bas à l’OTAN, M. M. Patijn, ancien secrétaire
d’Etat aux affaires européennes et ministre de la défense des Pays-Bas, qui
s’apprête à quitter ses fonctions.

M. Patijn « porte un jugement très sévère sur la crise
actuelle de l’UE : ‘une importante partie du budget européen est consacrée à des
dépenses inutiles. L’argent des fonds structurels et certaines dépenses
agricoles ne relèvent que de considérations politiques. Je pense que l’on peut
se poser des questions sur un tiers à cinquante pour cent de toutes les dépenses
agricoles. La révision est bloquée par la France et un certain nombre de pays
d’Europe méridionale, qui tirent fortement sur la mamelle européenne. Les
Pays-Bas doivent défendre leurs intérêts financiers et demander une amélioration
de leur position de contributeur net. »

M. Patijn considère « avec stupéfaction, depuis Bruxelles, la
confusion issue du référendum néerlandais. Selon Patijn, le paquet de mesures
déjà existantes n’aurait jamais du recevoir le nom de Constitution. C’est une
étiquette complètement erronée inventée par un certain nombre de vaniteux comme
l’ancien Président français Giscard d’Estaing et l’ancien Premier ministre belge
Dehaene, qui pensaient devenir ainsi une sorte des pères fondateurs de
l’Europe. »

 

AFFAIRES FRANCAISES

 

Le Volkskrant publie un portrait très élogieux du maire de
Saint-Etienne, M. Michel Thollière, dont il loue la « vision » et la
« ténacité » et dont le correspondant àanoté « l’excellent anglais avec un
parfait accent BBC, une chose très rare pour un français ».

Dernière modification : 01/08/2005

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