Revue de presse néerlandaise du lundi 18 décembre 2006

Les Néerlandais qui ont participé durant le week-end à l’identification et au dénombrement annuel des oiseaux des jardins des Pays-Bas ont abouti au même classement que l’an dernier. Le moineau reste l’oiseau le plus souvent signalé (31 013 fois), suivi par la mésange charbonnière (20 849) et le merle (12 157).
La Vogelbescherming Nederland (société protectrice des oiseaux) conclut par ailleurs que de plus en plus d’oiseaux migrateurs restent aux Pays-Bas pour y passer l’hiver, une conséquence du temps extrêmement doux de ces derniers mois.

De Telegraaf (populaire) : "Des appartements en location bon marché sur la côte espagnole", "Le conducteur s’enfuit - Deux blessées graves abandonnées", "Des oiseaux migrateurs restent ici durant l’hiver"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Le fisc s’en prend aux clubs de football amateurs - Le Trésor public grugé de centaines de milliers d’euros", "Oiseaux des jardins : les trois premiers"
Trouw (chrétien progressiste) : "Les instances de soins à domicile recommandent des services coûteux", "Tension persistante dans la bande de Gaza, en dépit du cessez-le-feu entre le Hamas et le Fatah"
de Volkskrant (centre gauche) : "L’injection mortelle sur la sellette aux Etats-Unis" (correspondance de New York), "Regain de violence entre Palestiniens à Gaza", "Time fait l’éloge des internautes actifs"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Sommet européen

"Les partisans de la Constitution européenne veulent lancer une offensive pour faire pression sur les réfractaires, comme les Pays-Bas et la France, et les pousser à accepter la Constitution", rapportait le correspondant à Bruxelles du Volkskrant, dans l’édition de samedi. "Le Luxembourg et l’Espagne ont proposé de réunir au début de l’année prochaine les dix-huit pays qui l’ont ratifiée, pour revitaliser le projet." "Le but est de réunir fin janvier, à Madrid, les pays qui ont déjà ratifié la Constitution. Un mois plus tard devrait suivre une deuxième conférence des pays qui doivent encore la voter, plus les Pays-Bas et la France. Selon le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker ceux qui ont voté ’non’ ont dominé le débat ces derniers temps. ’Ceux qui ont ratifié la Constitution ont maintenant le droit de faire entendre leur voix’."
"Le premier ministre Balkenende n’a pas caché qu’il n’était pas favorable à l’idée." "Les Pays-Bas craignent que la proposition ne fasse qu’accroître les divergences entre les Etats membres de l’UE."
"La Finlande, les derniers mois, a sondé les différents pays sur leur position vis-à-vis de la Constitution. Selon le premier ministre Matti Vanhanen, la conclusion est claire. ’Nous ne pouvons pas jeter l’ensemble du texte et repartir de zéro. La plupart des pays veulent conserver, sinon la Constitution tout entière, du moins le plus possible de son contenu’."
"La chancelière fédérale Merkel a laissé entendre qu’elle voulait présenter dès avant l’été une feuille de route pour résoudre les problèmes. Elle a demandé à tous les Etats membres de désigner un représentant auquel elle puisse s’adresser à propos de la Constitution. A l’automne, les Etats membres devraient alors organiser une conférence intergouvernementale pour établir quels éléments de la Constitution peuvent être conservés."
"Le premier ministre Balkenende a cependant déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que l’affaire soit bouclée avant la fin 2008. Il a souligné que 2007 serait une ’année très difficile’ pour l’Europe, compte tenu des élections présidentielles en France et du changement de pouvoir en Grande-Bretagne."
Le Trouw (p.10) de samedi note dans ce contexte que "l’exigence de l’extradition du général Mladic par la Serbie perd de sa force". "Le premier ministre Balkenende n’a guère été soutenu lorsqu’il a répété au sommet de l’UE, à Bruxelles, qu’il était essentiel que la Serbie livre le général Mladic au Tribunal pénal international de La Haye."
"Maintenant que des nationalistes extrémistes progressent de nouveau en Serbie, les pays voisins s’effraient et tentent de pousser les Serbes à opter pour un avenir européen. Neuf pays d’Europe du Sud-Est ont fait de leur mieux, au sommet de l’UE, pour atténuer l’exigence d’extradition. ’Ils ont tenu des plaidoyers passionnés en faveur de la Serbie, comme si c’était un enfant trouvé devant notre porte pendant les sombres journées précédant Noël’, a dit le ministre des Affaires étrangères Bot."
"Le premier ministre Balkenende a souligné vendredi à Bruxelles que c’était une question de fair-play de donner une chance à la Turquie", retient Hendrik Jan van Oostrum dans un éditorial du Financieele Dagblad de samedi. "Son ministre des Affaires étrangères, Ben Bot, a écarté les résistances permanentes contre la Turquie révélées par les baromètres politiques en se servant de l’expression ’cote du jour’. Cela montre que le gouvernement néerlandais, s’agissant de l’amélioration de la communication, a encore beaucoup de chemin à faire."
"Balkenende devra expliquer aux citoyens, rapidement et de façon convaincante, pourquoi la Turquie peut être un enrichissement pour l’UE. Sinon, il y a de grandes chances qu’en 2009 un nouveau ’non’ néerlandais pose de grands problèmes à l’Union européenne."

Pays-Bas - Afghanistan

"Le PvdA, le SP et GroenLinks veulent des éclaircissements sur une opération de l’OTAN dans la province méridionale afghane de Kandahar", relève le Trouw (p.5). "Le commandant néerlandais de la mission de l’OTAN dans le Sud de l’Afghanistan, Ton van Loon, a déclaré le week-end dernier que les troupes néerlandaises, cette fois-ci, ne fourniraient pas seulement un soutien aérien, mais aussi des troupes terrestres à une offensive de l’OTAN contre les Talibans."
"Le député PvdA Bert Koenders est outré parce que la Chambre n’a pas été prévenue de cette mission." "Le SP s’oppose de toute façon à une participation néerlandaise aux opérations et GroenLinks y voit la preuve que la mission des troupes néerlandaises change progressivement d’accent : d’une mission de reconstruction on passe à une mission de combat."
"Les deux partis à gauche du PvdA veulent faire venir le ministre Kamp à la Deuxième Chambre, demain" (également Het Financieele Dagblad p.4).
Le Volkskrant (p.2), signale dans ce contexte le passage aux Pays-Bas du ministre australien de la Défense, Brendan Nelson, pour une concertation sur l’Afghanistan. "Les militaires néerlandais sont professionnels, vos forces spéciales sont même excellentes. Je n’ai pas entendu la moindre plainte venant d’Uruzgan, les six derniers mois. Mais ce que je trouve encore plus important, c’est que le style néerlandais correspond au nôtre. Nos deux groupes sont sensibles aux différences culturelles. Ils pèsent toujours le pour et le contre avant d’avoir recours à la force."

Actualité intérieure

Formation de gouvernement

"Après quelques semaines de manœuvres d’observation chez l’informateur Hoekstra et d’accrochages à la Deuxième Chambre, la formation de gouvernement va devenir une affaire sérieuse cette semaine", écrit Philippe Remarque dans le Volkskrant (p.3). "Aujourd’hui, les trois anciens étudiants de l’Université Libre, Jan Peter Balkenende, Wouter Bos et André Rouvoet, se réuniront pour la première fois autour de la table de négociation où doit se former le plus rapidement possible un nouveau gouvernement néerlandais. Ils vont boucler la phase de prospection, après quoi trois informateurs, ou au contraire un seul - par souci de dynamisme -, seront nommés. Entre Noël et le Nouvel An les politiques seront en vacances, parce qu’ils ont ’encore la campagne électorale dans les jambes’. Début janvier, ils négocieront pour de bon."
"Dimanche, durant le programme télévisé Buitenhof , le président du patronat, Wientjes, a appelé les leaders politiques à faire diligence. ’Nous avons besoin d’un gouvernement, pas de querelles sans fin à La Haye.’ Mais les trois chefs de parti en sont déjà convaincus. Ils se sentent pressés par le temps, parce que le gouvernement démissionnaire est paralysé à la suite de la crise sur les demandeurs d’asile."
"Les tiraillements entre le gouvernement et la Chambre, les dernières semaines, ont peut-être été humiliants pour Wientjes, pour la formation de gouvernement ils ont justement été stimulants. Balkenende et son parti ont maintenant vraiment dû prendre congé du VVD. Le premier ministre a symboliquement reconnu la nouvelle majorité parlementaire, il a opté pour le PvdA et posé ainsi la base d’un gouvernement de centre-gauche."
"Au CDA, qui est en premier lieu un parti gestionnaire pragmatique, on n’en est guère fâché. Il s’agit maintenant de faire la cour au PvdA. Ces jours-ci, des sociaux-démocrates, surpris, se voient invités à des déjeuners et d’autres entretiens agréables avec leurs collègues chrétiens-démocrates. Selon certains membres du CDA, leur parti, après toutes les mesures inspirées par le VVD, est mûr pour un gouvernement se fondant sur la gauche. Ce n’est pas pour rien que le parti, dans son programme électoral, était déjà passé des réformes profondes aux ’investissements’, un terme que le PvdA lui aussi emploie volontiers pour désigner des dépenses supplémentaires."
"Le PvdA a reconnu le changement de cap de Balkenende en évitant à la Deuxième Chambre de critiquer la solution douteuse, du point de vue constitutionnel, que celui-ci avait trouvée pour sortir de la crise provoquée par la ministre Verdonk. En outre, Bos se retiendra désormais : il ne ’monnayera pas une nouvelle fois la majorité de gauche’, en forçant la suppression de la franchise dans les soins et ainsi de suite."
"Balkenende et Bos ont retenu la leçon de la débâcle de 2003, lorsqu’ils se sont séparés aigris, après des mois de négociations. Ils commencent maintenant avec les points les plus délicats, qu’à l’époque ils avaient constamment reportés."
"La différence avec 2003 est que le CDA n’a pas d’alternative à la coopération avec le PvdA, si ce n’est un gouvernement minoritaire qu’il ne juge pas souhaitable."
Pour l’éditorialiste du Telegraaf, "il faut évidemment qu’au centre de l’accord des trois il y ait le maintien de toutes les bonnes mesures de la coalition CDA-VVD, tout en insistant davantage sur les aspects sociaux". "Cela fera justice au résultat des élections et il y a maintenant quelques moyens financiers pour cela."

Marijnissen

Le chef de file du SP, Jan Marijnissen, a été nommé homme politique de l’année 2006 par la presse parlementaire. Les journalistes ont surtout voté en faveur de personnalités politiques qui ont obtenu un bon résultat aux élections législatives de novembre. Le leader CDA Jan Peter Balkenende s’est classé deuxième, parce que son parti est redevenu le plus grand, après avoir traversé le désert. André Rouvoet, chef de file de la ChristenUnie, est troisième parce qu’il a su doubler son nombre de sièges à la Deuxième Chambre. Marianne Thieme, du Parti des Animaux, a été désignée comme talent politique de l’année, en raison de ses premières interventions à la Chambre (de Volkskrant p.2, Het Financieele Dagblad p.3, Trouw p.4,AD Haagsche Courant p.7).

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Volkskrant de samedi, dans son cahier het Vervolg, évoque la base féminine de la candidate Ségolène Royal : "Allez Ségolène !"
Le Financieele Dagblad (p.3) consacre un grand article au dossier des résidences secondaires néerlandaises en France. "Cela fait des décennies que les Néerlandais achètent des maisons dans leur pays de vacances favori. Mais il n’y a toujours pas de traité entre les Pays-Bas et la France pour éviter que les héritiers ne paient trop de droits de succession."
Le Telegraaf (p.5) note que les reliques de Jeanne d’Arc conservées à Chinon sont vraisemblablement fausses.
Sur le plan touristique, on retiendra un reportage sur Muzeray, le village des crèches de Noël en région messine (De Telegraaf de samedi, p.TA29).

A signaler :
Plusieurs quotidiens de samedi ont annoncé que le théologien musulman suisse Tariq Ramadan donnera pendant deux ans, en tant que professeur invité, un cours consacré à "l’identité et la citoyenneté" à l’université Erasme de Rotterdam (de Volkskrant p.2, NRC Handelsblad p.2, Trouw p.9).

Dernière modification : 18/12/2006

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